Le Capital au XXIe siècle

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Le Capital au XXIe siècle
Auteur Thomas Piketty
Genre Essai
Pays d'origine Drapeau de la France France
Lieu de parution Paris
Éditeur Éditions du Seuil
Collection Les Livres du Nouveau Monde
Date de parution 2013
Nombre de pages 976
ISBN 978-2021082289

Le Capital au XXIe siècle est un livre d'économie publié en 2013 et écrit par Thomas Piketty, paru aux éditions du Seuil.

Le livre montre que les inégalités de revenu, les inégalités de patrimoine et le rapport capital/revenu dans les pays développés suivent chacun une courbe en U et que l'on retrouve au début du XXIe siècle des niveaux d'inégalités comparables aux niveaux d'inégalités du XIXe siècle et du début du XXe siècle. Ces résultats remettent en cause la relation de Kuznets établie dans les années 1950 qui laissait à penser que le développement économique s'accompagnait mécaniquement d'une baisse des inégalités de revenu. Piketty affirme plutôt que le capitalisme, s'il n'est pas régulé, génère des inégalités grandissantes. Il suggère plusieurs mesures politiques pour limiter la hausse des inégalités et notamment la création d'un impôt mondial sur le capital.

L'ouvrage a obtenu un grand succès public en France d'abord mais surtout aux États-Unis où il est devenu en quelques semaines un best-seller. Il reçoit un accueil critique favorable[1], notamment après sa traduction en anglais publiée en 2014[2].

Contenu[modifier | modifier le code]

Les deux lois fondamentales du capitalisme[modifier | modifier le code]

Thomas Piketty énonce deux lois fondamentales. La première dispose que la part des revenus du capital dans le revenu national (\alpha_t) est égale au taux de rendement moyen du capital (r_t) multiplié par le ratio du stock de capital sur le revenu national (\beta_t) : \alpha_t = r_t \beta_t[3].

La seconde loi dispose qu'à long terme, le ratio du stock de capital sur le revenu (\beta) tend vers le ratio du taux d'épargne (s) sur le taux de croissance (g) : \beta = \frac{s}{g}[3].

Piketty estime que le rapport du capital sur le revenu \beta_t était de 6 ou 7 au XIXe siècle, qu'il a chuté à 2 après la Seconde Guerre mondiale et qu'il retrouve aujourd'hui un niveau proche du XIXe siècle avec une valeur de 5 ou 6[3].

Par ailleurs, Piketty constate que sur une longue période le rendement moyen du capital (r_t) est supérieur au taux de croissance de l'économie (g_t). Cela implique que les détenteurs de capital s'enrichissent plus rapidement que le reste de la population[3].

Synthèse de l'ouvrage[modifier | modifier le code]

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Après avoir collecté et construit des bases de données importantes, Piketty parvient aux conclusions suivantes :

  • Tendanciellement, la croissance est un accident de l’histoire économique fortement fonction de l’accroissement de la population. De 0 à 1750 dans les pays développés la croissance estimée aurait été de 0,1%/an. Depuis la révolution industrielle, la croissance annuelle des pays développés n’est que de 0,8%/an. Des taux de croissance (g) de 5 à 10% annuels n’ont eu lieu qu’en Europe pendant les « 30 glorieuses » et dans les pays en développement pendant une quinzaine d’année. Ils sont dus pour les premiers à la reconstruction suite aux deux guerres mondiales et à la grande crise ; pour les seconds au « rattrapage » rapide sur les économies développées. D’après Piketty et plusieurs confrères, les périodes de très fortes croissances sont terminées.
  • Le Taux de rémunération du capital (r) est historiquement stable et supérieur à la croissance. Aussi loin que l’on puisse l’estimer (Piketty reprend des études qui font cette estimation jusqu’à l’empire romain), puis le calculer, le taux de rendement du capital qu’il soit agraire, industriel ou foncier, se situe entre 4,5 et 5%/an. Piketty ne voit absolument aucune raison pour qu’il en aille différemment dans la suite du XXIe siècle.
  • Structurellement, r>g implique une concentration toujours plus grande du capital. Si vous prenez une création de nouvelles richesses au rythme de 0,1%/an (ou même de 0,8%) et une accumulation vers les propriétaires existant d’une ampleur de 4,5-5%, il est historique et évident que la richesse se concentre progressivement (et à un rythme qui va en s’accélérant) dans les mains de quelques uns… Si cela n’a pas été le cas pendant nos fameuses 30 glorieuses, car c’est la seule période historique où la concentration du capital a été aussi faible grâce à la conjugaison de plusieurs facteurs : forte croissance ; forte inflation (qui diminue le Taux de rendement net du capital) ; imposition confiscatoire sur les hauts revenus et sur les grosses transmissions (respectivement jusqu’à 80% et 90% pour les tranches les plus élevées). De plus, tous ces phénomènes se sont concentrés sur une capitalisation quatre fois plus faible qu’en 1914.
  • Ce qui implique le retour des héritiers
    • La parenthèse « démocratico-mérito-égalitaire » est terminée. Depuis les années 1975, les inégalités de revenus sont reparties à la hausse : les taux d’imposition des tranches maximum du travail et du capital ont chuté devant les offensives néolibérales et la mondialisation ; l’inflation est jugulée par les banques centrales oscillant entre 1 et 2% et la croissance est revenue dans les pays développés proche de ses tendances historiques (autour de 1%/an).
    • Le pays qui se perçoit comme le plus égalitaire et méritocratique (et qui l’a été jusqu’au début du XXème comparativement à l’Europe) est aujourd’hui le plus inégalitaire : 1% des américains captent 17% de l’ensemble des revenus annuels US, 10% en captent 45% tandis que la moitié des travailleurs américains se partagent seulement 20% des revenus totaux du pays. L’accumulation aidant, le capital est encore plus concentré chez les « super riches » que les revenus: 1% possèdent 50% du patrimoine américain; 10% se partagent 90% ; les 90% restant de la population se partagent quant à eux uniquement 10% du patrimoine national. La tendance est partout la même avec un peu de « retard » pour l’Europe dû à la quasi remise à plat des capitaux post guerres.
    • Les tendances au XXIe siècle, selon Piketty seront : g en baisse (autour de 1,5% à partir de 2050 avec la fin de la croissance démographique) ; inflation faible ; r à 4,5%.
    • Bref tout indique que si le système est laissé à lui-même, les inégalités vont continuer à croître et nous parviendrons rapidement à la situation ante-1914 avec quelques héritiers immensément riches. Comment réagiront nos sociétés démocratiques ? Combien de temps les mythes de la répartition et de la possibilité d’ascension méritocratie résisteront-ils aux faits ?

Piketty propose enfin des pistes. La meilleure solution, a priori, passe par un impôt réellement progressif et se décline en impôts confiscatoires sur les tranches les plus élevées des transmissions et des revenus pour limiter l’effet « naturel » de concentration ainsi qu’un impôt sur le capital pour accélérer une nouvelle répartition. Cette solution présenterait également l’avantage de résorber sans trop de dommages humains les énormes déficits publics. D’après la répartition de Piketty, les Etats n’ont pas bénéficié de l’immense accumulation de capital des 60 dernières années : ils détiennent une part toujours faible et assez stable de la richesse nationale tandis que la richesse privée a été multipliée par plus de deux.

Piketty ne s’illusionne pas sur la difficulté d’aboutir à une régulation coordonnée au niveau mondial. Il est également conscient de l’impopularité actuelle de telles mesures car certaines de nos valeurs (méritocratie, priorité du sentiment dans les comportements matrimoniaux, normes individuelles de réussite...) se sont développées/renforcées pendant l'anomalie du XXe siècle où g est devenue provisoirement supérieure à r et conduisent à une déconsidération avancée de l’Etat et de l’Impôt.

Originalités de l'ouvrage[modifier | modifier le code]

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Les originalités du travail de Piketty portent sur les points suivants :

  • le Capital (son accumulation, sa répartition…) est peu étudié dans le capitalisme. Piketty relit la pensée économique (Smith, Ricardo, Marx...) comme parcourue de la peur de la captation de la richesse par une minorité.
  • les économistes tendent à travailler sur des épisodes particuliers, sur des durées et avec des séries statistiques courtes. Piketty lui va étendre son étude aussi loin que possible dans le temps et dans l’espace.
  • il semble faire preuve d’un grand respect et a été très peu critiqué sur sa méthodologie ou sur ses principales conclusions. Les deux critiques les plus récurrentes sont : il n’est pas assez « politique » (il ne crie pas à la disparition du système actuel) ; la seconde porte sur ses préconisations en fin d’ouvrage jugées courtes (uniquement centrées sur l’impôt) ou irréalistes (approche mondiale).

Réception de l'ouvrage[modifier | modifier le code]

Réception en France[modifier | modifier le code]

Pour Mediapart, Piketty ausculte « le capitalisme, ses contradictions, ses violentes inégalités[4] ». Christian Chavagneux, affirme c'est « une référence, vous dis-je![5] ».

Nicolas Baverez a sévèrement qualifié l'ouvrage de « marxisme de sous-préfecture ». Il souligne notamment que rien ne vient valider l'hypothèse de Piketty selon laquelle le XXIe siècle serait condamné à une croissance faible[6].

Jean-Luc Gaffard, économiste à l'OFCE, déplore le fossé entre la richesse des données mobilisées et la simplicité de la théorie économique développée qui suppose notamment un taux de croissance exogène et indépendant du niveau des inégalités[7],[8].

Dans la revue Sociologie, Christian Baudelot et Roger Establet louent la « puissance explicative de l'analyse, qui donne un sens à l'époque que nous vivons[9] ».

Réception dans le monde anglo-saxon[modifier | modifier le code]

Le livre a rencontré un immense succès critique dans le monde anglo-saxon[10].

Dans son éditorial du 23 mars 2014, l'économiste Paul Krugman juge qu'il s'agit sans aucun doute du meilleur ouvrage d'économie de l'année et probablement de la décennie[11]. Dans la New York Review of Books, le même Paul Krugman affirme que les travaux de Thomas Piketty constituent une révolution dans la manière dont nous comprenons les tendances de long terme des inégalités. Piketty et ses co-auteurs ont notamment montré l'intérêt de prendre comme indicateur la part de revenu qui revient aux 1% les plus riches plutôt que de se focaliser sur des indicateurs plus généraux comme le rapport interdécile[12].

Le magazine The Economist souligne le succès du livre auprès du public mais se fait également critique sur le fond[13].

La version anglophone (Capital in the Twenty-First Century) parue aux Harvard University Press en 2014 a aussi rencontré un grand succès en librairie aux États-Unis[14],[15].

Le livre apparaît à la 16e place dans le classement hebdomadaire des meilleures ventes d'essai du New York Times le 13 avril 2014[16], à la 15e place le 4 mai[17], à la 4e place le 11 mai[18], à la 1re place le 18 mai, le 25 mai et le 1er juin[19],[20],[21] et repasse à la 2e place le 8 juin[22].

À la fin du mois de juin 2014, Thomas Piketty a vendu près de 450 000 exemplaires de l'édition en langue anglaise et 150 000 exemplaires de l'édition francophone[23].

Le succès du livre est tel qu'il a déclenché ce que certains ont appelé une « bulle Piketty » ou une « Pikettymania ». Le magazine américain Bloomberg Businessweek a ainsi fait sa une du 29 mai 2014 sur la Pikettymania avec une couverture parodiant les magazines pour adolescentes[24],[25].

Critiques[modifier | modifier le code]

Controverse sur la véracité des résultats[modifier | modifier le code]

Le 23 mai 2014, le journaliste Chris Giles publie dans le Financial Times une remise en cause des données collectées par Piketty et dénonce une série d'erreurs dans les fichiers Excel publiés par l'auteur sur son site web. Chris Giles remarque que la part de la richesse détenue par les 10 % les plus riches serait de 44 % d'apès l'Office for National Statistics et de 71 % selon Thomas Piketty. D'après Chris Giles, les erreurs et approximations qu'il a relevées remettent en cause deux résultats majeurs de l'ouvrage : la hausse des inégalités de patrimoine depuis 30 ans et le fait que les inégalités de patrimoine soient plus fortes aux États-Unis qu'en Europe. Parmi les erreurs, il recense des erreurs de transcription, par exemple sur les inégalités de patrimoine en Suède en 1920, des corrections non justifiées, par exemple sur l'estimation des inégalités de patrimoine en France au XIXe siècle à partir des sources successorales, des choix méthodologiques discutables, par exemple quand Piketty fait une simple moyenne des estimations pour le Royaume-Uni, la France et la Suède sans prendre en compte le poids démographique de chacun des pays et des interpolations abusives, par exemple pour la part de la richesse détenue par les 10 % les plus riches aux États-Unis entre 1910 et 1950[26],[27].

Thomas Piketty a répondu à ces critiques le jour même en soulignant que si les données existantes sur le patrimoine sont imparfaites, les données sur les déclarations de successions sont plus fiables et vont dans le même sens. Il souligne aussi que les remarques du Financial Times ne changent rien aux conclusions de l'ouvrage[28],[29]. Il a ensuite publié une réponse plus détaillée le 28 mai 2014 sur son site internet en montrant que la plupart des points que Chris Giles considère comme des erreurs sont en fait justifiés et en soulignant que la plupart de ces points n'apportent que des modifications mineures. Quant à la proposition de Chris Giles sur l'évolution des inégalités de patrimoine au Royaume-Uni, il considère les choix méthodologiques du journaliste du Financial Times comme très discutables. En effet, celui-ci s'est appuyé sur des données d'enquête plutôt que sur des données fiscales. Or les données d'enquête sous-estiment les patrimoines élevés[30],[31]. Sur son blog, Paul Krugman défend Piketty et considère que le débat est clos[32]. Dans le Washington Post, Matt O'Brien juge lui aussi que Chris Giles, s'il a eu le mérite d'aller regarder de près les données mises en ligne par Thomas Piketty, a interprété trop vite les ajustements qu'il ne comprenait pas comme des erreurs de l'auteur[33]. Dans le Guardian, l'économiste Howard Reed a montré que le journaliste du Financial Times avait fait des erreurs importantes et défend les données présentées par Thomas Piketty[34],[35].

Jean-Philippe Delsol, président de l'Institut de recherches économiques et fiscales a publié un article où il entend montrer les « tromperies statistiques de Thomas Piketty »[36].

Critique de la seconde loi fondamentale du capitalisme[modifier | modifier le code]

D'après Thomas Piketty, le rapport capital/revenu (\beta) tend à long terme vers le ratio du taux d'épargne sur le taux de croissance de l'économie (s/g). Les économistes Per Krusell et Tony Smith critiquent cette seconde loi fondamentale en montrant qu'elle s'appuie sur une hypothèse extrême et peu réaliste à propos du comportement d'épargne des agents[37].

Capital productif et capital immobilier[modifier | modifier le code]

Dans une note publiée en avril 2014, Étienne Wasmer et ses coauteurs remettent en cause l'hypothèse d'un retour du capital en France en distinguant le capital logement du capital productif. Ils défendent l'idée que l'augmentation du capital en France est essentiellement liée à une hausse des prix de l'immobilier et que cette hausse des prix ne se reflète pas dans les revenus du capital (c'est-à-dire les loyers)[38].

L'économiste Charles Gave reproche à Piketty de confondre la rentabilité sur capital investi et le taux de croissance des profits[39].

Interprétation de l'origine des inégalités[modifier | modifier le code]

Guillaume Allègre et Xavier Timbeau proposent une critique de l'ouvrage fondée sur l'idée que la relation selon laquelle le taux de rendement du capital est durablement supérieur au taux de croissance (r > g) n'est pas comme le suppose Thomas Piketty une constante macroéconomique mais a des fondements microéconomiques liés au fonctionnement imparfaits des marchés. Leur critique suggère qu'un impôt sur le capital n'est peut-être pas la meilleure solution pour diminuer les inégalités et les auteurs recommandent de réfléchir à la définition des droits de propriété ainsi qu'à la définition des droits des propriétaires et des non-propriétaires[40].

Cohérence théorique[modifier | modifier le code]

Dans sa recension de l'ouvrage, Robert Boyer regrette un usage excessif de la méthode inductive. Il s'interroge notamment sur la pertinence de l'équation stipulant que le rapport capital sur revenu de long terme (ie \beta dans l'ouvrage) est égal au taux d'épargne (s) divisé par le taux de croissance (g) et souligne notamment que dans le cas limite d'une économie en stagnation (g=0), l'équation devient absurde. Par ailleurs, il pointe aussi le fait que l'auteur, après avoir critiqué l'hypothèse de productivité marginale, le modèle à agent représentatif et le modèle de décision intertemporelle à horizon infini, fasse appel à ces mêmes hypothèses et ces mêmes modèles dans son raisonnement ultérieur[41].

Fondements moraux[modifier | modifier le code]

Dans une tribune publiée dans le magazine Forbes, George Leef attaque Piketty non pas sur ses chiffres mais sur les fondements moraux de son raisonnement et convoque Frédéric Bastiat pour expliquer que l'État doit protéger la liberté et la propriété de chacun mais sort de son rôle quand il considère que certaines personnes sont « trop » riches[42].

Controverses sur les causes et les méfaits des inégalités[modifier | modifier le code]

L'une des critiques récurrentes, soulignée par Martin Wolf dans le Financial Times[43], est que Piketty place l'inégalité au centre de son analyse sans apporter de réflexion visant à expliquer pourquoi cela importe. Il suppose que l'inégalité est un problème important sans jamais expliquer pourquoi, démontrant seulement qu'elle existe et comment elle s'aggrave. Alors que, rappelle Wolf, il y a des arguments en faveur de l'inégalité, tels l'incitation à l'innovation, le mérite, ou le fait que dans une économie vingt fois plus productive qu'il y a deux siècles, même les pauvres bénéficient de biens et services qui n'étaient même pas disponibles aux plus riches il y a quelques décennies. Wolf souligne l'importance de l'égalité en droit (isonomie) et conclut que l'inégalité de fait ne peut jamais être totalement supprimée.

Michael D. Tanner, du Cato Institute, reproche à Piketty de tenir pour acquis les méfaits de l'inégalité : il évoque par exemple le fait que Piketty parle de l’augmentation des inégalités en Chine sans parler de la diminution considérable de la pauvreté : « Au bout du compte, conclut Michael D. Tanner, on peut s’attaquer aux inégalités de deux façons : en abaissant le haut ou en élevant le bas[44]. »

De la même manière, Clive Crook, sur Bloomberg View, écrit qu'« en plus de ses autres défauts », l'ouvrage incite les lecteurs à croire que l'inégalité est le seul problème important, et qu'il faudrait s'inquiéter de la faible croissance non parce que cela impacterait les niveaux de vie, mais aggraverait les inégalités[45].

Interprétation des résultats[modifier | modifier le code]

Hunter Lewis, de l'institut Ludwig von Mises, reproche à Piketty d'attribuer au capitalisme des situations qui sont selon lui le fait des banques centrales et d'un « capitalisme de connivence » (Crony capitalism) où l'État est interventionniste, contrairement au capitalisme de laissez-faire[46].

Éditions[modifier | modifier le code]

  • Thomas Piketty, Le Capital au XXIe siècle, Le Seuil, coll. « Les Livres du nouveau monde »,‎ 5 septembre 2013, 976 p.
  • (en) Thomas Piketty (trad. Arthur Goldhammer), Capital in the Twenty-First Century, Harvard University Press,‎ avril 2014, 696 p. (ISBN 9780674430006)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Éric Toussaint, Que faire de ce que nous apprend Thomas Piketty sur Le Capital au XXIe siècle, 19 janvier 2014
  2. Steven Pearlstein (en), « ‘Capital in the Twenty-first Century’ by Thomas Piketty », The Washington Post,‎ 28 mars 2014 (lire en ligne)
  3. a, b, c et d Gaël Giraud, « Quelle intelligence du capital pour demain ? : Une lecture du Capital au XXIe siècle de Thomas Piketty », Document de travail du Centre d'économie de la Sorbonne,‎ février 2014 (lire en ligne)
  4. (Mediapart, 3 septembre 2013, 5 septembre 2013)
  5. Alternatives économiques,
  6. Nicolas Baverez, « Piketty, un marxisme de sous-préfecture », L'Express,‎ 26 septembre 2013 (lire en ligne)
  7. Jean-Luc Gaffard, « Pourquoi lire Piketty ? », Blog de l'OFCE,‎ 3 juin 2014 (lire en ligne)
  8. Jean-Luc Gaffard, « Le Capital au XXIe siècle : un défi pour l'analyse », Les Notes de l'OFCE, no 40,‎ 2 juin 2014 (lire en ligne)
  9. Christian Baudelot et Roger Establet, « Le capital au XXIe siècle », Sociologie,‎ 2014 (lire en ligne)
  10. (en) John Cassidy, « Forces of Divergence : Is surging inequality endemic to capitalism? », The New Yorker,‎ 31 mars 2014 (lire en ligne)
  11. (en) Paul Krugman, « Wealth Over Work », The New York Times,‎ 23 mars 2014 (lire en ligne)
  12. (en) Paul Krugman, « Why We’re in a New Gilded Age », The New York Review of Books,‎ 8 mai 2014 (lire en ligne)
  13. (en)Piketty fever; Bigger than Marx - A wonky book on inequality becomes a blockbuster May 3rd 2014 The Economist
  14. Mathilde Damgé, « Thomas Piketty, la critique du capitalisme et le succès des livres d'économie aux États-Unis », Le Monde,‎ 24 avril 2014 (lire en ligne)
  15. (en) Sam Tanenhaus, « Hey, Big Thinker », The New York Times,‎ 25 avril 2014 (lire en ligne)
  16. « Best Sellers : Hardcover nonfiction », sur New York Times,‎ 13 avril 2014
  17. « Best Sellers : Hardcover nonfiction », sur New York Times,‎ 4 mai 2014
  18. « Best Sellers : Hardcover nonfiction », sur New York Times,‎ 11 mai 2014
  19. « Best Sellers : Hardcover nonfiction », sur New York Times,‎ 18 mai 2014
  20. « Best Sellers : Hardcover nonfiction », sur New York Times,‎ 25 mai 2014
  21. « Best Sellers : Hardcover nonfiction », sur New York Times,‎ 1er juin 2014
  22. « Best Sellers : Hardcover nonfiction », sur New York Times,‎ 8 juin 2014
  23. Pierre Jaxel-Truer, « Thomas Piketty : pourquoi ses courbes affolent la planète ? », M le magazine du Monde,‎ 27 juin 2014 (lire en ligne)
  24. (en) Robert Shrimsley, « The nine stages of the Piketty bubble », The Financial Times,‎ 30 avril 2014 (lire en ligne)
  25. « L'incroyable une de "Bloomberg Businessweek" sur Thomas Piketty », Francetvinfo,‎ 29 mai 2014 (lire en ligne)
  26. (en) Chris Giles, « Data problems with Capital in the 21st Century », Financial Times,‎ 23 mai 2014 (lire en ligne)
  27. (en) Chris Giles, « Piketty findings undercut by errors », Financial Times,‎ 23 mai 2014 (lire en ligne)
  28. (en) Chris Giles, « Piketty response to FT data concerns », Financial Times,‎ 23 mai 2014 (lire en ligne)
  29. « Pour Piketty, « le Financial Times se ridiculise » », Libération,‎ 24 mai 2014 (lire en ligne)
  30. Thomas Piketty, « Technical appendix of the book « Capital in the twenty-first century ». Appendix to chapter 10. Inequality of Capital Ownership. Addendum: Response to FT », sur piketty.ens.fr,‎ 28 mai 2014
  31. (en) Neil Irwin, « Thomas Piketty Responds to Criticism of His Data », The Upshot, The New York Times,‎ 29 mai 2014 (lire en ligne)
  32. (en) Paul Krugman, « Thomas Doubting Refuted », The New York Times,‎ 30 mai 2014 (lire en ligne)
  33. (en) Matt O'Brien, « Piketty’s ‘errors’ aren’t mistakes: They’re questions, and he answered them », The Washington Post,‎ 30 mai 2014 (lire en ligne)
  34. (en) Larry Elliott, « FT journalist accused of serious errors in Thomas Piketty takedown », The Guardian,‎ 29 mai 2014 (lire en ligne)
  35. (en) Howard Reed, « Piketty, Chris Giles and wealth inequality: it's all about the discontinuities », The Guardian,‎ 29 mai 2014 (lire en ligne)
  36. Richesses et croissance : les tromperies statistiques de Thomas Piketty
  37. (en) Per Krusell et Tony Smith, « Is Piketty's 'Second Law of Capitalism' fundamental? », Vox,‎ 1er juin 2014 (lire en ligne)
  38. Odran Bonnet, Pierre-Henri Bono, Guillaume Chapelle et Étienne Wasmer, « Le capital logement contribue-t-il aux inégalités ? : Retour sur Le Capital au XXIe siècle de Thomas Piketty », Document de travail du LIEPP, no 25,‎ avril 2014
  39. Piketty ou quand un « Oint du Seigneur » se prend les pieds dans le tapis
  40. Guillaume Allègre et Xavier Timbeau, « La critique du Capital au XXIe siècle : à la recherche des fondements macroéconomiques des inégalités », Le Blog de l'OFCE,‎ 24 mars 2014
  41. Robert Boyer, « Le Capital au XXIe siècle : Thomas Piketty, Le Capital au XXIe siècle », Revue de la régulation, vol. 14, no 2,‎ autumne 2013 (lire en ligne)
  42. (en) George Leef, « Piketty's Book -- Just Another Excuse For Legal Plunder And Expanding The State », Forbes,‎ 21 mai 2014 (lire en ligne)
  43. ‘Capital in the Twenty-First Century’, by Thomas Piketty
  44. Thomas Piketty se trompe
  45. The Most Important Book Ever Is All Wrong
  46. Du Capital au XXIe siècle, le livre à succès de Thomas Piketty