Pierre Buraglio

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Pierre Buraglio

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Pierre Buraglio, 2014

Nom de naissance Pierre Buraglio
Naissance (76 ans)
Charenton-le-Pont, France
Nationalité Drapeau : France française
Activités Peintre, lithographe
Formation École nationale supérieure des beaux-arts de Paris
Maîtres Roger Chastel
Mouvement artistique proche de Supports/Surfaces

Pierre Buraglio, né le à Charenton-le-Pont, est un artiste contemporain français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Pierre Buraglio fut longtemps « le peintre sans pinceau », tenant à distance l'acte de peindre ne révélant pas tant d'une position théorique que de l'impossibilité ressentie sur le mode du manque[1].

Dans la série des Fenêtres (1976 à 1992) les références explicites au tableau et à la picturalité se combinaient avec l'éviction du médium peinture, et l'utilisation de fenêtre récupérées sur des chantiers.

Cette impossibilité à peindre est surmontée par la fréquentation assidue des musées et celui de la transmission. En 1976, Buraglio devient professeur à l'école des Beaux-Arts de Valence, où il dispense des cours de dessin entre autres : « Je ne souhaitais pas me contenter de proposer à mes étudiants des petites cuisines à la manière de Support-Surface » (dont il fut proche des membres), sans y appartenir. Néanmoins Support-Surface est à l'origine d'un travail de copie-libre qui trouvera une forme aboutie dans les Dessins d'après. « Essayant de copier, on voit mieux les choses[2] » ; « l’artiste devient étudiant en étant enseignant. »

Depuis ses débuts, Pierre Buraglio emploie des procédés plastiques qui construisent la forme par la négation : la biffure, la découpe, le caviardage l’évidement ou l’évitement. Forme-pochoir (tête évidée) trouvée dans la benne des Beaux-Arts de Valence, dont Pierre Buraglio se servira comme d'un patron pour sa série d'Autoportraits, et autres PB / EB[3].

Pierre Buraglio refuse la séduction, la virtuosité, et sa manière de maintenir l'incomplétude de ses œuvres participent de la dimension critique de son travail, éviter de le figer en une marque de fabrique. Ses propres peintures n’échappent pas aux découpages, re-taillages, diminués ou augmentés, entrecroisés et raboutés, en remontage continu.

Dans le travail de Pierre Buraglio les fragments ne sont pas des éclats disséminés constituants un tout originel qui incomberait à l'artiste de reconstituer, pas de perspective messianique : il s'agit de véritables scories, voire de déchets qu'il transformera. L'artiste ne cherche d'ailleurs pas à en dissimuler les traces il les laisse apparentes : « J’ai voulu que celui qui regarde ce que j'ai fabriqué soit contemporain d'une bagarre, d'une lutte[4]. »

Il se détourne du grand format, chers aux artistes qui ont été pour lui une référence : Gilles Aillaud et Simon Hantaï pour travailler avec le fragment, le morceau et les chutes, il réalisera des œuvres à partir de chutes de toile de S. Hantaï, S.H Monk, 1986.

Le bleu est la couleur qui domine l’œuvre de Pierre Buraglio, des Fenêtres aux Assemblages de paquets de Gauloises, Enveloppes bleues, tôles émailles découpées du Métro (Metro della Robbia, 1984 -1985), ou encore des tirages en sérigraphie du mot Mer répété en bleu sur supports fragiles et selon une grille régulière. « Ce bleu qui va de Giotto à Hantaï en passant par Matisse. Il n'y avait qu'à se baisser pour ramasser cette couleur qui était dans le monde [...] c'est-à-dire la rue, la chaussée[5]. »

Peu à peu le gris a remplacé le bleu. La feuille de plomb, la tôle galvanisée, les impressions jet-d’encre monochrome et le graphite tend à supplanter les Stabilotones des Dessins d'après... sur papier calque.

Le gris, couleur mate, plate et dépouillée, non-couleur, Buraglio s'en souvient. Il raconte avoir été marqué par la masse grise du USS Missouri vu à l'âge de 10 ans dans le port de Cherbourg en 1949.

Contrairement à ce que certain pensent, déclare Buraglio, « Je n'ai pas retourné ma veste ! » : il y a une continuité dans les procédures, continuité ne signifiant pas identité. L’artiste élabore des stratégies d'encerclement et confie multiplier les approches du réel par ruse[6].

Dates[modifier | modifier le code]

  • 1959 : Entre à l’École nationale supérieure des beaux-arts (Paris).
  • 1961 : Première participation au Salon de la Jeune Peinture.
  • 1963 : Séjour à New York.
  • 1963–1965 : Il fréquente l’atelier de Roger Chastel à l’école des Beaux-Arts et rencontre Vincent Bioulès, Joël Kermarrec, Laskine, Michel Parmentier, Jacques Poli, François Rouan, Claude Viallat
  • 1964 : Recouvrements.
  • 1966 : Agrafages. Exposition Triptyque à la galerie Jean Fournier.
  • 1968 : Permanent à l’atelier populaire de l’école des Beaux-Arts lors des évènements de mai. Premiers Camouflages.
  • 1969-1974 : Cesse de peindre pour se consacrer à une activité militante[Laquelle ?]. Participe à la « Salle rouge pour le Viêt Nam » en 1969 organisée par le Salon de la jeune peinture
  • 1975 : Premiers Châssis, premiers Cadres.
  • 1976 : Premières exposition personnelle (ARC 2, musée d’Art Moderne de la ville de Paris). Début de l’enseignement à l’école des Beaux-Arts de Valence (Drôme). Premières Fenêtres.
  • 1977 : Première exposition à la galerie Jean Fournier à Paris.
  • 1978 : Assemblages de paquets de Gauloises.
  • 1979 : Masquages.
  • 1980–1981 : Caviardages.
  • 1982 : Retrospective au Musée National d’Art Moderne / Centre Georges Pompidou (directeur Dominique Bozo).
  • 1985 : Metro della Robbia.
  • 1989 : Nommé professeur à l’école nationale des Beaux-Arts de Paris. Il réalise pour la Manufacture nationale de Sèvres un ensemble de huits décors "Relevés de ciels bleu-gauloise" pour huit formes d'assiettes et de plats en porcelaine.
  • 1991 : Commande publique pour la Cité de la Musique à Paris.
  • 1993 : Aménagement et décor de la chapelle Saint-Symphorien à l’église Saint-Germain des prés à Paris.
  • 1999 : Rétrospective des dessins d’après… au CAPC de Bordeaux.
  • 2001 : Aménagement de l’Oratoire de l’hôpital Bretonneau, Paris (commande publique).
  • 2004 : Avec qui ? À propos de qui ? au musée des Beaux-Arts de Lyon;
  • 2005 : Pierre Buraglio, Imprimés et Variés, Musée Faure, Aix-en-Provence.
  • 2006 : Pierre Buraglio... des bleus, Musée d'art de Toulon.
  • 2007 : écrits entre 1962 et 2007 Éditions, École Nationale supérieure des Beaux-Arts, Paris.
  • 2008 : Exposition Traces du Sacré, Centre G. Pompidou, Paris.
  • 2009 : Buraglio En planeur au musée Fabre, Montpellier - Le Blanc, Centre G. Pompidou, cabinet d'art graphique, Paris.
  • 2010 : Pierre Buraglio d'après... autour... selon..., Chapelle Saint-Louis des Gobelins, Paris - L'émotion et la Règle, Musée des Beaux-Arts de Lyon
  • 2011 : Pierre Buraglio, Musée des Beaux-Arts, Angers - Le papier à l'œuvre, Musée du Louvre
  • 2012 : Nommé chevalier de la Légion d'honneur.
  • 2013 : Le temps des collections, Musée des beaux-arts de Rouen.
  • 2014 : Pierre Buraglio Echos de 14/18 Son enfance / sa Normandie, Musée de Louviers

Publications[modifier | modifier le code]

  • Pierre Buraglio, Pierre Wat Editions. La création contemporaine et Flammarion
  • L’invention de l’œuvre. Rodin et les Ambassadeurs. D’après… Autour… Selon… Rodin Coédition Actes Sud/ musée Rodin.
  • Le papier à l'œuvre, Natalie Coural, Dominique Cordellier, Hélène Grollemund, Musée du Louvre éditions
  • Le moment Supports/ Surfaces, Ceysson Éditions d’art

Œuvres[modifier | modifier le code]

D'après... Zurbaran, 204 x 73 cm, 2002, peinture à l'huile sur porte tronquée

Expositions récentes[modifier | modifier le code]

2000
2001
  • Galerie Marwan Hoss, Paris
  • Galerie José Martinez, Lyon
  • Galerie Athanor, Marseille
  • Espace APCIS, Maisons-Alfort
  • L’imprimé / L’imprimé avant… après, Maison des arts de Malakoff, Scène nationale du Moulin du Roc, Niort
2002
  • Musée des Beaux-Arts, Tours
  • Galerie des Sept Collines, Vienne
  • Centre d’Art et de Littérature Hôtel Beury, L’Echelle
2003
  • Galerie Jacques Girard, Toulouse
  • Galerie Hélène Trintignan, Montpellier
  • Galerie Pierre Tal Coat, Centre Culturel d’Hennebont
  • Prolongements et Prélèvements, musée Zadkine, Paris
2004
  • Avec qui ? À propos de qui ?, musée des Beaux-Arts de Lyon (catalogue)
  • Mais encore…, Galerie José Martinez, Lyon
  • Une collection : Les fruits d’un regard, Galerie Confluence(s), IUFM, Lyon (catalogue)
  • Avec les mots, Avec les écrivains, école normale supérieure, Lyon
2005
  • Pierre Buraglio... au reste... Musée des Beaux-Arts et d'archéologie de Valence, Drôme
  • Assemblages, Caviardages, dessins et imprimés 1978-2005, Galerie ArteNostrum, Dieulefit, Drôme
  • Pierre Buraglio, Lithos, St Restitus, Drôme
  • Pierre Buraglio, Imprimés et Variés, Musée Faure, Aix-en-Provence
  • Assemblages 1987-1988, Galerie Marwan Hoss, Paris
2006
  • Pierre Buraglio... des bleus, Musée d'art de Toulon
  • Station debout, 1960-2006, Musée des tapisseries. Aix-en-Provence
  • Pierre Buraglio... avatars 1963 – 2006, Bruxelles
  • Pierre Buraglio / Impressions d’œuvres imprimées, artothèque de Pessac, Gironde
  • Dessins du FRAC de Picardie, galerie Francis Picabia Lycée Pierre Mendés France
2007
2008
  • Dans le fonds, 1966-1997, galerie Jean Fournier, Paris
  • C'est alors que... 1998-2008, galerie Marwan Hoss, Paris
  • Traces du Sacré, Centre G. Pompidou, Paris
2009
  • Buraglio En planeur, Musée Fabre, Montpellier
  • Pierre Buraglio-Autour de Pierre Buraglio, Villa Tamaris centre d'art, Toulon
  • Les compatibles, galerie Thierry Salvador, Bruxelles
2010
  • Pierre Buraglio d'après... autour... selon..., La Chapelle Saint-Louis des Gobelins, Paris
  • Avatars 1978-2010, Galerie Bernard Ceysson, Luxembourg
  • L'émotion et la Règle, Musée des Beaux-Arts de Lyon
  • BLOK ZOO HOC, galerie Jean Fournier, Paris
2011
  • Le papier à l'œuvre, Musée du Louvre, Paris
  • Pierre Buraglio, Musée des Beaux-Arts, Angers
  • Pierre Buraglio... Suite, Le passage Sainte-Croix, Nantes
  • Pierre Buraglio : La guerre intime, Les 2 Emile et Rosa, Historial de la grande guerre à Péronne (80)
2012
2013
  • Le temps des collections, Musée des beaux-arts de Rouen
  • Decorum, Tapis et tapisseries d’artistes. Musée d’art moderne et d’art contemporain, Nice
  • Un été pour Matisse, Musée Matisse, Nice
2014

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « La Peinture aimée comme Paradis perdu » in Buraglio, Centre Georges Pompidou, 1982, p. 65.
  2. Buraglio citant Giacometti, in " Avec...Pierre Buraglio", catalogue Paris/Lyon RMN Musée des Beaux-Arts de Lyon, entretien avec Christian Briend "Avec qui ? A propos de qui ?.
  3. Hommage à Emmanuel Bove (Lithographie, éditions Catherine Putman.
  4. P. Buraglio, « Je vais montrer en quoi je n'ai pas lieu d'être satisfait », op. cit. note 4, p. 90.
  5. P. Buraglio, op. cit.note 39, p. 355.
  6. P. Buraglio, entretien avec Karim Ghaddab 14 décembre 2009.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]