Supports/Surfaces

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Supports/Surfaces est un mouvement artistique qui fut l'un des groupes fondateurs de l'art contemporain français, tant en peinture qu'en sculpture.

Le mouvement[modifier | modifier le code]

Point de départ[modifier | modifier le code]

En juin 1969, lors d'une exposition au musée du Havre intitulée « La peinture en question », Vincent Bioulès, Louis Cane, Marc Devade, Daniel Dezeuze, Noël Dolla, Jean-Pierre Pincemin, Patrick Saytour, André Valensi, Bernard Pagès et Claude Viallat écrivent dans le catalogue : « L'objet de la peinture, c'est la peinture elle-même et les tableaux exposés ne se rapportent qu'à eux-mêmes. Ils ne font point appel à un "ailleurs" (la personnalité de l'artiste, sa biographie, l'histoire de l'art, par exemple). Ils n'offrent point d'échappatoire, car la surface, par les ruptures de formes et de couleurs qui y sont opérées, interdit les projections mentales ou les divagations oniriques du spectateur. La peinture est un fait en soi et c'est sur son terrain que l'on doit poser les problèmes. Il ne s'agit ni d'un retour aux sources, ni de la recherche d'une pureté originelle, mais de la simple mise à nu des éléments picturaux qui constituent le fait pictural. D'où la neutralité des œuvres présentées, leur absence de lyrisme et de profondeur expressive. » Sur le plan formel, Claude Viallat résume leurs travaux : « Dezeuze peignait des châssis sans toile, moi je peignais des toiles sans châssis et Saytour l'image du châssis sur la toile. »

Le style[modifier | modifier le code]

Supports/Surfaces se caractérise par une démarche qui accorde une importance égale aux matériaux, aux gestes créatifs et à l'œuvre finale. Le sujet passe au second plan.

Dès 1966, le support traditionnel est remis en question : Buraglio récupère des morceaux de toile et des éléments de fenêtre qu’il assemble.

Dezeuze dissocie la toile du châssis. Viallat emploie des matériaux de récupération, toiles de bâche, parasols, tissus divers, corde nouée ou tressée. Il restera jusqu’à aujourd'hui fidèle à ces supports.

Bernard Pagès et Toni Grand travaillent sur le bois et les cordes. Jaccard utilise des cordes nouées pour imprimer leurs empreintes sur la toile, qu’il expose simultanément avec les cordes qui ont servi d’outils.

Rouan peint deux toiles qu’il découpe et tresse ensemble. Quant à Saytour, il revisite la technique du pliage.

Pincemin et Viallat répètent de façon neutre le même motif. Cane utilise des tampons et Viallat applique de la couleur au pochoir. De plus Meurice et Viallat utilisent des colorants destinés à l’artisanat.

Toutes ces pratiques témoignent de la volonté d’un retour au geste primitif.

Ces réflexions ont été précédées, à partir de 1955 au Japon, par le mouvement d'avant-garde Gutaï.

Simultanément, des recherches comparables sur la question de l’œuvre et du processus de création se développent à la fin des années 1960, en particulier dans le cadre de l’art minimal américain, ou de l’Arte Povera italien.

La courte vie du groupe[modifier | modifier le code]

Le groupe Supports/Surfaces fut un mouvement éphémère : la première exposition se tient en 1969 au Musée d'art moderne de la ville de Paris. Elle regroupe des artistes privilégiant la pratique de la peinture qui interroge ses composants élémentaires.

Remettant en question les moyens picturaux traditionnels, ces artistes associent à cette recherche une réflexion théorique et un positionnement politique au sein de la revue Peinture-Cahiers théoriques. Des dissensions apparaissent entre les membres du groupe et la scission arrive dès 1972.

On peut considérer que Supports/Surfaces représente le dernier, bien que tardif, mouvement d'avant-garde français, dans l'histoire de la modernité et clôt définitivement ce cycle.

Postérité[modifier | modifier le code]

Au-delà de cette phase de brassage d'idées, chaque artiste évolua dans des directions allant de la figuration libre à l'expressionnisme abstrait.

Depuis le début de l’année 2001, le Centre Pompidou consacre un espace entier (salle 11, niveau 4) au groupe Supports/Surfaces.

Les artistes[modifier | modifier le code]

Supports/Surfaces a réuni officiellement les douze peintres ou sculpteurs suivants, pour la plupart originaires du sud de la France :

D'autres artistes, en marge du groupe, ont néanmoins participé à cette mouvance par leurs recherches plastiques :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voir reportage sur André-Pierre Arnal.
  2. Voir l'hommage à Marc Devade par Philippe Sollers.

Liens[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]