Henry Clay Frick

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Henry Clay Frick

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Henry Clay Frick

Naissance 19 décembre 1849
West Overton
Décès 2 décembre 1919 (à 69 ans)
New York
Nationalité Américaine
Pays de résidence États-Unis
Profession Industriel de l'acier
Activité principale Entrepreneur
Autres activités
Fondateur de la Frick Collection
Signature de Henry Clay Frick

Henry Clay Frick (né à West Overton, dansle comté de Westmoreland en Pennsylvanie, le - mort à New York, le ) est un industriel de l’acier et un mécène américain.

Carrière[modifier | modifier le code]

Henry Clay Frick est originaire d'un milieu populaire.

À l’âge de 21 ans, avec deux cousins et un ami, il fonde une petite société de production de coke, utilisé en sidérurgie. À l’âge de 30 ans, il est déjà millionnaire.

En 1880, il rachète la société, qui est renommée "H. C. Frick & Company". Elle devient rapidement la plus grande société productrice de coke du monde.

Peu de temps après s'être marié en 1881, Frick rencontre Andrew Carnegie à New York. Ils s’associent et le partenariat entre la "H. C. Frick & Company" et la "Carnegie Steel Company" est le précurseur de United States Steel.

La société de Frick fournit du coke en quantité suffisante pour les aciéries de Carnegie. En 1889, Frick devient président de "Carnegie Steel Company", le plus grand producteur d'acier de l'époque, Carnegie s’étant retiré de la gestion courante.

Inondation de Johnstown[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Inondation de Johnstown de 1889.

Fort de sa position sociale, Frick fonde un club très sélect réservé à l'élite du monde des d'affaires, le South Fork Fishing and Hunting Club (en) situé près de la ville de Johnstown en Pennsylvanie. Ce club se trouvait alors au bord d'un lac artificiel constitué grâce à un barrage (en) se trouvant à environ 23 km en amont de la ville de Johnstown située sur la Little Conemaugh River (en) et qui retenait les eaux de la rivière South Fork, affluent de cette dernière. Pour accommoder les membres du club et les promoteurs, Frik fit abaisser le sommet du barrage afin d'y faire passer une route, affaiblissant du même coup l'ouvrage.

Le , de fortes précipitations produisent une crue du cours d'eau tellement importante que le barrage ne put la retenir et céda. Plus de 18,2 millions de m3 d'eau furent alors relâchés, submergeant Johnstown et les villages alentours, tuant plus de 2 200 personnes et causant pour plus de 17 millions de dollars américains de dommages. L'inondation de Johnstown constitua l'une des plus grandes catastrophes de l'histoire américaine.

Durant les années suivantes, la population tint Frick et son club comme responsable du désastre mais aucun membre ou personnel de l'établissement ne fut jamais reconnu coupable de négligence. Le procès qui leur fut intenté se termina par un non-lieu, malgré les preuves présentées. La catastrophe fut déclarée comme un cas de force majeure (Act of God en droit anglophone) et aucune compensation ne fut versée aux sinistrés. Cependant plusieurs riches membres du South Fork Fishing and Hunting Club contribuèrent à l'aide : Frick fit don de plusieurs milliers de dollars, tandis qu'Andrew Carnegie construisit une nouvelle bibliothèque pour la ville.

La grève de Homestead[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Grève de Homestead.

En 1892, Frick tente de briser une grève qui se tient à l'aciérie de Homestead. La convention collective arrivant à terme, les ouvriers de Homestead demandent une augmentation de salaire afin d'avoisiner celui du marché et proportionnelle à l'accroissement des bénéfices accompagnant l'essor de l'industrie américaine de l'acier, favorisé par le prix élevé de l'acier d'importation.

Frick n'hésite pas à annoncer par voie de presse qu'il préfère voir les ouvriers morts plutôt que d'accéder à leur revendication et il menace de faire appel à la Pinkerton National Detective Agency, engageant 300 de leurs agents de pour créer une milice patronale et protéger la continuité de la production de son usine par des ouvriers non syndiqués.

Il fait au préalable protéger les usines de Homestead et bâtir un mur d'enceinte. L'usine est ainsi rebaptisée par les ouvriers « Fort Frick ». Équipée de fusils Winchester, la milice, dans la nuit du 5 juillet au 6 juillet 1892, essaye de casser le mouvement ouvrier. Dix personnes dont neuf ouvriers perdent la vie dans ces affrontements, qui font également de nombreux blessés.

La position intransigeante de Frick lors de ce conflit social et son opposition aux syndicats le rendent impopulaire.

La même année, l'anarchiste d’origine russe Alexandre Berkman (proche d'Emma Goldman, que Hoover désigna comme « la femme la plus dangereuse d'Amérique ») tente d'assassiner Frick pour venger les ouvriers décédés. Gravement blessé par balle, Frick retourne néanmoins au travail au bout d'une semaine. Berkman est quant à lui condamné à 22 ans de prison et gracié en 1906, soit après dix-huit années d'incarcération.

Collectionneur et mécène[modifier | modifier le code]

Frick constitue une magnifique collection d'œuvres d'art, rivalisant ainsi avec les autres hommes les plus riches de son époque, afin de se donner une image de mécène. Sa collection comporte des œuvres de Vermeer, Renoir, Gainsborough, Constable, Turner, Rembrandt, etc. Après sa mort, cet ensemble devient un des musées de New York, la Frick Collection.

Frick lègue également une grande partie de sa fortune à des organisations caritatives et un domaine de 60 hectares à la ville de Pittsburgh, qui en fit un parc public.

Vie privée[modifier | modifier le code]

Henry Clay Frick épousera Adelaide Howard Childs à Pittsburgh le qui lui donnera quatre enfants.

En 1912, il réserve une des deux « suites des millionnaires » à bord du Titanic, mais annule son voyage à la suite d'une entorse à la cheville de sa femme.

Témoignages[modifier | modifier le code]

Ayant acquis la collection de bronzes de J.P.Morgan, il fait fixer chaque objet sur un socle monté sur billes et s'amuse ainsi à les faire tourner très vite sur eux-mêmes, selon le marchand d'art René Gimpel (carnet du 3/12/1919, op.cit. p. 141).

Gimpel père, qui avait fondé sa maison américaine en 1902 et qui mourut en 1907, lui avait vendu les portraits de Lady Hamilton par Romney et de Lady Peel par Lawrence et son fils, lui vendit ensuite le buste de « Madame du Cayla (Comtesse du Cayla) en bacchante » par Houdon pour 200 000 dollars.

Le magnat de l'acier apparaît ainsi dans son Journal d'un collectionneur marchand de tableaux (Calmann-Lévy, 1963) :

« (...) Il y a dix-huit ans Frick était déjà un grand collectionneur, mais il ne possédait guère que des modernes, des tableaux anglais du XVIIIè et beaucoup de 1830 (...) Il m'avait dit un jour qu'il n'achèterait jamais un meuble ancien ou un objet d'art et son intérieur était du plus mauvais goût ; mais le roi de collectionneurs, Pierpont Morgan, mourut (1919) à l'instant où Frick se faisait construire un hôtel particulier et tous les objets du défunt qu'on croyait destinés au musée de New-York furent jetés sur le marché dans des ventes à l'amiable. Frick s'empara des plus beaux. » (carnet du 3/12/1919, op. cit., p. 140)

« Charles Knoedler me dit : un jour Frick entre dans nos galeries et voit un tableau de Bouguereau qui représentait une fillette ; il l'achète parce qu'elle ressemblait à une fille qu'il avait perdue et c'est peut-être le point de départ de sa fameuse collection ! » (carnet du 19/06/1923, op. cit. p. 239).

Le grand marchand d'art Joseph Duveen, collègue et beau-frère de Gimpel « avait suspendu chez Frick un Van Dyck : deux jeunes gens en pied, mais ils avaient le nez fortement busqué. Mme Frick pria son mari de pas l'acheter en lui disant qu'elle ne pourrait supporter éternellement devant elle ces nez juifs (qui) appartenaient aux frères Stewart, neveux de Charles Ier, roi d'Angleterre ». (carnet de juin 1918, op. cit., p. 50).

Témoignage de Duveen, qui lui vendit pour 1 250 000 dollars « les Fragonard de Grasse » (quatre panneaux acquis vers 1893 à Cannes par J.P. Morgan - Frick Collection) : « J'ai tenu cet homme depuis ce jour-là. Je lui achète tout ce qu'il veut dans les collections européennes sans prendre de commission ». (carnet du 3/07/1918, op. cit., p. 54).

En 1910, il se fit bâtir un manoir sur la Cinquième Avenue, pour lui servir à la fois de résidence et de musée privé. « (...) C'est ici que, l'année dernière, sont descendus le maréchal Joffre et Viviani ».(même réf., p. 50).

Le 3 mars 1919, à dix mois de la mort du collectionneur, Gimpel vient lui proposer L'Accordée du Village de Watteau :

« (...) il me reçoit dans sa grande galerie où il a suspendu ses toiles les plus solennelles, salle immense tendue de vert. Il est entré dans un stade plus avancé de la vieillesse (...) mais ses yeux froids, prenants et durs, sous son regard bonhomme, restent d'un bleu clair et beau (...). J'ai l'impression qu'il n'a jamais vu un Watteau (...) j'avoue que cette collection qu'il léguera, avec cet hôtel, à la ville de New-York sera un cadeau royal ! Le plus beau tableau est le Rembrandt peint par lui-même (1658), un autre, magnifique, est Le Cavalier Polonais (1653), il y a deux Vermeer, le meilleur est Le Soldat et la Servante qui rit (si restauré que les têtes en sont presque modernes - octobre 1921), plusieurs Van Dyck et plusieurs beaux Hals dont son portrait (1635), ...etc" (...) Au mur sept tableaux, dont cinq en pied, qu'il a payés en moyenne 200 000 dollars pièce : trois Gainsborough dont le fameux paysage The Mall, deux Romney, un Van Dyck, un Lawrence. » (carnets des 3 et 17/03/1919 et 6/10/1921, op. cit., pp. 111, 112, 113 et 192).

« Vers 1910, Frick a acheté une Vierge de Pitié, petit tableau primitif trouvé en France et qui lui fut vendu comme étant d'Antonello de Messine. Mais les avis furent partagés (...) ; Berenson affirma que c'était français et de l'école d'Avignon. Il fut considéré par beaucoup comme la perle de la collection. Miss Frick veut mon avis sur un tableau et je me trouve devant un panneau presque identique au premier (...) je m'aperçois que le dernier découvert est l'original et l'autre n'était qu'une copie ancienne. Mon beau-frère Joe Duveen a un avis contraire (...) il veut éviter une polémique d'où il sortirait fort diminué (...) Il n'a aucune connaissance en peinture, ne vend qu'étayé par des certificats d'experts, mais son intelligence lui a permis de soutenir une façade lézardée dans ce pays encore si peu connaisseur ».

Or lors d'un dîner Duveen le défia en pariant 10 000 dollars sur l'authenticité de cette œuvre (...) Gimpel proposa alors des experts incontestés, mais son beau-frère ayant compris la stupidité de son pari et reconnut son erreur, offrit 25 000 dollars pour les oeuvres de charité de Mme Frick, qui les refusa, et conclut l'affaire par cet adage : « La fierté doit s'évanouir devant la menace d'une chute » (carnet du 26/03/1923, op cit., p. 229 à 231).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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