Bataille des Arapiles

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Bataille des Arapiles
Bataille de Salamanque
Estampe de la bataille par M. Dubourg sur une gravure de J. Clarke-Hooke.
Estampe de la bataille par M. Dubourg sur une gravure de J. Clarke-Hooke.
Informations générales
Date 22 juillet 1812
Lieu Salamanque
Issue Défaite française
Belligérants
Drapeau de l'Empire français Empire français Drapeau du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande Royaume-Uni
Drapeau de l'Espagne Espagne
Flag Portugal (1707).svg Royaume de Portugal
Commandants
Auguste Marmont
Bertrand Clauzel
Arthur Wellesley de Wellington
Forces en présence
environ 49 647 soldats environ 51 949 soldats
Pertes
6 000 morts ou blessés
7 000 prisonniers
Morts ou blessés 3 129 Britanniques, 2 038 Portugais et 6 Espagnols
Guerre d'indépendance espagnole
Batailles
Campagne de Castille (1811-1812)

1re Badajoz (02-1811) · Campo Maior (03-1811) (en) · 2e Badajoz (04-1811) · Fuentes de Oñoro (05-1811) · Albuera (05-1811) · Usagre (05-1811) (en) · El Boden (09-1811) (en) · Arroyomolinos (10-1811) · Siège de Tarifa (12-1811) (en) · Navas de Membrillo (12-1811) · L'Orbigo (1812) · Almagro (01-1812) · 2e Ciudad Rodrigo (01-1812) · 3e Badajoz (03-1812) · Villagarcia (04-1812) · Almaraz (05-1812) (en) · Maguilla (06-1812) (en) · Arapiles (07-1812) · Garcia Hernandez (07-1812) (en) · Majadahonda (08-1812) · Retiro (08-1812) · Burgos (09-1812) · Villodrigo (10-1812) · Venta del Pozo (10-1812) (en)

Coordonnées 40° 53′ 37″ N 5° 38′ 43″ O / 40.89353, -5.6452640° 53′ 37″ Nord 5° 38′ 43″ Ouest / 40.89353, -5.64526  

Géolocalisation sur la carte : Espagne

(Voir situation sur carte : Espagne)
 Différences entre dessin et blasonnement : Bataille des Arapiles.

Map of the battlefield

La bataille des Arapiles, (battle of Salamanca chez les Britanniques) remportée par les alliés britanniques, portugais et espagnols qui furent vainqueurs face aux Français, fut livrée le 22 juillet 1812 près du village des Arapiles. La seule Division espagnole présente a bloqué un itinéraire de repli possible pour l'armée française. La victoire alliée est obtenue par la succession d'attaques en ordre oblique de sa cavalerie.

Forces en présence[modifier | modifier le code]

Armée française du Portugal[modifier | modifier le code]

Le maréchal Marmont, commandant en chef de l'armée du Portugal. Peinture de Jean-Baptiste Paulin Guérin.

Commandant en chef : maréchal Auguste Marmont (50 000 soldats)

Armée alliée[modifier | modifier le code]

commandée par Wellington : (48 500 soldats)

  • 8 divisions d'infanterie britanniques et 2 brigades portugaises
    • Henry Campbell : 1re division britannique : 6 200 fantassins
    • Edward Pakenham : 3e division britannique : 5 800 fantassins britanniques et portugais
    • Galbraith Lowry Cole : 4e division britannique : 5 191 fantassins britanniques et portugais
    • James Leith : 5e division britannique : 6 700 fantassins britanniques et portugais
    • Henry Clinton : 6e division britannique : 5 500 fantassins britanniques et portugais
    • John Hope : 7e division britannique : 5 100 fantassins britanniques et portugais
    • Charles Alten : division d'infanterie légère : 3 500 fantassins britanniques et portugais
    • Carlos de España : division espagnole : 3 400 fantassins
    • Denis Pack 2 600 fantassins et Thomas Bradford 1 900 fantassins commandent les brigades portugaises
  • 5 brigades de cavalerie commandées par Stapleton Cotton
    • John Le Marchant : 1re brigade britannique : 1 000 dragons lourds
    • George Anson : 2e brigade britannique : 1 000 dragons légers
    • Victor Alten commande 700 chevau-légers anglo-germaniques
    • George Bock commande 800 dragons lourds de la King's German Legion (KGL)
    • Benjamin D'Urban commande 500 dragons portugais
  • Hoylet Framingham commande 8 batteries d'artillerie britanniques dirigées par Ross, Bull, Macdonald, Lawson, Gardiner, Greene, Douglas, May et 1 portugaise dirigée par Arriaga

Topographie[modifier | modifier le code]

  • Troupes alliées britanniques et portugaises, sous le commandement du duc de Wellington :
    • au début de la bataille, elles occupent la plaine aux environs du village des Arapiles, établi sur un plateau peu élevé (alt.+/-840 m) à huit kilomètres au sud de Salamanque.
    • 1 600 mètres à l'est du village, elles occupent un mamelon coiffé d'un plateau (alt.+/-888 m) long de 300 mètres dressé dans la plaine : le Petit Arapile.
  • Troupes françaises : 2 000 mètres au sud-est du village des Arapiles, se dresse dans la plaine le Grand Arapile, un mamelon plus haut (alt.+/-898 m) que le Petit Arapile, coiffé d'un plateau long de 450 mètres, occupé par le maréchal Auguste Marmont et son état-major, au centre de la zone occupée dans la plaine par l'armée française en mouvement, du bourg de Calvarasa de Arriba (alt.+/-850 m) vers le bourg de Miranda de Azan (alt.+/-830 m).

Événements antérieurs et opportunité[modifier | modifier le code]

Au début de l'hiver 1811-1812, Wellington se replie au Portugal, mais reprend l'offensive en s'emparant de la citadelle de Ciudad Rodrigo le 19 janvier 1812 et de la ville-forteresse de Badajoz le 6 avril 1812, en poussant les Français à la retraite vers l'Estrémadure après la bataille de Villagarcia le 11 avril 1812, les batailles d'Almaraz le 19 mai 1812 et de Maguilla le 11 juin 1812.

Après six semaines éprouvantes pour Wellington, son incursion dans l'Espagne centrale est stoppée par l'armée du maréchal Marmont qui, par des marches rapides et des manœuvres sans pertes, maintient la pression sur les lignes d'approvisionnement britanniques. Wellington envisage finalement de se retirer au Portugal. Depuis l’aube du 22 juillet 1812, le maréchal Marmont a positionné les troupes françaises comme suit d’Ouest en Est : la 1re division de Foy près de Calvarasa de Ariba et en soutien la 3e division de Ferey, la 8e division de Bonet sur le Grand Arapile, les dragons de Boyer sont derrière en 2e ligne, la 4e division de Sarrut, la 2e division de Clauzel, la 6e division de Brenier, la 5e division de Maucune, enfin la 7e division de Thomières face à l’ennemi.

De son côté, Wellington porte à sa droite la 3e division de Edward Pakenham et une brigade de cavalerie et fait occuper le village des Arapiles. La division espagnole de Carlos de España et la brigade portugaise de Thomas Bradford bouchent l’intervalle entre son centre et sa droite, une partie de la 4e division de Cole est en face de la 8e division de Bonet, le Petit Arapile est tenu par la la 5e division de James Leith avec à sa gauche le reste de la division de Cole et la brigade portugaise de Denis Pack. Les 6e et 7e divisions de Henry Clinton et John Hope sont en 2e ligne, les dragons lourds de John Le Marchant et les chevau-légers de Victor Alten sont en réserve. Quand il observe que le maréchal Marmont a commis l'erreur tactique de séparer son flanc gauche du corps d'armée principal, on raconte que le duc de Wellington change d'avis, jette le poulet qu'il est en train de manger en criant « By God, that will do ! » et ordonne que le gros de son armée attaque immédiatement l'aile gauche française isolée.

Mouvements préliminaires[modifier | modifier le code]

Le maréchal Marmont peut apercevoir la 7e Division de Wellington déployée sur une crête à l’ouest. Apercevant un nuage de poussière à cette distance, Marmont en déduit que l’armée alliée bat en retraite et qu’il en voit l’arrière-garde. Il projette de déplacer l’armée française vers le sud et ensuite vers l’ouest, pour contourner le flanc droit allié. Le maréchal Marmont fait erreur, car les Alliés ne se retirent pas vers l'ouest, mais attendent le moment propice pour les attaquer dans le sens nord-sud.

La plupart des Divisions de Wellington sont à cet instant cachées derrière une crête au nord et les 3e et 5e Divisions arriveront bientôt de Salamanque. Wellington projette de faire retraite s’il est débordé par le flanc, mais il attend prudemment que le maréchal Marmont commette une erreur.

Quand l'armée de Marmont a atteint son point occidental extrême, elle est très étirée en chapelet. La Division du général Thomières avance en tête, proche de Miranda de Azan, suivie par la cavalerie de Curto. Ensuite viennent Maucune, Brenier et Bertrand Clauzel. Bonet, Sarrut et Boyer sont près du Grand Arapile. Foy et Ferey cheminent encore à l'Est, près de Calvarasa de Arriba.

La bataille[modifier | modifier le code]

Déroute de la division Thomières et blessure de Marmont[modifier | modifier le code]

La 3e division du général Packenham engage la division Thomières. Illustration de Richard Caton Woodville.

Vers 16h30, quand la 3e division et la brigade D’Urban atteignent la tête ouest des troupes françaises, ils attaquent la division du général Thomières. Simultanément, Wellington lance dans la bataille les 5e et 4e divisions, appuyées par les 7e et 6e divisions, vers la partie Est des troupes françaises. La 3e division s’étire en ligne sur deux rangs pour attaquer la tête de la division Thomières. Malgré sa formation en colonne, la division française repousse d’abord les attaquants, mais est alors attaquée et mise en déroute par une charge à la baïonnette. Le général Thomières est tué. Pendant que la 3e division de Pakenham attaque la division Thomières, le maréchal Marmont prend enfin conscience, depuis le Grand Arapile, du péril qui menace son armée. Au moment où il s’élance vers son cheval, il est blessé par des éclats de shrapnel britannique qui lui fracturent le bras droit, deux côtes, et lui perforent le rein droit. Comble de malchance, son commandant en second Bonet est aussi blessé peu après.

Marmont est blessé à peu près au moment ou Thomières est tué. Dans une fourchette de temps de 20 (Chandler-Pimlott) à 60 minutes (Glover) selon les auteurs, l’armée française du Portugal se retrouve sans chef.

Attaque de l'infanterie et de la cavalerie britanniques[modifier | modifier le code]

Voyant la cavalerie ennemie prête à attaquer, Maucune dispose sa division en carrés, formation efficace pour contrer une attaque de cavalerie, mais déplorable pour résister à une attaque d’infanterie. Déployée en ligne sur deux rangs, la 5e division de James Leith décime facilement la division Maucune dans une bataille aux mousquets. Quand les fantassins français commencent à reculer, Cotton lance contre eux la brigade Le Marchant, dont les cavaliers armés de sabres mettent en pièces les hommes de Maucune, les survivants étant nombreux à se rendre. Très vite, Le Marchant bat le rappel de ses effectifs et les envoie sur la division française suivante, épuisée par sa marche forcée. Les dragons lourds malmènent les soldats de la division Brenier en train, dans l’urgence, de se disposer en lignes, Le Marchant force un peu trop le destin et est tué en tentant d’enfoncer un carré français formé à l'arrière de la division Brenier. Le colonel William Ponsonby le remplace au pied levé. La 4e division de Cole attaque la division de Bonet et les Portugais de Denis Pack montent à l’assaut du Grand Arapile. Aidées par 40 pièces d’artillerie tirant depuis le Grand Arapile, les deux attaques sont repoussées par les Français.

Échec de la contre-attaque de Clauzel et retraite française[modifier | modifier le code]

Prenant le commandement des troupes françaises, le général Clauzel fait son possible pour se tirer de ce mauvais pas. Il ordonne à Sarrut de consolider avec sa division le flanc gauche décimé et lance contre la 4e division de Cole une dangereuse contre-attaque avec sa division, la division Bonet et les dragons de Boyer. Cette attaque écarte les survivants de la division Cole et heurte la 6e division de Wellington, en seconde ligne. Le maréchal Beresford réagit promptement à cette menace grandissante et envoie immédiatement les brigades portugaises Spry de la 5e division alliée attaquer l’infanterie française, cependant que Wellington déplace les 1re et 7e divisions pour l’appuyer. À l’issue d’âpres combats, les divisions Clauzel et Bonet sont défaites et l’armée française bat en retraite.

Puisque les débris de l’armée française refluent, Ferey dispose sa division en lignes sur trois rangs, chaque flanc protégé par un bataillon disposé en carré. Menés par la 6e division victorieuse de Henry Clinton, les Britanniques tentent d’enfoncer cette formation mais sont d’abord repoussés. Après avoir ordonné à l’artillerie de tirer à feux croisés dans le centre des lignes françaises, Wellington lance un second assaut qui brise la division Ferey et tue son commandant. La division du général Foy couvre la retraite des Français en direction d’Alba de Tormès où ils peuvent emprunter un pont les mettant à l’abri sur la rive opposée de la rivière Tormès. Les Alliés, croyant que la traversée de la rivière y serait entravée par un bataillon espagnol occupant un fort, emprunte un itinéraire détourné pour poursuivre l’armée en retraite. Mais les défenseurs espagnols du fort s’en étaient retirés sans en avertir Wellington, ce qui permet aux Français de fuir.

Conséquences[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Cet article est partiellement inspiré de l'article en anglais Battle of Salamanca

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Sarramon, La bataille des Arapiles : 22 juillet 1812, vol. 38, Toulouse, Université de Toulouse-Le Mirail-Association des publications,‎ 1978, 442 p.
  • Jean Tulard, Dictionnaire Napoléon, librairie Arthème Fayard, (ISBN 2213604851)
  • Perez Galdo Benito, La Batalla De Los Arapiles/ The Battle of the Arapiles: Episodios Nacionales, Alianza Editorial Sa, 2006, 300p, ISBN 978-84-206-7268-7
  • Hervé Giordanengo, Pont d'Ain : Une commune de l'Ain de la révolution au 1er empire, Éditions de la Catherinette,‎ 2008, 166 p. (ISBN 2-914415-39-7)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]