Suicide collectif

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Le suicide collectif est une forme de suicide commis par plusieurs personnes en même temps (se connaissant ou non), généralement pour la même raison.

Suicides au sein de sectes religieuses[modifier | modifier le code]

La fin du siège de la forteresse de Massada par les Romains a longtemps été présentée comme un suicide collectif des rebelles juifs, les Sicaires, qui s'y étaient réfugiés, avant que des historiens mettent en doute cette thèse. Plusieurs événements, principalement en temps de guerre, ont ainsi été présentés comme des suicides collectifs par des assaillants alors qu'il s'agissait de tueries. Au cours du XXe siècle, sont apparues d'autres affaires de suicides collectifs, certaines indubitables, d'autres plus controversées.

Le Temple du Peuple[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Temple du Peuple.

Le 18 novembre 1978, 914 disciples du gourou Jim Jones (dont le groupe religieux était issu des adventistes du septième jour) moururent suite à un suicide/meurtre collectif dans la ville de Jonestown au Guyana. Parmi les morts, on dénombra 274 enfants. Certaines théories du complot prétendent que les victimes auraient été empoisonnées contre leur gré par injection et n'écartent pas l'hypothèse de l'implication de la CIA. Dans une déclaration sous serment, l'ex-membre de la secte Deborah Layton témoigna que l'organisation avait commencé à préparer le suicide lors de nuits blanches durant lesquelles les membres pratiquaient l'événement à venir en ingérant des liquides qu'ils croyaient être du poison (comme test de loyauté). Dans son discours final, enregistré sur une cassette audio (la "death tape"), Jim Jones prétend «[qu'à son avis], tous devraient se montrer aimables envers les enfants et les personnes âgées et prendre la potion que les Grecs prenaient durant l'Antiquité » en considérant le suicide collectif que le groupe allait effectuer comme un acte politique : « Nous n'avons pas commis de suicide, nous avons commis un acte de suicide révolutionnaire qui proteste contre les conditions d'un monde inhumain ».

La tribu Ata, Philippines[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Tribu Ata.

Le 9 septembre 1985, dans la région de Davao, sur l'île de Mindanao, aux Philippines, 73 membres de la tribu Ata boivent un porridge contenant de l'insecticide à la demande de la "grande prêtresse"[1].

Waco[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Siège de Waco.

Le siège de Waco est une tragédie qui s'est déroulée du 28 février au 19 avril 1993 dans la résidence du groupe religieux des « Davidiens » près de la ville de Waco dans le Texas aux États-Unis. 82 personnes dont 21 enfants et le leader du groupe, David Koresh (de son vrai nom Vernon Howell), périrent, principalement dans l'incendie qui mit un terme aux 51 jours de siège par les forces de police. On parle de suicide collectif bien que les controverses soulevées par la gestion du conflit se poursuivent à ce jour et qu'une partie des morts ait résulté de fusillades au cours du siège.

Le Temple solaire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Ordre du Temple solaire.

Le 30 septembre 1994, 5 membres de l'Ordre du Temple solaire (OTS) meurent dans l'incendie d'une maison à Morin-Heights, au Québec. Le 5 octobre 1994, 48 corps carbonisés sont retrouvés en Suisse, 23 à Cheiry et 25 aux Granges-sur-Salvan, dont les deux maîtres de l'OTS, Luc Jouret et Joseph Di Mambro. Le 15 décembre 1995, 16 personnes sont retrouvées brûlées dans une clairière du Vercors, près de la commune de St-Pierre-De-Cherrenes, dont 3 enfants, ainsi que la femme et le fils de Jean Vuarnet. Le 22 mars 1997, 5 adeptes du Temple solaire, dont 3 Français, sont retrouvés carbonisés à Saint-Casimir, au Québec. Les raisons de la mort de plusieurs membres de cet ordre restent encore mystérieuses et non élucidées. La thèse du suicide collectif reste ainsi en suspens.

Heaven's Gate[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Heaven's Gate (secte).

Le 26 mars 1997, avec l'apparition de la comète Hale-Bopp, Marshall Applewhite a convaincu 39 adeptes du groupe Heaven's gate ("la porte du paradis") de se suicider, dans l'espoir que leur âme rejoigne un vaisseau spatial qu'ils pensaient caché derrière la comète et qui transportait Jésus.

Le Mouvement pour la Restauration des Dix Commandements de Dieu[modifier | modifier le code]

Le 17 mars 2000, en Ouganda, plusieurs centaines de personnes dont plusieurs enfants meurent dans l'incendie de l'église pour la restauration des dix commandements de Dieu de Credonia Mwerinde et Joseph Kibweteere. On parle de suicide collectif puis d'assassinat[2].

Chez les samouraïs[modifier | modifier le code]

Le seppuku fut l'occasion de suicides collectifs chez les samouraïs, qui par leur mort, pensaient rendre hommage à leur maître en le suivant par-delà l'épreuve de la mort ou pour ne pas affronter le déshonneur.

Suicide en temps de guerre[modifier | modifier le code]

  • Flavius Josèphe rapporte qu'au printemps 73, après environ sept mois de siège, les défenseurs de la forteresse de Massada s’étaient suicidés en masse plutôt que d'offrir aux légionnaires romains l'honneur d'un combat victorieux.
  • Au IIe siècle avant J.-C., les Teutons traversent la Gaule accompagnés de leurs voisins les Cimbres pour attaquer l'Italie romaine. Après plusieurs victoires, ils subissent finalement une défaite face à Caius Marius en 102 avant J.-C. au cours de la bataille d'Aquae Sextiae (Aix-en-Provence aujourd'hui). Le roi des Teutons, Teutobod, est alors mis aux fers. Plusieurs centaines des femmes capturées commettent un suicide collectif après avoir tué leurs enfants[3]
  • La pratique du suicide collectif connue sous le nom de Jauhar se produisait au Moyen Âge dans certaines communautés du Rajput en Inde lorsque le siège d'une ville condamnait ses habitants au déshonneur ou à la conversion religieuse. L'événement le plus connu est celui du fort de Chittaur au Rajasthan en 1303, 1535 et 1568[4].
  • En 1336, le château de Pilènai en Lituanie était assiégé par les rois teutons. Les assiégés, sous la protection du duc Margiris, réalisant qu'il leur était impossible de résister plus longtemps, se suicidèrent en détruisant la totalité du château et de leur possession en même temps[5].
  • En 1849, alors que les troupes néerlandaises sont en train de conquérir l'île de Bali, le roi de Buleleng et son entourage se suicident collectivement (geste nommé puputan).
  • Pendant l'occupation de la Grèce par les Ottomans, et peu de temps avant la guerre d'indépendance, des femmes de Souli poursuivies par des Ottomans gravirent le mont Zalongo, jetèrent leurs enfants dans le précipice avant de s'y jeter elles-mêmes[6].
  • Pendant la Seconde Guerre mondiale, sur l'île de Saipan, plusieurs centaines de Japonais piégés se suicidèrent plutôt que de se rendre aux américains. Les soldats participèrent d'abord à une "charge banzai", action suicide contre les américains, suivis par leurs blessés et mêmes des civils. Les officiers se suicidèrent dans une cave ensuite.

Peuples d'Amazonie[modifier | modifier le code]

À la suite de la perte de leurs terres, entre 1985 et 1999, il y aurait eu 319 suicides commis collectivement parmi les indiens Guaraní Kaiowa. 200 ans plus tôt, les Guarani occupaient 25 % du Mato Grosso au Brésil, ils n'en occupent plus aujourd'hui que 1 %[8].

Citoyens ordinaires[modifier | modifier le code]

Des suicides collectifs peuvent émaner simplement de personnes qui se connaissent, et qui partageant leur mal-être, décident de se suicider ensemble. C'est le cas d'adolescentes agissant en binôme (au Cap Gris-Nez et à Ivry-sur-Seine en 2005, à Charleroi en 2008), ou de membres d'une même famille, comme à Marseille en 2007.

Internet[modifier | modifier le code]

Internet aurait déjà constitué un moyen de rassemblement de personnes ne souhaitant pas en finir seules avec la vie ; elles se seraient alors donné rendez-vous pour un passage à l'acte collectif[9],[10].

Références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]