Louis Kahn (amiral)

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Officier général francais 5 etoiles.svg Louis Kahn
Naissance 1895
Décès 1967 (à 72 ans)
à Paris
Origine Français
Allégeance Drapeau de la France France
Arme Civil and Naval Ensign of France.svg Marine nationale française
Pavillon des forces navales françaises libres Forces navales françaises libres
Grade Amiral
Conflits Seconde Guerre mondiale
Autres fonctions Président de l'Académie de marine
Président du Consistoire central
Président-délégué de l'Alliance israélite universelle
Vice-président de l'ORT

Louis-Lazare Kahn, né en 1895 et mort en 1967 à Paris, est un officier de marine français. Il termine sa carrière avec le grade d'amiral et devient par la suite l'un des représentants de la communauté juive de France.

Biographie[modifier | modifier le code]

L'Ingénieur Général du Génie maritime Louis Kahn (1914)[1], évadé de France par l'Espagne, dirige de Londres, puis d'Alger, les constructions navales des Forces navales françaises libres (FNFL).

Avec le ministre de la Marine Louis Jacquinot et le vice-amiral André Lemonnier, l'ingénieur général Louis Kahn est l'un des maîtres d'œuvres du renouveau de la Marine depuis Alger.

Peyrefitte décrit[2] ainsi le rôle de l'amiral Kahn :

« En parlant de Londres et de Jean Pierre-Bloch, je pense à un autre juif qui alla rejoindre la France libre: l'ingénieur général, dit amiral Kahn. Il avait mis au point un moyen de protéger les navires contre les torpillages et désirait le soumettre à Churchill. Toutefois, il prétendait qu'en échange, l'Angleterre reconnût le gouvernement du général de Gaulle, qui n'était alors qu'agréé. Il déclina les offres les plus alléchantes, mais finit, aux instances mêmes du général, par céder son brevet sans contre-partie. Cette anecdote rappelle celle de Weizmann, qui, en 1914, ne livra à l'Angleterre son invention des gaz asphyxiants que sous la promesse d'un établissement juif en Palestine. Il est juste qu'il ait été le premier président de l'État d'Israël; mais, entre nous, j'aime mieux l'aventure de l'ingénieur général Kahn, qui ne l'a fait que président du consistoire. »

Il préside l'Académie de marine[3] de 1959 à 1961[4].

Il est président du Consistoire central des juifs de France (1963-1967)[5],[6]. Il est également président-délégué de l'Alliance israélite universelle et vice-président de l'ORT (Organisation Reconstruction Travail)[4].

L'amiral Kahn est proche du rabbin David Feuerwerker. Ce dernier officie au mariage du fils du président du Consistoire Central en la Synagogue Chasseloup-Laubat.

L'amiral Kahn est enterré au cimetière juif de Versailles. L'enterrement est présidé par Jacob Kaplan, Grand-Rabbin de France. Notons que les deux, Kahn et Kaplan, sont des Cohanim[7].

En 1968, l'écrivain Arnold Mandel brosse le portait suivant de l'amiral Kahn :

« Louis Kahn, un ingénieur naval de haut-rang, est décédé à Paris en février [1967], à l'âge de 72 ans. Un technicien d'une compétence exceptionnelle, il avait rendu de grands services au Comité des Français Libres de de Gaulle à Londres durant la Seconde Guerre mondiale. Il a joué un rôle majeur dans la communauté juive française. Comme président du Consistoire Central, il a élargi les vues et les contacts de cette vieille institution du judaïsme français, si longtemps pétrifiée dans un conservatisme social. C'était un homme religieux et un juif pratiquant. Appelé « l'amiral Kahn » par tout le monde (il avait l'équivalent civil de ce rang), il a étendu ses activités et influences bien plus loin que les cercles consistoriaux. Il parlait souvent en son nom personnel pour la défense de points de vue non conformistes. Il fit de nombreux voyages en Israël. En 1963, il dirige la délégation française aux « Journées du Judaïsme Français » à Tel-Aviv. Il reçut des funérailles d'état avec garde d'honneur dans la cour d'honneur de l'Hôtel des Invalides à Paris[8]. »

Le 18 juillet 2010, dans un discours, le secrétaire d'État, Hubert Falco, lui rend hommage[9].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Christian Marbach : Les marins polytechniciens.
  2. Peyrefitte 1964, p. 334.
  3. Son fils Pierre Kahn écrit un ouvrage sur son père, Essai sur les méthodes de pensée et d'action de l'Ingénieur général du génie maritime Louis Kahn, publié par l'Académie de marine. Cité par Zuccotti 1999, p. 358, note 2.
  4. a et b Zuccotti 1999, p. 358, note 2.
  5. À son décès en février 1967, le baron Alain de Rothschild, auparavant président du Consistoire de Paris, lui succède comme président du Consistoire Central. Voir, Arnold Mandel, 1968, p. 452, dans le site Western Europe.
  6. Il participe à une cérémonie à la Synagogue de Fontainebleau. Voir, La Synagogue de Fontainebleau. Avec une photo de Louis Kahn portant un Sefer Torah.
  7. L’Amiral Kahn, ingénieur général du Génie maritime
  8. (en) « Arnold Mandel, 1968, sur le site Western Europe » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?). Consulté le 2014-08-24 : « Louis Kahn, a high-ranking naval engineer, died in Paris in February, at the age of 72. A technician of exceptional competence, he had rendered great service to de Gaulle's Free French Committee in London during World War II. He played a major role in the French jewish community. As president of the Central Consistory, he widened the scope and contacts of that old institution of French Jewry, so long petrified in social conservatism. He was a religious man and a practcing Jew. Called "Admiral Kahn" by everyone (he had the civil equivalent of that rank), he extended his activity and influence far beyond consistorial circles. He often spoke in his personal capacity in defense of nonconformist views. He made numerous trips to Israel. In 1963 he headed the French delegation to the "Days of French Judaism" in Tel Aviv. He was given a state funeral with a guard of honor in the court of honor of the Hôtel des Invalides in Paris. ».
  9. Voir, Vichy: Un passé qui ne passe plus.

Annexes[modifier | modifier le code]

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]