Congrégation de Notre-Dame de Sion

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Notre-Dame de Sion, couramment abrégé en NDS, est une congrégation religieuse catholique romaine fondée en 1843 par Théodore et Alphonse Ratisbonne. Plusieurs communautés ainsi que de nombreux établissements scolaires portent actuellement le nom de « Notre-Dame de Sion » dans le monde. C'est la congrégation dont était issue sœur Emmanuelle.

L'histoire de Notre-Dame de Sion se confond avec celle des relations entre judaïsme et christianisme. D'abord fondée dans le but de convertir les juifs au christianisme, la congrégation change radicalement d'orientation à partir du concile Vatican II. Dans le monde catholique, elle devient alors l'un des principaux acteurs du dialogue avec le judaïsme, dans le respect de cette religion et en excluant toute volonté de conversion.

Histoire[modifier | modifier le code]

Notre-Dame de Sion est liée au charisme de ses fondateurs, Théodore Ratisbonne et son frère Alphonse, tous deux issus d'une famille juive de Strasbourg et convertis au catholicisme[1]. La spiritualité de la congrégation se caractérise par une conscience de l’enracinement de la foi chrétienne dans le peuple juif. D'après son texte fondateur, « La Congrégation a été fondée pour témoigner, dans l’Église et dans le monde, de la fidélité de Dieu à son amour pour le peuple juif et pour travailler à l’accomplissement des promesses bibliques, révélées aux patriarches et aux prophètes d’Israël pour toute l’humanité » (Const. 2).

Cette spiritualité et cette vocation vont de pair avec la volonté de convertir les juifs au christianisme, et cela depuis la fondation jusqu'aux années 1960. L'un des épisodes les plus significatifs de cette orientation est l'affaire Finaly.

À la suite du concile Vatican II, la vocation de NDS devient tout autre. Il s'agit désormais de contribuer au rapprochement des deux religions, sans prosélytisme, et en étudiant particulièrement les racines juives du Nouveau Testament ainsi que l'hébreu biblique, l'hébreu rabbinique et le Talmud. Un département d'enseignement et de documentation est alors créé au sein de NDS, d'abord à Rome puis à Paris, Londres et Madrid : le SIDIC (Service d'information et de documentation judéo-chrétienne)[2]. Le SIDIC travaille en étroite collaboration avec le rabbinat. En France, par exemple, le grand-rabbin Jacob Kaplan, qui fut l'un des principaux intervenants de la conférence de Seelisberg, dans la lignée de l'historien Jules Isaac, était l'une des personnalités proches du SIDIC. L'AJCF (Amitié judéo-chrétienne de France), fondée par Jules Isaac, décerne chaque année un prix dont le lauréat est souvent un religieux ou une religieuse de NDS. Enfin, le SIDIC travaille en partenariat avec l'École cathédrale de Paris, où différents cours sont assurés par des religieux de NDS : hébreu, tradition juive, judaïsme.

Provinces[modifier | modifier le code]

C'est en 1956 que la congrégation a été constituée en provinces.

  • la "Province européenne" regroupe des communautés situées en Allemagne, Autriche, Belgique, France, Italie et, depuis 2004, en Pologne.
  • la "Province des États-Unis et du Canada"
  • la "Province de Méditerranée" : Espagne, Tunisie, Égypte, Israël, Turquie, Sud de la France (deux maisons de retraite) et quelques sœurs de Rome
  • la "Province d'Amérique centrale" : Brésil, Costa Rica
  • la "Province de Grande-Bretagne" : Angleterre, Écosse, Irlande du Nord, Irlande
  • la "Province d'Australie-Philippines"

Le généralat, où réside la supérieure généralice de la congrégation, se trouve à Rome.

Communautés religieuses[modifier | modifier le code]

On distingue trois types de communautés  :

  • Des communautés de sœurs apostoliques, fondées en 1842. Ces communautés fondent leur engagement sur le travail de la communauté (comme la confection d'artisanat) et l'ouverture au monde (comme les maisons d'accueil).
  • Des communauté de sœurs contemplatives, fondées en 1926. Il y en a aujourd'hui cinq dans trois continents, en France, au Brésil, en Israël. Ces communautés fondent leur engagement sur la prière et ont peu de contacts avec l'extérieur.
  • Des communautés de religieux de Sion, fondées en 1855. Elles regroupent également plusieurs maisons au Brésil[3], en France[4] et en Israël.

Établissements scolaires en France[modifier | modifier le code]

On compte en France six établissements scolaires portant le nom de Notre-Dame de Sion dont quatre sont sous la tutelle de la congrégation, à Évry, Grenoble, Marseille et Strasbourg. Deux autres établissements, à Paris et à Saint-Omer, portent également le nom de Notre-Dame de Sion, et sont sous tutelle diocésaine. Tous ces établissements, qui couvrent tous les niveaux d'enseignement du premier degré au supérieur selon les établissements, ont signé un contrat d'association avec l'État.

Le groupe scolaire Notre-Dame de Sion, dans le 6e arrondissement de Paris, comprend un foyer de jeunes étudiantes, pour la plupart en classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE).

Anecdotes[modifier | modifier le code]

Au cours de recherches aux Archives de la police de Paris, l'historien Daniel Grojnowski a trouvé le dossier d'Eugénie Guillou qui est entrée comme novice chez les sœurs de Sion en 1880. Malade et décue par ses sœurs chez qui elle retrouve les mêmes vices qu'en dehors du couvent, elle quitte la congrégation en 1892, se prostitue déguisée en religieuse fustigatrice, puis devient maquerelle[5].

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Catholic Encyclopedia.
  2. [PDF] Site du SIDIC de Paris
  3. sion.org.br
  4. notredamedesion.eu
  5. Daniel Grojnowski, Eugénie Guillou, religieuse et putain - textes, lettres et dossier de police, Pauvert,‎ 2013, 175 p. (ISBN 978-2-7202-1532-2)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Claude Mondésert, s.j., Les Religieuses de Notre-Dame de Sion, Lescuyer, Lyon, 1956
  • Madeleine Comte, "Sauvetages et baptêmes, les religieuses de Notre-Dame de Sion face à la persécution des juifs en France (1940-1944". L'Harmattan, 2001.
  • Madeleine Comte,"de la conversion à la rencontre", paru dans le n+35/1 de la revue"Archives Juives - revue d'histoire des Juifs de France"
  • Olivier Rota et Danielle Delmaire (dir.), "Activités apostoliques et culturelles en Europe et au Levant. Notre-Dame de Sion (milieu XIXème siècle – milieu XXème siècle)", Journée d’étude organisée le 5 mai 2006 à l’Université Lille III, Université Lille III, Villeneuve d’Ascq, Travaux & Recherches, 2009, 144p.
  • Olivier Rota, "Les Pères de Sion. Une vocation spécifique assumée avec difficulté (1925-1970)", paru dans Sens, mars 2009, pp.184-196.
  • Olivier Rota, "Une double fidélité. Evolution générale de la congrégation féminine de Notre-Dame de Sion dans sa relation aux Juifs (1946-1969)", paru dans Sens, février 2005, pp.67-77.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]