Radio numérique

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La radio numérique suppose communément une radiodiffusion numérique hertzienne et terrestre, c’est-à-dire la diffusion de programmes de radio sous forme numérique. En pratique la radio numérique couvre un spectre bien plus large puisque sa diffusion existe par satellite et par internet depuis la fin des années 90.

Principe[modifier | modifier le code]

Contrairement à la radio analogique hertzienne (AM ou FM) où le son sous forme de signal électrique était transporté tel quel dans l'onde porteuse, la radio numérique envoie un son qui est d'abord numérisé puis compressé selon différentes technologies afin d'être transmis en optimisant la bande passante.

Ce signal numérique peut être diffusé en temps réel (streaming) ou enregistré et laissé à disposition pendant un certain temps (podcast).

Il existe deux modes de diffusion de radio numérique :

  • La radio numérique via Internet : Le signal est véhiculé par les réseaux Internet. Il peut être donc reçu à partir de tout terminal connecté à Internet via différent type de lecteur en fonction du format du « stream » (mp3, wma, aac, etc...).
  • La radio numérique terrestre (RNT), petite sœur de la télévision TNT, garde le principe d'une fréquence allouée à la chaîne de radio, mais cette fréquence est unique à l'échelle nationale. Cette radio numérique terrestre nécessite, pour être réceptionnée, un équipement spécifique (poste radio numérique).

Avantages[modifier | modifier le code]

  • un peu plus de radios : il est possible de diffuser plusieurs radios sur la même fréquence en compressant le signal. Cela sera intéressant pour les radios commerciales qui cherchent à s'implanter dans les 2 ou 3 villes françaises où la bande FM est saturée
  • Possibilité de véhiculer de l'information associée (musique : titre et auteur du morceau, données complémentaires d'information par exemple les coordonnées GPS d'un accident dans un flash routier, etc...).
  • Possibilité de diffuser le son en multicanal.

Inconvénients[modifier | modifier le code]

  • Le son étant un signal analogique, sa conversion numérique ne peut être qu'une approximation du signal d'origine. En théorie, la qualité de la numérisation doit être suffisante pour bluffer l'oreille humaine (ce qui semble être le cas pour le SA-CD, le Super Audio CD). La norme de la radio numérique passera par une compression de type mp3 (ou plus évoluée). Les musiques (classique, jazz, et autres) verront leur qualité dégradée.
  • Risque d'absence de signal (décrochage) dans les zones à réception difficile (un exemple typique sont les pentes de la Croix rousse à Lyon). Avec le numérique soit le signal passe, soit il ne passe pas. En analogique, on pouvait écouter un signal dégradé. En numérique, ce ne sera pas le cas. Toutefois, il est à noter qu'un signal numérique est bien moins sensible aux interférences du fait de la correction d'erreurs.
  • Avec le passage au numérique, les radios devront nécessairement passer par un nouveau prestataire technique appelé « multiplexeur », chargé de coordonner la diffusion de neuf programmes sur une même fréquence. Ce multiplexage signe donc la fin de l’autodiffusion, une condition de l'indépendance totale qui avait permis les radios libres.
  • La compression du signal entraîne une légère détérioration du son, sensible à l'écoute de certains types de musique : cela affecte des stations comme France Musique ou Radio Classique.
  • Au niveau de l'entité qui a un message à diffuser, le coût et l'environnement technique changent.

Déploiement[modifier | modifier le code]

Dans le monde[modifier | modifier le code]

Déjà lancée aux États-Unis, en Asie et dans des pays européens comme l'Allemagne ou le Royaume-Uni, la radio numérique devrait connaître un développement comparable à celui de la TNT pour la télévision.

En France[modifier | modifier le code]

Normes[modifier | modifier le code]

Il existe plusieurs procédés de diffusion de radio numérique. Certains sont le fruit de travail de collaboration entre fabricants, centres de recherches et diffuseurs et sont ouverts, ceux-ci sont généralement standardisés par des organismes de standardisation comme l'union internationale des télécommunications (UIT) ou l'ETSI. D'autres sont développés par des entreprises et sont donc propriétaires. On distingue également des différences entre pays et continents.

Quelques standards ouverts :

  • DAB (Digital Audio Broadcasting). Standard européen pour la radiodiffusion dans les ondes ultra-courtes (VHF, UHF) et micro-ondes (SHF). Elle a donné naissance à des variantes, comme le DAB+ ou le T-DMB (Terrestrial Digital Multimedia Broadcasting).
  • DRM (Digital Radio Mondiale). Standard mondial pour la diffusion numérique en ondes courtes, moyennes et longues (<30MHz).
  • DVB (Digital Video Broadcasting). Standard à la base pour la télévision mais qui inclut la diffusion radio. Il se décline en une version destinée à la diffusion par satellite : DVB-S, c'est le plus courant actuellement, à la diffusion terrestre : DVB-T, à la diffusion terrestre vers les mobiles : DVB-H et à la diffusion par câble : DVB-C.
  • SDR : standard pour la radio diffusion par satellite, normalisé pour l'Europe par l'ETSI depuis novembre 2006

Quelques standards propriétaires ou partiellement ouverts :

Systèmes propriétaires de diffusion par satellite:

Quelques systèmes abandonnés ou en voie de disparition:

  • ADR, Astra Digital Radio, système de diffusion par satellite.
  • DSR, Digital Super Radio, système de diffusion par câble et satellite. Le son n'est pas compressé et donc la bande passante occupée sur le canal de transmission est grande.

Équipement[modifier | modifier le code]

La radio numérique peut être captée en voiture, sur un terminal de poche ou à la maison avec un récepteur radio compatible. Reste que l'auditeur doit impérativement acquérir un poste compatible avec la norme de diffusion adoptée par les stations de son pays.

Outre l’écoute via ordinateur, de nombreux récepteurs Wi-Fi, dont des radios Wi-Fi domestiques, permettent aujourd’hui l’écoute de radios en ligne. De plus, des récepteurs 3G pour la voiture font également leur apparition et il est dorénavant devenu aisé d’écouter la radio en ligne sur les smartphones.

Pour harmoniser l'offre dans ce domaine, des organismes s'efforcent d'encourager les industriels à développer des récepteurs en commun. Par exemple, le consortium WorldDAB, qui regroupe les intérêts du DAB, a passé en 2003 un accord avec le consortium DRM pour le développement dans le futur de récepteurs DAB/DRM.

Un autre espoir de convergence réside dans l'évolution de la radio logicielle (software radio). L'Association pour la Radio Numérique DR, aux côtés du Syndicat national des radios libres[1], milite pour la radio numérique multistandard, dont les premiers récepteurs (compatibles DRM/DAB/AM/FM/MP3) sont actuellement[Quand ?] en test.

Un label commun a été créé pour la promotion de la radio numérique en France et en Belgique/Luxembourg.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. www.snrl.org : Site officiel du Syndicat National des Radios Libres

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]