Maurice Halbwachs

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Maurice Halbwachs

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Maurice Halbwachs en 1898, alors élève de l'ENS.

Naissance 11 mars 1877
Reims
Décès 16 mars 1945 (à 68 ans)
Buchenwald
Nationalité Française
Profession Sociologue
Conjoint
Yvonne Basch (épouse)
Famille
Victor et Hélène Basch (beaux-parents)

Maurice Halbwachs est un sociologue français de l'école durkheimienne né à Reims le 11 mars 1877 et mort en déportation à Buchenwald le 16 mars 1945. Il est l'auteur d'une thèse sur La classe ouvrière et les niveaux de vie, et Les Cadres sociaux de la mémoire, son œuvre la plus célèbre, étudie le concept de mémoire collective, qu'il a créé.

Biographie[modifier | modifier le code]

Envoi autographe de Georges Dumézil à Maurice Halbwachs.
Fonds Maurice Halbwachs de la Bibliothèque de sciences humaines et sociales Paris Descartes-CNRS.

Halbwachs est le fils d’un professeur d’allemand au Lycée de Reims. Il est élève à l’École normale supérieure, disciple d'Émile Durkheim, il est agrégé de philosophie, docteur en droit et lettres.

Il séjourne en 1904 à Göttingen, où il s'occupe des papiers de Leibniz[réf. nécessaire]. En 1909 il voyage à Berlin, où il est correspondant de l'Humanité. Mais après un article relatant la répression d'une grève par la police, il est expulsé[réf. nécessaire].

Il épouse Yvonne Basch, fille de Victor Basch, cofondateur avec Ludovic Trarieux et Lucien Herr puis président de la Ligue française pour la défense des droits de l'homme et du citoyen.

Professeur de philosophie au Lycée Henri-Poincaré de Nancy jusqu'en 1915, il est nommé maître de conférences de philosophie à la faculté de lettres de Caen puis, en 1919, professeur de sociologie à la faculté de Strasbourg redevenue française.

Il participe en 1930 au troisième cours universitaire de Davos, avec de nombreux autres intellectuels français et allemands[réf. nécessaire]. En 1935, il obtient une chaire à la Sorbonne.

Halbwachs voyage beaucoup et est nommé président de l’Institut français de sociologie en 1938.

Ses beaux-parents, réfugiés en zone libre, sont exécutés sommairement par la Milice en 1944. Le 10 mai 1944, il est élu à la chaire de psychologie collective au Collège de France. En juillet son fils Pierre est arrêté par la Gestapo. Le 26 juillet [1] il est lui aussi arrêté par la Gestapo, interné à Fresnes puis déporté à Buchenwald, où il meurt de la dysenterie.

Jorge Semprún, déporté avec lui, a raconté ses conversations avec le sociologue mourant[2].

Œuvre sociologique[modifier | modifier le code]

Maurice Halbwachs a été l'auteur de nombreux ouvrages de sociologie. Son œuvre, tout entière dans le sillage de Durkheim, mais également marquée par l’influence de Bergson dont il a été l’élève, connaît un nouvel intérêt depuis une trentaine d'années ; cela s'est entre autres traduit par la réédition critique des Cadres sociaux par Gérard Namer en 1994. A Strasbourg, Maurice Halbwachs publie beaucoup. Il contribue à la diffusion des oeuvres d'auteurs allemands, anglais, italiens dont Pareto, Gini, Mannheim, Mead, Sombart, Weber, Westermarck, Cassirer... Il participe avec le mathématicien Maurice Fréchet à l'invention de mesures statistiques et publie "Le calcul des probabilités". Il se passionne pour la réflexion méthodologique. Il publie de nombreux articles sur des sujets très divers dont la démographie. Il publie des ouvrages dont une étude sur "Les origines du sentiment religieux d'après Durkheim" dans laquelle il défend, face aux enseignants des facultés de théologie de Strasbourg, les thèses de Durkheim sur les fondements des religions dans la "vie sociale", une analyse de l'importance des "Cadres sociaux de la mémoire" dans l'organisation des souvenirs individuels, une enquête sur les rapports entre l'organisation de l'espace urbain et la place des groupes sociaux "La population et les tracés de voies à Paris, depuis un siècle", une relecture des "Causes du suicide" dans laquelle l'analyse de Durkheim se trouve à nouveau vérifiée mais aussi enrichie par des prospections statistiques plus raffinées. Halbwachs multiplie les observations et les statistiques sur la situation des classes sociales qu'il reprendra dans son cours une fois élu à la Sorbonne sur "Les classes sociales" et s'intéresse tout particulièrement aux ouvriers - sujet qu'il avait déjà traité dans sa thèse de doctorat - dans" L'évolution des besoins dans les classes ouvrières ". Pour lui, la caractéristique essentielle de cette classe est d'être "obligé de renoncer, dans leur travail du moins, et pendant qu'ils l'exercent, à la vie sociale même et aux liens sociaux ...". A Paris, il rédige une "Esquisse d'une psychologie des classes sociales"et "La mémoire collective" et publie une étude des variations des spatialisations des souvenirs avec "La topographie légendaire des Évangiles en Terre Sainte, étude de mémoire collective".

Hommages[modifier | modifier le code]

Œuvres[modifier | modifier le code]

Couverture des Cadres sociaux de la mémoire.
Couverture de la Morphologie sociale.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Lettre du 27 juillet 1944 d'Yvonne Halbwachs à Edmond Faral. Archives du Collège de France, dossier 16 CDF 182, art. 8.
  2. Voir L'Écriture ou la Vie, Le travail de l'histoire et Une tombe au creux des nuages, Climats, 2010.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]