Vourles

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Vourles
Maison forte de Vourles
Maison forte de Vourles
Blason de Vourles
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Rhône-Alpes
Département Rhône
Arrondissement Lyon
Canton Saint-Genis-Laval
Intercommunalité Communauté de communes de la Vallée du Garon
Maire
Mandat
Serge Fages
2014-2020
Code postal 69390
Code commune 69268
Démographie
Gentilé Vourlois
Population
municipale
3 115 hab. (2011)
Densité 556 hab./km2
Géographie
Coordonnées 45° 39′ 34″ N 4° 46′ 27″ E / 45.659444, 4.774166 ()45° 39′ 34″ Nord 4° 46′ 27″ Est / 45.659444, 4.774166 ()  
Altitude 200 m (min. : 184 m) (max. : 286 m)
Superficie 5,6 km2
Localisation

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Vourles est une commune française située dans le département du Rhône et la région Rhône-Alpes.

Géographie[modifier | modifier le code]

Vourles est une commune de la grande banlieue sud-ouest de Lyon. Elle fait partie de la Communauté de communes de la Vallée du Garon, dont le siège se situe à la maison forte de Vourles.

Communes voisines[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

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Aucune trace d'occupation n'est attestée pendant la période romaine, tant au niveau archéologique que bibliographique[1]. Fondé vers l’an 1000, le petit bourg est alors clos par une enceinte et se resserre autour d’un petit château et d’une chapelle. L’histoire de Vourles à cette époque reste obscure, car si de petits châteaux, tels celui de Montagny, vont asseoir leur puissance, celui de Vourles va rapidement décliner pour ne devenir au XIIIe siècle qu’une simple dépendance d’un seigneur plus puissant, celui de Brignais.

En l’an 1251, le destin de cette seigneurie va prendre un caractère exceptionnel. En effet, le Pape Innocent IV va acheter les châteaux de Brignais, Vourles, Beaunant et autres lieux… pour les offrir au Chapitre noble de Saint-Just. Le site est érigée en commune à la fin du XVIIIe siècle. Ce sont les anciens fiefs de la Maison forte d'Épeisses, propriété de la famille Parent. Ainsi, jusqu’à la Révolution de 1789, ce territoire est placé sous l’autorité de chanoines, barons de Saint-Just et seigneurs du lieu. Du XIVe siècle au XVe siècle, le château de Vourles et l’enceinte du village sont démantelés. C’est alors pour Vourles le début d’une certaine extension.

Au cours de la Révolution française, la commune porte provisoirement le nom de Vourles-le-Courageux[2].

En 1831, Louis Querbes, curé de Vourles (1793-1859), fonda la congrégation des clercs de Saint-Viateur.

De par sa situation géographique et, dit-on, grâce à la « qualité de ses ombrages » Vourles attirera de tout temps la bourgeoisie lyonnaise. De belles propriétés témoignent encore de nos jours de la richesse de ce passé.

Les laveuses du Garon[modifier | modifier le code]

Le Garon qui coule paisiblement au pied du village fut, durant plus d’un siècle, un endroit fort animé, lieu de travail des laveuses de Vourles.

À l’époque, faire la lessive n’était pas une mince affaire et demandait tout un cérémonial, depuis l’installation du linge sale mis à tremper dans le cuveau jusqu’au séchage sur les cordes ou sur le pré.

Dans les lavoirs de Vourles, par tous les temps, on faisait la lessive familiale, des femmes « à la journée » blanchissaient le linge des familles de notables, des artisans travaillaient pour des Lyonnais, notamment les bourgeois du quartier de Perrache.

Il faudra attendre les années 1950 pour que les Vourlois aient l’eau courante (le château d’eau date de 1948)… Certes, il y avait de nombreux puits, privatifs, mitoyens ou communautaires mais ils ne fournissaient pas toute l’eau nécessaire au blanchissage. De plus, l’eau des puits, calcaire, ne valait pas l’eau douce de pluie que certains artisans blanchisseurs collectaient dans de grands réservoirs, ni l’eau de la petite rivière arrivant des Monts du Lyonnais. L’eau du Garon jouissait d’une bonne réputation. Depuis la première moitié du XIXe siècle, le blanchissage était une activité importante de Vourles. Il existait plusieurs lavoirs sur la rive gauche de la petite rivière dont le plus important « les Plattes », construit en 1826, était couvert et possédait une chambre de chaufferie.

L’activité connut son apogée dans le premier tiers du XXe siècle et s’arrêta définitivement dans les années 1950.

Aux Plattes, quelques ruines du lavoir ont été visibles jusque dans les années 1980 puis la végétation a repris possession de la rive ; il ne nous reste que quelques cartes postales anciennes pour nous souvenir de cette activité Vourloise.

Pendant la Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Pendant l'Occupation, le château de la Roche abrite des activités de la Résistance. Un des héros de cette guerre secrète a bien voulu évoquer cette période lointaine certes mais inoubliable tant elle a valeur d’épopée. Monsieur Jean Stetten né en 1913 est parisien, illustrateur dans le monde de l’édition sous le pseudonyme de Jean Bernard, lorsque la guerre éclate. Combattant au 60e régiment d’infanterie, il est fait prisonnier. Avec huit de ses camarades, ils fomentent une évasion en réalisant de faux ordres de mission allemands et ils réussissent à s'évader.

Jean Stetten entraîne alors sa famille à Lyon où son oncle possède une mégisserie. Cet oncle est très lié au groupe de résistants lyonnais qui éditent Témoignage chrétien. Très rapidement Jean Stetten met son talent au service de la Résistance. Son oncle estime que sa propriété de Vourles sera un lieu plus discret pour abriter les activités de son neveu.

C’est ainsi que Jean Stetten s’installe avec sa jeune femme et leurs enfants au château de la Roche. Au début, le laboratoire s’installe au salon mais c’est trop dangereux. alors une cabane sur pilotis est construite dans la forêt au-dessus de la propriété, comme une pièce d’agrément mais qui dissimule astucieusement des caches pour le matériel et les documents. Avec l’aide d’amis imprimeurs, Jean Stetten réunit quelque 650 cachets et réalise plus de 30 000 cartes d'identité, environ 50 000 cartes d'alimentation et des centaines d'autres tracts et documents en français et en allemand. D’éminents membres de la Résistance lyonnaise ont été reçus au château de la Roche. À Vourles, les résistants ne seront jamais inquiétés, l’isolement du château, les précautions et les apparences d’une vie familiale les mettent à l’abri des soupçons.

Monsieur Jean Stetten et son épouse ont été décorés de la Médaille de la Résistance par le général De Gaulle.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Vourles Blason De gueules à une tête de bouc arrachée d'argent accompagnée d'une rose d'or en chef à dextre[3].
Détails
  • Le champ de gueules fait référence au lion du même émail qui se trouvait dans les blasons de la famille de Parent, premiers seigneurs de Vourles, qui portait « d’argent à la fasce de sable, au lion issant de gueules », et du Chapitre de Saint-Just, seigneur de Vourles pendant près de cinq siècles, qui portait « d’argent au lion de gueules, à la bordure d’azur semée de besants d’or ».
  • La tête de bouc évoque le surnom de « bouquin » autrefois donné aux habitants de la commune.
  • La rose d'or symbolise la donation des terres de la commune au Chapitre de Saint-Just par le pape Innocent IV en 1251. Cette donation aurait en effet été accompagné d'une rose d'or.

Le statut officiel du blason reste à déterminer.

Administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
av. 1833 ap. 1833 Jacques Pitiot    
         
2001 2008 Pierre Neyroud SE  
2008 en cours Serge Fages SE  

Le conseiller général et député est Christophe Guilloteau.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 3 115 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
910 848 810 854 830 864 815 871 891
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
961 1 075 1 147 1 051 942 813 866 867 795
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
780 668 676 634 753 718 687 673 907
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2011
982 1 171 1 505 1 514 1 844 2 743 3 007 3 045 3 115
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[2] puis Insee à partir de 2004[4].)
Histogramme de l'évolution démographique


Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Les toiles peintes de la mairie

La salle des mariages présente une collection de toiles murales datant du XVIIIe siècle, peintes en détrempe, sur le thème de Don Quichotte, mais non signées. On peut admirer 41 m2 de décors représentant des scènes drôles de l'œuvre de Cervantès. Elles sont classées monument historique.

  • Maison forte
Article détaillé : Maison forte de Vourles.

Maison des champs de plusieurs échevins lyonnais, elle est datée du XIIIe siècle puis début XVIe fin XVIIe siècle. Elle bénéficie d’une restauration au XIXe siècle. Située au 2, rue des Vallières, la Commune l'a acquise en 1996. Dans la tour nord, inscrite au titre des monuments historiques, on peut observer des fresques classées aux monuments historiques. Celles-ci, restaurées en 2003, représentent différentes figures allégoriques et mythologiques[5]. La salle est ouverte au public sur rendez-vous depuis 2004.

  • Les Jacobins (XVIe siècle)

Au 8, rue Grande Charrière, ce domaine viticole appartenant au XVIIe siècle à la famille Croppet a été ensuite, de 1678 à la Révolution de 1789, la propriété des pères jacobins de l'ordre de saint Dominique.

  • Le musée Louis Querbes

Le père Querbes y installa son premier noviciat en 1838. Situé 3, rue Louis Querbes, le musée retrace la vie du fondateur des clercs de Saint-Viateur.

  • Le collège Louis Querbes

Construit à partir de 1860, par la congrégation de clercs de Saint-Viateur, fondée par le père Louis Querbes, curé à Vourles.

  • Le château de la Roche (XVIIIe et XIXe siècles)

Girard Desargues, fondateur de la géométrie projective reçut en sa maison des champs quelques-uns des plus grands esprits de son temps, notamment Pascal et Descartes.

L'église paroissiale abrite des vitraux de Baron, Mauvernay et Dufêtre. Ses grandes orgues à douze jeux réels et la statue de la vierge attribuée au sculpteur Fabisch sont remarquables.

Ancienne maison forte datant du XIe siècle, elle sert d'abord d'hôpital avant de devenir le siège d'une seigneurie au XIVe siècle. Un de ses propriétaires fut Jacques Faye, président du Parlement de Paris sous Henri III. À présent, cette maison forte a été divisée en plusieurs habitations.

  • La croix Sigaud

Située rue Louis Vernay, elle fut érigée par les habitants de Vourles le 10 avril 1994.

  • La fresque des Vourlois

Située place de la Résistance, à côté de l'église Saint-Bonnet, la fresque a été réalisée par la cité de la création en 2006. Elle évoque la mémoire et les personnages du passé de la commune.

Vourles dans les arts[modifier | modifier le code]

Vourles est cité dans le poème d’Aragon, Le conscrit des cent villages, écrit comme acte de Résistance intellectuelle de manière clandestine en 1943, pendant la Seconde Guerre mondiale[6].

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Grand mathématicien français du XVIIe siècle, il posera les fondements de la géométrie projective. Ami d'un certain Descartes, il eut également Blaise Pascal comme disciple. Conseiller de Richelieu, ce géomètre de génie est aussi musicien et architecte (il est l'auteur du fameux grand escalier de l'Hôtel de Ville de Lyon). Propriétaire du domaine de la Roche, à Vourles, il y reçoit les plus grands esprits de son temps et y travaille loin de l'agitation lyonnaise et parisienne.

Peintre paysagiste et animalier de l'École lyonnaise, il a résidé à Vourles de 1830 à 1850. Lors de ses séjours dans sa maison de campagne (l'actuelle propriété Lestra), il a gravé, dessiné et peint des paysages du village et de ses environs. Ses œuvres figurent au palais Saint-Pierre, au musée d'histoire de Lyon, au musée Napoléon d'Arenenberg en Suisse ainsi qu'à l'université La Salle de Philadelphie.

Curé de la paroisse de Vourles pendant 37 ans, il fonda les clercs de Saint-Viateur en 1831, congrégation religieuse chargée de l'enseignement et de l'éducation des jeunes (catéchèse et liturgie). Elle compte un millier de membres répartis en 13 pays ; sa direction générale se trouve à Rome.

Jumelages[modifier | modifier le code]

Drapeau de l'Italie Arquà Polesine (Italie)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Odile Faure-Brac, Carte archéologique de la Gaule - Le Rhône, 69/1, (ISBN 2-87754-096-0), p. 553
  2. a et b Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  3. Blasonnement sur le site officiel de Vourles
  4. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2011
  5. « Notice no PA69000015 », base Mérimée, ministère français de la Culture.
  6. Louis Aragon, « Le Conscrit des cent villages », publié initialement dans La Diane française, consulté dans Pierre Seghers, La Résistance et ses poètes : France, 1940-1945, Paris : Seghers, 2004 (2e édition). (ISBN 2-232-12242-5), p. 373-375