Elrond

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Elrond Peredhel
Personnage de fiction apparaissant dans
l'œuvre de J. R. R. Tolkien

Alias Elrond le Semi-Elfe
Naissance Vers l'an 532 P. Â.
Origine Havres du Sirion
Sexe Masculin
Espèce Elfe
Yeux gris
Activité(s) Seigneur d'Imladris
Caractéristique(s) Semi-Elfe,
Héraut de Gil-galad au Second Âge,
Porteur d'un anneau
Adresse Imladris
Affiliation Fils d'Eärendil le Marin et d'Elwing
Frère d'Elros
Entourage Gandalf
Aragorn
Arwen
Bilbon
Elros
...
Ennemi(s) Sauron

Créé par J. R. R. Tolkien
Interprété par Hugo Weaving (2001-2003 et 2012-2014)
Voix André Morell (1978, VO)
Denis Savignat (1978, VF)
Féodor Atkine (2001-2003, VF)
Film(s) Le Seigneur des anneaux (1978)
Le Seigneur des anneaux (2001-2003)
Le Hobbit (2012-2014)
Roman(s) Bilbo le Hobbit
Le Seigneur des anneaux
Le Silmarillion
Contes et légendes inachevés

Elrond est un personnage de fiction du légendaire de l'écrivain britannique J. R. R. Tolkien, apparaissant notamment dans les romans Bilbo le Hobbit, Le Seigneur des anneaux et Le Silmarillion. Demi-elfe, il fait le choix de l'immortalité en devenant Elfe. Fils d'Eärendil et d'Elwing et frère jumeau d'Elros[1], le premier roi de Númenor, il est également surnommé Elrond Peredhel, c'est-à-dire Elrond le Semi-Elfe. Elrond est réputé pour sa sagesse, son don de clairvoyance et ses pouvoirs de guérisseur.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Elrond est décrit dans Bilbo le Hobbit :

« Il avait le visage aussi noble et beau qu'un seigneur elfe, la force d'un guerrier, la sagesse d'un mage ; il était aussi vénérable qu'un roi des nains, aussi bon que l'été[2],[Trad. 1]. »

— J. R. R. Tolkien, Bilbo le Hobbit.

Une autre description est présente dans le Seigneur des anneaux :

« Le visage d'Elrond était sans âge, ni jeune ni vieux, bien qu'on y pût lire le souvenir de maintes choses, tant heureuses que tristes. Sa chevelure était sombre comme les ombres du crépuscule, et elle était ceinte d'un bandeau d'argent ; ses yeux étaient du gris d'un soir clair, et il y avait en eux une lumière semblable à celle des étoiles. Il paraissait aussi vénérable qu'un roi couronné de maints hivers, et pourtant aussi vigoureux qu'un guerrier éprouvé dans toute la plénitude de sa force. Il était le Seigneur de Fondcombe, et puissant parmi les Elfes comme parmi les Hommes[3],[Trad. 2]. »

— J. R. R. Tolkien, Le Seigneur des anneaux.

Noms[modifier | modifier le code]

Son nom vient du sindarin et signifie « Dôme étoilé », de el « étoile » et rond « dôme »[réf. souhaitée]. Ce nom est inspiré du nom de la salle du trône de Menegroth nommée Menelrond :

« Elrond était un nom pour le firmament, le dôme étoilé qui semblait être un toit pour Arda ; et il avait été donné par Elwing en souvenir de la grande Salle du Trône d'Elwë, située au milieu de sa forteresse de Menegroth et appelée le Menelrond, car grâce à l'art et à l'aide de Melian, son haut toit en voûte avait été orné d'argent et de gemmes agencés selon l'ordre et les figures du grand Dôme de Valmar, en Aman, d'où venait Melian[4]. »

— J. R. R. Tolkien, The Peoples of Middle-earth.

Elrond est parfois nommé Elrond Peredhil. Ce dernier nom signifie « Semi-Elfe » en sindarin, de per « semi, demi » et edhel « Elfe » (pl edhil).[réf. souhaitée] La racine per se retrouve également dans le mot Periannath, qui désigne les Semi-Hommes, les Hobbits.

Gandalf le qualifie de « maître de la guérison[5] ».

Histoire[modifier | modifier le code]

Peu après sa naissance, son père quitta la Terre du Milieu à bord de Vingilot à la recherche de Valinor, pour implorer l'aide des Valar. Mais les fils survivants de Fëanor attaquèrent le delta du Sirion, où vivaient les rescapés de Gondolin et de Doriath, pour récupérer le Silmaril, qui était alors en possession d'Elwing. Maedhros et Maglor, fils de Fëanor, capturèrent Elrond et Elros ; mais Maglor les prit en pitié, les éleva, et se fit aimer d'eux.

Après la guerre de la Grande Colère, qui marqua la fin du Premier Âge, Elrond et son frère Elros eurent, grâce de l'ambassade de leur père auprès des Valar, le choix de leur destinée : embrasser le destin des Elfes ou celui des Hommes. Elrond choisit la destinée des Elfes et Elros celle des Hommes. C'est pourquoi Elrond est qualifié de « Demi-Elfe ».

Il quitta le Beleriand et traversa les Ered Luin avant la Submersion. Elrond devint le héraut de Gil-galad, le plus haut seigneur des Ñoldor restant en Terre du Milieu au Deuxième Âge.

Au Deuxième Âge, les elfes forgerons d'Eregion dirigés par Celebrimbor créent les Anneaux de Pouvoir ; Sauron attaqua la région pour les retrouver. Elrond fut alors envoyé par Gil-galad en Eregion ; il ne parvint pas à empêcher la destruction de l'Eregion mais, avec l'aide de Celeborn, emmena les réfugiés vers le Nord, où il fonda alors Imladris (Fondcombe ou Rivendell). Il continua d'attaquer l'arrière-garde de Sauron alors que celui-ci envahissait l'Eriador et permit ainsi d'éviter que Sauron ne détruise le Lindon. Après l'arrivée des Numénoréens et la défaite de Sauron, il fut décidé qu'Imladris devait continuer d'exister ; Gil-galad nomma Elrond son vice-régent en Eriador et lui confia Vilya. On dit que les étoiles brillaient toujours au-dessus d'Imladris. Ce prodige montrait que l'anneau de saphir était détenu par Elrond[6].

Elrond devint un des plus hauts seigneurs elfes en Terre du Milieu avec notamment Galadriel et Círdan. Il participa à la Guerre de la Dernière Alliance aux côtés de Gil-galad (ce fut le seul, avec Cirdan, Elendil et Isildur, à être avec Gil-galad lorsque celui-ci fut tué.)

Après la mort de Gil-galad, il aurait pu devenir de droit le sixième Haut Roi des Ñoldor, étant l'arrière-arrière-arrière-petit-fils de Finwë et son plus proche parent vivant en Terre du Milieu

En l'an 109 du Troisième Âge[7], il épousa Celebrían, la fille de Galadriel. Ensemble, ils mirent au monde Elladan, Elrohir et Arwen.

L'ombre de Sauron grandit peu à peu et Elrond, Galadriel, Círdan et les Istari formèrent le Conseil Blanc (au nom choisi en écho à celui du Conseil du Deuxième Âge ?) pour lutter contre cette menace grandissante.

Lorsque Frodon arrive blessé à Imladris avec l'Anneau unique, c'est Elrond qui le soigne, et qui réunit le Conseil d'Elrond où est décidé que l'anneau unique devait être détruit.

On sait peu de choses sur ce que fit Elrond pendant la guerre de l'Anneau. On le retrouve à la fin du récit, après la destruction de l'Anneau. Après avoir donné sa bénédiction pour le mariage d'Arwen, sa fille, et d'Aragorn, il resta quelque temps en Terre du Milieu puis partit pour Tol Eressëa puis Valinor avec Galadriel, Gandalf, Frodon Sacquet, et Bilbon Sacquet. On considère que c'est le départ d'Elrond, le 21 septembre 3021 T. Â., qui marque la fin du Troisième Âge.

Généalogie[modifier | modifier le code]

 
 
Tuor
 
Idril
 
Dior
 
Nimloth
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Eärendil
 
 
 
 
 
Elwing
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Elrond
 
Elros
 
 
 
 
 

Création et évolution[modifier | modifier le code]

Le personnage d'Elrond apparaît pour la première fois dans L'Esquisse de la Mythologie, un résumé des événements du futur Silmarillion rédigé par Tolkien en 1926[8]. Il est déjà le fils d'Eärendil et d'Elwing, mais il n'a pas encore de frère jumeau, et c'est Maidros [Maedhros] qui le recueille après la destruction des Havres du Sirion. Après la chute de Morgoth, tandis que les elfes repartent vers l'Ouest, Elrond choisit de rester sur terre, « retenu par sa partie mortelle[9] ». La version suivante des légendes, la Quenta Noldorinwa, est rédigée vers 1930 et connaît plusieurs révisions par la suite. Elros fait son apparition dans l'une d'elles, et Maglor prend la place de son frère Maidros comme père adoptif des jumeaux[10].

Parallèlement à la Quenta Noldorinwa, Tolkien ébauche l'histoire de l'île de Númenor. Les premières versions du texte « La Chute de Númenor » sont rédigées avant l'émergence d'Elros, et Tolkien envisage dans l'une d'elles qu'Elrond ait été le premier roi de l'île, et donc un homme mortel[11]. Ainsi, lorsque le personnage est introduit dans le manuscrit de Bilbo le Hobbit (dans les années 1930), il n'est pas décrit comme un elfe, mais seulement comme un « ami des elfes[12] ». En outre, les événements du récit semblent se dérouler à peine quelques générations après la chute de Morgoth, ce qui explique que le mortel Elrond puisse encore être en vie. Tolkien abandonne ces conceptions par la suite en situant Bilbo le Hobbit bien après la fin de ce qui deviendra le Premier Âge du Soleil[13]. Le choix définitif d'Elrond (rejoindre les Elfes, mais rester en Terre du Milieu) apparaît dans la conclusion de la Quenta Silmarillion (successeur de la Quenta Noldorinwa), probablement rédigée vers 1937[14].

Critique et analyse[modifier | modifier le code]

Pour Catherine Royer-Hémet, « Elrond semble réunir toutes les qualités d'un seigneur au sens noble du terme […]. Il symbolise le côté lumineux de la fonction comme Sauron est porteur, lui, de son côté obscur et néfaste[15] ».

Elrond participe du rapprochement du personnage d'Aragorn avec le roi Arthur : il joue le rôle messire Ector en adoptant et éduquant le futur roi dans son enfance[16],[17].

Adaptations[modifier | modifier le code]

Dans le dessin animé The Hobbit de Rankin/Bass, sorti à la télévision en 1977, Elrond est doublé par Cyril Ritchard. Dans le dessin animé sorti l'année suivante, Le Seigneur des anneaux de Ralph Bakshi, André Morell lui prête sa voix (Denis Savignat dans le doublage français). Quand Rankin/Bass s'efforça de terminer le film de Bakshi avec The Return of the King, en 1980, Paul Frees doubla Elrond, dans le même style que Ritchard entre temps décédé.

À la radio, Elrond est doublé par Garard Green dans la première adaptation radiophonique du Seigneur des anneaux, en 1955[18]. En 1968, pour l'adaptation radiophonique The Hobbit, le rôle est tenu par John Pullen. Matthew Locricchio double Elrond dans la série radiophonique du Seigneur des anneaux de 1979, tandis que dans celle de la BBC en 1981 Hugh Dickson s'en charge.

Dans les deux trilogies cinématographiques Le Seigneur des anneaux et du Hobbit de Peter Jackson, Elrond est interprété par Hugo Weaving.

En 2006, dans la comédie musicale Le Seigneur des anneaux, Elrond est joué par Victor A. Young.

Le personnage d'Elrond a inspiré les dessinateurs, comme Michael Kaluta ou Jenny Dolfen.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Traductions[modifier | modifier le code]

  1. « He was as noble and as fair in face as an elf-lord, as strong as a warrior, as wise as a wizard, as venerable as a king of dwarves, and as kind as summer »
  2. « The face of Elrond was ageless, neither old nor young, though in it was written the memory of many things both glad and sorrowful. His hair was dark as the shadows of twilight, and upon it was set a circlet of silver; his eyes were grey as a clear evening, and in them was a light like the light of stars. Venerable he seemed as a king crowned with many winters, and yet hale as a tried warrior in the fullness of his strength. He was the Lord of Rivendell and mighty among both Elves and Men. »

Références[modifier | modifier le code]

  1. The War of the Jewels, « The Tale of Years of the First Age », pp. 342-354
  2. Bilbo le Hobbit, chapitre 3 « Courte pause ».
  3. Le Seigneur des anneaux, Livre II, chapitre 1 « Nombreuses rencontres »
  4. The Peoples of Middle-earth, « The Problem of ros »
  5. Le Seigneur des anneaux, Livre II, chapitre 1
  6. Contes et légendes inachevés.[réf. incomplète]
  7. Contes et légendes inachevés, « Histoire de Galadriel et Celeborn : Amroth et Nimrodel », p. 120.
  8. La Formation de la Terre du Milieu, p. 70.
  9. La Formation de la Terre du Milieu, p. 38.
  10. La Formation de la Terre du Milieu, p. 196.
  11. La Route perdue et autres textes, p. 25, 30.
  12. Rateliff, p. 115.
  13. Rateliff, p. 123.
  14. La Route perdue et autres textes, p. 336-337.
  15. Tolkien et le Moyen Âge, « Les seigneurs du Seigneur des Anneaux », p. 133
  16. Tolkien, 30 ans après, « Frodo et Aragorn : le concept du héros », p. 259
  17. Tolkien et le Moyen Âge, « Les échos arthuriens dans Le Seigneur des Anneaux », p. 145
  18. Radio Times, Volume 129, No. 1674, 9 décembre 1955

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]