Ian McKellen
Ian McKellen
Ian McKellen, lors de la première du film Le Seigneur des anneaux : Le Retour du roi à Wellington en 2003
| Nom de naissance | Ian McKellen |
|---|---|
| Naissance | 25 mai 1939 Burnley, Lancashire, |
| Nationalité | |
| Profession | Acteur |
| Films notables | Le Seigneur des anneaux X-Men Da Vinci Code Le Hobbit |
| Site internet | http://www.mckellen.com/ |
Sir Ian McKellen, CH, KBE, né le 25 mai 1939 à Burnley, est un comédien britannique, actif dans le théâtre classique et contemporain ainsi qu'au cinéma. Il est également connu pour son militantisme en faveur des droits des homosexuels. Parmi ses rôles les plus connus, Ian McKellen interprète Gandalf dans les trilogies Le Seigneur des anneaux et Le Hobbit de Peter Jackson, et Magnéto dans la trilogie cinématographique X-men.
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Enfance et premiers pas [modifier]
McKellen est né à Burnley, dans le Lancashire peu avant la Seconde Guerre mondiale, ce qui a un impact sur son enfance : dans un entretien pour le magazine gay The Advocate, au journaliste qui lui fait remarquer son calme après les attentats du 11 septembre 2001, McKellen répond « mon cher, vous oubliez que j'ai dormi sous un couvercle en métal pendant la bataille d'Angleterre jusqu'à l'âge de quatre ans »[1].
Son père, Denis Murray McKellen, est ingénieur et prédicateur. Ses grands-pères sont également prédicateurs. Il a baigné dans un environnement profondément chrétien, mais un christianisme débarrassé de ses dogmes : on lui a appris qu'être chrétien, « c'est d'abord se comporter de manière chrétienne avec les autres »[1]. Sa mère, Margery Lois McKellen, meurt lorsqu'il a douze ans et son père douze ans plus tard. Lorsqu'il a déclaré son homosexualité à sa belle-mère quaker, Gladys McKellen, « Non seulement cela ne l'a pas étonnée, mais faisant partie d'une société qui a déclaré son indifférence vis-à-vis de la sexualité des gens il y a des années, je crois qu'elle était surtout heureuse que je cesse enfin de mentir »[1].
La carrière de McKellen débute alors qu'il est encore adolescent quand il joue dans plusieurs pièces de théâtre. À 18 ans, titulaire d'une bourse d'études à l'université de Cambridge, il tombe amoureux de Derek Jacobi, ce qu'il définira comme « une passion secrète et non-réciproque »[2]. Il fait ses débuts professionnels sur scène à Nottingham en 1961 et dans le West End en 1964[3]. McKellen débute alors une relation avec Brian Taylor, son premier compagnon, relation qui va durer huit ans, jusqu'en 1972. Ils vivent à Londres, où McKellen continue sa carrière[4].
Premiers rôles importants [modifier]
En 1969, il interprète le rôle qui le rend célèbre : le roi Édouard II d'Angleterre, héros éponyme de la pièce de Christopher Marlowe, produite par la Prospect Theatre Company. Cette pièce suscite la controverse à cause des scènes de torture et de l'homosexualité latente qui s'en dégage. Il reprendra le rôle plus tard pour la BBC. En 1972, il fonde The Actors' Company avec son ami Edward Petherbridge, ce qui le consacre porte-parole des acteurs et du théâtre britannique en général. Entre 1974 et 1978, il joue dans de prestigieuses productions de la Royal Shakespeare Company, telles que Roméo et Juliette (avec Francesca Annis), Macbeth (avec Judi Dench) et Othello[3]. Dans les années 1970 et 1980, il fait partie des comédiens de théâtre britanniques les plus renommés.
En 1978, il rencontre son second compagnon, Sean Mathias, au Festival d'Édimbourg. Selon Mathias, leur histoire était tumultueuse, le succès de McKellen et ses échecs étant la cause de nombreux conflits. Mathias déclara « qu'à cette époque, les gens étaient moins tolérants », et « qu'on ne le prenait pas au sérieux, lui, le joli petit ami de Ian McKellen ». Mathias était âgé de 22 ans et McKellen 39 ans. Malgré tout, Mathias dit également que McKellen « n'a cessé de m'aider tout au long de ma carrière ». Ils se séparent en 1988.
En 1979, il apparaît dans Bent, une pièce qui traite des atrocités commises contre les homosexuels dans l'Allemagne nazie. À cette époque, McKellen n'a pas encore fait son coming out et il hésite même à tenir ce rôle : « J'étais impressionné par le rôle, je me demandais si j'avais le courage de le faire ». Après avoir lu le scénario, Mathias dit à McKellen qu'il a « le devoir de jouer cette pièce »[1]. Bent a eu une grande importance pour McKellen : après la production originelle de la pièce à Broadway, il joue la pièce (mise en scène par Sean Mathias) au Théâtre national, à Londres, puis dans le film de 1997 (également mis en scène par Mathias). La même année, il est fait Commandeur de l'Ordre de l'Empire britannique.
Le temps des récompenses [modifier]
Son talent lui vaut des rôles de plus en plus prestigieux. En 1980, il est Salieri dans la version de Amadeus montée à Broadway. Il est récompensé d'un Tony Award, la plus grande récompense pour un acteur de théâtre aux États-Unis. Il en obtient un second en 1982, pour son interprétation de Walter, un handicapé mental, dans une pièce enregistrée pour la télévision. Malgré cela, il reste un inconnu pour le grand public aux États-Unis. Plus anecdotique, il joue en 1988 le rôle d'un vampire pour le clip Heart du groupe Pet Shop Boys. En 1990, il est fait Chevalier de l'Ordre de l'Empire britannique (KBE) pour son travail et ses contributions au théâtre. Il devient Sir Ian McKellen.
Dans les années 1990, McKellen apparaît de façon plus régulière à la télévision et au cinéma. En 1993, il joue le rôle d'un puissant homme d'affaires Afrikaner dans Six degrés de séparation, avec Stockard Channing, Donald Sutherland et Will Smith. La même année, il apparaît dans l'adaptation télévisée des Chroniques de San Francisco (de son ami Armistead Maupin) et dans Last Action Hero, de John McTiernan. En 1995, il interprète Richard III dans le film éponyme de Richard Loncraine. Il est nommé pour ce rôle aux Golden Globes, aux BAFTA Awards et sera sacré « meilleur acteur européen » par la European Film Academy.
Aux États-Unis, il connaît la notoriété en 1998 avec deux films : Un élève doué, dans lequel il campe un ancien officier nazi vivant aux États-Unis sous une fausse identité qui entretient une relation de dépendance avec un adolescent qui menace de le dénoncer s'il ne lui raconte pas son histoire ; et Ni dieux ni démons, où il interprète James Whale, le réalisateur de Frankenstein (1931) et de Show Boat (1936). Il est nommé à l'Oscar du meilleur acteur pour ce rôle.
Mais c'est à travers deux trilogies cinématographiques qu'il accède, au début des années 2000, à la célébrité : celle des X-Men, de Bryan Singer et Brett Ratner, dans laquelle il interprète Magneto, et celle du Le Seigneur des Anneaux, de Peter Jackson, où il incarne Gandalf. Son interprétation de Gandalf dans le premier volet, Le Seigneur des anneaux : La Communauté de l'anneau, lui vaut une nomination à l'Oscar du meilleur acteur dans un second rôle.
En 2002, suite au décès de Richard Harris, lui et Christopher Lee, son collègue du Seigneur des anneaux, furent tous deux pressentis pour reprendre le rôle d'Albus Dumbledore dans la saga Harry Potter mais on leur préféra finalement Michael Gambon[5]. En 2006, il joue le rôle de Sir Leigh Teabing dans Da Vinci Code, de Ron Howard.
À partir de 2007, il se consacre de nouveau principalement au théâtre, jouant notamment dans Le Roi Lear et La Mouette. En janvier 2008, il est ordonné Companion of Honour de la couronne britannique, la plus haute distinction possible au Royaume-Uni (65 membres vivants maximum), pour services rendus au théâtre et à la lutte pour l'égalité. En 2009, il retrouve Patrick Stewart, son partenaire dans X-Men, au théâtre à l'occasion des représentations de la pièce En attendant Godot[6]. En 2012, il reprend le rôle de Gandalf dans Bilbo le Hobbit.
Son combat pour les droits des homosexuels [modifier]
Même si les partenaires à l'écran de McKellen sont au courant de son homosexualité, il en est autrement du grand public. Jusqu'en 1988, un projet de loi intitulé Section 28 propose l'interdiction de toutes discussions en rapport avec l'homosexualité dans les écoles britanniques. McKellen combat ce projet et, sur les conseils de son ami Armistead Maupin, fait son coming out lors d'un débat retransmis par la BBC[2] : « Mon but était de faire comprendre que si je participais à ce combat, tout le monde, homo ou hétéro, pouvait le faire »[1]. Il plaide sa cause auprès du secrétaire à l’environnement Michael Howard. Celui-ci refuse de changer de position mais demande un autographe à McKellen, qui s'exécute en écrivant dessus : « Fuck off, I'm gay »[7]. La loi est tout de même adoptée et restera en vigueur jusqu'en 2003, McKellen ne cessant de se battre pour son abrogation et critiquant le premier ministre britannique, Tony Blair.
En 1994, McKellen monte un one man show en faveur des droits des homosexuels, A Knight Out, qui connut un grand succès et qu'il joue toujours. Toujours en 1994, il crée l'évènement lors de la cérémonie de clôture des Gay Games en déclarant « je suis Sir Ian McKellen, mais je vous en prie, appelez-moi Serena »[1]. Au XXIe siècle, McKellen est toujours un acteur des combats des homosexuels, il est d'ailleurs un co-fondateur de Stonewall, un groupe de lobbyisme gay au Royaume-Uni qui tire son nom des émeutes de Stonewall, à New York. En 2011, il traite le maire de Moscou, Sergueï Sobianine, de « couard flattant l'extrême droite », celui-ci ayant refusé de laisser s'organiser une Gay Pride à Moscou[8].
Filmographie [modifier]
Cinéma [modifier]
- 1969 : A Touch of Love : George Matthews
- 1969 : Alfred le Grand, vainqueur des Vikings : Roger
- 1981 : Priest of Love : D. H. Lawrence
- 1983 : La Forteresse noire (The Keep), de Michael Mann : Dr. Theodore Cuza
- 1985 : Plenty : Sir Andrew Charleson
- 1985 : Zina de Ken McMullen : Arthur Kronfeld
- 1989 : Scandal, de Michael Caton-Jones : John Profumo
- 1993 : Last Action Hero, de John McTiernan : la Mort
- 1993 : Six degrés de séparation : Geoffrey Miller
- 1994 : The Shadow, de Russell Mulcahy : Dr. Reinhardt Lane
- 1995 : Richard III, de Richard Loncraine : Richard III d'Angleterre
- 1995 : Jack et Sarah, de Tim Sullivan : William
- 1995 : Le Don du roi (Restoration), de Michael Hoffman : Will Gates
- 1997 : Bent de Sean Mathias : oncle Freddie
- 1997 : Au cœur de la tourmente (Swept from the Sea), de Beeban Kidron : Dr. James Kennedy
- 1998 : Un élève doué (Apt Pupil), de Bryan Singer : Kurt Dussander
- 1998 : Ni dieux ni démons (Gods and Monsters), de Bill Condon : James Whale
- 2000 : X-Men, de Bryan Singer : Erik Lehnsherr / Magneto
- 2001 : Le Seigneur des anneaux : La Communauté de l'anneau, de Peter Jackson : Gandalf
- 2002 : Le Seigneur des anneaux : Les Deux Tours, de Peter Jackson : Gandalf
- 2002 : X-Men 2, de Bryan Singer : Erik Lehnsherr / Magneto
- 2003 : Le Seigneur des anneaux : Le Retour du roi, de Peter Jackson : Gandalf
- 2005 : Neverwas, de Joshua Michael Stern : Gabriel Finch
- 2005 : Asylum de David Mackenzie : Dr. Peter Cleave
- 2005 : Pollux, le manège enchanté : Zébulon (voix)
- 2006 : Da Vinci Code, de Ron Howard : Sir Leigh Teabing
- 2006 : Souris City : The Toad (voix)
- 2006 : X-Men, l'affrontement final, de Brett Ratner : Erik Lehnsherr / Magneto
- 2007 : Stardust, de Matthew Vaughn : narrateur
- 2007 : À la croisée des mondes : La Boussole d'or (His Dark Materials: The Golden Compass) de Chris Weitz : voix de Iorek Byrnison
- 2008 : The Colossus de Sean Mathias : Cecil Rhodes
- 2012 : Le Hobbit : Un voyage inattendu (The Hobbit: An Unexpected Journey) de Peter Jackson : Gandalf
- 2013 : Le Hobbit : La Désolation de Smaug (The Hobbit: The Desolation of Smaug) de Peter Jackson : Gandalf
- 2014 : X-Men : Days of Future Past, de Bryan Singer : Erik Lehnsherr / Magneto (âgé)
- 2014 : Le Hobbit : Histoire d'un aller et retour (The Hobbit: There and Back Again) de Peter Jackson : Gandalf
Télévision [modifier]
- 1966 : David Copperfield (mini-série) : David Copperfield
- 1982 : Walter (téléfilm) : Walter
- 1982 : The Scarlet Pimpernel (téléfilm) : Chauvelin
- 1989 : Countdown to war (téléfilm) : Adolf Hitler
- 1990 : Othello de Trevor Nunn (téléfilm) : Iago
- 1993 : Chroniques de San Francisco (mini-série) : Archibald Anson Gidde
- 1993 : Les Soldats de l'espérance (And the Band Played On), de Roger Spottiswoode : Bill Kraus, célèbre militant américain pour les droits des homosexuels, mort du sida en 1986
- 1995 : La Ferme du mauvais sort (Cold Comfort Farm) de John Schlesinger : Amos Starkadder
- 1996 : Raspoutine - la fin des Romanov, de Uli Edel (TV) : Tsar Nicolas II de Russie
- 1999 : David Copperfield de Simon Curtis : Creakle
- 2003 : Les Simpson (épisode Homer rentre dans la reine) : lui-même (voix)
- 2005 : Coronation Street (Soap opera) : Mel Hutchwright
- 2006 : Extras (saison 2, épisode 5) de Ricky Gervais : lui-même
- 2009 : Le Prisonnier : Numéro 2
- 2012 : Doctor Who (La Dame de glace) : La Grande Intelligence
- 2013 : Vicious : Freddie Thornhill
Doublage [modifier]
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Récompenses [modifier]
Cette section récapitule les principales récompenses obtenues par Ian McKellen. Pour une liste plus complète, se référer à l'Internet Movie Database[9].
- 1981 - Tony Award du meilleur acteur pour Amadeus
- 1984 - Laurence Olivier Award du meilleur acteur pour Wild Honey
- 1990 - Laurence Olivier Award du meilleur acteur pour Richard III
- 1996 - Prix du cinéma européen du meilleur acteur pour Richard III
- 1997 - Golden Globe du meilleur acteur dans un second rôle dans une série, une minisérie ou un téléfilm pour Raspoutine
- 1998 - Coquille d'Argent du meilleur acteur pour Ni dieux ni démons
- 1998 - NBR Award du meilleur acteur pour Ni dieux ni démons
- 1999 - Critics Choice Award du meilleur acteur pour Ni dieux ni démons et Un élève doué
- 1999 - Saturn Award du meilleur acteur dans un second rôle pour Un élève doué
- 1999 - Independent Spirit Award du meilleur acteur pour Ni dieux ni démons
- 1999 - British Independent Film Award du meilleur acteur pour Ni dieux ni démons
- 2002 - Saturn Award du meilleur acteur dans un second rôle pour Le Seigneur des anneaux : La Communauté de l'anneau
- 2002 - Screen Actors Guild Award du meilleur acteur dans un second rôle pour Le Seigneur des anneaux : La Communauté de l'anneau
- 2007 - Annie Award de la meilleure performance vocale pour le cinéma pour Souris City
Distinctions [modifier]
- Commandeur de l'Ordre de l'Empire britannique (CBE - 1979)
- Chevalier (Knight Bachelor - 1991)[10]
- Membre de l'Ordre des compagnons d'honneur (CH - 2008)[11]
Notes et références [modifier]
- (en) Bruce Steele, « The Knight's Crusade », The Advocate, 11 décembre 2001, p. 36-45
- Interview de Ian McKellen par James Lipton dans Inside the Actors Studio le 8 décembre 2002
- (en) Simon Trowbridge, Stratfordians, Albert Creed, 2008 (ISBN 9780955983016), p. 338-343
- (en) Ian McKellen Biography, sur talktalk.co.uk. Consulté le 2 juillet 2012
- Ian McKellen Turned Down 'Potter' Role, 28 novembre 2007, starpulse.com
- (en) Matt Wolf, « McKellen and Stewart Deliver a ‘Godot’ With a Difference », sur The New York Times. Consulté le 2 juillet 2012
- (en) 10 things we didn't know this time last week, sur BBC. Consulté le 2 juillet 2012
- (en) McKellen Calls Moscow Mayor a Coward, sur The Advocate. Consulté le 2 juillet 2012
- (en) Awards for Ian McKellen, sur Internet Movie Database. Consulté le 2 juillet 2012
- London Gazette : n° 52382, p. 2, 31-12-1990
- London Gazette : n° 58557, p. 4, 29-12-2007
Liens externes [modifier]
- Site officiel
- (en) Ian McKellen sur l’Internet Movie Database
- Ian McKellen sur AlloCiné
- Acteur anglais
- Acteur du XXe siècle
- Militant pour les droits LGBT
- Membre de l'ordre des compagnons d'honneur
- Commandeur de l'ordre de l'Empire britannique
- Personnalité anoblie sous le règne d’Élisabeth II
- Knight Bachelor
- Naissance en 1939
- Acteur ayant incarné Adolf Hitler
- Naissance dans le Lancashire
- Golden Globe du meilleur acteur dans un second rôle
- Végétarien
- Lauréat du Tony Award
- Coquille d'argent du meilleur acteur
- Critics' Choice Movie Award du meilleur acteur
- Screen Actors Guild Award du meilleur acteur dans un second rôle
- Ours d'or d'honneur