Mordor

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L'œil de Sauron, emblème du Mordor.
Autre représentation

Le Mordor (« pays noir » en sindarin) est une région de la Terre du Milieu, univers de fiction créé par J. R. R. Tolkien. Il est surtout décrit dans Le Seigneur des anneaux et Le Silmarillion.

Situé face au Gondor, c'est le fief inhospitalier du Seigneur des Ténèbres Sauron, et son histoire et sa géographie lui sont étroitement liés. Dans le troisième tome du Seigneur des anneaux, Le Retour du roi, Frodon et Sam doivent traverser ses étendues arides pour accomplir leur mission : détruire l'Anneau unique en le jetant dans les flammes de l'Orodruin, volcan qui domine le nord-ouest du Mordor.

Géographie[modifier | modifier le code]

Généralités[modifier | modifier le code]

Le Mordor est situé dans le sud-est de la partie de la Terre du Milieu qui apparaît sur les cartes, c'est-à-dire le nord-ouest de ce continent. Il est entouré au nord par le Rhovanion, à l'ouest par le Gondor, au sud par le Harad, au sud-est par le Khand, à l'est par le Rhûn.

Le pays a la forme d'un rectangle ouvert à l'Est, dont les côtés sont constitués par des chaînes de montagnes : l’Ered Lithui (« Monts de Cendre ») au nord et l’Ephel Dúath (« Montagnes de l'Ombre ») à l'ouest et au sud. Les deux chaînes se rejoignent au nord-ouest du rectangle, délimitant la vallée d'Udûn.

Le coin nord-ouest du pays est occupé par le plateau de Gorgoroth, où se trouvent l'Orodruin et Barad-dûr. Au sud-est du Mordor s'étend une grande mer intérieure, la mer de Núrnen ou lac Núrnen. Les plaines de Nurn, qui entourent cette mer intérieure, sont séparées du plateau de Gorgoroth par des avancées de l'Ered Lithui et de l'Ephel Dúath.

L'Ered Lithui[modifier | modifier le code]

L'Ered Lithui (« les Monts Cendrés » en sindarin) est une chaîne de montagnes, longue de près de 500 miles[réf. nécessaire], qui forme la frontière nord du Mordor. C'est sur l'une de ses avancées, sur le plateau de Gorgoroth, qu'est bâtie Barad-dûr, la forteresse de Sauron.

L'Ephel Dúath[modifier | modifier le code]

L'Ephel Dúath (« les Monts de l'Ombre » en sindarin) sont un massif montagneux long de près de 330 miles[réf. nécessaire] qui forme la frontière Ouest du Mordor, le long du fleuve Anduin. Son versant occidental descend vers la riche province d'Ithilien, objet de luttes incessantes entre le Gondor et le Mordor, tandis que son versant oriental forme la haute langue de terre du Morgai et le plateau de Gorgoroth, au centre duquel se dresse Amon Amarth. À la même latitude que les cités gondoriennes de Minas Tirith et d'Osgiliath, on trouve Imlad Morgul, la vallée de Minas Morgul, l'ancienne Minas Ithil, qui garde l'accès au col de Cirith Ungol[1]. La chaîne se prolonge vers le Sud avant de bifurquer vers l'Est[Combien ?], au niveau de la rivière Poros, délimitant ainsi la limite méridionale du Mordor. Au sud-est, l'Ephel Dúath domine la plaine de Núrn et sa mer intérieure, la Mer de Núrnen.

La Vallée d'Udûn[modifier | modifier le code]

La vallée d'Udûn est située dans le coin nord-ouest du Mordor. Elle est formée par les extrémités des chaînes de l'Ered Lithui au Nord et de l'Ephel Dúath à l'Ouest. Au Nord, la vallée est close par le Morannon, et au Sud par l'Isenmouthe. Venant du Sud, on y accède via la passe de Carach Angren (« Gouffres de Fer » en sindarin). La totalité de la vallée est surveillée par le Fort de Durthang, bâti sur un contrefort de l'Ephel Dúath. Il est probable que Sauron ait nommé cette vallée en l'honneur d'Utumno, l'ancienne forteresse de son maître Melkor.[réf. nécessaire]

Le fort de Durthang (Sombre joug en sindarin[réf. nécessaire]) est probablement un ancien bastion bâti par les Dúnedain pour surveiller le Mordor. Il se dresse à l'ouest de la vallée d'Udûn, au nord de la chaîne de l'Ephel Dúath. Du temps de la Guerre de l'Anneau, le fort est « l'une des nombreuses places fortes d'Orques, accumulées autour de la vallée d'Udûn[2] ».

Imlad Morgul[modifier | modifier le code]

« Une vallée en longue pente, un profond chiasme d'ombre, [qui] montait loin dans les montagnes. […] Hauts perchés sur une assise rocheuse des courbes de l'Ephel Dúath, se dressaient les murs et la tour de Minas Morgul[3] »

Faisant face à Minas Tirith et aux ruines d'Osgiliath, Imlad Morgul (« Vallée de la Magie Noire » en sindarin) a été creusée par la rivière Morgulduin et constitue la seule voie de sortie des armées mordoriennes vers l'Ouest (la seule autre voie étant la Porte Noire au Nord-Est). Ses pentes sont couvertes de prairies de fleurs nauséabondes, « lumineuses, belles, et pourtant de configuration horrible », qui luisent légèrement, comme la route de la vallée, qui mène à la cité de Minas Morgul.[réf. nécessaire]

Minas Morgul[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Minas Morgul.

Minas Morgul (« Tour de la Sorcellerie » en sindarin), aussi connue sous son ancien nom de Minas Ithil, est une ancienne cité gondorienne prise par les Nazgûl en l'an 2002 T.A.. Située sur l'Ephel Dúath, elle fait face aux ruines d'Osgiliath et à la cité de Minas Tirith. Frodon et Sam passent à proximité lorsque Gollum les mène vers le tunnel de Cirith Ungol.

Cirith Ungol[modifier | modifier le code]

Cirith Ungol (« Passe de l'Araignée » en sindarin) est le seul passage permettant d'accéder au Mordor depuis l'Ithilien sans devoir passer par Minas Morgul ou par le Nord via le Morannon. La passe de Cirith Ungol est protégée par la Tour de Cirith Ungol, construite par les hommes de Gondor après la guerre de la Dernière Alliance des Elfes et des Hommes. Son but principal était de défendre l'Ithilien des attaques des serviteurs rescapés de Sauron ou à empêcher les serviteurs de Sauron de déserter le Mordor. La forteresse a probablement été occupée par des garnisons du Gondor jusqu'en 1636 T.A. où la grande peste a décimé une grande partie de la population. Après que la peste a sévi, le Gondor n'a plus jamais occupé Cirith Ungol, ce qui permit à Sauron de réoccuper le Mordor. Durant le périple de l'anneau, Frodon et Sam ont été conduits à ce passage par Gollum, dans la tanière de l'araignée géante Arachne qui demeurait là. Le nom de Cirith Ungol vient sans doute de la mère d'Arachne, Ungoliant, qui était alliée avec Melkor, le premier seigneur des Ténèbres.

L'intérieur du Mordor[modifier | modifier le code]

Le Plateau de Gorgoroth[modifier | modifier le code]

Le plateau de Gorgoroth (« Lieu de l'Extrême Horreur » en sindarin) est situé au nord-ouest du Mordor. En son milieu trône l'Orodruin, la Montagne du Destin. À l'est de la Montagne du Destin, sur une crête de l'Ered Lithui, Sauron a construit sa forteresse de Barad-dûr. Pendant la guerre opposant les Hommes aux armées de Sauron, Gorgoroth fut le site des mines et des forges nécessaires à la production des armes du Mordor :

« En cette basse terre derrière le Morannon, se trouvaient les tunnels et les profonds arsenaux que les serviteurs du Mordor avaient constitués pour la défense de la Porte Noire de leur pays […]. Sur les éperons avancés étaient construits des forts et des tours, et des feux de bivouac étaient allumés, un mur de terre avait été élevé pour barrer la trouée, et on avait creusé une profonde tranchée qui ne pouvait être franchie que sur un seul pont[2]. »

Frodon Sacquet, dans sa quête pour détruire l'Anneau unique, traversa plusieurs jours durant le vaste Plateau de Gorgoroth afin d'atteindre l'Orodruin.

On pense souvent que le Mordor ne peut abriter aucune végétation. Toutefois, ce n'est pas le cas. En effet, Frodon et Sam, lors de leur traversée des plaines de Gorgoroth, tombent au beau milieux de ronces épineuses. Elles étaient dotées d'aiguilles longues d'un pied selon les propos de Sam. Ces ronces étaient les plus grandes de la Terre du milieu et étaient « aussi dangereuses et effilées que les dagues des orques, et s'étendaient sur le pays comme des rouleaux de fils barbelés »[4] nous savons aussi que « Les épines et les ronces avaient la solidité du fil de fer et elles s'agrippaient comme des serres »[5].

La Plaine du Lithlad[modifier | modifier le code]

L'emplacement de la plaine du Lithlad n'est pas clair. Le Seigneur des anneaux indique que Frodon et Sam la traversèrent pendant leur périple en Mordor :

« Mais comme ces chaînes se rapprochaient l'une de l'autre (car elles n'étaient en fait que des parties d'un grand mur entourant les tristes plaines de Lithlad et de Gorgoroth et, tout au centre, la mer intérieure de Núrnen), elles projetaient de longs bras vers le nord ; et entre ceux-ci, se trouvait une gorge profonde[6]. »

Cette information laisserait à penser que cette plaine se trouve donc dans les environs du plateau de Gorgoroth. Cependant, sur la première carte dans un brouillon du Seigneur des Anneaux, la plaine de Lithlad se trouve au sud de l'Ered Lithui à l'est de Barad-dûr[7].

La Plaine de Núrn[modifier | modifier le code]

La partie Sud du pays est dédiée à la production de nourriture pour l'armée du Mordor. On y trouve « des grands champs travaillés par des esclaves » qui forment la plaine de Núrn. La région est desservie par de grandes routes qui rejoignent les pays assujettis au Mordor, à l'est et au sud, d'où des convois ramènent « de longs convois de camions chargés de marchandises, de butin et d'esclaves frais[2] ». Au centre de cette plaine se trouve la mer intérieure de Núrnen (parfois appelée Lac Núrnen[2]). Son eau est jugée amère et non potable[réf. nécessaire]. Selon Karen Wynn Fonstad, la mer de Rhûn et la mer de Núrnen sont les restes de la mer intérieure d'Helcar datant du Premier Âge[8].

Histoire[modifier | modifier le code]

Second Âge[modifier | modifier le code]

L'histoire du Mordor est étroitement liée à celle du Maia Sauron, qui en fait son fief dès le Second Âge. Il s'y installe vers l'an 1000 S.A., pour s'opposer à la puissance grandissante des Númenoréens sur les côtes de la Terre du Milieu[9] Près de 600 ans plus tard, il achève la construction de la forteresse de Barad-dûr et forge l'Anneau unique dans l'Orodruin.

En 1693, Sauron entre en guerre contre les Elfes d'Eregion et envahit l'Eriador, mais il est vaincu par les Númenóréens et se retranche au Mordor. Son influence s'étend sur les Hommes du Sud et de l'Est, et seul le nord-ouest de la Terre du Milieu, où règne Gil-galad, et les côtes, où les Númenóréens établissent des colonies fortifiées, échappent à son emprise.

Sauron quitte le Mordor en 3262 et est emmené en otage à Númenor par le roi Ar-Pharazôn, qu'il corrompt et convainc d'attaquer les Valar. Suite à cette guerre impie, Númenor est submergée en 3319 ; le corps de Sauron est détruit par le cataclysme, mais son esprit retourne à Barad-dûr où il reprend lentement des forces. Le Mordor se prépare alors à attaquer le jeune royaume de Gondor, fondé par des Númenóréens ayant échappé à la Submersion.

En 3429, Minas Ithil tombe aux mains du Mordor, et l'Arbre Blanc est brûlé. L'année suivante, Gil-galad et Elendil concluent la Dernière Alliance des Elfes et des Hommes. En 3434, les armées du Mordor sont vaincues à la bataille de Dagorlad, et la Dernière Alliance pénètre dans le Mordor par le Morannon et assiège Barad-dûr. Après sept années de conflit, Sauron tente de briser le siège en effectuant lui-même une sortie, mais il est vaincu en combat singulier par Gil-galad et Elendil, dont le fils, Isildur, s'empare de l'Anneau unique. Sauron est privé de son enveloppe corporelle, et sa défaite marque la fin du Second Âge.

Troisième Âge[modifier | modifier le code]

Après la défaite de Sauron, le Mordor devient une terre vide. Les Gondoriens rasent Barad-dûr, mais les fondations de la tour restent en place. Ils construisent de nombreuses fortifications pour surveiller le pays : les tours de Carchost et Narchost, à l'entrée du Morannon, le château de Durthang dans l'Ephel Dúath, ou encore la citadelle de Cirith Ungol. Si la vigilance est constante au début, elle faiblit lentement ; en 1636 T.A., les forts sont définitivement désertés à cause de la Grande Peste qui ravage le Gondor.

En 1980, le Roi-Sorcier retourne au Mordor et y rassemble les Nazgûl. Ils mettent le siège devant Minas Ithil en 2000, et la ville tombe une nouvelle fois aux mains du Mordor deux ans plus tard. Elle est rebaptisée Minas Morgul, et Sauron s'empare de son palantír.

Dès lors, Sauron dirige le Mordor à distance, depuis son repaire de Dol Guldur, à travers les Nazgûl, préparant ainsi son retour. En 2941, après la bataille des Cinq Armées et l'attaque de Dol Guldur par le Conseil Blanc, Sauron regagne le Mordor. Dix ans plus tard, il se déclare à nouveau ouvertement. Il entreprend la reconstruction de Barad-dûr et l'Orodruin entre à nouveau en éruption.

Pour pallier les préparatifs de la Guerre de l'Anneau, Sauron fait cultiver des champs dans la plaine de Núrn[2] tandis qu'il concentre ses forces sur la plaine de Gorgoroth et aux alentours de Minas Morgul.

Création et évolution[modifier | modifier le code]

Le nom Mordor apparaît dans le deuxième manuscrit de La Chute de Númenor, un texte rédigé vers 1936 ou 1937 qui évoluera jusqu'à donner l'Akallabêth, publié en 1977 dans Le Silmarillion. Il s'agit déjà du pays où Thû, bientôt rebaptisé Sauron, se rend après la chute de Númenor, pour réoccuper son ancienne forteresse qu'Elendil et Gil-galad viennent assiéger[10].

Le Mordor n'acquiert de réelle substance que durant la rédaction du Seigneur des anneaux. Un brouillon, datant probablement de la fin de la « première phase » d'écriture du roman (qui s'achève vers la mi-1938), voit Elrond expliquer que « la Forêt Noire occupe à présent une partie de ce morne pays ». Selon Christopher Tolkien, il est possible que son père ait alors envisagé que « la Tour Noire du Mordor » et la tour du Nécromancien, dans le sud de la Forêt Noire (mentionnée dans Le Hobbit) n'aient fait qu'un – la géographie de la Terre du Milieu est encore très floue en-dehors des limites de la carte des Terres Sauvages parue dans Bilbo[11]. Toutefois, Tolkien arrive rapidement à la conclusion que le Nécromancien « n'avait fui la Forêt Noire que pour retrouver son ancienne forteresse dans le Sud, près du mitan du monde en ce temps, au Pays de Mordor[12] ».

Sur la première carte complète du Seigneur des anneaux réalisée par Tolkien[13], le Mordor occupe déjà le coin sud-est, et sa forme correspond grossièrement à celle qu'il a sur la carte finale. Toutefois, les chaînes de montagnes qui le délimitent sont moins rectilignes, et à l'intérieur de la région, la mer de Núrnen occupe une position plus centrale, sans parler de ses rivages qui sont tout à fait différents. Le cours d'eau qui se jette dans la rive sud de cette mer prend sa source à un endroit appelé « Passe de Nargil » ou « Narghil », qui n'apparaît nulle part ailleurs dans les écrits de Tolkien. Une différence importante apparaît à l'ouest, où il n'existe qu'une voie d'accès au Mordor, la passe de Kirith Ungol, située à l'emplacement du futur Morannon[14].

Noms et traductions[modifier | modifier le code]

Mordor signifie « pays noir » en sindarin, de morn « noir » et dor « pays, région »[15]. Il est également désigné par diverses périphrases dans Le Seigneur des anneaux : « Pays (ou Terre) Noir(e) », « Pays (ou Terre) Ténébreux/se », « Pays (ou Terre) sans Nom ».

Marjorie Burns a souligné la ressemblance entre Mordor et le nom vieil anglais morþor « meurtre, tourment, péché capital ». Elle les relie également à l'idée de morsure, soulignée à plusieurs reprises par Tolkien, l'exemple le plus frappant étant les « Tours des Dents » qui se dressent devant la Porte Noire[16].

Critiques[modifier | modifier le code]

Adaptations[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Le Seigneur des anneaux, Livre VI - Chapitre 3.
  2. a, b, c, d et e Le Seigneur des anneaux, Livre VI - Chapitre 2
  3. Le Seigneur des anneaux, Livre IV - Chapitre 8.
  4. David Day, p. 247
  5. Le Seigneur des anneaux, livre Vl Chapitre 2
  6. Le Seigneur des anneaux, Livre IV - Chapitre 3
  7. The Treason of Isengard, p. 213.
  8. Fonstad[réf. incomplète]
  9. Le Seigneur des anneaux, Appendice B, Le Second Âge.
  10. La Route perdue et autres textes, p. 29, 31.
  11. The Return of the Shadow, p. 218.
  12. The Return of the Shadow, p. 253.
  13. Redessinée par Christopher Tolkien et parue dans The Treason of Isengard, p. 295-323.
  14. The Treason of Isengard, p. 346.
  15. Hammond & Scull, p. 75
  16. Burns, p. 164.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Marjorie Burns, Perilous Realms : Celtic and Norse in Tolkien's Middle-earth, University of Toronto Press,‎ 2005 (ISBN 9780802038067)
  • (en) Wayne G. Hammond et Christina Scull, The Lord of the Rings: A Reader's Companion, HarperCollins,‎ 2005 (ISBN 0-00-720907-X)
  • David Day (trad. Pascal Aubin), Créatures de Tolkien [« A Tolkien Bestiary »]