Place des États-Unis

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16e arrt
Place des États-Unis
Le haut de la place des États-Unis avec au centre le monument à La Fayette et George Washington
Le haut de la place des États-Unis avec au centre le monument à La Fayette et George Washington
Situation
Arrondissement 16e
Quartier Chaillot
Début Avenue d'Iéna et 2 rue de Lubeck
Fin 13 rue Galilée et 1 rue Dumont-d'Urville
Morphologie
Longueur 200 m
Largeur 60 m
Historique
Dénomination 16 août 1881
Ancien(s) nom(s) Place de Bitche
Géocodification
Ville de Paris 3406
DGI 3381

Géolocalisation sur la carte : Paris

(Voir situation sur carte : Paris)
Place des États-Unis
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48° 52′ 05″ N 2° 17′ 38″ E / 48.8679691, 2.2940104

La place des États-Unis est une voie située dans le quartier de Chaillot à Paris dans le 16e arrondissement.

Historique[modifier | modifier le code]

Créée par la destruction des anciens réservoirs de Passy[1] (reconstruits en 1866 plus haut, entre les rues Lauriston, Paul-Valéry et Copernic), la place s'appelait originellement place de Bitche, du nom de la ville de Bitche en Moselle, qui avait vaillamment résisté à l'invasion prussienne pendant la Guerre de 1870.

Mais elle changea de nom très rapidement, lorsque Levi Morton, ministre des États-Unis d'Amérique à Paris, y établit en 1881 sa résidence ainsi que le siège de la légation qui avait dû quitter ses bureaux inadaptés du 95 rue de Chaillot. En effet, le jeu de mot auquel prêtait, en anglais, la dénomination originale[2] émut jusqu'au Département d'État de sorte que, sur l'insistance du chargé d'affaires, le Préfet de la Seine accepta de rebaptiser la place tandis qu'une place du 19e arrondissement prenait le nom de place de Bitche.

Le 13 mai 1885 fut inauguré le modèle en bronze de la Statue de la Liberté de Bartholdi, offerte à la Ville de Paris par le Comité des Américains de Paris.

La statue était placée au centre de la place, en face de la légation des États-Unis[3]. Elle resta à cet emplacement jusqu'en 1888.

Le monument aux volontaires américains, la statue en bronze est en restauration

Le 4 juillet 1923, sur la place des États-Unis, le président du Conseil Raymond Poincaré inaugura un monument aux volontaires américains de la Première Guerre mondiale érigé par souscription publique[4]. La statue de bronze est l'œuvre du sculpteur Jean Boucher qui a travaillé d'après une photographie d'Alan Seeger. Son nom se trouve à l'arrière du monument sur lequel sont gravés ceux des 23 autres Américains tombés dans les rangs de la Légion étrangère. Sur le socle, de chaque côté, sont gravées deux citations du poète traduites par Alain Rivoire, extraites de Ode à la mémoire des volontaires américains tombés pour la France, écrite peu avant sa mort pour être lue devant les statues de La Fayette et de Washington à Paris au Decoration Day, le 30 mai 1916 :

Ils ne poursuivaient pas de récompenses vaines, ils ne désiraient rien que d'être sans remords, frères des soldats bleus, à l'honneur à la peine et de vivre leur vie et de mourir leur mort.
Salut frères, adieu grands morts, deux fois merci. Double à jamais est votre gloire d'être morts pour la France et d'être morts aussi pour l'honneur de notre mémoire.

En 1978 la partie orientale de la place, vers l'avenue d'Iéna, est renommée place de l'Amiral-de-Grasse en hommage à son action durant la Guerre d'indépendance des États-Unis.

Sites particuliers[modifier | modifier le code]

Le square Thomas-Jefferson au centre de la place des États-Unis

Le centre de la place forme un square, le square Thomas Jefferson, où se trouvent :

Le monument à La Fayette et Washington

En dehors du square, en haut de la place, le monument à La Fayette et George Washington, groupe de bronze par Auguste Bartholdi, offert par les États-Unis.

  • no 2 : 'Hôtel Ephrussi : construit en 1886 par Ernest Sanson pour le banquier Jules Ephrussi, il a ensuite appartenu au roi d'Égypte Fouad Ier, qui l'a acheté en 1922, avant d'être saisi par la République d'Égypte qui y a installé la résidence de son ambassadeur;
  • no 3 : c'est ici que le ministre Morton installa sa résidence et, pour une brève période, les bureaux de la légation des États-Unis d'Amérique. La romancière américaine Edith Wharton a habité l'hôtel;
  • no 3bis : Ambassade de Bahreïn; ce petit hôtel en brique et pierre a été construit pour Mme de Meyendorff avant de devenir la demeure du peintre mondain Théobald Chartran et de sa femme Sylvie, dont le salon réunissait artistes, gens de lettres et hommes politiques[6];
  • no 7 : immeuble construit à l'emplacement de l'hôtel appartenant à Ida Rubinstein, danseuse et mécène;
  • no 10 : Hôtel de Brantes : il abrite aujourd'hui les bureaux d'un cabinet d'avocats;
  • no 11 : Hôtel Bischoffsheim (dit également de Noailles) : construit en 1895 par Ernest Sanson pour le financier Raphaël Bischoffsheim, puis occupé après lui par sa petite-fille, la vicomtesse Marie-Laure de Noailles, qui y reçut artistes et écrivains; il a ensuite appartenu au financier saoudien Akram Ojjeh, puis à la veuve de celui-ci, Nahed, qui l'a vendu aux cristalleries de Baccarat; cette entreprise a rénové l'hôtel avec l'aide du designer Philippe Starck pour y installer un luxueux showroom, un « musée du cristal » et un restaurant (Cristal Room);
  • no 12 : Ce vaste hôtel particulier abrite le siège de la société Pernod-Ricard;
  • no 14 : immeuble construit à l'emplacement de l'hôtel de la duchesse d'Isly (en 1910);
  • no 16 : Hôtel de Yturbe : après avoir abrité le siège de l'ambassade des États-Unis, il est devenu la propriété de Francisco-María de Yturbe y Anciola, ancien ministre des Finances du Mexique, qui y passa la fin de sa vie et lui a donné son nom; il passa ensuite à son fils aîné, Francisco-Tirso de Yturbe, diplomate mexicain en poste à Paris, puis au deuxième fils de celui-ci, Miguel de Yturbe, également diplomate, époux de María Teresa Limantour, fille de José Yves Limantour, qui fut ministre des Finances du Mexique pendant dix-huit ans au temps de Porfirio Díaz; la famille de Yturbe possède par héritage depuis 1944 le château d'Anet (Eure-et-Loir);
  • no 18 : immeuble construit par l'architecte Pierre Humbert pour Mlle de Montesquiou-Fezensac.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jacques-Constantin et Auguste-Charles Périer avaient installé deux machines à vapeur (la Constantine et l'Augustine) près de la place de l'Alma pour pomper l'eau de la Seine et la refouler dans les réservoirs de Passy. Cette « pompe à feu de Chaillot » fonctionna du 8 août 1781 jusqu'en 1900.
  2. bitch : femme de mauvaise vie.
  3. Selon le Petit Journal du 10 mai 1885 : « La Ville de Paris a accepté ce don y voyant une preuve de la fraternité entre les deux pays. Le Conseil municipal assistera en corps à l'inauguration officielle de la statue mercredi 13 mai, à 2 heures, place des États-Unis. Depuis quelques jours une charpente est dressée au milieu de la place, en face de l'hôtel de la légation des États-Unis, les ouvriers s'occupent activement de mettre en place le piédestal provisoire qui supporte une réduction au cinquième de la statue destinée à l'Amérique. L'opération de la fonte a eu lieu jeudi, à 3 heures, dans les ateliers de M. Thiébault, rue de Villiers [...] Le choix de l'emplacement adopté a été dicté par des raisons de haute convenance que chacun peut apprécier : mais il nous parait devoir être modifié dans l'avenir. Une statue de cette importance, 16 mètres de haut piédestal compris, réclame un développement d'espace très considérable pour se présenter dans de bonnes conditions à la vue et la place des États-Unis ne nous parait pas réunir ces conditions. »
  4. Le 21 janvier 1917, 13 jours avant la rupture des relations diplomatiques entre les États-Unis et l'Allemagne, avait été organisée à Paris à la Comédie-Française, une soirée d'hommage aux volontaires américains engagés dans les troupes françaises. Présidée par le sous-secrétaire d'État à l'Administration militaire, René Besnard, cette cérémonie avait été marquée par le lancement d'une souscription publique dans le but d'ériger un monument aux volontaires américains
  5. Sur le site Institut de Stratégie Comparée, Commission Française d'Histoire Militaire, Institut d'Histoire des Conflits Contemporains
  6. André de Fouquières, Mon Paris et ses Parisiens. Les quartiers de l'Étoile, Paris, Éditions Pierre Horay, 1953, p. 176.