Jean Picard

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Picard (homonymie).

Jean Picard

alt=Description de cette image, également commentée ci-après

Cadran solaire de Jean Picard, au fronton de la Sorbonne.

Naissance 21 juillet 1620
La Flèche (France)
Décès 12 octobre 1682 (à 62 ans)
Paris (France)
Nationalité Drapeau de la France Française
Champs Astronomie, géodésie
Institutions Académie des sciences (France)
Renommé pour La mesure de la Terre

Jean-Felix Picard, dit l'abbé Picard, né le 21 juillet 1620 à La Flèche et mort le 12 octobre 1682 à Paris, est un astronome et un géodésien français.

Il est considéré comme le fondateur de la géodésie moderne ; il est le premier à mesurer un arc de un degré de méridien terrestre par triangulation avec des instruments munis de lunettes d'approche à réticules. Il en déduit le rayon de la Terre, supposée sphérique, avec une exactitude jusqu'à là inégalée. Ses travaux portent aussi sur la recherche d'un étalon de longueur universel et le nivellement pour alimenter en eau les fontaines du château de Versailles.

En astronomie, il effectue de nombreuses observations et mesures, propose une nouvelle méthode pour trouver les coordonnées équatoriales des étoiles, publie des éphémérides ; il s'intéresse aussi à la gnomonique et à la dioptrique.


Biographie[modifier | modifier le code]

Né en 1620 à La Flèche où son père est libraire, il effectue des études classiques jusqu'en classe de Philosophie au Collège des Jésuites de la ville. Là, il est possible qu'il suive des cours de théologie ; il y est aussi initié à l'astronomie par le père Jean Deriennes[1].

En 1645, à 25 ans, on le retrouve installé à Paris ; il y observe, avec Gassendi qu'il seconde, l'éclipse de soleil du 25 août, puis d'autres évènements astronomiques. Il suit aussi les cours de Gassendi au Collège royal.

En 1650, il est diplômé maître ès arts de l'Université de Paris, et il est probablement ordonné prêtre, peut-être à Rillé[N 1], en Indre-et-Loire, à une trentaine de kilomètres de La Flèche où il est né.

En 1663, il devient le confident du sulfureux « abbé de Richelieu »[N 2] ; « abbé de cour », Picard perçoit des bénéfices - dont ceux du prieuré de Rillé - qui s'élèvent à environ mille livres « qui lui permettent de vivre bien ».

Visite fictive de Louis XIV à l'Académie des Sciences ( click [agrandir/Plus de détails] pour afficher les personnages ).

En 1666, c'est la fin de la période obscure de Picard. Il devient l'un des 21 premiers membres de l'Académie royale des Sciences, quelques temps après sa fondation.

En 1667-1668, il travaille avec Adrien Auzout à la mise au point du micromètre à fil mobile et à l'application des lunettes aux instruments pour mesurer les angles. Picard sera le premier à mettre en œuvre ces instruments (quart de cercle mobile, secteur, niveau) qui améliorent de beaucoup l'exactitude des mesures.

En 1668-1669, l'Académie le charge de la mesure de l'arc de méridien entre Paris et Amiens. Ses mesures par triangulation le conduiront à un résultat de ≈ 111,1 km pour un degré de latitude, ce qui donne un rayon terrestre de 6 372 km, le rayon actuellement mesuré étant de 6 371 km.

Toujours en 1669, désormais connu, il use de son crédit auprès de Colbert pour attirer en France, Jean-Dominique Cassini qui deviendra directeur de l'Observatoire de Paris en 1671.

En 1671, Picard part au Danemark faire le relèvement de l'observatoire de Tycho Brahe, sur l'île de Hven. Cet mission géodésique doit permettre de localiser Hven par rapport à Paris, et ainsi, exploiter les tables astronomiques de Tycho. Sur place il rencontre l'astronome Rømer avec lequel il va travailler, et il l'invite à l'accompagner lors de son retour à Paris ; ce sera son collaborateur pendant dix ans.

De 1672 à 1681, suivant ordre du Roi, il effectue - avec parfois La Hire, et en relation avec Cassini - des observations astronomiques en différents ports et villes du royaume. Les résultats de ces observations serviront à La Hire pour établir la célèbre « carte de France corrigée ».

En 1673, il vient s'installer à l'Observatoire, mais il se trouve souvent absent : en plus des coordonnées géographiques des villes de France qu'il détermine, il est occupé par des travaux de nivellement autour du château de Versailles. Néanmoins, il effectue des observations régulières à l'Observatoire, et il y travaille sans relâche jusqu'en 1681, date à laquelle il n'est plus trop en état d'exécuter par lui-même les grands projets qu'il avait fait agréer à Colbert.

En 1682, le 1er mai, le Roi vient visiter l'Observatoire, l'abbé qui y réside toujours est-il présent ? Il y mourra quelques mois plus tard, laissant à La Hire le soin de poursuivre l'œuvre commune[2].

Travaux de géodésie[modifier | modifier le code]

La mesure de la Terre[modifier | modifier le code]

Les instruments de Picard[modifier | modifier le code]

Picard conçoit lui-même ses instruments de mesure et il est le premier à utiliser une lunette munie d'un réticule.

Planches de l'Encyclopédie méthodique :

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir

Nivellement[modifier | modifier le code]

Jean Picard a laissé un Traité du nivellement, publié à titre posthume par Philippe de La Hire.

Eaux de Versailles[modifier | modifier le code]

Spécialiste des relevés de nivellement, Colbert fait appel à lui car il a des doutes sur le projet d'un canal de la Loire à Versailles[3]. Ce projet proposé à Louis XIV par Riquet, le concepteur du canal du Midi, visait à alimenter les fontaines et bassins du parc du château de Versailles, des « Grandes eaux » très consommatrices. Picard démontrera que la prise d'eau envisagée sur la Loire est plus basse que le domaine de Versailles[3] et donc l'infaisabilité du projet.

Article détaillé : Canal de la Loire à Versailles.

Mais soucieux de trouver une solution au problème, en prospectant les environs de Versailles, il constate que les mares situées sur le plateau de Trappes et de Bois d'Arcy, au sud ouest de Versailles, sont plus hautes que les réservoirs de Versailles[3]. Il fait barrer les deux gorges qui laissent écouler leurs eaux vers la vallée de la Bièvre et aménage ainsi les étangs de Trappes Saint-Quentin, de Bois-d'Arcy et de Bois-Robert. Deux rigoles assurent l'écoulement des eaux de pluie vers Versailles. Un aqueduc souterrain amène les eaux de l'étang de Saint-Quentin aux réservoirs Gobert via le moulin de Launay, d'une part, et d'autre part, au bassin des Suisses, via les moulins et réservoir de Satory. Cet aqueduc présente une pente de 2,93 m. sur 11 km de longueur totale, soit moins de 0,3 mm/m, il s'agit d'un travail remarquable pour l'époque.

Travaux astronomiques[modifier | modifier le code]

Mesures du diamètre solaire[modifier | modifier le code]

Jean Picard effectua des mesures du diamètre solaire. Le satellite français d'observation du Soleil, Picard, est ainsi nommé en son honneur. Ses mesures, effectuées pendant le minimum de Maunder, sont encore utilisées pour évaluer l'influence de la constante solaire sur le réchauffement climatique.

Gnomonique[modifier | modifier le code]

Dioptrique[modifier | modifier le code]

Publicatios[modifier | modifier le code]

Hommages[modifier | modifier le code]

L'une des deux pyramides marquant les extrémités de la base géodésique de Jean Picard à Juvisy-sur-Orge. L'autre est à Villejuif

En 1740, l'Académie des sciences, dont il était devenu l'un des premiers membres en 1666, fit élever deux pyramides en bordure de la route de Paris à Juvisy-sur-Orge et à Villejuif en mémoire des travaux de Picard, ces deux points ayant servi de base à la triangulation utilisée pour sa mesure de la Terre.

Un cratère sur la Lune porte son nom.


Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Delambre note simplement qu'il y est nommé prêtre et prieur.
  2. « l'abbé de Richelieu » : Emmanuel Joseph de Vignerot du Plessis de Richelieu, (1639-1665) est le frère d'Armand-Jean de Vignerot du Plessis de la famille du cardinal de Richelieu.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Voir notice biographique
  2. D'après J.-B. Delambre 1821+, p. 597-632. et surtout Raymonde Barthalot 1982, p. du 2ème chap.
  3. a, b et c Philippe Testard-Vaillant, « Des grands travaux en cascade », Les Cahiers de Science & Vie, no hors-série Les Sciences au château de Versailles,‎ octobre 2010, p. 64-71

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Document utilisé pour la rédaction de l’article J.-B. Delambre, Histoire de l'astronomie moderne, t. 2, Paris, Coursier,‎ 1821+ (lire en ligne).
  • Document utilisé pour la rédaction de l’article Raymonde Barthalot, L'Observatoire de Paris : Histoire, Science, politique (1667 -1795) : L'École Européenne de Paris, Paris I-Panthéon-Sorbonne, Thèse,‎ 1982 (lire en ligne), du 2ème chap.
  • Document utilisé pour la rédaction de l’article Abbé Picard, La mesure de la Terre, Paris,‎ 1671 (lire en ligne)
  • Académie des sciences (France), Mémoires de l'Académie royale des sciences : depuis 1666 jusqu'à 1699, t. VII-I, Paris,‎ 1729 (lire en ligne).
  • Jean Picard, Connaissance des Temps,‎ 1679
  • Collectif, Jean Picard et les débuts de l'astronomie de précision au XVIIe siècle, CNRS,‎ 1999

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :