Hélie de Saint Marc

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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Denoix de Saint Marc.
Hélie de Saint Marc
Naissance 11 février 1922
Bordeaux
Décès 26 août 2013 (à 91 ans)
La Garde-Adhémar
Origine Drapeau de la France France
Arme Légion étrangère
Grade Commandant
Années de service 19461961
Conflits Seconde Guerre mondiale
Guerre d'Indochine
Crise du canal de Suez
Guerre d'Algérie
Commandement 1er REP

Hélie Denoix de Saint Marc ou Hélie de Saint Marc[1],[2], né le 11 février 1922 à Bordeaux et mort le 26 août 2013 à La Garde-Adhémar (Drôme)[3], est un ancien résistant et un ancien officier d'active de l'armée française, ayant servi à la Légion étrangère, en particulier au sein de ses unités parachutistes. Commandant par intérim du 1er régiment étranger de parachutistes, il prend part à la tête de son régiment au putsch des généraux en avril 1961.

Biographie[modifier | modifier le code]

Résistance et déportation[modifier | modifier le code]

Hélie de Saint Marc entre dans la Résistance (réseau Jade-Amicol) en février 1941, à l'âge de dix-neuf ans après avoir assisté à Bordeaux à l'arrivée de l'armée et des autorités françaises d'un pays alors en pleine débâcle. Arrêté le 14 juillet 1943 à la frontière espagnole à la suite d'une dénonciation, il est déporté au camp de concentration nazi de Buchenwald.

Envoyé au camp satellite de Langenstein-Zwieberge où la mortalité dépasse les 90 %, il bénéficie de la protection d'un mineur letton qui le sauve d'une mort certaine. Ce dernier partage avec lui la nourriture qu'il vole et assume l'essentiel du travail auquel ils sont soumis tous les deux. Lorsque le camp est libéré par les Américains, Hélie de Saint Marc gît inconscient dans la baraque des mourants. Il a perdu la mémoire et oublié jusqu’à son propre nom. Il est parmi les trente survivants d'un convoi qui comportait plus de 1 000 déportés.

À l'issue de la Seconde Guerre mondiale, âgé de vingt-trois ans, il effectue sa scolarité à l'École spéciale militaire de Saint-Cyr, au sein de la promotion Veille au Drapeau (1943) [4].

La guerre d'Indochine[modifier | modifier le code]

Hélie de Saint Marc part en Indochine française en 1948 avec la Légion étrangère au sein du 3e REI. Il vit comme les partisans vietnamiens, apprend leur langue et parle de longues heures avec les prisonniers Viêt-minh pour comprendre leur motivation et leur manière de se battre.

Affecté au poste de Talung, à la frontière de la Chine, au milieu du peuple minoritaire Tho, il voit le poste qui lui fait face, à la frontière, pris par les communistes chinois. En Chine, les troupes de Mao viennent de vaincre les nationalistes et vont bientôt ravitailler et dominer leurs voisins vietnamiens. La guerre est à un tournant majeur. La situation militaire est précaire, l'armée française connaît de lourdes pertes. Après dix-huit mois, Hélie de Saint Marc et les militaires français sont évacués, comme presque tous les partisans, mais pas les villageois. « Il y a un ordre, on ne fait pas d'omelette sans casser les œufs », lui répond-on quand il interroge sur le sort des villageois.

Son groupe est obligé de donner des coups de crosse sur les doigts des villageois et partisans voulant monter dans les camions. « Nous les avons abandonnés ». Les survivants arrivant à les rejoindre leur racontent le massacre de ceux qui avaient aidé les Français. Il appelle ce souvenir des coups de crosse sur les doigts de leurs alliés sa blessure jaune et reste très marqué par l'abandon de ses partisans vietnamiens sur ordre du haut-commandement.

Il retourne une seconde fois en Indochine en 1951, au sein du 2e BEP (Bataillon étranger de parachutistes), peu de temps après le désastre de la RC4, en octobre 1950, qui voit l'anéantissement du 1er BEP. Il commande alors au sein de ce bataillon la 2e CIPLE (Compagnie indochinoise parachutiste de la Légion étrangère) constituée principalement de volontaires vietnamiens. Ce séjour en Indochine est l'occasion de rencontrer le chef de bataillon Raffalli, chef de corps du 2e BEP, l'adjudant Bonnin et le général de Lattre de Tassigny chef civil et militaire de l'Indochine, qui meurent à quelques mois d'intervalle.

Guerre d'Algérie et putsch des généraux[modifier | modifier le code]

Recruté par le général Challe, Hélie de Saint Marc sert pendant la guerre d'Algérie, notamment aux côtés du général Massu. En avril 1961, il participe – avec le 1er REP (Régiment étranger de parachutistes), qu'il commande par intérim – au putsch des généraux, dirigé par Challe à Alger. L'opération échoue après quelques jours et Hélie de Saint Marc décide de se constituer prisonnier.

Comme il l'explique devant le Haut Tribunal militaire, le 5 juin 1961, sa décision de basculer dans l'illégalité était essentiellement motivée par la volonté de ne pas abandonner les harkis, recrutés par l'armée française pour lutter contre le FLN, et ne pas revivre ainsi sa difficile expérience indochinoise. À l'issue de son procès, Hélie de Saint-Marc est condamné à dix ans de réclusion criminelle. Il passe cinq ans dans la prison de Tulle avant d'être gracié, le 25 décembre 1966.

Années 1960 à aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Après sa libération, il s'installe à Lyon avec l'aide d'André Laroche, le président de la Fédération des déportés et commence une carrière civile dans l'industrie. Jusqu'en 1988, il fut directeur du personnel dans une entreprise de métallurgie.

En 1978, il est réhabilité dans ses droits civils et militaires.

En 1988, l'un de ses petits-neveux, Laurent Beccaria, écrit sa biographie, qui est un grand succès. Il décide alors d'écrire son autobiographie qu'il publie en 1995 sous le titre de Les champs de braises. Mémoires et qui est couronnée par le Prix Fémina catégorie « Essai » en 1996. Puis, pendant dix ans, Hélie de Saint-Marc parcourt les États-Unis, l'Allemagne et la France pour y faire de nombreuses conférences. En 1998 et 2000, paraissent les traductions allemandes des Champs de braises (Asche und Glut) et des Sentinelles du soir (Die Wächter des Abends) aux éditions Atlantis.

En 2001, le Livre blanc de l’armée française en Algérie s'ouvre sur une interview de Saint Marc. D'après Gilles Manceron, c'est à cause de son passé de résistant déporté et d'une allure différente de l'archétype du « baroudeur » qu'ont beaucoup d'autres, que Saint Marc a été mis en avant dans ce livre[5],[6].

En 2002, il publie avec August von Kageneck — un officier allemand de sa génération —, son quatrième livre, Notre Histoire, 1922-1945, un récit tiré de conversations avec Étienne de Montety, qui relate les souvenirs de cette époque sous la forme d'entretiens, portant sur leur enfance et leur vision de la Seconde Guerre mondiale.

À 89 ans, il est fait grand-croix de la Légion d'honneur, le 28 novembre 2011, par le président de la République, Nicolas Sarkozy[7].

Il meurt le 26 août 2013[8]. Ses obsèques sont célébrées le 30 août par Mgr Philippe Barbarin, cardinal-archevêque de Lyon, en la cathédrale Saint-Jean-Baptiste de Lyon, en présence du maire de Lyon Gérard Collomb. Les honneurs militaires lui sont rendus sur la place Saint-Jean durant lesquels le général Bruno Dary prononce son éloge funèbre[9]. Il est inhumé au cimetière de la Garde-Adhémar (Drôme), le 30 août[10].

Décorations[modifier | modifier le code]

Rubans[modifier | modifier le code]

Legion Honneur GC ribbon.svg Croix de Guerre 1939-1945.png Croix de Guerre des toe 8 citations.png CVM 4 citation ribbon.png
Medaille des Evades ribbon.svg Medaille de la Resistance ribbon.svg Croix du Combattant Volontaire de la Resistance ribbon.svg Croix du Combattant (1930 France) ribbon.svg
Medaille d'Outre-Mer (Coloniale) ribbon.svg Medaille commemorative de la Guerre 1939-1945 ribbon.svg Medaille de l'Internement pour faits de Resistance ribbon.svg Medaille de la Deportation pour faits de Resistance ribbon.svg
Medaille commemorative de la Campagne d'Indochine ribbon.svg Medaille commemorative des Operations du Moyen-Orient ribbon.svg Medaille commemorative des Operations de securite et de Maintien de l'ordre ribbon.svg Medaille (Insigne) des Blesses Militaires ribbon avec deux blessures.png
Merite civil Tai.png

Intitulés[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Laurent Beccaria, Hélie de Saint-Marc, éd. Perrin, 1989 ; rééd. « Tempus », 2008.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le Journal officiel du 26 novembre 2011 écrit « Denoix de Saint Marc (Marie, Joseph, Elie) ».
  2. BNF, Notice autorité, créée le 18 juillet 1990, mise à jour le 28 juin 2005
  3. « Hélie de Saint Marc est mort », Le Figaro, le 26 août 2013
  4. [1]
  5. Hélie Denoix de Saint-Marc ou la fabrication d’un mythe, par Gilles Manceron, 27 septembre 2007.
  6. Manceron considère par ailleurs que ce livre est publié « dans le but de démentir et de disqualifier les travaux historiques, témoignages, articles de presse et films qui avaient, en 2000 et 2001, apporté de nouveaux éclairages précis sur la conduite de l’armée française dans la guerre d’Algérie, et de leur opposer une version mise à jour du discours officiel justifiant ces méthodes »
  7. « Sarkozy décore un ancien officier putschiste », L'Express, 28 novembre 2011.
  8. Infis Bordeaux
  9. « Obsèques du commandant Hélie de Saint-Marc à Lyon », sur Lyon People,‎ 30 août 2013 (consulté le 5 décembre 2014)
  10. « En direct de St-Jean. Les obsèques d’Hélie Denoix de Saint-Marc », Lyon People, 30 août 2013.
  11. Traduction allemande des Sentinelles du soir.
  12. Traduction allemande des Champs de braises. Mémoires.
  13. http://www.alimagepres.fr/actu_servir_dvd.html

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]