Radioécouteur

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur les redirections « SWL » redirige ici. Pour les autres significations, voir SWL (homonymie).

Un radioécouteur désigné aussi par SWL (pour Short Waves Listener) est un passionné qui écoute les transmissions par ondes radioélectriques au moyen d'un Récepteur radio approprié et d'une antenne dédiée aux bandes qu'il désire écouter : l'aviation donc (VOLMET, ATIS, bandes aéronautiques), la radiodiffusion (bande FM, ondes courtes, onde moyenne et onde longue), les radioamateurs, les satellites, les Bandes marines, les astres, les agences de presse, la météorologieetc.

Généralement, ce passionné s'intéresse également aux techniques de réception, aux antennes, à la propagation ionosphérique, au matériel en général, et passe beaucoup de temps (souvent la nuit) à écouter la radio.

Logo SWL radioécouteur.

Historique[modifier | modifier le code]

Radio ondes courtes 1940.
Licence de radioécouteur 1949.
Une ancienne autorisation à utiliser une station radioélectrique d'écoute des émissions de radioamateur datant de 1980.


Cliquez sur une vignette pour l’agrandir

Devenir radioécouteur[modifier | modifier le code]

Radio ondes courtes.

Un radioécouteur peut débuter à moindre coût grâce à des postes de radio ordinaires valant 20 à 30 euros.
L'écoute de la radiodiffusion en ondes courtes nécessite généralement un poste disposant d'un sélecteur digital de fréquences et non d'un simple bouton rotatif.
Les plus passionnés investissent parfois dans des récepteurs coûtant plusieurs milliers d'euros qui couvrent une très vaste plage de fréquences, entre 9 kHz et 3 000 MHz dans certains cas, et dans tous les modes de diffusion, AM, FM, mais aussi BLU pour l'écoute des radioamateurs et des stations radiomaritimes.

Radiodiffusion[modifier | modifier le code]

La radiodiffusion en ondes courtes est utilisée par les radios internationales, qui proposent leurs programmes dans différentes langues à différents horaires.

Bandes de Radiodiffusion Haute fréquence et de la bande des 120 mètres
  • Bande des 120 mètres : 2 300 kHz-2 550 kHz
  • Bande des 90 mètres : 3 150 kHz-3 450 kHz
  • Bande des 75 mètres : 3 850 kHz-4 050 kHz
  • Bande des 60 mètres : 4 700 kHz-5 150 kHz
  • Bande des 49 mètres : 5 750 kHz-6 200 kHz
  • Bande des 41 mètres : 7 050 kHz-7 400 kHz
  • Bande des 31 mètres : 9 400 kHz-10 050 kHz
  • Bande des 25 mètres : 11 500 kHz-12 200 kHz
  • Bande des 22 mètres : 13 500 kHz-13 900 kHz
  • Bande des 19 mètres : 14 950 kHz-15 700 kHz
  • Bande des 16 mètres : 17 400 kHz-18 000 kHz
  • Bande des 13 mètres : 21 300 kHz-21 950 kHz
  • Bande des 11 mètres : 25 600 kHz-26 100 kHz

Technique[modifier | modifier le code]

Antenne ground plane en quart d'onde.

Une fois dotés d'un récepteur radio, les radioécouteurs amateurs bricolent souvent eux-mêmes une antenne avec un long fil tendu au travers de la pièce ou sur le toit de leur domicile.
La longueur de l'antenne est déterminée par la formule longueur=300/fréquence(MHz), afin d'optimiser la réception. Ainsi pour 14 MHz (bande des 20 mètres) la longueur de l'antenne est généralement de 20 mètres, et pour 3,5 MHz (bande des 80 mètres), elle est de 80 mètres.
Des antennes dipôle demi-onde sont parfois confectionnées en coupant en deux un fil électrique de longueur d'onde divisé par deux, et en reliant chaque bout à l'âme et à la tresse d'un câble coaxial. Pour 14 MHz, un fil électrique de 10 mètres coupé en son centre convient à ce genre d'utilisation.
Pour des dimensions plus petites, une antenne ground plane de 1/4 onde peut être construite avec une tige verticale de longueur d'onde divisée par 4, reliée à l'âme d'un câble coaxial, et quatre tiges de même longueur reliées à la tresse, formant un X sous cette première tige.

L'écoute[modifier | modifier le code]

Carte azimutale.

En ondes courtes (ou HF), les possibilités d'écoutes des radiocommunications sont nombreuses.

Pour l'écoute des bandes radioamateurs, les bandes les plus utilisables sont :


L'écoute de la météo aéronautique de Paris Orly.
Article détaillé : Radiocommunication aéronautique.

La navigation aérienne est également un domaine qui intéresse le radioécouteur. Les contrôles aériens, la météorologie aéronautique ATIS, VOLMET de tous les continents sont actifs toute la journée au gré de la propagation et des flux des jets sur fonds de SELCAL sur la bande HF et sur la bande VHF.

Par exemple l'écoute en modulation d'amplitude des canaux inter-pilotes
La fréquence 123,450 MHz est pour des communications air-air (lors de vols en formation par exemple)[5].
La fréquence 123,500 MHz auto-info de position facilitant les évitements entre aéronef dans un même secteur dépourvu d'une fréquence affectée[5].



Les bulletins météo des stations portuaires, les annonces de sécurité pour les navigateurs, les bulletins Navtex, les FAX sont autant de moyens d'information disponibles pour le monde maritime à travers le monde.

Article détaillé : Bandes marines.

Les liaisons duplex avec les navires, le trafic chalutiers ou navires de commerce « navire à navire »[10],[11] sont choses courantes.

Le radioécouteur recherche certaines situations exceptionnelles : un sauvetage en pleine tempête, une intervention à caractère humanitaire dans une région conflictuelle, un accident cardio-vasculaire d'un passager sur long courrier en sont quelques exemples.

L'écoute des tops des stations radioélectrique d'émission précise d’horaire exact à des fins scientifiques et d’étalonnage et des stations HF d'information aéronautique VOLMET (et d'ATIS HF d'Afrique) donnent de très bonnes conditions de propagation en onde courte et de bonne comparaison d'essai d'antenne radioélectrique d'écoute.

Article détaillé : Radioastronomie amateur.

Outre les ondes courtes, certains SWL réussissent à intercepter des communications entre la station spatiale internationale ISS et la Terre, ou la navette spatiale américaine. Certains passionnés écoutent les phénomènes physiques comme la Radioastronomie amateur, les aurores boréales et les bruits cosmiques[12] et[13]. Donc le bruit radio-électromagnétique de la planète Jupiter en AM sur la fréquence de 21,860 MHz[14] (bruit de petites vagues rapides) avec ci-présent le filtre de réception en large bande[15].

Les amateurs de Formule 1 utilisent des récepteurs pour intercepter les communications entre les coureurs et les stands. Il existe des radioécouteurs qui se spécialisent dans la réception de télévisions étrangères avec de simples antennes râteau.

Liaison EME terre lune terre
Cette image a été reçue par réflexion sur la lune.
Groupe de 8 antennes Yagi pour la bande 144 MHz EME.

Il est possible de recevoir les émissions radio par réfection sur la lune avec un préamplificateur d'antenne faible bruit d'un gain +30dB ou plus alimenté par un groupe d'antennes Yagi a grand gain ou une antenne parabolique de réception de gain de +35dB ou plus pointé vers la lune.

Tableau de d'affaiblissement électromagnétique par réflexion sur la lune "EME" et en fonction des fréquences.

Fréquences Atténuation
(dB)
Bande 50,000 à 50,020 MHz 243
Bande 144,000 à 144,035 MHz
et Bande 144,120 à 144,160 MHz
252
Bande 432,000 à 432,025 MHz 262
Bande 1 296,000 à 1 296,025 MHz 271
Bande 2 320,000 à 2 320,025 MHz 276
Fréquence d’appel 10,368 GHz 289
Fréquence d’appel 24,0482 GHz 306

Radioécouteur et radioamateur[modifier | modifier le code]

Carte QSL d'un radio écouteur.

Bien souvent les écouteurs ou SWL (Short Wave Listener) écoutent les ondes courtes (HF, VHF) durant quelques mois ou quelques années tout en préparant l'examen d'un certificat d'opérateur du service amateur. Une fois en possession de leur licence, ils abandonnent leur indicatif d'écouteur.

Lorsque les écouteurs souhaitent échanger des QSL avec des radioamateurs ou des stations de radiodiffusion, ils doivent obtenir un indicatif. Celui-ci diffère de ceux attribués aux radioamateurs.

Par exemple : F1ABC est un indicatif radioamateur français

F12345 est un indicatif d'écouteur français

ONL12345 est un indicatif d'écouteur belge (L pour Listener).

QSL et rapport d'écoute[modifier | modifier le code]

Carte QSL de la station radio OEH61 et OE6XRK de la Croix-Rouge autrichienne.

Les cartes QSL ou les rapports d'écoute sont soit envoyées directement par la poste au destinataire aux frais de l'expéditeur. (Pour faciliter les échanges internationaux urgents par courrier postal le coupon-réponse international permet à l'expéditeur de recevoir une réponse plus rapide lorsque le destinataire est à l'étranger en lui fournissant le timbre du retour). Ou vers un radioamateur plus généralement par le biais du « service QSL » de l'association radioamateur dont le radioécouteur est membre. Dans ce cas on parle de « QSL via bureau » (ou buro). Ce service est beaucoup plus lent que la poste mais il est gratuit. En France, ce service est principalement assuré par l'Union Française des Radioamateurs ou REF-Union [1].

Radiogoniométrie[modifier | modifier le code]

Antenne cadre 3,5 MHz, récepteur, et des accessoires utilisés dans la radiogoniomètrie.
Article détaillé : Radiogoniométrie sportive.

La radiogoniométrie sportive également appelée « chasse au renard » est une course d'orientation chronométrée qui combine à la fois les techniques de la radio-localisation, l'utilisation de cartes topographiques et l'usage d'une boussole. Il s'agit de trouver des balises radioélectriques à l'aide d'un équipement de radiogoniométrie composé essentiellement d'un récepteur radio, d'atténuateurs et d'une antenne directive.

En radiogoniométrie sportive on utilise des fréquences radioélectrique dans les bandes des 80 mètres et des 2 mètres, ceci parce que ces bandes sont disponibles pour tous les radioécouteurs, quel que soit leur pays.

Législations[modifier | modifier le code]

Le radioécouteur n'a pas l'obligation de posséder une licence mais doit faire face à quelques obligations théoriques :

  • la détention de récepteurs autorisés par la loi, la plupart des récepteurs sont en principe soumis à une autorisation[16],[17] mais néanmoins tolérés en vente libre partout en Europe ;
  • la confidentialité des communications (de par la loi, il a interdiction de divulguer le contenu des conversations entendues excepté en radiodiffusion, ceci étant valable pour la plupart des utilisateurs de systèmes radio)[18].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Les installations radiotélégraphiques privée en France est prévu par le règlement administratif du 22 juin 1891
  2. Le décret-loi du 24 février 1917.
  3. L’arrêté du 14 décembre 1923 concernant les redevances.
  4. Le décret du 24 novembre 1923 concernant la réception art 1 à 7
  5. a et b Manuel du pilote d'avion
  6. Manuel du pilote de « montgolfière »
  7. Manuel du pilote de planeur
  8. Manuel du pilote d'hélicoptère
  9. JO du 27 mars 1993 (page 5041). Arrêtés du 8 février 1993
  10. Les articles de référence des canaux et utilisations: Manuel à l’usage des services mobile maritime
  11. Répertoire des RADIOSIGNAUX : Service Hydrographique et Océanographique de la Marine
  12. Radio Astronomy Frequencies List
  13. Bandes dédiées a la radioastronomie, p. 24 chap. 1 : Introduction a la Radioastronomie
  14. Technique d'observation en radioastronomiques en milieu radioélectrique hostile page 2
  15. 3.3 Parasites bandes etroites continus : AM au NDA, p. 135, 139
  16. Décret 79-757 du 10 juillet 1997, JO du 13 juillet 1997, sur la demande d'autorisation d'appareils d'écoute autre que les récepteurs de radiodiffusion, de bande radioamateur, les postes CB. Les appareils sont soumis à une autorisation du premier ministre/sgdn/den/ssd en application de l'article R 226-7 du code pénal.
  17. Appareil de réception large bande
  18. EXTRAITS DU REGLEMENT DES RADIOCOMMUNICATIONS (Union Internationale des Télécommunications - UIT) Édition de 1990 - Révisée en 1994
    1992 Lors de l'application des dispositions appropriées de la Convention, les administrations s'engagent à prendre elles-mêmes les mesures nécessaires pour faire interdire et réprimer:
    1993 a) l'interception, sans autorisation, de radiocommunications qui ne sont pas destinées à l'usage général du public;
    1994 b) la divulgation du contenu ou simplement de l'existence, la publication ou tout usage quelconque, sans autorisation, des renseignements de toute nature obtenus en interceptant les radiocommunications mentionnées au numéro 1993.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]