Pierre Joseph Habert

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Pierre Joseph Habert
Noms gravés sous l'arc de triomphe de l'Étoile : pilier Ouest, 35e et 36e colonnes.
Noms gravés sous l'arc de triomphe de l'Étoile : pilier Ouest, 35e et 36e colonnes.

Naissance 22 décembre 1773
Avallon
Décès 19 mai 1825 (à 51 ans)
Montréal (Yonne)
Origine Drapeau de la France France
Arme infanterie
Grade général de division
Années de service 17921815
Conflits Guerres révolutionnaires
Guerres napoléoniennes
Faits d'armes Eylau
Waterloo
Distinctions Légion d'honneur
(Grand officier)
Hommages Nom gravé sous l'Arc de triomphe de l'Étoile
(Pilier Ouest) : 36e colonne

Pierre Joseph Habert, né le 22 décembre 1773 à Avallon (Yonne), mort à son domicile à Montréal (Yonne) le 19 mai 1825, est un général français de la Révolution et de l’Empire. Fils de Henry Habert, marchand libraire à Avallon. Inhumé dans le cimetière de Montréal où son tombeau en état d'abandon existe encore de nos jours[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

La Révolution et le Consulat[modifier | modifier le code]

Il entra au service comme volontaire le 1er septembre 1792 et fut nommé capitaine au 4e bataillon de l'Yonne ; il devint lieutenant-colonel en second le 3 du même mois. Chef de bataillon à la 107e demi-brigade de bataille, le 22 septembre 1794, il passe dans le 3e régiment de la brigade étrangère, dite « de Ferdut », le 2 novembre 1796. Après avoir fait toutes les campagnes de la Révolution française et subi quelques mois de captivité en Grande-Bretagne à la suite de la deuxième expédition d'Irlande en l'an VI, il passa en Égypte pour porter des dépêches au général en chef, se rendit d'abord à Alger pour remplir une mission auprès du consul de France et arriva à Alexandrie après une traversée de quinze jours et malgré la surveillance des croisières ennemies. Nommé aide-de-camp du général Jacques François Menou le 1er brumaire an IX, il se distingua à la bataille d'Héliopolis. Il fut nommé provisoirement chef de brigade par le général Menou le 21 mars 1801, sur le champ de bataille d'Aboukir. Il revint en France après la capitulation d'Alexandrie et fut confirmé dans son grade de chef de brigade par arrêté des Consuls le 3 avril 1802. Chef de brigade au 105e régiment de ligne à Perpignan, le 29 mai 1802, il est fait chevalier de la Légion d’honneur le 20 frimaire an XII (22 décembre 1803), et officier de l'ordre le 25 prairial an XII (14 juin 1804).

Officier de l'Empire[modifier | modifier le code]

Il occupe les fonctions de chef de brigade au camp de Bayonne, de Saintes et de Brest, entre 1803 et 1805. Il est colonel dans la division Desjardin du 7e corps de la Grande Armée, le 24 août 1805. Il assiste à la Bataille d'Iéna puis passe à la division Legrand du 4e corps sous le maréchal Soult, le 21 février 1807. Les batailles d'Eylau et d'Heilsberg furent ensuite pour lui de nouveaux théâtres de gloire. Il est blessé de deux coups de feu, l’un à la tête, l’autre à l’épaule, à la bataille d'Heilsberg, le 10 juin 1807. Il est promu Commandant de la Légion d'honneur, par décret impérial du 11 juillet 1807. Il est nommé général de brigade le 18 février 1808, il est employé à l'armée des côtes de l'Océan. Il obtint une dotation de 8 000 francs de rente annuelle sur la Westphalie, le 17 mars 1808.

Il est employé à la division du général Merle, le 25 mai 1808. Affecté à la division du général Verdier, le 15 juin 1808, il est ensuite muté à la division du général Grandjean, le 8 août 1808. Commandant la 1re brigade de la 1re division du 3e corps de l’armée d’Espagne, le 7 septembre 1808, il dirigea la 2e brigade de la division du général Mathieu, le 8 novembre 1808. Affecté à la division du général de La val sous le maréchal Suchet, le 1er avril 1809, il obtint une dotation de 4 000 francs de rente annuelle sur le Hanovre, le 2 mars 1811. Nommé général de division, commandant la 3e division de l’armée d’Aragon, le 25 juin 1811, il est créé baron de l'Empire, par décret impérial et par lettres patentes du 18 juillet 1811.

Il est gouverneur de Tortose, commandant la Basse-Catalogne, gouverneur de Barcelone, le 2 novembre 1811. Il fit des prodiges de valeur au siège de Saragosse, à la journée de Maria, à Lérida, au combat de Salces, où, avec 1 800 hommes et un escadron de hussards il battit 4 000 Espagnols, et leur enleva plusieurs centaines de prisonniers ; au col de Balaguez où Louis Gabriel Suchet lui confia l'attaque du fort Saint-Philippe, à Tortose, à la bataille de Sagonte, etc. Il est élevé au grade de Commandeur de l’Ordre de la Réunion, par décret impérial du 25 novembre 1813. Lorsqu'il dut quitter Barcelone, le 25 avril 1814, il avait défendu son poste avec tant d'intrépidité qu'on l'avait surnommé l'Ajax de l'armée de Catalogne. En effet, il avait résisté à une attaque de 30 000 hommes du côté de la terre, tandis qu'une escadre britannique le bloquait par mer.

Les Cents-Jours et la Restauration[modifier | modifier le code]

Maison du général Habert à Montréal (Yonne)

Il est fait chevalier de l’Ordre royal et militaire de Saint-Louis par ordonnance du 13 août 1814. En non-activité, le 1er septembre 1814, il est fait grand officier de la Légion d'honneur par ordonnance royale du 29 juillet de la même année, et commanda le 22 mars 1815 la 2e division, puis le 6 avril 1815, la 18e division d’infanterie du 3e corps d’observation. Il fut ensuite appelé comme commandant de la 10e division d’infanterie du 3e corps de l’armée du Nord sous le général Vandamme, le 30 avril 1815, par Napoléon ; il se battit avec son ancien courage à Ligny, prit deux fois le village de Saint-Amand, le 16 juin 1815 et le 18 juin, jour de la bataille de Waterloo, il fut blessé grièvement d’un coup de feu au bas ventre, au combat de Wavre, sous les ordres du maréchal Grouchy. Mis en non-activité le 1er août 1815, il fut compris comme disponible dans le cadre de l'état-major général de l'armée. Il acheta une maison à Montréal et s'y installa en 1817.

Compris comme disponible dans le cadre de l’état-major général le 30 décembre 1818, il fut admis à la retraite le 1er décembre 1824. Il meurt dans sa maison de Montréal, le 19 mai 1825, d'une blessure de guerre mal soignée. Il est enterré dans le cimetière de Montréal, à quelques mètres de sa propriété. Son nom est inscrit sur l'Arc de triomphe de l'Étoile, côté Ouest.

La mairie d'Avallon détient un tableau représentant le général Habert.

Armoiries[modifier | modifier le code]

- « Coupé au I, d’azur à trois pyramides soutenues d’argent, ouvertes et maçonnées de sable, surmontées de deux étoiles à six rais d’or ; au II, de gueules chargé à dextre d’une tour donjonnée de trois tourelles d’argent, battue en brèche à senestre et senestrée d’un lion d’or, contre-rampant, armé d’une épée haute d’argent, la tour chargée d’un écu : de gueules à cinq pals d’argent à la plante de chanvre brochante du même ; au franc-quartier des barons militaires[2] »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Bertrand Beyern, Guide des tombes d'hommes célèbres, Le Cherche midi,‎ 2011, 385 p. (ISBN 9782749121697, lire en ligne), p. 273.
  2. Jean-Pierre Bibet, « Habert (Pierre) - Général de division - Montréal (Yonne) », sur lesapn.forumactif.fr (consulté le 30 avril 2011).

Sources[modifier | modifier le code]