Centre de télécommunication par satellite de Pleumeur-Bodou

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48° 47′ 05″ N 3° 31′ 00″ O / 48.78472, -3.51667 Le centre de télécommunication par satellite de Pleumeur-Bodou (CTS), situé dans les Côtes-d'Armor, est à l'origine de la première transmission télévisée en mondovision via le satellite « Telstar » en 1962[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

La première liaison télévisée Intercontinentale au monde…[modifier | modifier le code]

Le menhir inauguré par Charles de Gaulle, en 1962
Zoom sur l'inscription.

Suite au lancement par les Soviétiques du premier satellite artificiel de l'histoire, Spoutnik, les Américains veulent une revanche et décident de lancer les programmes 'Telstar' (téléphone des étoiles) et 'RELAY', destinés à relier les deux continents (Europe-États-Unis). Le programme Telstar sera développé conjointement par AT&T et par Bell Labs., ils concevront dans la foulée la station terrienne permettant de faire les essais à Andover dans le Maine.

Il est nécessaire de disposer de deux sites de part et d'autre de l'océan Atlantique pour que la liaison soit opérationnelle. Il faudra donc mettre en place de chaque côté de l'Atlantique des stations relais (Earth Stations). Un accord sera signé en ce sens, en avril 1961 entre la NASA, BPO et le CNET. Très tôt la France s'intéressera au projet car elle entrevoit déjà la possibilité de capter du trafic téléphonique et TV mondial et donc un certain bénéfice commercial. Le gouvernement français de l'époque (Charles de Gaulle), ayant donc décidé de s'investir dans le projet, donne son feu vert pour la création d'une station relais. La course est lancée.

La Grande-Bretagne, par l'intermédiaire du BPO (British Post-Office), se joint au mouvement en construisant à son tour sur son territoire une station relais à Goonhilly Downs(50° 02′ 53″ N 5° 10′ 55″ O / 50.04806, -5.18194), en Cornouaille.

Sous l'impulsion de Pierre Marzin, Breton d'origine et directeur du CNET à l'époque, il est décidé fin août 1961 de construire le radôme (contraction du mot : « radar » et de « dôme »)[2]. Le temps étant compté pour débuter les expérimentations, il est décidé d'acheter et d'utiliser la technologie américaine pour construire la station relais française ; les États-Unis fourniront la technologie, la France construira le site et les infrastructures. Pleumeur-Bodou en Bretagne ayant un sol particulier (roche granitique), une localisation particulière (absence de perturbations électromagnétiques), un horizon très dégagé et une proximité des laboratoires du CNET de Lannion, font que ce site sera choisi 48° 47′ 10″ N 3° 31′ 26″ O / 48.7861, -3.52389.

La mire reçue à h 47

Après un chantier de neuf mois conduit par la CGE (Compagnie Générale d'Électricité) en un temps record pour construire l'antenne et l'enveloppe en Dacron™ du radôme, le site est enfin prêt. 8 000 m3 de terrassement dont 3 000 m3 de rocher, 4 000 m3 de béton et 276 tonnes d'acier seront nécessaires pour construire la première station. Malgré les difficultés techniques de dernière minute et un temps exécrable pendant la construction les techniciens de la CGE réussissent leur pari et livrent le site à la date prévue. On peut dire que le CTS a vu le jour à cette époque.

Un pylône de collimation de 200 mètres de haut sera même érigé sur l'île Losquet, une île proche de l'île-Grande, afin de tester les équipements électroniques de télécommunication, les radars, le système de poursuite de la nouvelle antenne cornet ; un « répondeur » étant fixé au sommet et destiné à « simuler » le passage du satellite Telstar. Le 7 juillet 1962, l'antenne cornet est enfin prête à fonctionner soit trois jours avant le lancement de Telstar.

Le 11 juillet 1962, à h 47, la station capte les premières images de télévision transmises en direct par satellite entre Andover (États-Unis) et Pleumeur-Bodou. 190 techniciens auront la primeur, cette nuit-là, de voir la première transmission « mondiovisée » au monde.

Le général de Gaulle viendra inaugurer ce nouvel outil de télécommunication le 19 octobre 1962 sur invitation de Pierre Marzin, et à cette occasion, un menhir gravé dressé devant le radôme sera inauguré également ce jour là afin de commémorer cet événement[3].

L'antenne du radôme restera en service jusqu'en 1985 puis deviendra en 1991 l'attraction de la Cité des télécoms. Le radôme est classé monument historique depuis le 29 septembre 2000. Il faut aussi savoir que cette antenne est la dernière au monde existante, en effet, le second radôme construit à l'identique aux États-Unis dans l’État du Maine (44° 38′ 48″ N 70° 45′ 27″ O / 44.64667, -70.7575) a aujourd'hui disparu, démantelé par les États-Unis.

L'expansion des services, la course technologique…[modifier | modifier le code]

Le CTS poursuivra son expansion dès lors, au fil du temps ; suite à la formation de divers consortiums internationaux destinés à favoriser le développement des liaisons satellitaires entre les nations (Intelsat au niveau mondial et Eutelsat au niveau européen), les années suivantes verront la création de plusieurs antennes paraboliques permettant de tisser un réseau de télécommunication satellitaire mondial.

Pendant longtemps, le CTS restera le principal centre de télécommunication pour les liaisons vers l'étranger. en 1978, il sera secondé, en France, par un autre site toujours en activité  : Bercenay-en-Othe, dans l'Aube. Grâce au savoir-faire en matière de télécommunications spatiale, la France installera plusieurs stations terriennes, à l'image de Pleumeur-Bodou, dans les départements d'Outre-Mer et dans plusieurs pays d'Afrique francophone, en France à Rambouillet (situé en grande partie sur le territoire de la commune de Saint-Symphorien-le-Château en Eure-et-Loir, vendu par France Télécom à Eutelsat en 2004) et Issus Aussaguel (Haute-Garonne).

La fin…[modifier | modifier le code]

L'annonce brutale de la fermeture du CTS et de l'IRET SNE(Formation), en janvier 1999 par France Telecom, engendrera de forts mouvements sociaux sur Lannion et sa région[4].

Le CTS n'étant plus compétitif dans le domaine des transmissions de données, concurrencé par l'essor des fibres optiques dans les câbles transatlantiques, conduira à la fermeture progressive à partir de 1999 et ce, jusqu'en mai 2003.

Chiffres clés[modifier | modifier le code]

Vue du restaurant du CTS depuis PB3…
  • Personnels sur site au plus fort de l'activité du CTS : Jusqu'à 200.
  • Personnel sur site à la fermeture du CTS: 11
  • Date d'ouverture du CTS : juillet 1962
  • Date de fermeture du CTS : Programmée en 1999, le site a définitivement fermé ses portes en mai 2003.
  • 1 restaurant administratif
  • 2 courts de tennis
  • Nombre total d'antennes sur le site : 15

Directeurs du CTS de 1962 à 2003[modifier | modifier le code]

Nom De A
M. Alain Le Bihan 1962 1966
M. Michel Popot 1966 1974
M. Jean-Pierre Colin 1974 1985
M. Robert Petit 1985 1988
M. Bernard Druais 1985 1989
M. Jean Andraud 1990 1994
M. Bernard Bertrand 1995 1999
M. Christian Pigny 2000 2001
M. Claude Le Guellec 2002 2003

Rappels sur les technologies utilisées dans la période : (1962-1985)[modifier | modifier le code]

Synoptique liaison satellite

'Telstar', le premier satellite de télécommunication[modifier | modifier le code]

C'est le premier lancement de satellite de télécommunications (Telstar 1) à 5 632 km d'apogée (apoapside) et 952 km de périgée (périapside). Il s'agit donc du premier « satellite à défilement » de l'histoire : il n'est donc pas géostationnaire. Il n'est visible simultanément d'Andover (USA) et de Pleumeur que par période de 20 minutes (pour certaines orbites seulement)[5].

La taille des paraboles[modifier | modifier le code]

Il faut aussi rappeler que lors de l'installation des antennes (1968→1985), on travaillait principalement en Bande C (fréquences d'environ 4 gigahertz), ce qui nécessitait des paraboles importantes pour les émissions/réceptions sur ces fréquences. Les ateliers grenoblois Neyrpic (Neyret-Beylier et Piccard-Pictet, devenus Alstom depuis) et les ateliers "AMP", ont assuré la conception/construction des paraboles de Pleumeur-Bodou. Les premières antennes posées à Pleumeur devaient avoir une parabole importante pour gagner du « gain d'antenne » en réception, afin de s'affranchir le plus possible d'équipements (amplis paramétriques + cuves à hélium) à refroidissements liquides, lourds et contraignants. Exemple: PB4 en 32,50 mètres permet d'utiliser des amplis paramétriques à température ambiante. La taille des paraboles ira en diminuant avec les années ; On mesurera les progrès accompli entre PB1 (1962) et PB8 (1988, diamètre 13 m).

La diffusion vers les satellites[modifier | modifier le code]

Pour information, le signal au départ du satellite était amplifié à un niveau de (+30 dBm)(décibels par milliwatt). En tenant compte de la perte de puissance du signal pendant le transfert vers le sol : -190 dBm, lors de l'arrivée sur terre, les signaux devaient être correctement amplifiés (gain de la parabole : -60 dBm + gain de l'amplificateur paramétrique faible bruit : -60 dBm), pour être exploitables par la station de Pleumeur-Bodou. L'amplificateur paramétrique étant techniquement limité au niveau du gain, seule la taille des paraboles permettait donc de gagner de précieux décibelsConversions Watts/Dbm/Volts Rappelons également que les satellites de l'époque étaient loin d'égaler en termes de puissance d'émission, en termes de taille de parabole et en termes de "PIRE", les performances des satellites actuels. Ce fait est à mettre en relation avec le discours sur les tailles de paraboles du CTS. Les liaisons satellite étaient retransmises en analogique jusqu'en 1985, en analogique et en numérique jusqu'en 1988, et entièrement numérisées après cette date.

Les émetteurs H.F[modifier | modifier le code]

Les émetteurs HF de PB7 par exemple, étaient d'une puissance de 3 kilowatts (en puissance maximum) sur la bande de fréquence SHF (5 825 à 6 425 MHz). Les émissions se faisant sur plusieurs porteuses, pour éviter des problèmes d'interférences, le niveau d'émission était réduit de 6 dB, ce qui ramenait la puissance utile par émetteur à 750 watts. Les émetteurs du CTS était « bridés » à 200 watts.

Les huit émetteurs par antennes consommaient chacun 15 kVA (kilovoltampères), la puissance consommée s'élevait donc à 120 kVA.

Pour les antennes 32 m (PB6/PB3/PB7/PB4), la puissance totale nécessaire était donc de 480 kVA. La sécurité de l'alimentation était assurée par une batterie d'onduleurs alimentés par batteries. Les batteries étaient elles-mêmes rechargées au moyen de groupes électrogènes en cas de défaillance du Secteur.

Les antennes PB3/PB4/PB6/PB7/PB8/PB10 émettaient en « double polarisation circulaire », permettant de doubler la bande passante disponible, tout en gardant la même puissance d'émission.

Les amplis de puissance (émetteurs) étaient de deux types :

  • pour l'usage général sur l'ensemble de la bande 5 900-6 400 MHz : des amplificateurs à TOP (tube à ondes progressives (en anglais : TWT travelling waves tube)) puissance 1 kW, 3 à 5 kW selon les modèles, bande passante 500 MHz ;
  • pour des usages spécifiques (par exemple la télévision) : des amplificateurs à klystron puissance 3 kW (en général), bande passante 40 MHz déplaçable en 12 canaux sur la bande 5 900-6 400 MHz.

Les émetteurs étaient couplés à la source et pouvaient donc émettre en même temps (par exemple x circuits téléphoniques avec une ou plusieurs émissions TV).

Chaîne d'émission[modifier | modifier le code]

Opérations réalisées au cœur du bâtiment principal :

  • modulation : un étage électronique créait la porteuse à 70 MHz et la modulait suivant la source.
  • filtrage : l'étage suivant avait pour rôle de limiter l'étalement du spectre suite à la modulation.
  • transposition : cet étage transposait en fréquence, le sous-ensemble précédent, dans la gamme de fréquences d'émission de la parabole.

Opérations réalisées au niveau de la parabole :

  • amplification : élévation du niveau de la puissance, pour transmission vers le satellite.

Modes de Transmissions[modifier | modifier le code]

On peut raisonnablement parler de deux périodes concernant la transmission satellite :

  • la première période, de 1962 à 1983, les antennes transmettent leur signaux en analogique (AMRF).
  • à partir de PB4 (1976), plusieurs antennes du site utiliseront l'AMRT comme type d'émission pour envoyer leurs données aux satellites.

L'AMRT est un mode de transmission en numérique. Chaque transmissions en AMRT mobilisait un transpondeur à 72 MHz sur le satellite.

Le débit d'une transmission en AMRT était de 120,832 Mb/s.

Un autre mode de transmission numérique : IBS (intelsat business service)/IDR (intermediate data rate) était également disponible : transmission par plusieurs porteuses à 2Mb/s (modulable selon besoins de 9,6 kb/s à 9,312 Mb/s) pour différents flux ; on divisait la bande passante transpondeur du satellite par autant de canaux IBS/IDR.

Classes et types d'antennes[modifier | modifier le code]

  • Az-El  : Azimut/Élévation ⇒ Monture Azimutale
  • Ah-Dec : Angle-Horaire /Déclinaison ⇒ Monture Équatoriale
  • Illumination : type de système utilisé au cœur de la parabole, pour l'émission et la réception des signaux (par ex. : Cassegrain)

Poursuites[modifier | modifier le code]

Pupitre de commande déportée, de poursuite satellite de l'antenne PB3. La poursuite principale étant située dans l'embase de l'antenne.

Il ne suffit pas de pointer un satellite, encore faut-il le suivre lors de ses déplacements, un dispositif de poursuite est alors nécessaire. Le but d'un tel système est de mesurer en permanence l'écart entre le signal reçu et le signal optimal ; après avoir calculé la différence, le système de poursuite envoyait des « ordres » aux asservissements afin de corriger par des mouvements mécaniques, le pointage vers le satellite visé.

PB2 utilisait une poursuite dite « Monopulse », qui par l'intermédiaire de deux mesures faites dans l'axe du cornet, calculait la dérive du pointage. À partir de PB3 et pour les autres antennes, on utilisera une poursuite du type « extracteur de mode », utilisant une platine d'écartométrie[6] (on mesure les variations de vitesse du champ électromagnétique de l'onde rentrant dans le guide d'onde, au niveau du cornet et on en déduit une correction)[7].

Services INTELSAT[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Intelsat.

Classes Intelsat[modifier | modifier le code]

La Classe Intelsat est une norme concernant les antennes des stations terrestres, fixée suivant les besoins par l'opérateur Intelsat :

  • Intelsat III : taille parabole de 30 mètres, structure Carrousel, Facteur Qualité à 4 GHz : 40,7 dB/kelvin (PB3)
  • Intelsat A : taille parabole comprise entre 32,50 mètres et 26 mètres, périscope pour déport équipement transmissions, Cornet corrugué fixe. Coût d'une station : 60 000 000 francs (1981) (soit 9 146 941 euros en 2008, sans tenir compte de l'inflation)
  • Intelsat B : taille parabole comprise entre 14,50 mètres et 8,80 mètres de diamètre, Cornet corrugué sur réflecteur, monture simplifiée, facteur qualité à 4 GHz : 31,7 dB/kelvin. Coût d'une station : 15 000 000 francs (1981) (soit 2 286 735 euros en 2008, sans tenir compte de l'inflation)
  • Intelsat C : taille parabole comprise entre 17,40 mètres et 14,50 mètres de diamètre, Cornet corrugué sur réflecteur.

Rappel sur le spectre radio-fréquence[modifier | modifier le code]

Les Antennes du CTS[modifier | modifier le code]

Les antennes sont nommées PBD('X'), le ('X') désignant l'ordre de mise en route des antennes lors de la construction du site. PBD1 désigne donc l'antenne Cornet + son radôme, etc. La plupart des antennes apparaissant sur les photos satellite et aériennes du site ci-dessous prises en 2003 et 2005, citées dans cet article n'existent plus aujourd'hui, en 2008. Les antennes sont toutes désormais hors service actif, elles sont placées en « position de survie », pointées au zénith, à la verticale (90 °), de façon à minimiser leur prise au vent. Il n'y a plus aucune maintenance technique sur les antennes.

Il faut aussi savoir que les antennes étaient toutes reliées au bâtiment central par des guides d'ondes, afin de piloter les équipements à distance. Pour PBD2, par exemple, les liaisons en émission se faisaient à 70 MHz, la réception se faisant en 2 bandes à 300 MHz et 600 MHz. À partir de PBD3 on utilisera des guides d'ondes de section elliptique, afin de transporter le signal vers le bâtiment principal.

Liste des antennes sur le site[modifier | modifier le code]

PB1/ "Le Radôme"[modifier | modifier le code]

  • Date de mise en service : 1962
  • Date de mise hors service : 1985
  • Hauteur de l'antenne cornet : 34 mètres
  • Longueur de l'antenne cornet : 54 mètres
  • Diamètre base du radôme: 54 mètres
  • Diamètre de la sphère enveloppante : 64 mètres
  • Surface réflecteur : 360 m2
  • Gain réception : 57 dB à 4 170 MHz
  • Gain émission : 59,5 dB à 6 390 MHz
  • Température de bruit au zénith : 32 kelvin, radôme sec (0,86478 dB)
  • Poids : 340 tonnes
  • Matériaux constituant : alliage aluminium-magnésium
L'antenne cornet PB1  : « La Grande Oreille »[modifier | modifier le code]
L'antenne cornet PBD1.

PB1 fut la première antenne mise en service en 1962  : c'est en fait le nom de l'antenne Cornet sous le radôme. Pour positionner l'antenne cornet avec une extrême précision (3/100e de degré) on utilisait une première « antenne traqueur » d'acquisition, permettant de repérer le satellite à suivre avec une précision de 10°, l'acquisition du signal balise satellite étant réalisée en VHF (136 MHz) par cette antenne, une deuxième antenne de tracking (antenne traqueur de précision), permettait alors de verrouiller complètement le satellite au 15/1 000e de degrés près. L'ensemble était piloté par des calculateurs IBM 1620, des calculateurs IBM 1623 (gestion des circuits mémoires) et des IBM 1622 (Lecteurs de cartes perforées) qui repositionnaient le tout, toutes les 4 secondes, en utilisant de puissants servomoteurs pour aligner l'antenne.

Deux « cabines » étaient installées sur l'antenne :

  • la cabine du bas servait aux instruments de poursuite et d'alignement pilotant ainsi les servo-moteurs hydrauliques. Cette cabine contenait également les équipements de puissance électrique pour l'amplificateur ; les équipements de récupération du gaz hélium après son évaporation dans le MASER lors du refroidissement.
  • la cabine du haut contenait le MASER, le système de refroidissement, les pompes à hélium et les pompes à azote liquide, le vernier de poursuite VAT(Vernier Auto Track), le coupleur de mode, les convertisseurs de fréquence, les équipements de mesure, les amplificateurs de puissance ainsi que l'électronique de « poursuite » (codeur/résolveur, transcodeur des coordonnées fournies par le VAT en signaux azimuth-élévation pour les moteurs).

Deux moteurs hydrauliques Vickers étaient utilisés pour faire pivoter, via une démultiplication, la roue dentée de positionnement en élévation de l'antenne ainsi l'antenne pivotait sur son axe horizontal, la rotation sur l'axe vertical d'azimut (vertical) étant assuré par d'autres moteurs. L'antenne mettait 4 minutes, 20 secondes pour faire un tour complet sur elle-même.

Le Radôme et l’antenne cornet sont classés en 2000 au titre des Monuments historiques et labellisés Patrimoine du XXe siècle, en 2004[8].

Émission[modifier | modifier le code]

PB1 utilisait pour la première fois en France, à cette époque, un « tube à ondes progressives »[9] de 2 kW, pour l'émission, la technologie de guides d'ondes venant à cette époque d'être mise au point par les laboratoires de la CGE de Marcoussis.

Réception[modifier | modifier le code]

Le cœur de réception de l'antenne cornet était constitué d'une part par 1 200 cartes électroniques, et d'un Maser, chargé d'amplifier au niveau « quantique », les ondes électromagnétiques reçues. Le Maser devait pour fonctionner correctement, être maintenu dans un bain d'hélium liquide à --269 °C[5], changé toutes les huit heures, ceci afin de minimiser le bruit de fond. L'ensemble étant également plongé dans une cuve à azote liquide à --196 °C.

Le Radôme[modifier | modifier le code]

Plunnett Milton est l'architecte qui a conçu le radôme, la société américaine Bird Air Inc. l'a construit (enveloppe). Un premier radôme provisoire d'un poids de 7 tonnes fut posé en 1962, radôme qui se déchira au cours d'une tempête un mois après sa pose. Un second radôme provisoire fut donc posé en avril 1962, dans l'attente de la pose du radôme définitif (actuel), fin juillet 1962. Le premier radôme provisoire était reconnaissable sur les photos d'archives, à la « verrue » présente sur celui-ci. L'enveloppe du radôme en Dacron de 1,7 mm est gonflée sous pression de 4 millibars, d'air déshumidifié et de chaleur constante. La première chaufferie était située sur la gauche du bâtiment principal du CTS, vue du ciel (côté route). La vapeur à 110° était acheminée grâce à une tuyauterie souterraine vers le radôme (on voit encore la trace de la tranchée sur la photo aérienne). La nouvelle chaufferie se situe derrière le radôme, l'ancienne est destinée aux bâtiments principaux. L'enveloppe était également « sur-pressurisée » en cas de tempête, afin de mieux résister au vent. L'enveloppe pèse 27 tonnes, et reçoit 6 tonnes de peinture à l'Hypalon, régulièrement (tous les 5 ans) pour entretien.

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PB2[modifier | modifier le code]

  • Date de mise en service : 29 septembre 1969[10]
  • Date de mise hors-service :
  • Date de démantèlement : 1979
  • Hauteur : ?? mètres
  • Diamètre : 27,5 mètres
  • Poids : ?? tonnes
  • Constructeur Parabole : NEYRPIC

PB2 de création française, par opposition à PB1 qui était de création américaine, fut une antenne de compromis  : elle devait pouvoir indifféremment suivre des satellites à défilement, comme des géostationnaires. C'était la suite de PB1 mais en parabolique (27,5 mètres de diamètre), utilisée pour les télécommunications vers le Japon. Cette antenne avait des moteurs hydrauliques lui permettant de suivre les satellites à défilement comme PBD1 (NDR  : on en était encore à se poser la question de la faisabilité des géostationnaires).

À leur apparition, on a remplacé les moteurs hydrauliques de PB1 par des moteurs électriques car sa structure le permettait, mais pas ceux de PB2 qui sont restés en service jusqu'à son démontage.

Cette antenne ne nécessitait pas de radôme de protection, à la différence de PB1. Pourtant, il apparaît très vite aux yeux des responsables que les performances attendues ne sont pas au rendez-vous  : l'antenne, ayant même été baptisée du sobriquet  : "PB -2" ou "DB 2" du fait de la perte notable de gain (-2 dB)[11]!

Cette antenne sera très vite remplacée par PB10 sur même embase en 1990. PB2 était équipée au foyer de la parabole de 4 cornets pour les télécommunications, surmontés par un petit dôme de mylar, afin de les protéger des intempéries. La source d'émission était située dans l'embase la parabole, mais les amplificateurs paramétriques et les cuves à hélium étaient eux, placés derrière la parabole et suivaient ses mouvements.

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PB3[modifier | modifier le code]

  • Classe : Intelsat 3
  • Date de mise en service : 1973
  • Date de mise hors-service : 2003
  • Hauteur : 35 mètres
  • Diamètre : 30 mètres
  • Poids : environ 300 tonnes
  • Constructeur Parabole : NEYRPIC

PB3 introduit un nouveau concept  : l'antenne avec bâtiment intégré, à la différence des deux précédentes à l'époque. Cette antenne, à la différence de PB2 juste avant, était spécialement conçue pour les satellites géostationaires[12].

L'antenne contenait une salle-cabine placée derrière la coupole avec deux amplificateurs paramétriques refroidis à l'hélium gaz et les émetteurs de puissance.

La cabine inférieure contenait les alimentations haute-tension pour les émetteurs, ainsi que les équipements de poursuite.

PB3 disposait d'un ascenseur, avec un escalier tournant autour de la cage. Nota  : pour faire un tour complet l'antenne mettait 10 minutes, avec un angle de rotation maximum de 355 °. PB3 avait deux types de moteurs au niveau des roulements de contact sol  : moteurs à courants continus + moteurs à courants alternatifs antiparasités, un système rendu nécessaire pour compenser l'imprécision « mécanique » de l'ensemble. PB3 était également l'antenne de « secours » pour toutes les autres antennes du site. PB3 avait également pour vocation d'être secours pour les câbles TAT.

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PB4[modifier | modifier le code]

  • Classe : Intelsat A
  • Date de mise en service : 1976
  • Date de mise hors-service :
  • Date de démantèlement : 2006
  • Hauteur : 50 mètres
  • Diamètre : 32,50 mètres
  • Poids : 350 tonnes
  • Constructeur Parabole : NEYRPIC

Avec l'arrivée de PB4 sur le site, on constate un changement d'architecture pour les antennes, la source d'émission jusque-là incorporée au creux de la « parabole » PB1/PB2/PB3), se trouve désormais à l'intérieur du bâtiment support en béton. Un ingénieux système de « périscope » contenant des miroirs inclinés à 45 ° à chaque coude, permettant de renvoyer le signal jusqu'au équipements électroniques.

Première antenne du site à avoir une taille aussi gigantesque (32,50 mètres !), cette antenne était utilisée par le consortium Intelsat pour les télécommunications vers l'Afrique.

PB4 utilisait la transmission en TDMA (en français : l'AMRT (Accès Multiple par Répartition de Temps) pour envoyer les informations ; elle "partageait" le temps de connexion avec le satellite, avec d'autre sites européens (Allemagne, Angleterre, etc.). Cette antenne a failli être sauvée de la destruction, son état étant en effet moins dégradé que PB6. Malgré un avis défavorable des architectes des bâtiments de France, souhaitant conserver cette antenne, elle a malgré tout été détruite en 2006.

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Symphonie / PB5[modifier | modifier le code]

Renommée plus tard PB5, connue sous le nom "antenne Symphonie, à l'époque".

  • Classe : Intelsat B
  • Date de mise en service : 1974
  • Date de mise hors-service :
  • Illumination : Cassegrain
  • Hauteur : 18,70 mètres
  • Diamètre : 16,50 mètres
  • Poids : ?? tonnes

Avant d'être renommée PB5, cette antenne était, au départ, surtout dédiée aux télécommunications vers les satellites Symphonie A et Symphonie B dans le cadre du programme satellitaire SymphonieSymphonie].

Cette antenne est la seule du site à avoir une monture équatoriale, contrairement à ses consœurs qui elles avaient toute une monture azimutale.

L'antenne fut ensuite dédiée à la réception INMARSAT (INternational MARitime SATellite). En effet, l'année 1982 voit le lancement du système de communications mobiles par satellite 'INMARSAT' par le consortium international du même nom.

Le service est offert aux clients grâce à quatre satellites géostationnaires situés à 36 000 km au-dessus de l’équateur, couvrant chacun une région océanique : /Océan Atlantique Est (AORE)/Océan Atlantique Ouest (AORW)/Océan Indien (IOR)/Océan Pacifique (POR).

Le standard Analogique INMARSAT-A, lancé en 1982, est dédié aux marins.

Avec son successeur : INMARSAT-B, premier service de télécommunication numérique maritime, les navigateurs des zones concernées avaient accès à des communications voix, fax, Télex et données de 9,6 kbit/s à 64 kbit/s. Le CTS via son antenne de Pleumeur assurait les liaisons pour deux zones du monde : AORE et AORW, le haut-débit (HSD) n'étant accessible que pour la région AORE.

Devenu obsolète au regard des nouvelles solutions de télécommunications modernes, le service INMARSAT-A est fermé fin 2007. Le CTS a également démarré le service INMARSAT-C en première mondiale en 1990  : l'exploitation sur site aura duré 4 ans, la station fonctionnait en mode "Store and Forward". Suite à des choix financiers, le service sera transféré en 1994 sur Issus Aussaguel en raison de choix technologiques  : Changement de constructeur d'équipements(Thrane au lieu de Hughes Network). La liaison Inmarsat se faisait sur une bande de fréquence comprise entre 1,525 et 1,6605 GHz. PB5 était équipée d'un réflecteur Cassegrain (voir photo, plus bas, dans la galerie) à double polarisation  : lorsque cela était nécessaire, on devait faire pivoter le réflecteur d'1/4 de tour, pour changer la polarisation du signal transmis/reçu par la parabole.

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PB6[modifier | modifier le code]

  • Classe : Intelsat A
  • Date de mise en service : 1983
  • Date de mise hors-service :
  • Date de démantèlement : octobre 2007
  • Hauteur : 50 mètres
  • Diamètre : 32,50 mètres
  • Poids : 350 tonnes
  • Constructeur Parabole : NEYRPIC

Comme PB4, PB6 était reconnaissable grâce à son gros « périscope » (guide d'onde) pour la liaison parabole/bâtiment, PB6 était située le long de la route qui borde le CTS. PB6 servait pour les liaisons numériques entre l'Europe et les États-Unis/Canada.

Lors de la vente du CTS par France Télécom vers Lannion Trégor Agglomération (LTA), il était prévu que France Télécom conserve pour la partie musée du site, les antennes PB6 et PB8. Après une expertise commandée par France Telecom, expertise concluant à un état très détérioré de PB6 ; il a été convenu que la société se séparerait de cette antenne, les coûts prohibitifs de remise en état (3 000 000 € pour remise en sécurité, plus 5 000 000 € pour sa remise en service) ayant définitivement condamné l'antenne[13].

"PB6" a été démantelée en octobre 2007.

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PB7[modifier | modifier le code]

  • Classe : Intelsat A
  • Date de mise en service : 1988
  • Date de mise hors-service :
  • Date de démantèlement : 2006
  • Hauteur : 50 mètres
  • Diamètre : 32,50 mètres
  • Poids : environ 350 tonnes
  • Constructeur Parabole : AMP/SICMO

Dernière née des 32,50 mètres, PB7 était située à gauche de PB10 sur la photo satellite, donc avant-dernière à droite ; On pouvait reconnaitre facilement cette antenne de par sa structure différentes des autres grandes antennes du site, en effet c'était la première antenne du site construite par AMT/SICMO, autre différence physique  : PB7 avait ses contrepoids à l'arrière, ce qui lui donnait l'air d'avoir des « ailes de papillon ».

PB7 a très vite remplacé PB2 pour les communications vers l'Asie, d'ailleurs l'antenne était souvent tournée vers l'est et pointait très bas, au niveau de l'horizon, parabole quasiment à la verticale, avec une élévation voisine de 6,8° . Cette antenne utilisait aussi de l'AMRT(TDMA) pour ces transmissions.

PB8[modifier | modifier le code]

  • Date de mise en service : 1989
  • Date de mise hors-service : 1999
  • Hauteur: 18 mètres
  • Diamètre 13 mètres
  • Poids : ?? tonnes
  • Constructeur Parabole : NEYRPIC

PB8 était dédié aux transmissions vers le continent Américain, elle était également en Secours INMARSAT PB5. Cette antenne est depuis 2007 en cours de réhabilitation pour la transformer en radiotélescope. Ce projet est mené par l'Association Observation radio Pleumeur-Bodou.

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PB9[modifier | modifier le code]

  • Date de mise en service :1991
  • Date de mise hors-service :
  • Date de démantèlement :2006
  • Hauteur: ?? mètres
  • Diamètre 13 mètres
  • Poids : ?? tonnes
  • Constructeur Parabole : NEYRPIC

PB9 était une antenne dédiée aux transmissions de données INMARSAT utilisant la (bande C - 13M).

Elle était située à gauche de PB5 (en vue de face).

Cette antenne est aujourd'hui démantelée.

PB10[modifier | modifier le code]

  • Date de mise en service : 1990
  • Date de mise hors-service :
  • Date de démantèlement : 2006
  • Hauteur: ?? mètres
  • Diamètre 16 mètres
  • Poids : ?? tonnes
  • Constructeur Parabole : NEYRPIC

PB10 était située à l'extrême droite de la photo.

PB2 a été remplacée par PB10 sur la même embase.

PB10 principalement utilisée dans le cadre du programme Intelsat, était également dédiée aux télécommunications vers les satellites Télécom 1-A et Télécom 2-B

PB11[modifier | modifier le code]

  • Date de mise en service :
  • Date de mise hors-service :
  • Date de démantèlement :2006
  • Hauteur: ?? mètres.
  • Diamètre 13 mètres.
  • Poids : ?? tonnes
  • Constructeur Parabole : NEYRPIC

PB11, comme PB9, était aussi dédiée au transmissions de données INMARSAT (bande C - 13M).

Cette antenne était située à droite de la grande antenne PB5. Elle est aujourd'hui démantelée.

TTC&M / PB1D2[modifier | modifier le code]

  • Date de mise en service TTC&M :
  • Date de mise hors-service TTC&M : 1990
  • Date de mise en service PB12  : 1979
  • Date de démantèlement : 2008
  • Diamètre : 14 5 mètres
  • Poids : ?? tonnes
  • Constructeur Parabole : NEYRPIC

Après avoir remporté l'appel d'offre lancé par Intelsat concernant le marché de la supervision des satellite, France Telecom érigea sur le site l'antenne TTC&M.

L'antenne TTC&M (Tracking Telemetry Control & Monitoring) était utilisée sur demande, afin de faire du relevé, de la télémétrie, des tests de positionnement sur les satellites en orbite pour le compte d'Intelsat. Les mesures étaient faites sur demande d'Intelsat et renvoyée à l'Intelsat Satellite Control Center à Washington, États-Unis.

La raison d'être de TTC&M était d'aider INTELSAT, qui plaçait des satellites en orbite géostationnaire, à maintenir ces satellites à l'altitude, à l'endroit et dans la configuration appropriés pour assurer un service de communications international sans interruption[14]. Les données récoltées en provenance des satellites étaient utilisées pour déterminer l'attitude, la dérive, l'inclination, la position et la condition générale de chaque satellite.

En outre, les données étaient employées pour fournir des prévisions de pointage d'antenne exigées par toutes les stations terriennes pour localiser et « traquer » les satellites. Inversement, en coordination avec la direction de l'ISCC, les techniciens de TTC&M transmettaient les informations qui commandaient la vitesse du satellite, l'attitude, l'inclination orbitale, les configurations des systèmes de communications à bord et les systèmes d'alimentation embarqués, les moteurs d'apogée.

Au terme de l'accord de contrat avec Intelsat, l'antenne TTC&M a changé d'activité pour se repositionner comme les autres antennes du site, à savoir  : le trafic de données et la télévision, et a donc été renommée PB12 à ce moment-là.

Cette antenne est aujourd'hui démantelée. Une page web sur une antenne TTC&M : TTC&M

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Antennes Traqueurs (Acquisition et Précision)[modifier | modifier le code]

  • Date de mise en service : 1962
  • Date de mise hors-service : 1965
  • Hauteur: 2,50 mètres (acquisition)

Antennes dédiées au repérage de satellites pour le compte de PB1.

Le traqueur d'Acquisition ou "Command Tracker" était utilisé par le radôme pour localiser grossièrement (à +- 10 °) le satellite visé, en faisant une première acquisition du signal sur 136 MHz.

Le traqueur de précision était quant à lui utilisé juste après, il se verrouillait sur la fréquence 4080 Mhz, en provenance du satellite et fournissait les données de précision pour le repérage au 15/1000 de degré près, à l'antenne Cornet. L'antenne utilisée était basée sur un matériel militaire américain (antenne radar Nike-Herculès)[15] avec parabole de 3 mètres de diamètre.

Ce système de poursuite combinant ces 2 antennes était donc découplé de l'antenne de réception, à l'inverse de ce qui se fera avec les autres antennes du site. Ces traqueur servaient donc dans le cas des satellites à défilement.

Cette antenne était située (par rapport à la carte satellite), au-dessus de PB4 et en dessous de TTC&M, désormais elle est en exposition dans la cour du radôme, au cœur de la cité des Télécoms.

L'antenne traqueur acquisition était accompagnée, au même endroit par trois paraboles (démantelées), utilisées pour la formation sur TTC&M. L'antenne traqueur de précision était située non loin du premier traqueur, elle avait la forme d'un mini-radôme, et située sur le toit d'un petit bâtiment, démantelé aujourd'hui, il ne reste aucune trace de cet équipement.

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Antennes Bande L[modifier | modifier le code]

  • Date de mise en service :
  • Date de mise hors-service :
  • Date de démantèlement :
  • Hauteur: 4,50 mètres
  • Diamètre : environ 3,50 mètres
  • Poids : ?? kilos
  • Constructeur Parabole : NEYRPIC

Les antennes de bande L étaient 3 petites antennes située devant PB9.

Elles étaient utilisées dans les transmissions de données pour INMARSAT. Elles sont aujourd'hui démantelées.

Pylônes[modifier | modifier le code]

Plusieurs pylônes furent installés sur le site ; l'un côté PB2 (Pylône GSM) toujours en activité, l'autre situé après PB3 le long de la route vers PB7, servait pour les radio-amateurs (aujourd'hui démantelé) et disposait d'une station météo, pour les antennes.

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L'alimentation électrique du site[modifier | modifier le code]

Le site du CTS disposait de 2 arrivées 20 000 volts derrière le radôme.

Depuis cette cabine, la moyenne-tension était renvoyée sur le bâtiment énergie Primaire, situé au cœur du site, devant l'accueil du CTS. À l'intérieur, le bâtiment disposait de trois groupes électrogène d'une puissance de 1500 kVA. Cette énergie était ensuite re-distribuée par une boucle 20 000 Volts enterrée, qui parcourait tout le site (on peut encore apercevoir les chemins de câbles bétonnés, gravés du sigle "H.T", dans tout le site).

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Cette boucle 20 000 volts alimentait chaque bâtiment secondaire en énergie (1 bâtiment par antenne). Chaque bâtiment secondaire alimentait à son tour une antenne ; les bâtiments 'Énergie-Antenne' disposaient également d'alimentation "ASI" (alimentation sans interruption), permettant de basculer sur batteries ou sur groupe électrogène en cas de défaillance EDF, l'autonomie des antennes était ainsi garantie.

Concernant l'ASI :

  • Alimentation : 400 volts triphasé
  • Puissance : 60 à 160 kVA
  • Températures de fonctionnement : 10 à 40 degrés
  • Durée de vie : 15 ans

Le CTS ayant un besoin de qualité (variation de tension, dérive en fréquence, coupure) au niveau fourniture de l'énergie EDF, l'emploi de système ASI se justifiait pleinement.

Galerie photographique[modifier | modifier le code]

Quelques photos du CTS, d'hier et d'aujourd'hui :

La situation actuelle du site[modifier | modifier le code]

Suite au rachat du site et au désengagement de France Télécom, la plupart des antennes ont d'ores et déjà été démantelées (mars 2008). La démolition des antennes du CTS a été confiée aux chantiers de démolition LE GALL, société basée à Ploufragan (22).

L'agglomération de Lannion ne pouvant à elle seule supporter la charge financière de l'entretien de ces antennes, (une couche de peinture une fois par an sur l'intégralité de chaque antenne et travaux de sécurisation à faire sur tous les bâtiments du site) a décidé d'en sacrifier quelques-unes et de ne garder que les plus intéressantes et accessibles pour le grand public.

Le reste du site est grillagé et inaccessible au grand public.

PB1(radôme), PB3, PB5 (Inmarsat) et PB8 (petite antenne) sont les seuls vestiges de ce patrimoine technologique. Les anciens bâtiments se sont très vite dégradés avec le temps.

Quelques photos permettant du juger de l'état du site en mars 2008 :

L'avenir du site[modifier | modifier le code]

La reconversion[modifier | modifier le code]

Une partie de ce lieu historique s'appelle aujourd'hui Parc du Radôme et regroupe le musée des télécommunications devenu "Cité des Télécoms" et son radôme (Cité des télécoms), le planétarium de Bretagne, ainsi qu'une reconstitution fidèle d'un village Gaulois.

Suite à l'arrêt définitif du centre, et après d'âpres discussions entre la mairie de Pleumeur-Bodou, l'architecte des Bâtiments de France (du fait de la proximité du radôme, monument classé, les antennes ne pouvaient être démantelées sans autorisation) et France Télécom[16], sept antennes du CTS ont été démantelées par France Télécom, encore propriétaire du site. Le CTS n'étant plus en activité, celui-ci a été vendu à la communauté d'agglomération Lannion-Trégor (LTA), le 6 septembre 2006.

Ce qui reste[modifier | modifier le code]

Quatre antennes (ou plutôt, devrait-on dire, des "sculptures de métal" car débarrassées de toute électronique, câbles de commandes, figées dans leur position définitive) ont été conservées à ce jour : deux par France Télécom (PB1, PB8) et deux par la Communauté de Communes (PB3,PB5).

Ces quatre dernières antennes sont les seuls vestiges d'un glorieux passé de télécommunication dans le Trégor. Les terrains du CTS, appartenant désormais à l'agglomération de communes Lannion-Trégor, sont utilisés désormais par la mairie de Pleumeur-Bodou ainsi que par des sociétés privées.

Le reste du site étant devenu une "friche industrielle", est en cours de nettoyage par les agents de LTA (déboisage, entretien des talus et des chemins d'accès, dépollution (suppression des câbles divers).

Des appels concernant des marchés publics sont en cours de lancement (mars 2008), afin de sélectionner des projets mettant en valeur le patrimoine historique du site et permettant également de réutiliser les surfaces vacantes de la zone.

Radio-astronomie[modifier | modifier le code]

Une association locale de radio-amateurs (Association Observation Radio de Pleumeur-Bodou)[17] utilise l'antenne PB8, transformée progressivement en radio-télescope, pour "écouter" l'Univers.

L'association a également pour objectif de réhabiliter PB3, afin d'utiliser les 30 mètres de diamètre de la parabole comme radio-télescope ; l'opération supposant un investissement financier conséquent pour réhabiliter la motorisation de l'antenne.

L'ancien CTS devient le Pôle Phoenix[modifier | modifier le code]

Lannion-Trégor Agglomération a décidé de rebaptiser le site "Pôle Phoenix"[18]. Les travaux de rénovation ont débuté en mai 2008. Le projet de reconversion s'articule autour de cinq axes :

  • Un pôle dédié à la domotique et à l'écoconstruction.
  • Un parc d'activités.
  • Un espace à vocation touristique (hôtels, restaurants, activités de congrès).
  • Un espace à vocation culturelle et de loisirs.
  • Un lieu de formation professionnelle, via l'AFPA, pour les demandeurs d'emploi de l'agglomération lannionnaise.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Ouvrage collectif: Ingénieurs CNET/CNES, Télécommunications spatiales, Volume III-Secteur terrien, système de télécommunications par satellite, 1983, Masson, (ISBN 2-225-76406-9)
  • GUILLOU Michel, "La grande aventure du radôme de Pleumeur-Bodou, de l'ambition nationale à la dimension internationale", 2012, Autoédition, 364 pages (ISBN|978-2-9541864-0-5)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]