Roger Vailland

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Roger Vailland

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Caricature de Roger Vailland

Autres noms Georges Omer, Robert François, Etienne Merpin, Frédéric Roche
Activités romancier, dramaturge, essayiste, journaliste, scénariste[1]
Naissance
Acy-en-Multien (Oise)
Décès (à 57 ans)
Meillonnas, Ain (France)
Langue d'écriture française
Mouvement Surréalisme
Genres Roman, théâtre, essai,
Journalisme, scénario
Distinctions Prix Interallié en 1945
Prix Goncourt en 1957

Œuvres principales

Compléments

  • Surréalisme : membre du mouvement Le Grand Jeu
  • Engagement dans la Résistance
  • Membre du parti communiste : en 1952 après l'interdiction de sa pièce Le colonel Foster plaidera coupable

Roger Vailland, né à Acy-en-Multien (Oise) le et mort le à Meillonnas (Ain) (où il est enterré)[2], est un écrivain, essayiste, grand reporter et scénariste français. Son œuvre comprend neuf romans, des essais, des pièces de théâtre, des scénarios pour le cinéma, des journaux de voyages, un journal intime et de nombreux articles de journaux rédigés tout au long de sa vie.

Embauché en 1928 comme journaliste à Paris-Midi, il est, cette même année, cofondateur éphémère de la revue expérimentale Le Grand Jeu. Dandy et libertin, il continue son métier de journaliste jusqu'à la guerre et fréquente les milieux littéraires. Replié à Lyon après la défaite de 1940, il s'engage en 1942, après une cure de désintoxication, dans la Résistance aux côtés des gaullistes puis des communistes et écrit ses premiers textes comme Drôle de jeu (Prix Interallié, 1945) où s'associent désinvolture et Résistance.

Après la guerre, il s'installe dans l'Ain à Meillonnas et est inscrit quelques années au Parti communiste. Il écrit alors une série de romans engagés : Les Mauvais Coups (1948) - l’histoire d’un couple qui se défait -, Bon pied bon œil (1950) - la découverte du militantisme -, Beau Masque (1954) - le thème de la fraternité syndicale et de la lutte contre l’aliénation-, 325 000 francs (1955) - l'exploitation ouvrière - ou La Loi, (Prix Goncourt 1957) - jeux de pouvoir et de vérité dans la région des Pouilles en Italie du sud -. Il travaille également comme scénariste auprès de Roger Vadim ou de René Clément.

Roger Vailland meurt à cinquante-sept ans, le 12 mai 1965, d’un cancer du poumon.

Biographie[modifier | modifier le code]

Le père ouvre un cabinet de géomètre-expert dans un petit bourg de l'Oise, Acy-en-Multien, où Roger naît en 1907. La famille s'installe en 1910, 18, rue Flatters à Paris, où naît Geneviève en 1912.

Reims

En 1919, après le retour de guerre du père, la famille devient rémoise, toujours pour raisons professionnelles. Reims est en pleine reconstruction. Le père de Roger lui transmet l’amour de la géométrie, de la nature et de la lecture : Plutarque, Shakespeare, Les Mille et Une Nuits. Avec des camarades de lycée, notamment René Daumal et Roger Gilbert-Lecomte, il forme le groupe des Phrères simplistes : ils cherchent à travers les drogues et l'alcool le dérèglement de tous les sens (sur le modèle d'Arthur Rimbaud). Ils sont surréalistes sans le savoir.

En 1925, la famille emménage à Montmorency. Roger entre à Louis-le-Grand, à Paris, en classe d’hypokhâgne. Deux ans plus tard, il loge chez sa grand-mère rue Pétrarque, ce qui est censé faciliter sa préparation d'une licence de Lettres à la Sorbonne. Il est au cœur de la vie parisienne et renonce très vite à ses études.

Son ami Robert Desnos

Grâce aux conseils et à l’appui de Robert Desnos, il est embauché en 1928, à 21 ans, par Pierre Lazareff comme journaliste à Paris-Midi (une édition de Paris-Soir) et emménage dans un hôtel de la rue Bréa. Outre Robert Desnos, il côtoie le tout-Paris littéraire : Cocteau, Gide, Prévert, Marcel Duhamel, Michel Leiris, Raymond Queneau, Benjamin Péret, James Joyce, les papes du surréalisme Louis Aragon et André Breton[3].

Toujours en 1928, il fonde, grâce à l'appui de Léon Pierre-Quint, la revue Le Grand Jeu avec ses Phrères simplistes René Daumal et Roger Gilbert-Lecomte et le peintre Joseph Sima. La revue se définit comme la « première révélation de la métaphysique expérimentale ». Il s'agit de s'extraire du terne présent, d’accéder à un autre état du « moi » où vie et mort, réel et imaginaire se rejoignent. Roger Vailland se dépense sans compter pour la revue. André Breton s'alarme de ce jeune homme insolent et turbulent, qui pourrait lui faire ombrage, et organise le 11 mars 1929, au Bar du Château, un procès dont Louis Aragon est le procureur, sous prétexte d'un article de Roger Vailland à l'éloge du préfet Chiappe. Le jeune homme, que ses Phrères ne défendent pas, est durablement anéanti et se retire. Lui parti, la revue s'effondre : il n'y aura que trois numéros du Grand Jeu.
(Sur cette époque, voir le témoignage de sa sœur Geneviève : L'enfant couvert de femmes.)

Reporter à Paris-Soir, Roger Vailland parcourt divers pays, voyages dont il fera des récits détaillés. Il publie deux grands romans-feuilletons en 1932-33, Leïla et La Visirova.

En décembre 1934, il habite 38, rue de l’Université, qu’il occupe avec Andrée Blavette (surnommée Boule), sa future femme, en alternance avec l’hôtel particulier des Blavette, villa Léandre à Montmartre, lieu qui sera un de ses ports d’attache jusque pendant la guerre. Il se séparera d'Andrée au début de 1947.

Lyon : cours Gambetta
Portrait de Sade

Fin 1940, la guerre et son métier de journaliste le mènent cours Gambetta à LyonParis-Soir s'est replié. Il vit mal cette époque de latence, brasse beaucoup de projets et en 1942, après une cure de désintoxication, il s'engage dans la Résistance aux côtés des gaullistes puis des communistes. La guerre est le catalyseur qui va libérer Vailland de l’angoisse de l’écriture.

Engagé dans la Résistance dès 1942 et en mission au domicile de Daniel Cordier, un agent de la Résistance, il découvre un exemplaire de Lucien Leuwen, se plonge dans sa lecture… et se lance aussitôt dans l’écriture de Drôle de jeu. Recherché par la Gestapo et désireux de se retirer au calme pour écrire son roman, il s’installe en juin 1942, sur le conseil d’un ami, au château Mignon, un peu à l’écart de Chavannes-sur-Reyssouze près de Bourg-en-Bresse. À la fin de la guerre, il reprend son métier de reporter-journaliste et est correspondant de guerre pour plusieurs journaux. Drôle de jeu paraît à la Libération et reçoit le prix Interallié en 1945. Vailland y a mis le quotidien de la vie d’un réseau de résistants, dont son héros Marat, partagé entre ses convictions politiques et son âme de séducteur.

Il rêvait depuis longtemps d’écrire un grand roman sans y parvenir, puis, jusqu’à la fin de sa vie, il va en enchaîner neuf, avec des périodes de production, des périodes de remise en cause… et une méthode efficace : un diagramme accroché au mur indique en abscisse les jours d’écriture et en ordonnée le nombre de pages écrites. Il poursuit ses activités de journaliste mais n'écrit plus que pour des journaux progressistes : avec Pierre Courtade, Claude Roy, Pierre Hervé et Jacques-Francis Rolland, il participe à la belle aventure du journal Action et collabore aussi à Libération ou à La Tribune des nations.

Vailland et le cinéma : l'année 1947 marque sa première collaboration comme dialoguiste pour le film de Louis Daquin Les Frères Bouquinquant, première étape d'un parcours qui l'amènera à travailler avec Roger Vadim vers la fin de sa vie, même si son activité dans ce domaine n'a pas toujours été bien comprise et bien appréciée. En décembre 1947, ses amis De Meyenbourg, installés à Sceaux, ont pitié de sa situation matérielle et lui offrent l’hospitalité jusqu’en décembre 1950. Cette même année 1950, il se joint à d’autres écrivains comme Marcelle Auclair, Jacques Audiberti, Hervé Bazin, Émile Danoën et André Maurois pour le numéro de La Nef (revue de Lucie Faure) intitulé « L’Amour est à réinventer ».

Après un voyage en Extrême-Orient, il emménage au printemps 1951 avec Elisabeth Naldi (rencontrée fin 1949) à La Grange aux Loups (aussi appelée dans ses livres La Grange aux Vents), une austère petite maison des Allymes, hameau à six kilomètres d’Ambérieu-en-Bugey. Hébergés dans la simplicité de la maison de campagne d'André Ullmann et de Suzanne Tenand, loin des intellectuels de gauche parisiens, il découvre la vie des ouvriers et des paysans. Élisabeth et Roger vivent dans une certaine austérité les années les plus heureuses de leur vie.

En 1954, Roger et Élisabeth se marient et s’installent, à l’automne, dans une belle maison du centre de Meillonnas, un village du Revermont situé à une vingtaine de kilomètres de Bourg-en-Bresse. Élisabeth Vailland sera aussi sa muse, celle qui veillera sur sa mémoire, celle qui le protégera et l'emmènera en Italie dans les Pouilles puis jusque dans l'île de La Réunion dans ses périodes de crise profonde, quand il aura besoin de retrouver plus de sérénité.

Réunion du PCF

Inscrit au Parti communiste en 1952, duquel il se désengage après l'insurrection de Budapest en 1956[4], il écrit une série de romans engagés : Les Mauvais coups (1948) — l’histoire d’un couple qui se défait —, Bon pied bon œil (1950) — la découverte du militantisme —, Beau masque (1954) — le thème de la fraternité syndicale et de la lutte contre l’aliénation (ce thème le relie à son ami Henri Lefebvre qui vint le voir en 1956 et quitta le parti à la même époque que lui)—, 325 000 francs (1955) - pamphlet contre le capitalisme qui a recueilli moins de votes des jurés du Goncourt que Les Eaux mêlées, de Roger Ikor. La lutte des classes n’est pas son unique thème de prédilection. Il crée des personnages assez cyniques, voire libertins.

Ex-libris de Bernis

Cette évolution thématique marque un changement dans son œuvre littéraire : ainsi, dans La Loi (prix Goncourt 1957), il dresse le portrait stendhalien d’un héros dominateur, dans La Fête (1960), celui d’un héros donjuanesque, dans La Truite (1964), celui d’une jeune femme décidée à exploiter les hommes sans rien leur concéder. Vailland consacre également deux essais à des écrivains libertins célèbres : Choderlos de Laclos (1953) et Éloge du cardinal de Bernis (1956).

« Ma méthode de travail consiste à faire de chaque chapitre une scène, […] Je ne commence à écrire ma scène que quand j’ai parfaitement imaginé tous les détails […] je ne suis content que si le décor imaginaire de la scène est devenu tellement précis que je ne peux pas changer par l’imagination un meuble de place sans que toute la scène, y compris le comportement des personnages, en soit modifiée… » Roger Vailland, archives personnelles. (Cf. la biographie d’Yves Courrière, p. 604-605)

Au début des années 1960, Vailland renoue avec le cinéma. Il travaille avec Roger Vadim et lui écrit des scénarios (voir le chapitre Filmographie). En mars 1962, il est à Hollywood en compagnie de René Clément pour préparer leur film Le Jour et l'Heure. Au printemps 1961, à Jérusalem pour couvrir le procès Eichmann ; il y retrouve Yves Courrière.

Sur la relation de leur rencontre, voir  : Yves Courrière.

Toute sa vie, Roger Vailland aura rejeté les contraintes et aura cherché avec une désinvolture élégante, à connaître le bonheur : une pratique hédoniste qui le marginalise.

Grand reporter, romancier communiste qui roulera en Jaguar à la fin de sa vie, drogué, grand résistant, alcoolique, amateur de cyclisme et de montagne, ascète lorsqu’il écrit, ex-surréaliste, libertin, Roger Vailland a commencé tôt à opérer le « dérèglement de tous les sens » cher à son maître Arthur Rimbaud.

Roger Vailland meurt à cinquante-sept ans, le 12 mai 1965, d’un cancer du poumon. Il repose dans le cimetière de Meillonnas, près de Bourg-en-Bresse.

Sur sa vie à Meillonnas, voir la fiche  : Meillonnas.

La plupart de ses œuvres posthumes ont été publiées avec le concours d'Élisabeth Vailland, de René Ballet et de l'association Les Amis de Roger Vailland.

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L'homme et son œuvre[modifier | modifier le code]

L'écriture chez Vailland[modifier | modifier le code]

Jean-Pierre Védrines définissait ainsi son écriture : « Le roman chez Vailland, est beaucoup plus qu'un muscle, c'est un rouage. »[5]
Pour être en forme comme un sportif[6] et bien écrire, Vailland se mettait en condition. Ainsi écrit-il dans La Fête à propos de son héros qui lui ressemble étrangement : « Après un repas léger, Duc s'étendit dans la pièce où il travaillait et dormit pendant une heure. Pendant tout le temps qu'il écrivait un livre, il travaillait régulièrement chaque après-midi, et s'imposait régime ou abstinence, ce qu'il estimait nécessaire pour se tenir dispos pendant les heures consacrées à l'écriture. »

Après la parution de La Loi, interrogé par Madeleine Chapsal, Roger Vailland parle de sa méthode de travail[7] : « Je ne fais pas de plan. Au début, c'est à la fois plus vague et plus précis qu'un plan. Une fois la première scène écrite, je me sens déjà moins libre […] Après l'intervention d'un personnage, on est encore très libre vis-à-vis de lui. À mesure qu'il est mieux dessiné physiquement, à mesure qu'il a été mêlé à des actions plus diverses, l'auteur devient de moins en moins libre parce qu'il sent très bien qu'il y a des choses que son personnage peut faire et des choses qu'il ne peut pas faire, et si le roman est réussi, à la fin du livre l'auteur n'est plus libre du tout. Ça ne peut finir que comme ça finit. »
Son mécanisme de création est une maturation : il écrit une scène quand elle est figée dans sa tête, il note ce qu'il visualise puis fait évoluer ses personnages dans ce décor, quitte ensuite à supprimer des éléments de ce décor. Son réalisme est un mélange de séquences biographiques, de réminiscences et de transpositions, le plus souvent reformulées et retravaillées.

Pour illustrer ce processus, on peut reprendre l'exemple de La FêteDuc explique à Lucie la naissance d'un personnage : « Quand je commence le premier chapitre d'un roman, je ne connais encore que quelques détails : les blue-jeans de la fille, le ton de l'aîné des personnages hommes, le rire du cadet; de celui-ci, je vois déjà tout le visage; il rit, il a le regard franc, les cheveux courts, beaucoup d'éclat. Quand je passe au second chapitre, j'en sais déjà beaucoup plus sur eux. » En 1963, il écrira à propos de La Truite : « Écrire un roman, c'est une réponse globale à toutes les stimulations reçues pendant le temps de son écriture. » Il a également écrit dans un article sur Flaubert : « L'engagement particulier de l'artiste, c'est de descendre aux entrailles des choses et de rendre exactement ce qu'il a découvert. »

Sur ce sujet, voir l'analyse de  : Jean Sénégas.

Les femmes dans ses romans[modifier | modifier le code]

Les femmes et en particulier ses héroïnes, jouent un rôle de plus en plus important dans l'œuvre romanesque de Roger Vailland[8]. Déjà dans ses romans-feuilletons, alors qu'il commençait son métier de journaliste dans les années 1932-1933, Vailland choisit comme personnages des femmes qui réussissent comme la Visirova ou Leïla, cette jeune femme turque qu'il rencontre lors d'un reportage à Istanbul, qui se veut libérée, libre à l'égard des hommes et des rapports économiques : Leïla, jeune femme « moderne » et autonome dans un pays en plein renouveau.

voir son roman-feuilleton La Visirova, paru en feuilleton en 1933, réédité chez Messidor en 1986 ;
voir Leïla ou les ingénues voraces, roman-feuilleton paru en 1932, réédité dans Chronique tome I en 1984.

Puis dans ses trois premiers romans qu'il publie au lendemains de la guerre, la femme devient prisonnière des contraintes sociales et surtout de ses pulsions :

  • Mathilde dans Drôle de jeu trahit par amour et sera finalement exécutée ;
  • Roberte dans Les mauvais coups ne peut vivre ni avec Milan, ni sans lui et ne pourra pas arriver à supporter cette situation qu'elle résoudra par le suicide ;
  • Antoinette dans Bon pied Bon œil sent que Rodrigue s'éloigne d'elle irrémédiablement et, malgré ses efforts, ne parvient pas à dominer son destin. Elle se retirera loin de Paris et symboliquement, perdra un œil.

Des femmes qui sont des perdantes, dominées par les structures, par le monde masculin qui les entoure. Ce sont des êtres 'aliénés par le système' qui tentent de se 'débrouiller avec le système', de s'en sortir toutes seules. Le tournant sera pris avec Pierrette Amable, la syndicaliste de Beau Masque qui s'engage dans un combat collectif et, qui, même au sacrifice de sa vie privée, va remporter une victoire décisive. Cette fois, c'est la femme qui est gagnante, qui représente en tout cas l'avenir et c'est l'homme Beau Masque qui va laisser sa vie dans l'aventure.

Roger Vailland dépeint souvent des femmes viriles, dominatrices à travers un comportement tantôt rigide, tantôt manipulateur. La rigidité, on la retrouve chez Antoinette dans Bon pied, Bon œil « qui se tient droit, un peu raide, dans Drôle de jeu, Paméla est une femme inaccessible et inhibitrice et Lucienne « est trapue, les fesses sont carrées, les hanches droites, la poitrine musclée. » La manipulation est plutôt l'apanage de Frédérique dans La Truite qui a « le maxillaire carré  » comme Antoinette, un côté androgyne, amazone, à Los Angeles elle sort de chez le coiffeur « avec le cheveu court, à peine bouclé, plus adolescente que jamais. » Une espèce de Lolita décontractée qui mène son monde.

Le regard de l'écrivain[modifier | modifier le code]

Roger Vailland a écrit dans Expérience du drame : « La vie ne m’apparaissait digne d’être vécue que dans la mesure où je parviendrais à la constituer en une succession de saisons si bien enchaînées qu’il ne resterait plus la moindre place pour la vie quotidienne. »

Sur ce sujet, voir l'article de Christian Petr L'écrivain et la résistance dans  : Drôle de jeu.

Dans La Fête, Vailland expose sa théorie du roman. Selon lui, les éléments se mettent en place progressivement, donnant peu à peu moins de liberté à l'auteur, même « en tirant au sort » les données initiales de l'histoire, le roman conserve le même sens :

« Mon poids dans le moment où je l'écris, le poids de l'homme à la recherche de sa souveraineté. »

Dans l'article Du métier d'écrire, paru dans Entretiens, Roger Vailland, Alain Sicard évoque technique d'écriture et objectif de l'écrivain[9] :

  • Question : « Peut-on continuer à écrire des romans comme au XIXe siècle ? »
  • Réponse : « Non » disent les deux écrivains de La Fête, Duc et Jean-Marc.

« La passion du réel, ajoute Alain Sicard, constitue chez Vailland une attitude fondamentale. » La réalité la plus tangible du monde est toujours présente dans ses romans. On peut en citer quelques exemples significatifs :

  • son analyse socio-économique dans la campagne bressane dans Drôle de jeu;
  • les réflexions de géologue dans un paysage de l'Aubrac à la fin de Bon pied Bon œil ;
  • la description de l'usine de Rambert dans La Truite ;
  • Les références botaniques dans La Fête[10].

Décrire au plus près, dans le détail et la précision, c'est pour lui « saisir le réel dans sa singularité. » Le rôle du romancier est de 'faire le poids' de cette singularité pour saisir par exemple un être comme Lucie dans sa totalité et dans ce qui fait l'essence de sa personnalité[11]. L'expression qu'il utilise -'faire le poids'- est symptomatique de sa démarche qui repose sur la précision d'une description à l'aide d'un langage poétique (style, images…) lui permettant de rendre compte de la complexité du réel tout en retenant l'essentiel[12]. Il emploie pour cela une large panoplie de moyens où le narrateur intervient parfois : mélange de narration objective et de réflexion personnelle, dialogue classique ou commenté[13]. La variété des moyens utilisés, sa passion du réel alliée à son 'parti pris d'intervention'[14] lui permettent d'approcher la réalité d'un personnage et de le peindre dans sa vérité profonde.

Itinéraire de la souveraineté[modifier | modifier le code]

De la souveraineté[modifier | modifier le code]

En même temps que l'horreur de la guerre, Roger Vailland découvre la duplicité des adultes. Il a douze ans à la fin de la guerre, au moment où sa famille déménage à Reims. Il se sent trahi par ce père, cette mère qui lui a tant vanté la France, la famille, l'armée, par cette société arc-boutée sur le nationalisme, le dévouement, le sacrifice. Déception et rébellion, révolte menant au rejet des valeurs et au surréalisme. « Les surréalistes, écrira-t-il dans Réflexions, furent en leur temps le sel français de la France. Ils poussèrent l'irrespect jusqu'à ses plus extrêmes limites. »

Désenchantement des années 1930 dont il donne un aperçu dans Drôle de jeu : « Enfants de la bourgeoisie fréquentant les écrivains et les artistes, trouvant sans trop de difficultés l'argent nécessaire pour les soûleries de Montparnasse et les voyages d'amour dans les Maures ou en Corse, ignorant encore l'humiliation de vendre son temps contre un salaire, de faire un travail qu'on n'aime pas dans l'unique but de passer à la caisse. » (Drôle de jeu page 16)

Gobineau en 1864

En 1942, la Résistance va le réconcilier avec lui-même et lui permettre de trouver sa place dans la société, d'aller l'amble avec elle. Dès lors, l'homme souverain doit rester maître face aux dénonciations, à l'arrestation, à la Gestapo, face aussi à l'amour, le libertin et la maîtrise de Valmont face à la possession qui humilie et mène à l'esclavage. Germain, le second de Duc à l'époque de la Résistance, résiste à la Gestapo, à la douleur absolue, à la torture. Le bolchevik aussi va ensuite pour Roger Vailland incarner une forme de résistance. Beau Masque va y laisser la vie et Busard, malgré son obstination, à cause de son individualisme, un bras.

Après 1956, il revint à un certain esthétisme, exaltant « la bande des co-mourants » dans La Fête, évoquant un « club idéal qui ne grouperait que des êtres de même qualité, selon leur affinité, » ces Affinités électives de Goethe dont il parle dans ses Écrits intimes. (voir Gobineau, préface aux Pléiades, livre de poche, page 7) Dans La Truite, il fait référence aux deux amies de la bande qui ont trouvé calme et sérénité, Mariline « toujours en train d'imaginer quelque chose qui pourrait rendre heureux ses amis, » Clotilde devenue « un cœur tendre et une nature sensible. »
(voir La Truite, Folio, page 282)

Lors de la parution de La Truite, Roger Vailland déclare dans une interview aux Lettres françaises : « J'entends par souverain, le souverain de soi, ce qui implique une réflexion, un mûrissement et un équilibre entre soi et la société, ce qui au passage est impossible dans une société de lutte des classes. »

De l'évolution[modifier | modifier le code]

Roger Vailland ressemble souvent à ce portrait cursif qu'en dresse Max Chaleil : « Visage à l'emporte-pièce, buriné et aigu comme une lame, qui vous fixe et se fixe, impitoyablement. » Ce visage a une histoire et une histoire mouvementée : beaucoup de luttes et d'affrontements avec les autres et avec lui-même. Il est le produit de l'écriture et du journalisme, des nuits blanches et des voyages sur pratiquement tous les continents, de ses rapports conflictuels avec son milieu, des incompréhensions sur la signification de son œuvre, y compris avec La Truite. Son œuvre est le fruit de tout ça et concernant sa personne, de son instabilité et de ses contradictions qu'il tente de surmonter ou en tout cas, de concilier au mieux.

Le Bolchevik

Il aura retenu de son maître Arthur Rimbaud que la poésie ne se mesure à tant à l'aune des mots qu'à celle des actes accomplis : « Rimbaud sera le guide car il fonde cette poésie agissante que le jeune Vailland revendique. » Vailland va voir ses deux amis René Daumal et Roger Gilbert-Lecomte sombrer dans la drogue et la maladie pour en mourir en 1943-44, à l'âge de 36 ans : cette dérision des mots est aussi un élément essentiel qui explique ses difficultés à écrire jusqu'à Drôle de jeu.

Il rejette la grisaille de la vie quotidienne, sera noctambule libertin, engagé dans la Résistance puis dans le communisme, à la recherche de l'homme de qualité. Il aime changer de peau et sera vu très différemment selon qu'il est militant du parti ou le bon maître retiré à Meillonnas, en même temps lucide et plein d'illusions. En fait, il essaie de tendre vers l'unité, « aux Allymes autour de la politique comme à Meillonnas plus tard, autour de l'écriture, toujours obsédé par cette même exigence : être souverain. »

La saison communiste s'achève sur un échec. Il le reconnaît lui-même dans ses Écrits intimes où il confesse : « Il est absurde et criminel envers soi-même de donner à l'histoire plus qu'elle n'est capable de vous rendre, soi-même vivant (si on ne croit pas au paradis, à l'enfer...) » La souveraineté est sa réponse, assistée par le regard froid de cet homme souverain. Ultime pied de nez à l'Histoire et à ses exégètes, il écrit peu avant sa mort cet Éloge de la politique qui brasse les cartes avant une nouvelle donne que la mort interrompra. Il n'ira pas en Amérique du Sud comme il en rêvait alors, à la recherche d'un nouveau bolchevik caché quelque part dans la forêt amazonienne ou dans les montagnes de Bolivie.

Du libertinage[modifier | modifier le code]

Si Roger Vailland eut un penchant pour le XVIIIe siècle, ceci tient essentiellement à son goût du bonheur, « on trouve au milieu du XVIIIe siècle une conception internationale du bonheur » écrit-il dans son Éloge du cardinal de Bernis, et est dû également à des hommes qui se sont affirmés contre la hiérarchie et les préjugés de leur époque.

Sade le libertin

Des aventuriers comme Casanova qui donna parfois un coup de pouce au destin, un homme libre, athée, à la prose nerveuse car « le ronronnement de la prose est un défaut essentiellement bourgeois » écrit Vailland dans Quelques réflexions sur la singularité d'être français.

Des hommes de pouvoir tels que Choderlos de Laclos ou le cardinal de Bernis qui furent au début de leur carrière des hommes de plume. Par sa seule volonté, Bernis s'imposa dans une société statique qui ignore le brassage social. Bernis est trop pauvre pour accéder à la carrière des armes. « Laclos était un affreux besogneux que son petit nom et son absence de fortune contraignirent à faire carrière dans les garnisons de provinces. » Les Liaisons dangereuses, critique virulente de l'aristocratie, vont dès leur publication, largement le desservir. Heureusement, la Révolution vint redistribuer les cartes et favoriser Laclos. Dans son essai biographique Laclos par lui-même, Vailland monte bien les difficultés qu'a rencontrées Laclos avec l'aristocratie dirigeante de l'armée.

Le libertinage souverain de La Fête avec Lucie, parfaite mise en application de la méthode initiée par le couple Valmont-Merteuil des Liaisons dangereuses laissera place à la fin de sa vie, à une réflexion dont il dit dans les Écrits intimes : « Je crois que je serais maintenant capable d'écrire un livre sur moi-même, ce qui à mon âge et après mes précédents livres, est bien le comble du détachement de soi. » (Écrits intimes, p. 483)

Culture et souveraineté[modifier | modifier le code]

Pour un intellectuel communiste tel que l'a été Vailland à une époque, se posait la question de savoir s'ils suivaient 'la ligne du parti', c'est-à-dire les préceptes du réalisme et d'être un écrivain au service du peuple. Vailland a plutôt abordé la question de façon détournée dans De l'amateur par exemple, qui ne paraîtra dans Le regard froid qu'en 1963, « Les socialistes n'ont pas encore eu le temps de broyer assez de couleurs pour s'apercevoir que ce qui est réel, ce n'est pas le modèle. C'est la peinture. »

Brecht en 1948

Dans Le Surréalisme contre la révolution, il différencie la culture populaire, le respect de l'ouvrier pour les grandes œuvres comme La Joconde et la culture bourgeoise, à laquelle il appartenait alors, qui n'hésitait pas à affubler La Joconde d'une paire de moustaches. Il remplira en tout cas la première obligation du bon intellectuel communiste rappelée par François Billoux dans La nouvelle critique en 1951 : son premier devoir est de militer.

Vailland n'aborde quasiment pas la question du réalisme socialiste, même dans Expérience du drame où il prend essentiellement le contre-pied des thèses de Bertolt Brecht. Sur le plan doctrinal, il est en phase avec la ligne officielle du Parti, tel qu'il le précise dans ses Écrits intimes : « Il faut avoir l'audace de dire qu'il n'y a pas de culture en dehors du peuple. » (page 194) ou encore « Dans les circonstances actuelles, il n'est plus possible pour moi comme pour toi, d'écrire autrement que dans une perspective totalement communiste. » (page 271, lettre à Pierre Courtade).

Intellectuellement, Roger Vailland adhère bien aux thèses du Parti mais c'est à partir de sa propre expérience et sans aucune recherche de caution qu'il écrit 325.000 francs et Beau Masque. Sa démarche de romancier correspond simplement à ses préoccupations de l'époque et à son activité de militant. Il reste lui-même, dans ses choix de thématiques, libre et souverain. Christian Petr définit bien cette problématique dans un article paru dans la revue Europe : « Beau Masque et 325.000 francs sont la proposition et la mise à l'épreuve d'une éthique de la souveraineté qui reste indissociable du combat politique des communistes. » Ses derniers romans intégreront cette éthique de la souveraineté en intégrant ce retour à l'individualisme propre à cette période.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Pour plus de détails sur ses romans entre 1950-1955, voir Vailland : L'Homme nouveau (cycle de romans).

Romans[modifier | modifier le code]

Théâtre[modifier | modifier le code]

  • Héloïse et Abélard, prix Ibsen, pièce en trois actes, Éditions Corrêa, 1947
  • Le Colonel Foster plaidera coupable, pièce en cinq actes, les Éditeurs français réunis, Paris, 1952, réédition chez Grasset en 1973, 153 pages avec une préface de René Ballet
  • Monsieur Jean, pièce en trois actes, Éditions Gallimard, Paris, 1959
  • Batailles pour l'humanité, texte dramatique, Éditions de l'Humanité, 1954
  • Appel à Jenny Merveille, pièce radiophonique, 1948, France-Illustration littéraire et théâtrale, no 23 du 15/11/1948, insérée dans Les Écrits intimes.
  • Revue Entretiens, extraits de La Bataille de Denain, pièce inachevée de Roger Vailland, 1970

Essais[modifier | modifier le code]

Récits, Voyages, Préfaces[modifier | modifier le code]

Récits[modifier | modifier le code]

  • Un homme du peuple sous la Révolution, (coécrit avec Raymond Manevy), feuilleton, 1937, Éditions Corrêa, 1947, Gallimard, 1979. La vie de Jean-Baptiste Drouet
  • Suède 1940, Paris Sagittaire, 1940, 95 p
  • Roger Vailland, correspondant de guerre : 1944-45 :
    • La dernière bataille de l'armée De Lattre, Paris Ed. du Chêne, 1945
    • La bataille d'Alsace, Paris Jacques Haumont, 1945
    • Léopold III devant la la conscience belge, Paris Ed. du Chêne, 1945
  • Le héros de roman, texte d'une conférence de 1952, publié dans l'Humanité du 19 novembre 1984

Récits de voyages[modifier | modifier le code]

  • Boroboudour, voyage à Bali, Java et autres îles, Corrêa, 1951. Réédité par les Éditions du Sonneur, avec une préface de Marie-Noël Rio, Paris, 2008.
  • Choses vues en Égypte, Paris Ed. Défense de la paix, 1952
  • La Réunion, éd. Rencontres, 1964, Éditions Kailash, 1998
  • L'ensemble des 3 voyages, Gallimard, 1981

Préfaces et postface[modifier | modifier le code]

  • Les Liaisons dangereuses, Choderlos de Laclos, préface de Roger Vailland, Paris, Club du Livre du Mois, 1955
  • Les Mémoires de Casanova, préface de Roger Vailland, Paris, Club du Livre du Mois, 1957
  • Tableaux des mœurs du temps dans les différents âges de la vie, Crébillon fils, préface de Roger Vailland, Paris, Cercle du Livre précieux, 1959, réédition Jean-Claude Lattès, 1980
  • Les Pléiades, de Gobineau, préface de Roger Vailland, Paris, Le Livre de poche, 1960
  • Sur Manon Lescaut, préface de Roger Vailland, Éditions Lucien Mazenod, 1967

Les œuvres posthumes[modifier | modifier le code]

  • Écrits intimes, Éditions Gallimard, Paris 1968, 839 p
  • Lettres à sa famille, Éditions Gallimard, Paris, 315 p, 1972, préface et notes de Max Chaleil
  • Le Saint Empire, Éditions de la Différence, collection Paroles, Paris, 1978
  • Les Écrits journalistiques :
    • Chronique des années folles à la Libération : 1928-1945, Éditions sociales, Paris, 1984, préface de René Ballet, 504 p, réédité chez Buchet-Chastel en 2003
    • Chronique d'Hiroshima à Goldfinger : 1945-1965, Éditions sociales, Paris, 1984, préface de René Ballet, 526 p
  • La Visirova, paraît en feuilleton en 1933, édition Paris Messidor, préface de René Ballet, 199 p, 1986
  • L'épopée du Martin-Siemens, préface de René Ballet, Montreuil, CCAS, 1991
  • Cortès, le conquérant de l'Eldorado, paraît en feuilleton en 1941, édition Paris Messidor, 215 p, 1992
  • N'aimer que ce qui n'a pas de prix, Éditions Du Rocher, 1995
  • Les hommes nus, nouvelle écrite en 1924-25, parue aux Éditions Du Rocher, 1996

Éditions Le temps des cerises—Dans la collection « Cahiers Roger Vailland » :

Références et œuvres complètes[modifier | modifier le code]

Filmographie, spectacles[modifier | modifier le code]

  • 1948 : Appel à Jenny Merveille, pièce radiophonique, France-Illustration no 23, novembre 1948
  • 1954 : Bel-Ami, en collaboration avec Vladimir Pozner, d'après Maupassant, réalisation Louis Daquin.
  • 1954 : Batailles pour l'Humanité, spectacle présenté au Vélodrome d'Hiver
  • 1960 : Et mourir de plaisir de Roger Vadim, scénario de Roger Vailland
  • 1959 : La Loi de Jules Dassin, d'après le roman de Roger Vailland. Evreux : Éditions Atlas, 1998, copie 1959. 1 cassette vidéo (1 h 58 min)
  • 1960 : Les Liaisons dangereuses 1960 de Roger Vadim, adaptation du roman de Choderlos de Laclos et dialogues de Roger Vailland. Boulogne-Billancourt : Régie cassette vidéo, 2001, copie 1959. 1 DVD vidéo monoface zone 2 (1 h 42 min), publié aux éditions Julliard
  • 1961 : Les Mauvais Coups de François Leterrier, adaptation par Roger Vailland de son roman
  • 1961 : La Novice, d'Alberto Lattuada, scénario de Roger Vailland
  • 1962 : Le Jour et l'Heure de René Clément, adaptation et dialogues de Roger Vailland. Neuilly-sur-Seine : Film office éditions, 1998, copie 1962. 1 cassette vidéo (1 h 48 min)
  • 1963 : Le Vice et la vertu de Roger Vadim, scénario de Roger Vailland. Courbevoie : René Château vidéo, 1996, copie 1963. 1 cassette vidéo (1 h 33 min)
  • 1964 : 325.000 francs, adaptation de son roman pour un film de Jean Prat
  • Les films disponibles
Tire du journal Paris-Midi.
Son parcours cinématographique peut être découpé en trois grandes périodes 
  • Le critique de cinéma à Paris-Midi puis à Cinémonde
  • La collaboration avec Louis Daquin (1947-1952)
  • Les années 1960 et la collaboration avec Roger Vadim (1960-1963)

Autres collaborations dans les années 1960 : Les Mauvais coups de François Leterrier, adaptation par Roger Vailland de son roman, 1961 La Novice, d'Alberto Lattuada, scénario de Roger Vailland, d'après Guido Piovese, en 1961 Le Jour et l'Heure de René Clément, adaptation et dialogues de Roger Vailland. Neuilly-sur-Seine : Film office éditions, 1998, copie 1962. 1 cassette vidéo (1 h 48 min), 1962 325.000 francs, adaptation de son roman pour un film de Jean Prat, 1964

Essentiellement entre ces deux périodes de collaboration, Vailland a continué à écrire des adaptations qui n'ont donné lieu à aucune réalisation concrète, peut-être parce que Vailland n'avait pas trouvé la complétude avec un réalisateur, comme avec Daquin puis Vadim. Plusieurs de ces textes sont conservés dans le fonds Vailland à la médiathèque de Bourg-en-Bresse.

Exemples de témoignages

Roger Vailland et François Leterrier font connaissance à l'occasion d'un numéro de la revue La Nef où Leterrier publie un article sur La Loi. Il propose à Vailland d'adapter au cinéma son deuxième roman Les mauvais coups qu'il avait particulièrement aimé. Il passe plus d'un mois à Meillonnas chez les Vailland pour travailler sur le scénario : « Vailland procédait très méthodiquement, un peu comme pour ses romans : courbes de production, graphiques, plans…[…] Il s'interrompait volontiers quand il avait le sentiment qu'il s'ennuyait. »

Adapter Les mauvais coups a été pour Roger Vailland une épreuve l'obligeant à repenser à sa rupture dramatique avec sa première femme Andrée Blavette, Boule, temps de drame de l'amour-passion et d'une nouvelle cure de désintoxication, rupture dont l'écriture du roman l'avait aidé à se libérer. Vailland a finalement été satisfait du film qui, il est vrai, a bénéficié d'une superbe interprétation de Simone Signoret qui jouait le rôle de Roberte, l'héroïne du roman.

Selon son témoignage, sa collaboration avec Vailland, à l'occasion du film La novice, Lettere di una novizia, tiré du roman de Guido Piovene, a été « un moment particulièrement passionnant de ma longue carrière metteur en scène », avec de longs échanges sur toutes les formes d'art et leur place dans l'époque. Le thème principal du film, l'hypocrisie dans une famille de la haute bourgeoisie qui nie une trouble rivalité amoureuse entre la mère et sa fille, a fait l'objet de grandes discussions sur la fin de l'histoire, sur la notion de culpabilité et l'impact de la société dans les évolutions des individus.

Arts, Exposition[modifier | modifier le code]

Roger Vailland et l'art : une relation singulière

Les sculptures de Coulentianos, Présentation d'une exposition, galerie de France, 1962

Exposition d'œuvres de Consagra, Coulentianos, Reinhoud D'Haese, Harfaux, Hartung, Maurice Henry, Hoffmeister, Pignon, Sima, Singier, Soulages. De mai à novembre 2005 au Musée Chintreuil de Pont-de-Vaux (Ain)

Comment travaille Pierre Soulages ?, article et Éditions Le temps des cerises, 1998
Pierre Soulages au fond de la rétine de Roger Vailland, Gérard Georges Lemaire, Les Lettres françaises, septembre 2005
- Vailland et Soulages : voir présentation dans l'article L'ami Pierre Soulages

Roger Vailland et la peinture : article dans la Revue des Ressources[16].

Vailland et le cinéma[modifier | modifier le code]

Gina Lollobrigida, héroïne de La Loi
  • Roger Vailland a été tour à tour critique de cinéma dans sa jeunesse, scénariste, adaptateur-dialoguiste et a participé à l'adaptation de plusieurs de ses romans. Malgré toutes ses compétences et ses connaissances sur le cinéma, il n'est jamais passé derrière la caméra. Comme critique de cinéma, il a publié des articles dans Paris-Midi puis dans Cinémonde, repris ensuite dans ses Écrits journalistiques (Chronique, tome I) et dans le livre consacré au cinéma des années 1930 publié en 1999 par les Éditions Le Temps des cerises.
  • Le parcours cinématographique de Roger Vailland s'est fait en plusieurs périodes, avec des temps forts liés à son travail de critique de cinéma à Paris-Midi où il était aussi journaliste, puis à Cinémonde, liés ensuite à sa collaboration avec Louis Daquin dans les années 1947-1952 puis avec Roger Vadim dans les années 1960.
    • Avec Louis Daquin, on peut citer : Les Frères Bouquinquant, d'après Jean Prévost, en 1947, La Grève des mineurs, court métrage, en 1948 (sur la grève des mineurs de 1948), Bel Ami, adapté du roman de Maupassant en collaboration avec Vladimir Pozner (1954), œuvre largement censurée[17].
    • Avec Roger Vadim (1960-1963) : Les Liaisons dangereuses, d'après Pierre Choderlos de Laclos, en 1960, Et mourir de plaisir, scénario de Roger Vailland d'après Sheridan Le Fanu La Rose et le Sang, en 1960, Le vice et la vertu, d'après Sade, scénario de Roger Vailland, en 1964, cassette vidéo René Château vidéo en 1996.
    • Également dans les années 1960 : Les Mauvais coups de François Leterrier, adaptation par Roger Vailland de son roman, 1961, La Novice, d'Alberto Lattuada, scénario de Roger Vailland, d'après Guido Piovese, en 1961, Le Jour et l'Heure de René Clément, adaptation et dialogues de Roger Vailland. Neuilly-sur-Seine : Film office éditions, 1998, copie 1962. 1 cassette vidéo (1 h 48 min), 1962, 325.000 francs, adaptation de son roman pour un film de Jean Prat, 1964.
  • En 1928-29, Roger Vailland devient pendant plusieurs mois critique de cinéma à Paris-Midi. Déjà en 1928, il envisage une carrière d'assistant réalisateur. Tout jeune, le cinéma qui en est aussi à ses débuts, semble le tenter. En 1959, il ira même jusqu'à dire : « J'ai fait des adaptations, des dialogues, des scénarios; j'aimerais assez maintenant faire le tout. » Mais ce ne seront que des velléités. Pour Roger Vailland, le cinéma n'est pas comme pour son ami Roger Gilbert-Lecomte, « un mode de connaissances, une forme de l'esprit. »
    • En fait, il est surtout intéressé par les aspects sociologiques du cinéma : en 1927 dans une lettre à René Daumal, il lui annonce qu'il va donner une conférence sur le thème 'l'évolution actuelle du cinéma'. Roger Vailland a essentiellement abordé le cinéma avec un regard d'écrivain. En 1929-30, il collabore à la revue Cinémonde, toujours en tant que critique de cinéma. Ce travail de critique, il l'aborde comme un journaliste. Ainsi titre-t-il dans Paris-Midi : 'Une soirée économique : un cinéma à dix sous' ou à Cinémonde : 'Quels sont les mystérieux spectateurs qui fréquentent en semaine les permanents des boulevards ?' Pour présenter un film, il évoque surtout ses impressions de la salle, du public ou des conditions de tournage, interviews les vedettes et s'intéresse au premier film en relief. Le cinéma s'estompe, disparaît peu à peu de sa vie, remplacé par des travaux d'écriture qui ne publie pas.
    • « Rien ne me prédisposait à écrire le scénario et les dialogues du film qu'on allait tirer de Les Frères Bouquinquant. » C'est ainsi qu'il renoue avec le cinéma. Comme tous ceux qui vont suivre, c'est un travail de commande et bâtir un scénario à partir d'un roman est pour lui comme un exercice de style. Dans un document inédit, Éloge de la censure au cinéma, il fait le point sur son rapport au cinéma, note la différence entre la perception du mot et de l'image, « le mot, écrit-il, est plus fort que l'image, il la mange comme un acide. » Il pense qu'il existe une différence de nature entre le roman et le cinéma car « l'auteur exécute d'abord; c'est l'œuvre qui lui révèle son projet. » Il veut rester libre du jeu, seul face à l'écriture et rejette les contraintes du cinéma. À Madeleine Chapsal, il fera cette confidence : « Pour être content du cinéma, il faudrait être en même temps réalisateur, auteur, producteur […] sinon… c'est du déplacement de capitaux. »
Vailland sur le site de l' I N A

Le site de l' I N A propose cinq films ou extraits de films relatifs à Roger Vailland.
Dans trois d’entre eux, Vailland intervient directement :

  • Michel Butor et Roger Vailand
    (4 décembre 1957)
  • Les surréalistes à Montparnasse
    (16 septembre 1963)
  • Roger Vailland et le communisme
    (26 février 1968)
  • Le roman du prisonnier
Parmi tous les projets de films avortés, il en est un dont on possède un scénario déjà élaboré qu'écrivir Roger Vailland avec le cinéaste Pierre Chenal. Ce dernier, réalisateur et ami de Roger Vailland a donné quelques précisions sur ce projet. Il appréciait "l'acuité" de Vailland qui possédait déjà une expérience avec le scénarion du film de Louis Daquin Les Frères Bouquinquant. Vailland entreprit de bâtir un scénario à partir du roman d'un auteur allemand célèbre dans les années 1930, Hans Fallada, anti-nazi qui mettait souvent en scène les gens du peuple.
Ce roman intitulé en français Le Roman du prisonnier (Wer einmal ans dem Blechnapf frisst) signifie littéralement 'celui qui a bouffé une fois dans la gamelle de fer-blanc. Le thème du livre, assez sombre, brutal même dans le milieu carcéral qu'il décrit, traitre de l'impossible réinsertion d'un homme qui vient de sortir de prison, un homme condamné à la récidive. Le projet prend corps et ils avaient même contacté Jean Genet pour écrire des dialogues plus 'réalistes'. Paradoxalement, le héros du roman est soulagé de son retour en prison, se sentant plus libre dans ce milieu fermé -dur mais protégé- que face à la dure réalité de l'extérieur. Ce qui se dégage de cette vie, c'est un choix inconscient entre la dure sécurité du milieu carcéral et une liberté chèrement acquise à l'extérieur. On retrouvera peu après cette ambiance carcérale dans le livre de Vailland Un jeune homme seul où à la fin, Favart son héros découvre en prison une certaine fraternité qui le mènera au sacrifice.
  • Chambre obscure
L'intérêt de ce projet de scénario datant de 1962 et publié dans Les Cahiers Roger Vailland no 7 réside surtout dans le personnage de Michèle qui est « une fille moderne, des années twist. » Le scénario la présente plus précisément comme « une sauvage, une bohémienne qui gigote en mini-jupe » mais en même temps fascinée par la société de consommation. Kretchmar son amant lui donne de l'argent pour meubler sa garçonnière et elle en profite, choisit un fauteil 'relaxing' avec télécommande, un 'cosy corner'… critique d'une société de consommation qu'on retrouve dans "La Truite". Et justement, écrit Alain Georges Leduc, « La Lucie de La Fête s'est affranchie, Michèle est le parfait trait-d'union entre La Fête et La Truite. » Ici kretchmar le macho va payer et finir par devenir aveugle.

Références et Bibliographie[modifier | modifier le code]

    • Romans adaptés au cinéma : La Loi, de Jules Dassin en 1958 ; Les Mauvais Coups, de François Leterrier, en 1961 ; 325 000 francs, de Jean Prat (téléfilm), en 1964 ; Drôle de Jeu, de Pierre Kast, en 1969 ; Beau Masque, de Bernard Paul, en 1972 ; Un Jeune Homme Seul, de Jean Mailland (téléfilm), en 1974 ; La Truite, de Joseph Losey, en 1982.
    • Les projets non réalisés :
      • Des adaptations inachevées conservées à la médiathèque de Bourg-en-Bresse : The rescue d'après Conrad ou avec Pierre Kast La saison chaude de Saint-Germain-des-Prés.
      • Le Roman du Prisonnier, d’après Hans Fallada, projet avec le réalisateur Pierre Chenal, dialogue de Jean Genet (voir ci-dessus), et Vacances à la mer en 1949;
        El Desdichado en 1950, Le parricide en 1951 : texte publié dans Roger Vailland N’aimer que ce qui n’a pas de prix; Quatrevingt treize, d'après Victor Hugo et Le bonheur se gagne tous les jours, avec Jorge Semprun en 1952;
        La capitale s'appelle Varsovie en 1953, texte publié dans Roger Vailland : N’aimer que ce qui n’a pas de prix;
        Charette, en 1960, texte dactylographié conservé à la Médiathèque E. & R. Vailland de Bourg–en–Bresse;
        Chambre obscure, en 1962, texte publié dans les Cahiers Roger Vailland no 7 de juin 1997.
  • Le cinéma et l'envers du cinéma dans les années trente de Roger Vailland, Éditions Le Temps des Cerises, Collection Cahiers Roger Vailland, 1999
  • Nouvelles réflexions sur le cinéma de Roger Vailland : Les Cahiers Roger Vailland no 7, dossier : Roger Vailland et l’image, juin 1997
  • Vailland et le cinéma : Roger Vailland et le cinéma
  • Vailland et le cinéma : Serge Toubiana
  • Roger Vailland, un homme encombrant, Alain Georges Leduc, Chapitre sur "Vailland et le cinéma" pages 210 à 220
  • Le cinéma, autre forme du métier d'écrivain, Alain et Odette Virmaux, revue Europe, no 712-713, janvier 1988
  • Roger Vailland et le cinéma : une liaison dangereuse ? article de Samuel Lachize, site Roger Vailland[18].

Sources[modifier | modifier le code]

  • Roger Vailland, Biographie, Elisabeth Vailland et René Ballet, Éditions Pierre Seghers, 1973
  • Drôle de vie, Elisabeth Vailland, Jean-Claude Lattès, 1984
  • Trois romans, Éditions Bernard Grasset, 1989, (contient : Les Mauvais Coups, Bon pied bon œil et Un jeune homme seul)
  • Roger Vailland, ou un libertin au regard froid, une biographie importante par Yves Courrière, Éditions Plon, Paris, 1991
  • Roger Vailland, ouvrage rassemblant Drôle de jeu, Un jeune homme seul, Beau masque, 325000 francs et La fête, Livre club Diderot, "collection filigrane", 1974, 1104 pages
  • Roger Vailland : œuvres complètes, 12 volumes, Éditions Rencontre, Lausanne, 1967-68

Articles connexes, revues[modifier | modifier le code]

Colloques organisés par l’association Les Amis de Roger Vailland
Rencontres de Bourg-en-Bresse 
  • Direction : bonheur, 11/2010, Présentation
  • Éloge de la politique aujourd'hui, 11/2009
  • Parlons argent, 11/2008
  • La Fête - Il y a cent ans naissait Roger Vailland…, 11/2007
  • Un homme dans la cité : Roger Vailland et l’éloge de la politique, 11/2006
  • Elles et lui - Vailland et les femmes, 11/2005
  • Un art nommé sport, 11/2004
  • Une bonne, belle, grande utopie ?, 11/2003
  • Écrire/voyager, voyager/écrire, 11/2002
  • Quelle morale pour le XXIe siècle ?, 11/2001
  • À chacun son Vailland – Paroles d’écrivains, 11/2000
  • Roger Vailland et le cinéma, une liaison dangereuse, 11/1999
  • Écritures du monde – Journalisme d’hier et d’aujourd’hui, 11/1998
  • Le Libertinage, une passion de liberté, 11/1997
  • Créer au XXIe siècle ?, 11/1996
  • La Fête en Actes – Vailland, 30 ans après, 09/1995

  • Colloque international organisé par l’ENS de Lyon et l’association Les Amis de Roger Vailland : Roger Vailland, une expérience du XXe siècle, mai 2007
  • Université de Belfast : Vailland, rêves et réalités, 06/2004
  • Université d’Aveiro, Portugal : Roger Vailland et l’autre, 07/2000
  • Université du Kent à Canterbury : Situation de Roger Vailland, 07/1999
  • Université d’Avignon : Écritures de Roger Vailland, 05/1998
  • Fulgur, roman-feuilleton collectif auquel a participé Roger Vailland, paru en 1927 dans L'Yonne républicaine, édité par Julliard en 1992, 370 pages
  • Leïla ou les ingénues voraces, série de reportages lors de son voyage en Turquie, 1932
  • Ulysse dans la cité, adaptation d'un ouvrage du poète roumain Ilarie Voronca, Éditions du Sagittaire, 1933
  • Pour ou contre l'existentialisme ?, débat paru aux Éditions de l'Atlas, 1948
  • Claude Roy et Roger Vailland, La recherche du bonheur est le moteur des révolutions, article dans Action, juin 1948, repris dans Le Magazine littéraire, décembre 1991
  • Les sculptures de Coulentianos, plaquette pour une exposition à la Galerie de France, 1962
  • Avant les 24 Heures du Mans, Paris, Fayard, 1962
  • Correspondance, Lettres de Roger Gilbert-Lecomte à Roger Vailland, Éditions Gallimard, 1971
  • Une fille de roi, nouvelle inédite de Roger Vailland, publiée par la revue Adam no 30 et les éditions L'Harmattan, 1999
  • Saint-Tropez, nouvelle inédite de Roger Vailland, revue Europe, 1988
  • Un pluriel bien singulier, Bernard-G. Landry, Les Cahiers Roger Vailland, 2000. Texte disponible[19].
  • Roger Vailland et la prose rêvée du vingt-et-unième siècle, Peter Tame, colloque et Les Cahiers Roger Vailland, 2004. Texte disponible[20].
  • La bourgeoisie ne se suicide pas, on la suicide, Marie-Thérèse Eychard, l'Humanité du 24 janvier 2008
  • Le héros chez Vailland, Marc Le Monnier, Université de Caen


Revues, Études, articles
  • Revue La Nef : L'amour est à réinventer, article de Roger Vailland, 1950
  • Esquisse d'une description critique par Roger Vailland, revue Les Temps modernes no 142, décembre 1957
  • Mazarin, ouvrage collectif, texte de Roger Vailland :L’émigré, p. 226–255, SEPE 1959, Librairie Hachette, 1963
  • Les écrivains en personne, interview de Roger Vailland, Éditions Julliard, 1960
  • Revue l'Arc no 18, par Roger Vailland, Albert Camus, Duval, Jouve, Pieyre de Mandiargues…, 1962
  • Visages de l'Ain, Oyonnax, Vailland repose à Meillonnas, monographie de Meillonnas, Tacon, Sonthonnax, Jacquier, 1965
  • Revue Europe no 712-713[21], numéro spécial consacré à Roger Vailland, 1988, dont La transparence et le masque de Max Chaleil
  • La conquête de la liberté, Le Magazine littéraire no 294, articles d'Yves Courrière, Jacques-Francis Rolland, Claude Roy, René Ballet, Jean Sénégas…, 1991
  • Revue littéraire Le Croquant, articles de Roger Vailland en 1987, 1988 et 1995
  • Deux hommes dans le tournant : Roger Vailland et Drieu La Rochelle, article de René Ballet, Les Cahiers Roger Vailland, 1994
  • Le jeu des noms : l'onomastique chez Roger Vailland, Élizabeth Legros, site Roger Vailland, 2009
  • Roger Vailland, une expérience du XXe siècle, Élizabeth Legros, site Roger Vailland, 2007
  • Réel et métaphore : Roger Vailland en Italie, article d'Elizabeth Legros[22]

Références biographiques, Divers[modifier | modifier le code]

Essais biographiques

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Emission Roger Vailland, Site France-Culture
  2. Bertrand Beyern, Guide des tombes d'hommes célèbres, Le Cherche midi,‎ 2011, 385 p. (ISBN 9782749121697, lire en ligne), p. 12.
  3. Sur l'activité de journaliste de Vailland, voir notamment l'article de Christian Petr, "Le saut de l'ange de Roger Vailland, du Grand Jeu à Paris-Midi", in L'universel reportage, revue Mélusine no 25, éd. L'Âge d'homme, Lausanne, 2005.
  4. Il en reste membre, toutefois, jusqu'à la fin de l'année 1958, renonçant à prendre sa carte en 1959 après avoir recueilli l'avis de son ami Henri Bourbon
  5. Cité par Alain Georges Leduc dans son essai Roger Vailland, un homme encombrant ?
  6. Comment travaille Pierre Soulages ?, Éditions Le temps des cerises, collection « Cahiers Roger Vailland », 1998
  7. Interview publiée dans L'Express du 12 juillet 1957 et reprise dans Chronique des années 1945 à 1965, tome II
  8. Article de Marie-Noël Rio :Objets bouleversants, licornes et souveraines, l'Humanité, 24 janvier 2008
  9. Voir l'analyse d'Alain Sicard Réflexions sur l'œuvre de Vailland parue dans la revue La Nouvelle Critique de février 1966
  10. « Il y a un rapport très étroit entre la forme de ces deux feuilles, la nuance de leur vert, un vert presque bleu, la densité de l'eau dans la tige presque transparente… c'est ce rapport qui fait la réalité de cette plante, ce rapport unique et multiple de matière et de forme… »
  11. « Lucie multiple et indivise a le grain fin et serré, sent le soufre quand on la travaille… voilà ce qui la distingue absolument d'une autre, Lucie unique et qu'il voudrait dire avec des mots justes. » (La Fête)
  12. Toujours dans La Fête, Vailland parle de « l'intention délibérée de l'écrivain qui met de l'ordre dans son récit, dans sa pensée. »
  13. Par exemple, le dialogue-récit entre Lucie et Léone. (La Fête page 150)
  14. Intervention d'un narrateur ou du romancier lui-même dans le récit narratif dans La Fête, La Truite ou Beau Masque
  15. Citation extraite de son essai Expérience du drame
    Voir aussi le livre Les saisons de Roger Vailland, François Bott, Éditions Grasset, 1969
  16. Alain Georges Leduc : Roger Vailland et la fabrique de la peinture, la Revue des Ressources, 5 mars 2009
  17. Émission Guy De Maupassant sur France-Culture
  18. Article de Samuel Lachize, Roger Vailland et le cinéma, site officiel
  19. sur le site Roger Vailland
  20. sur le site Roger Vailland
  21. Revue Europe no 712-713, numéro spécial consacré à Roger Vailland, 1988
  22. Elizabeth Legros Chapuis : Réel et métaphore : Roger Vailland et l’Italie, La Revue des Ressources, 2 avril 2009

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Voir la catégorie : Roger Vailland.

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Prix Interallié 1945 Prix Ibsen 1949 Prix Goncourt 1957