Gollum

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Gollum
Personnage de fiction apparaissant dans
l’œuvre de J. R. R. Tolkien

Gollum

Alias Sméagol
Trahald
Naissance environ 2440 T. A.
Origine Champs aux Iris
Décès 3019 T. A.
Sexe Masculin
Espèce Hobbit
Yeux pâles et ronds
Affiliation Cousin de Déagol
Entourage Frodon Sacquet, Sam Gamegie

Créé par J. R. R. Tolkien
Interprété par Brother Theodore
Peter Woodthorpe
Andy Serkis
Voix Gerik Schjelderup
Wolfe Morris
Gail Chugg
Gareth Brough
Quinton Flynn
Daran Norris
Film(s) The Hobbit (1977)
Le Seigneur des anneaux (1978)
Le Seigneur des anneaux (films de Peter Jackson)
The Hunt for Gollum (2009)
Le Hobbit (film) (2012)
Roman(s) Le Hobbit
Le Seigneur des anneaux

Gollum est un personnage fictif du légendaire créé par l’écrivain britannique J. R. R. Tolkien et qui apparaît dans ses romans Le Hobbit et Le Seigneur des anneaux. Connu en tant que Sméagol à l'origine, Gollum est un Hobbit de la branche des Forts, qui vivait aux Champs aux Iris vers 2440 T. A.. En 2463 T. A., il s'empare de l'Anneau unique après avoir tué son cousin qui vient de découvrir l'anneau dans le lit de l'Anduin. Chassé par sa famille, il se réfugie dans une caverne des Monts Brumeux et prend le nom « Gollum » à cause de bruits de déglutition qu'il fait avec sa gorge. Grâce à l'Anneau unique, sa vie se voit allongée de plusieurs siècles mais il est obsédé par celui-ci au point d'en devenir l'esclave. En 2941 T. A, il croise la route de Bilbo Bessac, lequel vient de trouver l'Anneau unique que Gollum venait d'égarer. Il suit Bilbo vers l'est, jusqu'à Esgaroth puis poursuit sa route vers le sud jusqu'en Mordor. Capturé puis relâché par Sauron, il est pris par Aragorn qui le livre aux Elfes sylvains de la forêt de Grand'Peur, auxquels il échappe. Il trouve refuge dans la Moria où il croise la route de la communauté de l'Anneau qu'il suit jusqu'à Amon Hen. Il est capturé par Frodon et Sam dans l'Emyn Muil et, à partir de ce moment, leur sert de guide vers le Mordor. Grâce à son aide, Frodon et Sam parviennent jusqu'aux Sammath Naur, où Gollum tente alors d'arracher l'anneau des mains de Frodon mais chute dans le cœur du volcan, permettant la destruction de l'Anneau.

Présenté comme un personnage sympathique dans la première édition du Hobbit, il acquiert sa profondeur et sa noirceur dans Le Seigneur des anneaux puis dans la révision du Hobbit qui s'ensuit. Personnage atypique, notamment par ses caractéristiques physiques, Gollum est souvent rapproché de monstres célèbres de la littérature, notamment de Grendel qui apparaît dans le texte Beowulf ou encore de Gagool dans Les Mines du roi Salomon par exemple. Son caractère ambivalent oscillant entre bien et mal est l'objet de nombreuses analyses mais fait du personnage l'une des créatures les plus marquantes de l’œuvre de Tolkien. Il apparaît ainsi dans la plupart des adaptations filmées ou radiophoniques du Hobbit et du Seigneur des anneaux, ainsi que dans plusieurs jeux vidéo et a également laissé sa trace dans la littérature, les sciences ou encore les médias.

Description[modifier | modifier le code]

Gollum

L'apparence de Sméagol avant sa transformation en Gollum est inconnue. Cependant en tant que Hobbit apparenté à la branche des Forts, il devait être large et trapu avec des mains et des pieds assez grands[1]. Sous l'influence de l'anneau, Sméagol se métamorphose à la fois physiquement et psychologiquement pour devenir la créature Gollum.

Dans la première édition du Hobbit, Tolkien ne fait aucune référence à la taille de Gollum, ce qui entraîna plusieurs illustrateurs à le représenter comme étant particulièrement grand[2]. Tolkien ayant réalisé l'omission, précise dans les éditions plus tardives qu'il était d'une taille moyenne de hobbit.

Tolkien décrit Gollum comme étant soit noir, soit blanc. Comme Frodon et Sam, qui, avant de l'apprivoiser, le voient comme une « forme noire »[3], un homme d'Ithilien le prend pour un écureuil noir sans queue[4]. Dans un manuscrit rédigé pour guider les illustrateurs à dessiner ses personnages, Tolkien explique que Gollum a la peau pâle, mais porte des vêtements sombres et a souvent été vu dans la pénombre[5]. Dans Le Hobbit, on apprend qu'il a des poches dans lesquelles il garde « des arêtes, des dents de gobelins, des coquillages humides, un bout d'aile de chauve-souris, une pierre aiguë pour aiguiser ses crocs »[6].

Gollum est décrit comme un personnage mince avec seulement six dents[6] aiguës[3]. Son odorat et son ouïe sont particulièrement développés, Frodon supposant même que son ouïe est aussi fine que celle des Elfes[3]. Il a de grands pieds dont il se sert pour pagayer et diriger sa barque et de longs doigts gluants[3] qu'il utilise pour saisir des poissons. Il est parfois comparé à une araignée. Ainsi lorsqu'il tombe d'une paroi de l'Emyn Muil, il enroule ses membres « telle une araignée dont on a rompu le fil. »[3]. Plus tard un Orque le décrit « comme une araignée [...], ou peut-être plutôt comme une grenouille affamée »[7].

Malgré son aspect maigre et décharné, Gollum possède une force hors du commun. Dans La Communauté de l'anneau, Aragorn déclare que « sa malice est grande, et [qu']elle lui confère une force à laquelle on croirait difficilement chez un être aussi maigre et flétri[8] ». Dans Les Deux Tours, la poigne de Gollum est décrite comme « molle, mais horriblement puissante » lorsqu'il se bat avec Sam[3].

Gollum parle d'une manière inhabituelle, s'adressant souvent à lui-même à la troisième personne, très rarement à la première[9] et s'appelant lui-même ou son anneau « mon trésor » ou « mon précieux ». Il s'exprime souvent par sifflements, comme par exemple lorsqu'il prononce « trés-s-sor ». Un bon exemple de sa personnalité est donné dans le chapitre « L'apprivoisement de Sméagol » du Seigneur des anneaux[3]:

« À partir de ce moment, un changement intervint, qui dura quelque temps. Il parla avec moins de sifflements et de geignements, et il s'adressait directement à ses compagnons, non pas à sa précieuse personne. Il se tassait sur lui-même et se dérobait souvent [...] mais il était amical et, en vérité, pitoyablement désireux de plaire. »

Noms et étymologie[modifier | modifier le code]

Le nom Sméagol est un dérivé du vieil anglais smygel « terrier, endroit dans lequel se glisser », dont Tolkien a également tiré smial, nom donné par les hobbits à leurs trous les plus luxueux[10]. De manière plus distante, Sméagol est également lié au nom du dragon Smaug, qui correspond à une forme du verbe germanique smugan « se glisser dans un trou »[11]. Le nom westron authentique de Sméagol est Trahald, lié de la même façon au véritable nom de Smaug dans la langue de Dale, Tragû[12].

Le nom Gollum semble également être dérivé d'une langue réelle, le vieux norrois, où l'on trouve les mots gull ou goll qui peuvent signifier « or, trésor, un objet précieux »[13], mais également « anneau » comme dans le mot composé fingr-gull, « finger-ring » (« bague » en français)[14].

Histoire interne[modifier | modifier le code]

Sméagol et la naissance de Gollum[modifier | modifier le code]

Les informations que l'on connaît de Gollum avant son apparition dans Le Hobbit proviennent des déductions que Gandalf apprend à Frodon dans le second chapitre du Seigneur des anneaux.

Sméagol naît aux environs de l'année 2440 T. A. Il fait partie d'une famille matriarcale qui s'apparente aux ancêtres de la branche hobbite des Forts vivant sur les bords de l'Anduin[15]. En 2463 T. A., alors qu'il pêche sur l'Anduin en compagnie de son ami Déagol à l'occasion de son anniversaire, celui-ci est tiré au fond de l'eau par un poisson. Dans le lit de la rivière, Déagol trouve un anneau d'or qui se trouve être l'Unique, perdu des centaines d'années plus tôt par Isildur, aux Champs aux Iris. Fasciné par l'anneau, Sméagol tente d'obliger Déagol à le lui céder en guise de cadeau d'anniversaire. Devant le refus de son cousin, Sméagol l'étrangle et s'approprie l'objet. Il cache le corps de son cousin et dissimule le meurtre à sa famille[15].

Sméagol découvre bientôt que l'anneau peut le rendre invisible aux yeux des autres hobbits, dès lors qu'il le porte au doigt. Il commence alors à voler et à terroriser, ce qui a pour résultat de le rendre indésirable au sein même de sa famille. Il se met à se parler à lui-même ou à son « trésor » puis à produire des sons de gorge qui lui valent d'être surnommé Gollum. Finalement sa grand-mère, la matriarche, finit par le bannir du trou familial[15].

Il se dirige alors vers les Monts Brumeux[15] dans lesquels il pénètre via les tunnels de gobelins. Il finit par s'établir sur une île au milieu d'une caverne inondée. Là, l'Anneau le pervertit tout en le maintenant en vie de longs siècles, de 2470 à 2941 du Troisième Âge. Son apparence physique change, il devient une créature « petite et visqueuse », « aux yeux pâles et ronds dans son visage mince »[6]. Il vit dans le noir, se nourrissant de poissons et de gobelins imprudents, tout en chérissant son unique possession, l'Anneau qu'il nomme son « précieux » ou son « trésor ». Il oublie son prénom et ne garde que son surnom, Gollum.

Gollum dans Le Hobbit[modifier | modifier le code]

À l'époque du récit du Hobbit, en 2941 T. A., Sauron étend son ombre à Mirkwood. L'Anneau, sentant son maître, tente de le rejoindre. Il glisse du doigt de Gollum et se laisse ramasser par Bilbo, un hobbit perdu dans les tunnels. Bilbo rencontre Gollum sur les berges de son lac. Ce dernier, affamé, propose un jeu d'énigmes à Bilbo. Si Bilbo échoue, Gollum pourra le manger mais si lui-même échoue, il devra montrer le chemin de sortie des Monts Brumeux au hobbit. Finalement, Bilbo remporte le jeu en posant la question « Qu'ai-je dans ma poche ? », question à laquelle Gollum échoue à répondre. Cependant, Gollum n'ayant pas l'intention de tenir sa promesse, il demande alors à aller récupérer son « trésor » sur son île. Il s'aperçoit alors que l'Anneau a disparu de sa cachette et comprend que c'est l'objet que détient Bilbo dans sa poche. Il retraverse dans l'intention de tuer Bilbo mais passe devant lui sans le voir, Bilbo ayant passé l'Anneau à son doigt. Il remonte alors vers la porte est de la caverne des Gobelins, persuadé que Bilbo se dirige dans cette direction sans se douter que celui-ci le suit, invisible. Gollum montre ainsi, à son insu, la sortie des cavernes à Bilbo[6].

Dans Le Seigneur des anneaux[modifier | modifier le code]

La suite des événements jusqu'à sa réapparition provient du récit qu'en fait Gandalf à Frodon au début de La Communauté de l'anneau et lors du Conseil d'Elrond.

Décidé à récupérer son « trésor », Gollum sort des Monts Brumeux et se dirige vers l'est sur les traces de Bilbo. Arrivé à Esgaroth sur Long Lac, il apprend que Bilbo est un hobbit venant de la Comté en Eriador[15]. Il rebrousse chemin mais, se dirigeant vers le sud, il entre en Mordor[15] et est capturé par Sauron qui lui soutire des informations sur Bilbo avant de le relâcher[8]. Pendant son séjour en Mordor, Gollum rencontre Shelob, qui garde l'entrée du tunnel de Cirith Ungol[16]. Ressorti du Mordor, il est capturé par Aragorn qui le poursuit sur l'ordre de Gandalf. Il est amené dans le royaume sylvain de Thranduil où il est emprisonné et interrogé par Gandalf. Ce dernier ayant suffisamment d'informations, il laisse Gollum à la garde des Elfes sylvains[8]. La créature réussit néanmoins à s'échapper à la faveur d'une sortie dans la forêt pendant laquelle ses gardes subissent une attaque d'Orques[8]. Il se dirige vers l'ouest et s'introduit dans les cavernes de la Moria, où il reste enfermé jusqu'à ce qu'il croise la communauté de l'Anneau et se mette à la suivre. Frodon entend d'ailleurs son piétinement et voit ses yeux pâles lors de son séjour dans les mines[17]. Plus tard, Frodon et Aragorn le repèrent lors de la descente de l'Anduin mais sans réussir à le capturer. Il continue de suivre Frodon et Sam dans l'Emyn Muil après la dissolution de la communauté.

Frodon, Sam et Gollum dans l'Emyn Muil.

Dans Les Deux Tours, on apprend que Gollum est capturé par Frodon et Sam dans l'Emyn Muil, après avoir tenté d'étrangler Sam. Frodon lui crée une laisse à l'aide de corde elfique obtenue en Lothlórien, qu'il attache à sa cheville. Cependant, Gollum ne supportant pas la corde, Frodon est pris de pitié et accepte de le laisser libre en échange de son aide pour arriver en Mordor. Gollum jure sur le « précieux » de mener les deux hobbits à destination. À partir de cet instant, la personnalité de Sméagol rejaillit à travers celle de Gollum ; il devient plus amical et se parle moins à lui-même. Cependant, Sam reste toujours méfiant à son égard, supposant que la personnalité de Gollum et celle de Sméagol « avaient conclu une trêve » entre elles. Il les nomme respectivement le Sournois pour Sméagol et le Puant pour Gollum.

Gollum guide les deux hobbits à travers les Marais des Morts jusqu'à la Morannon, la Porte Noire du Mordor, qu'ils trouvent fermée. Gollum décide alors de les mener à travers l'Ithilien jusqu'au passage de Torech Ungol, en ayant dans l'idée que Shelob, qui garde le tunnel, mange les deux hobbits et qu'il puisse ainsi récupérer son trésor. Alors qu'ils traversent l'Ithilien, Frodon et Sam sont capturés par Faramir, le frère de Boromir, héritier de l'intendance du Gondor. Celui-ci les mène dans son repaire d'Henneth Annûn dissimulé par une chute d'eau[4]. Alors que Gollum suit Faramir et ses hommes jusqu'à Henneth Annûn, l'un des gardes l'aperçoit, mais le prend pour un écureuil noir[4]. Gollum s'introduit près de la chute d'eau afin de manger du poisson, et là, se fait capturer. Frodon intercède pour sa survie auprès de Faramir qui est prêt à tuer la créature. Gollum est relâché grâce à l'intervention de Frodon mais, apprenant que c'est à cause du hobbit qu'il a été attrapé, la personnalité de Gollum reprend le dessus sur celle de Sméagol. Après que Faramir a fourni de la nourriture et du matériel à Frodon et Sam, le trio repart vers le Mordor. Gollum guide les hobbits sur le chemin de Cirith Ungol et au travers du tunnel d'Arachne où Frodon est empoisonné puis capturé par les Orques du Mordor. Gollum échoue à récupérer l'anneau de cette manière, grâce à l'intervention de Sam qui blesse Arachne et récupère l'anneau.

Un graffiti représentant Gollum sur l'East Side Gallery du mur de Berlin.

À partir de là, et jusqu'à réapparition dans les derniers chapitres du Le Retour du roi, il semble que Gollum ait passé son temps à suivre discrètement les deux hobbits dans la traversée du désert du Mordor. On le retrouve lorsqu'il s'attaque à eux, aux pieds de l'Orodruin mais sans réussir à s'emparer de l'anneau. Maintenu à distance par Sam, épée à la main, il parvient néanmoins à s'introduire dans les Sammath Naur, la grotte où l'Anneau unique a été forgé par Sauron. Là, alors que Frodon succombe au pouvoir de l'unique et passe l'anneau à son doigt, devenant ainsi invisible, Gollum lui saute dessus. Il lui arrache le doigt portant l'anneau, et alors qu'il le tient entre ses mains, il chute dans la fournaise de l'Orodruin ; détruisant par la même occasion l'Anneau unique tel que Gandalf l'avait prédit dans La Communauté de l'Anneau : « il est lié au sort de l'Anneau. Mon cœur me dit qu'il a encore un rôle à jouer, en bien ou en mal, avant la fin. »[15].

Création et évolution[modifier | modifier le code]

Selon Douglas A. Anderson, un prototype de Gollum apparaît dans le poème Glip, probablement rédigé vers 1928. Tolkien y décrit une créature famélique avec « deux yeux ronds » qui brillent dans la nuit ; elle vit dans une caverne et chante une chanson à base de gargouillements[N 1].

Dans la première édition du Hobbit, Gollum n'a qu'un rôle ponctuel. Il est présenté comme une créature relativement sympathique et honorable : il admet sa défaite au jeu des énigmes et, lorsqu'il découvre que son anneau a disparu, il s'excuse auprès de Bilbo et lui offre de le conduire à la sortie des cavernes à la place. John D. Rateliff souligne que le personnage se révèle alors étonnamment plus honorable que Bilbo : celui-ci sait qu'il possède l'anneau de Gollum, mais réclame néanmoins une autre récompense[18]. Dans cette version, Gollum n'est pas encore assimilé à un hobbit, le narrateur lui-même dit qu'il ne sait pas « qui ou ce qu'il était »[18], il est juste Le Gollum ou le vieux Gollum[19].

En 1937, à la demande de son éditeur qui désire une suite au Hobbit, Tolkien commence la rédaction de ce qui deviendra Le Seigneur des anneaux. Dans la première version du chapitre « L'Ombre du passé », l'histoire personnelle de Gollum, contée par Gandalf, en est déjà quasiment à son état final. La seule différence est que le nom originel de Gollum est Dígol (plus tard Déagol, nom transféré au cousin de Gollum) plutôt que Sméagol et qu'il trouve lui-même l'anneau dans le fleuve[20].

Au cours de la rédaction, Tolkien n'hésite pas à suggérer des idées de rôles pour Gollum. Ainsi, dans un brouillon datant de 1939, Tolkien propose que Gollum puisse avoir trouvé un second anneau en Mordor, idée qui ne sera finalement pas exploitée[21]. Dans ce même brouillon, le final du Seigneur des anneaux est déjà présent sous forme d'une note :

« À ce moment, Gollum – qui semble avoir changé et les a guidés par des chemins secrets à travers le Mordor – revient et essaye traîtreusement de reprendre l'Anneau. Ils se battent et Gollum s'empare de l'Anneau et tombe dans la Crevasse. »[22].

En 1947, toujours en pleine rédaction du Seigneur des anneaux, Tolkien envoie diverses modifications à apporter au Hobbit à son éditeur, Allen & Unwin. Dans la version originelle de 1937, Gollum est prêt à donner son anneau en cadeau à Bilbo mais cette version n'est pas cohérente avec le Seigneur des anneaux où l'anneau a beaucoup trop d'importance, notamment aux yeux de Gollum. Tolkien envisage donc le changement de l'histoire de la rencontre de Gollum et de la découverte de l'anneau par Bilbo. Il joint cette version réécrite du chapitre 5 « Énigmes dans le noir », à simple titre d'exemple des changements requis pour harmoniser le roman avec les nouveautés introduites dans Le Seigneur des anneaux[23]. À la grande surprise de Tolkien, cette nouvelle version est intégrée dans une nouvelle édition du Hobbit, qui paraît en 1951[24]. Mis devant le fait accompli, Tolkien trouve tout de même le moyen de ne pas briser sa fiction historique : la nouvelle édition inclut une note sur le texte dans laquelle il explique que la version de 1937 était un mensonge raconté aux Nains par Bilbo, alors que la nouvelle version de 1951 reprend le véritable déroulement des faits, que Gandalf finit par faire avouer à Bilbo et que celui-ci couche dans son journal[25].

Inspirations[modifier | modifier le code]

Une représentation de Grendel par Henrietta Elizabeth Marshall dans l'ouvrage Stories of Beowulf publié en 1908.

Gollum est souvent comparé à Grendel, un monstre qui apparaît dans le texte médiéval Beowulf dont Tolkien était un fervent défenseur[26]. Outre leurs similitudes physiques, « ils partagent tous deux un mode de vie proche [...] nocturne, souterraine et aquatique »[27]. Vincent Ferré précise néanmoins qu'il n'en est qu'« un double grotesque »[28].

Gollum est également rapproché de Caïn[29] personnage biblique, également ancêtre de Grendel. Tous deux tuent un parent proche, Abel ou Déagol, et sont ensuite rejetés par leur famille[27]: « [Gollum] a commis le péché de Caïn en acquérant l'anneau et en tuant son cousin dans son désir envieux de l'avoir »[30]. Une autre inspiration biblique est avancée dans la comparaison entre Gollum et le Golem tiré du Livre des Psaumes : « Je n’étais qu’un golem et tes yeux m’ont vu » (139, 16). Tolkien pourrait s'en être inspiré soit directement[31] soit par le biais du roman fantastique de Gustav Meyrink, Le Golem paru en 1915[N 2]. Outre la proximité des deux noms, ce sont deux créatures imparfaites, d'aspect humanoïde mais d'espèces inconnues[N 3], et qui possèdent le pouvoir d'invisibilité[14].

Dans l'une de ses lettres adressées à son fils Christopher, Tolkien compare la relation entre Sam et Gollum à celle qui lie Ariel à Caliban, deux personnages de la pièce de théâtre La Tempête de William Shakespeare[32]. Lisa Hopkins propose même un parallèle entre la relation Frodon-Gollum et celle qui lie Prospero à Caliban[33].

Caliban de William Shakespeare, représenté ici par William Hogarth.

Dans la littérature de la fin du XIXe – début du XXe siècle, Gollum est comparé au personnage de Gagool, sorte de sorcière à l'aspect simiesque qui apparaît dans le roman de H. R. Haggard Les Mines du roi Salomon, paru en 1885 et lu par Tolkien dans sa jeunesse. Les caractéristiques physiques de Gagool ainsi que sa manière de parler et son attitude égocentrique sont particulièrement mises en avant dans cette comparaison[34].

Tom Shippey approche, quant à lui, Gollum de Gypsy Ben, un personnage du roman Midwinter: Certain Travellers in Old England de John Buchan paru en 1923. À l'instar de Gollum, Gypsy Ben convoite un anneau et comme lui, il le personnifie, l'appelant sa « chère chérie ». Il finit par se tuer en tombant lui-aussi dans une crevasse[35].

Selon Dave Nelson, Tolkien semble avoir été grandement influencé par le roman d'H. G. Wells, La Machine à explorer le temps paru en 1895, et notamment par les personnages des Morlocks, ces humains dégénérés d'allure monstrueuse, pour la description de Gollum. Les Morlocks ont la peau blanc terne, des yeux qui réfléchissent la lumière. Comme Gollum, on les compare à des araignées humaines, ils craignent la lumière et mangent les Elois, comme Gollum dévore les orques[36].

Dans l'œuvre même de Tolkien, Gollum est comparé au personnage de Gríma Langue-de-Serpent du Seigneur des anneaux. En effet, comme Gríma, qui trahit finalement Saroumane son maître, Gollum trahit Frodon en le livrant à Arachne[37].

Réception critique[modifier | modifier le code]

Le discours de Gollum est très souvent le sujet de critiques. Thomas Honegger note que son style de discours est à mi-chemin entre celui d'un serpent et la naïveté d'un enfant[38]. Cette remarque est partagée par Jane Chance, qui note que Gollum utilise un langage enfantin, tandis que son alter-égo Sméagol utilise un discours plus construit. Cette tendance montre, selon Chance, un désir de retour à l'humanité et à la civilisation et une volonté d'ascension sociale, sous l'impulsion de Frodon[39]. Vincent Ferré et Daniel Lauzon remarquent que la traduction française du Seigneur des anneaux diminue les particularités du discours de Gollum. Ainsi la phrase suivante « "What had it got in its pocketses?" he said. "[...] Little cheat..." » est traduite par Francis Ledoux comme suit « "Qu'avait-il dans ses poches ?" disait-il. "[...] Petite tricherie ..." ». Vincent Ferré remarque ainsi que la traduction aurait été bien mieux rendue par « "Qu'est-ce que ça avait dans ses pochess ?" disait-il. "[...] Petit tricheur..." »[40]. La traduction israélienne présente le même genre de problème avec un discours « au moins aussi littéral que celui de Gandalf », un type de discours que « même un avocat israélien rêverait de tenir »[41] mais qui ne sied pas à Gollum.

Dans son ouvrage Splintered Light : Logos and Language in Tolkien's World, Verlyn Flieger évoque l'ombre que porte Frodon. Selon elle, cette ombre est personnifiée par le personnage de Gollum, lequel incarne parfaitement les ténèbres de l'anneau, personnification d'autant plus forte que Gollum fait le choix de se tourner vers l'ombre[42]. Robert Ghel appuie ce propos ajoutant que Gollum est « le résultat de l'union symbolique entre le hobbit Sméagol et Sauron (via l'Anneau) »[43]. Selon Sara Bahadori, Gollum est l'archétype du schizo-paranoïde, avec ses deux personnalités que sont Sméagol et Gollum. Ce jugement est confirmé par une étude démontrant que Gollum n'est ni schizophrène, ni ne présente de trouble de la personnalité[44]. Bahadori précise d'ailleurs qu'il n'utilise que la forme pronominale « Nous », représentant le couple Gollum-Sméagol, « comme si l’accession à une identité assumée ne pouvait se faire pour Sméagol seul ou pour Gollum seul ». Selon elle, la relation qu'a Gollum à l'anneau est partagée : « Gollum possède l’anneau tout autant qu’il est possédé par ce dernier […], Gollum et l’anneau sont l’un pour l’autre à la fois sujet et objet »[45].

« L’anneau fait partie de l’identité du Gollum, sa présence lui procure bien-être et joie »[45], Tom Shippey allant jusqu'à lui adjoindre le terme d’addict de l'anneau[46]. Pour Ralph Wood, « Gollum est devenu [...] incapable d'entrer en relation avec aucune autre créature humaine ou hobbite »[47]. Wood admet néanmoins que le pouvoir maléfique de l'anneau et ses conséquences sont contrebalancées par l'action de Frodon qui s'attache au meilleur de Gollum plutôt qu'à ses travers, ce qui provoque un retour de la sympathie chez Gollum. Selon lui, Frodon suit un précepte émis par saint Augustin dans ses Confessions (en parlant de l'amour de Dieu pour lui-même) : « En m'aimant, tu m'as fait aimant »[48].

Pour Flieger, Gollum est l'un des personnages de la fiction du XXe siècle des plus mémorables[42].

Adaptations[modifier | modifier le code]

Gollum a été adapté de nombreuses fois dans divers médias.

Adaptations radiophoniques et musicales[modifier | modifier le code]

Dès 1952, il est interprété par Tolkien lui-même dans un enregistrement effectué chez l'un de ses amis, Georges Sayer. Cet enregistrement est commercialisé en 1975 sous le titre J.R.R Tolkien Reads and Sings His "The Hobbit" and "The Fellowship of the Ring". Selon Douglas A. Anderson, la voix « aiguë et sifflante » qu'il donne à Gollum rend sa performance « très réussie[2] ». Tolkien est d'ailleurs assez fier de son interprétation : « je fais [un bon] Gollum[49] ».

Dans l'adaptation radiophonique du Seigneur des anneaux de 1955, Gollum est interprété par Gerik Schjelderup[50], tandis que dans la version de 1979, Gail Chugg prête sa voix au personnage. Dans l'adaptation radiophonique The Hobbit, il est doublé par Wolfe Morris. Le narrateur l'appelle « Galloom », et son rôle correspond à celui de la deuxième édition du Hobbit.

Entre 1984 et 1987, le compositeur néerlandais Johan de Meij créé sa première symphonie, The Lord of the Rings, composée de 5 mouvements dont le troisième est intitulé Gollum (Sméagol). La créature est représentée par un saxophone soprano[51].

Sur la bande-son du second opus de la trilogie cinématographique de Peter Jackson, sortie en décembre 2002, on trouve la chanson Gollum's Song, qui clôt le film. Interprétée par la chanteuse islandaise Emilíana Torrini, la chanson a été principalement composée par Howard Shore et Fran Walsh[52]. Emilíana Torrini fut récompensée d'un Phoenix Film Critics Society Award pour son interprétation[53].

En 2005, dans leur troisième album, le groupe de metal finlandais Battlelore, dont toute la musique s'inspire du monde de Tolkien, enregistre une chanson intitulée Gollum's cry[54].

Adaptations cinématographiques et théâtrales[modifier | modifier le code]

Vers la fin des années 1960, les Beatles envisagent d'adapter Le Seigneur des anneaux à l'écran. Dans leur projet, c'est John Lennon qui devait jouer le rôle de Gollum, mais l'adaptation ne vit jamais le jour, faute d'avoir pu acquérir les droits[55].

Dans le dessin animé musical The Hobbit, de Jules Bass et Arthur Rankin Jr., Gollum est doublé par Brother Theodore. Il reprend le rôle dans The Return of the King en 1980.

En 1981, dans la seconde adaptation radiophonique du Seigneur des anneaux enregistrée pour la BBC, l'acteur Peter Woodthorpe prête sa voix à Gollum. Il reprend ainsi le rôle qu'il interprétait quelques années auparavant dans le film d'animation de Ralph Bakshi, sorti en 1978. Pour la version française, le doublage de Gollum est tenu par l'acteur Gérard Hernandez[56].

Dans les films de Peter Jackson, Gollum est modélisé en images de synthèse par la méthode de capture de mouvement sur l'acteur Andy Serkis. Celui-ci prête également sa voix à Gollum, en lui intimant des sons proches de ceux que font les chats lorsqu'ils recrachent des boules de poils[57]. Le personnage n'apparaît vraiment qu'à partir du second volet, dans le premier il n'est que suggéré, lorsque la Communauté de l'anneau traverse les mines de la Moria.

L'apparence de Gollum, dans les films, est basée sur des esquisses et dessins réalisés par les artistes Alan Lee, John Howe, Daniel Falconer, Warren Mahy et Ben Wootten. Les concepteurs de Weta Digital, Jason Schleifer et Bay Raitt, ont ensuite créé une marionnette numérique grâce à la capture de mouvement enregistrée à partir d'Andy Serkis, qu'ils ont ensuite remplacé, dans le film, par son double numérique.

« Gollum est, presque littéralement, un archétype de l'ombre, la partie de nous-même que nous craignons et refoulons le plus ; une créature qui est sortie des profondeurs de notre psyché et qui suit notre trace, nous rappelant en permanence ce que nous pouvons devenir. Le défi que constituait la représentation d'une telle complexité dans un personnage animé, généré par ordinateur, a été relevé avec enthousiasme par Andy Serkis et tous ceux qui se sont impliqués dans cette création. »

— Alan Lee, The Lord of the Rings Sketchbook[58].

Andy Serkis, l'interprète de Gollum dans les films de Peter Jackson.

Serkis apparaît également en images réelles dans une scène au début du Retour du roi : il y interprète Sméagol avant sa transformation en Gollum. Cette scène est initialement prévue pour Les Deux Tours, mais a été retardée car les scénaristes pressentirent que le public accueillerait mieux le Sméagol d'origine une fois qu'il serait plus familier avec celui qu'il devient par la suite. La décision d'inclure cette scène signifie que Bay Raitt et Jamie Beswarick ont dû repenser le visage de Gollum pour les deuxième et troisième films de sorte qu'il ressemble davantage à Serkis. Les brefs aperçus dans La Communauté de l'Anneau sont d'un modèle numérique antérieur de Gollum[59].

Le dédoublement de la personnalité de Gollum est souligné dans les films de Peter Jackson : les scénaristes Fran Walsh et Philippa Boyens ont inclus des scènes dans Les Deux Tours et Le Retour du Roi dans lesquelles les personnalités Gollum et Sméagol dialoguent entre elles, obligeant Serkis à modifier légèrement sa voix et son langage corporel afin de jouer les deux comme des entités distinctes.

Serkis et Gollum sont apparus dans un film court, lors des MTV Awards 2003, où Gollum est récompensé par l'award de la meilleure performance virtuelle. Ce clip est un easter egg du DVD des Deux Tours. Wizard Magazine nomme Gollum à la 62e place des plus grands méchants de tous les temps. En outre, Serkis est nommé 13e meilleur personnage de film de tous les temps par le magazine Empire[60].

En France, c'est Sylvain Caruso, connu pour sa voix de Donald Duck, qui double Andy Serkis. Dans ses travaux préparatoires pour les films de Peter Jackson, John Howe a dessiné Gollum comme un mélange entre « un junkie sans-abri et un survivant d'un camp de concentration »[57].

Le personnage de Gollum fait également l'objet d'un film tourné par des fans, The Hunt for Gollum (2009), qui retrace la période durant laquelle Aragorn et Gandalf cherchent à le capturer. Gollum n'est jamais montré directement, seulement suggéré, à la manière hitchcokienne. L'acteur Gareth Brough lui prête sa voix[61].

Au Canada, Gollum a été interprété par Michael Therriault dans une mise en scène de trois heures du Seigneur des Anneaux, qui a commencé en 2006 à Toronto.

Illustrations[modifier | modifier le code]

Dans les illustrations du Hobbit parues avant 1966, Gollum est souvent représenté comme une créature très grande et d'aspect variable. Ainsi, dans l'édition suédoise de 1947, Gollum fait pratiquement quatre fois la taille de Bilbo, tandis que dans l'édition allemande de 1957, Bilbo ne lui arrive qu'à la taille. Dans l'édition portugaise de 1962, c'est un personnage barbu deux fois plus grand que Bilbo, et dans l'édition japonaise de 1965, il ressemble à un grand reptile de trois fois la taille du hobbit[2]. Ainsi que Tolkien le fait remarquer dans une lettre de 1962, la plupart des illustrateurs font de Gollum un monstre, « au mépris du texte »[62]. En 1966, il retouche son texte, faisant de Gollum « une petite créature visqueuse ».

Ted Nasmith a représenté Gollum assis dans un coracle face à Bilbo, dans le tableau à la gouache The Riddle Game[63]. Selon Nasmith, l'environnement devait justifier les habitudes alimentaires de Gollum décrites par Tolkien, ce qu'il fit en « mettant l'accent sur les résultats de son isolement […] avec des arêtes, de la pourriture et de la dégradation manifeste[64]. »

Gollum apparaît dans l'adaptation en bande dessinée, en trois tomes, The Hobbit, écrite par Chuck Dixon et Sean Deming et illustrée par David Wenzel. Cette bande dessinée est d'abord publiée par Eclipse Comics en 1989 et est disponible en français dans une traduction d'Anne Capuron depuis 2009 chez Delcourt.

Jeux vidéo[modifier | modifier le code]

Dans Le Seigneur des anneaux : La Communauté de l'anneau, jeu vidéo de Vivendi Universal Game, Gollum apparaît dans une cinématique lorsque la communauté de l'anneau se trouve dans la Moria, et est représenté à demi caché derrière les débris, grommelant. Il apparaît également dans le dernier niveau à Amon Hen, lorsque le joueur incarne Aragorn, où il apparaît sur une falaise puis s'éloigne. Ensuite, le joueur se dirige vers une petite île et une cinématique montre une conversation entre Aragorn et Gollum, dans laquelle Gollum lui jette un poisson, poisson qui devient son arme pour la dernière mission, ainsi que l'arme la plus puissante du jeu. Il est incarné par Quinton Flynn. Dans le jeu vidéo Bilbo le hobbit de 2003, Gollum n'apparaît que dans une cinématique du niveau « Énigmes dans l'obscurité », Daran Norris lui prête sa voix.

Dans le jeu de stratégie temps réel de Sierra Entertainment, Le Seigneur des Anneaux : La Guerre de l'Anneau, basé sur le livre, Gollum est un héros jouable. Legolas et une troupe d'archers suivent sa trace à travers la Forêt Noire.

Il apparaît aussi dans les jeux d'Electronic Arts tirés des films de Peter Jackson. Dans le jeu de stratégie en temps réel Le Seigneur des Anneaux : La Bataille pour la Terre du Milieu, Gollum est un héros jouable du Mordor. Dans sa suite, Le Seigneur des Anneaux : La Bataille pour la Terre du Milieu II, il n'est plus jouable mais devient une cible du joueur. Lorsqu'il est tué, il laisse tomber l'anneau. Quand l'anneau est rapporté à la forteresse du joueur, celui-ci peut convoquer un héros spécial - Galadriel pour le bien ou Sauron pour le mal. Il apparaît également dans le jeu d'action basé sur Le Seigneur des anneaux : Le Retour du roi, en tant que compagnon de Frodon, mais à la Montagne du Destin, il devient le boss final que le joueur doit jeter dans la lave du volcan. Dans la version Game Boy, il est un personnage bonus jouable. Dans le jeu Lego Le Seigneur des anneaux, c'est un héros jouable armé d'un poisson.

Héritage[modifier | modifier le code]

Littérature[modifier | modifier le code]

Gollum semble avoir laissé sa trace dans la littérature. Malgré le fait que C. S. Lewis se défende d'avoir été inspiré par son meilleur ami, ou de l'avoir inspiré à son tour, il cite néanmoins Gollum pour le comparer à son personnage Puddleglum qui apparaît dans le roman Le Fauteuil d'argent, 4e volume de la série Le Monde de Narnia : « Je ne pense pas qu’un Touille-marais[N 4] ressemble à un Hobbit. Le Hobbit est une joyeuse petite créature, satisfaite et optimiste. Si l’on devait comparer Puddleglum à l’un des personnages de Tolkien, je dirais de lui qu’il est « un bon Gollum[65] ». ».

Plus récemment, selon Anne Larue, le personnage de Dobby, qui apparaît dans la série des Harry Potter de J. K. Rowling, serait influencé par Sméagol. Elle cite notamment trois caractéristiques de Gollum et Dobby, qui parlent d'eux-mêmes à la troisième personne, sont fourbes et pitoyables[66]. Anne Larue n'hésite pas à comparer également la relation de parenté qui lie Harry Potter et son ennemi Voldemort avec celle qui lie Gollum et les hobbits[66].

Faune et flore[modifier | modifier le code]

Le personnage de Gollum a particulièrement inspiré les taxonomistes. Ainsi un certain nombre d'animaux et de plantes sont nommés d'après la créature. Chez les animaux, on recense (liste non exhaustive) :

Du côté des végétaux, on trouve la Crassula ovata Gollum, représentante de la famille des Crassulaceae, une plante succulente d'Afrique du Sud[71]. Gollum fait également référence à une protéine et au gène impliqué dans sa synthèse, dans le phénotype d'Arabidopsis thaliana et Medicago truncatula. Le terme Gollum est ici l'acronyme de Growth in different Oxygen LeveLs inflUences Morphogenesis (litt. « la croissance dans des niveaux d'oxygène différents influence la morphogénèse »)[72].

Géographie[modifier | modifier le code]

Celtic Sea and Bay of Biscay bathymetric map-fr.svg
Gollum Channel
Gollum Channel
Voir l’image vierge
Situation du Gollum Channel.

Au large de l'Irlande, dans l'océan Atlantique, il existe un chenal sous-marin, le Gollum channel (entre50° 10′ N 13° 00′ O / 50.17, -13 ()et50° 26′ N 12° 30′ O / 50.433, -12.5 ()), qui permet d'écouler les alluvions et sédiments venant de la côte irlandaise et de la mer d'Irlande vers la marge irlandaise[73]. Ce chenal se trouve au milieu d'un certain nombre de reliefs sous-marins nommés selon les œuvres de Tolkien, tels que les Aragorn channel, Théoden channel, et Faramir channel[73], ou encore les Edoras et Fangorn Bank ou les Rohan et Gondor Seamount[74].

Gulf of Mexico.png
Gollum's Lake
Le Gollum's Lake dans le golfe du Mexique.
Voir l’image vierge
Situation du Gollum's Lake.

Un autre relief sous-marin nommé d'après le personnage se trouve au large de la côte de la Louisiane, aux États-Unis : le Gollum's Lake, et le canyon qui l'alimente, le Gollum's Canyon (aux coordonnées 28° 31′ 22″ N 93° 40′ 23″ O / 28.522761, -93.673096 ()). Ce lac sous-marin se trouvant dans le golfe du Mexique, dans un relief nommé l'East Flower Garden Bank, est un bassin naturel où la saumure naturelle précipite depuis les courants marins supérieurs[75].

Média[modifier | modifier le code]

Musique[modifier | modifier le code]

Un morceau du groupe Led Zeppelin, Ramble On, enregistrée en 1969, parle de Gollum. Outre les références à Sauron et au Mordor, une strophe cite explicitement le personnage :

Mine's a tale that can't be told, my freedom I hold dear.
How years ago in days of old, when magic filled the air.
T'was in the darkest depths of Mordor, I met a girl so fair.
But Gollum, and the evil one, crept up and slipped away with her, her, her....yeah.[76]

Informatique[modifier | modifier le code]

Il existe plusieurs applications reprenant le nom Gollum (liste non exhaustive) :

Télévision[modifier | modifier le code]

Dans l'épisode Une nouvelle Terre de la série britannique Doctor Who, Le Docteur et Rose croisent la route de Lady Cassandra. Celle-ci possède un serviteur, Chip, que Rose appelle Gollum, en référence à son physique[79].

L'épisode Le Fœtus siamo-maxillaire de la série américaine South Park, met en scène l'infirmière Gollum, une femme possédant un fœtus collé à sa joue gauche, et avec un syndrome des jumeaux siamois. Son nom est directement inspiré du personnage de Tolkien[80]. Dans l'épisode Le Retour de la communauté de l'anneau des deux tours qui parodie Le Seigneur des anneaux, le personnage de Butters est transformé en Gollum[81].

Dans l'épisode 17 : Le Fameux Anneau de la saison 3 de The Big Bang Theory, les principaux protagonistes trouvent par hasard un des anneaux ayant servi au tournage de la saga Le Seigneur des Anneaux par Peter Jackson. Lors d'un rêve Sheldon Cooper, personnage principal de la série, se l'approprie et sombre peu à peu dans la folie, de la même façon que Gollum, appelant l'anneau « mon précieux » et « mon trésor », et ira jusqu'à prendre brièvement son apparence.

Autres[modifier | modifier le code]

En 2007, Bertrand Lesguillons crée la société de production Gollum Prod, qui propose des services de communications pour les professionnels de la télévision ou du cinéma, au travers de deux interfaces, Gollum Cinéma et Gollum Entreprise[82],[83]. Le nom est explicitement tiré du personnage de Tolkien : « Il fallait bien rendre hommage [...] à la créature née dans l’imaginaire de Tolkien. »[84].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Ce poème est publié pour la première fois par Anderson dans Anderson 2012, p. 145-146.
  2. Rien n'indique, toutefois, que Tolkien ait pu connaître ce roman.
  3. Pour Gollum, cette remarque n'est vraie que dans le cadre du récit du Hobbit, car dans le Seigneur des anneaux, on apprend qu'il est un hobbit.
  4. Un Touille-marais est un humanoïde vivant dans des marais, au Nord du Monde de Narnia. Il a notamment la caractéristique d'être assez pessimiste.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Le Seigneur des anneaux, « Prologue ».
  2. a, b et c Anderson 2012, p. 145.
  3. a, b, c, d, e, f et g Le Seigneur des anneaux, « L'Apprivoisement de Sméagol ».
  4. a, b et c Le Seigneur des anneaux, « La Fenêtre de l'Ouest ».
  5. The Lord of the Rings: A Reader's Companion, p. 447.
  6. a, b, c et d Bilbo le hobbit, « Énigmes dans l'obscurité ».
  7. Le Seigneur des anneaux, « Les Choix de Maître Samsagace ».
  8. a, b, c et d Le Seigneur des anneaux, « Le Conseil d'Elrond ».
  9. J.R.R. Tolkien Encyclopedia, p. 246.
  10. The Lord of the Rings: A Reader's Companion, pp. 27, 53.
  11. Lettres, no 25, p. 31.
  12. The Peoples of Middle-earth, pp. 53–54.
  13. Anderson 2012, p. 147.
  14. a et b The Riddle of Gollum: Was Tolkien Inspired by Old Norse Gold, the Jewish Golem, and the Christian Gospel?
  15. a, b, c, d, e, f et g Le Seigneur des Anneaux, « L'Ombre du passé ».
  16. Le Seigneur des Anneaux, « L'Antre d'Arachne ».
  17. Le Seigneur des anneaux, « Un voyage dans l'obscurité ».
  18. a et b The History of the Hobbit, pp. 166–167.
  19. The History of the Hobbit, p. 156.
  20. The Return of the Shadow, p. 86.
  21. The Return of the Shadow, p. 370.
  22. The Return of the Shadow, p. 380.
  23. Lettres, no 111, p. 124.
  24. Lettres, no 128, p. 141.
  25. The History of the Hobbit, pp. 751–754.
  26. Anderson 2012, p. 161-162.
  27. a et b Tolkien et le Moyen Âge, pp. 110 et suivantes.
  28. Sur les Rivages de la Terre du Milieu, pp. 37 et suivantes.
  29. « Tolkien as Philologist », in Tolkien and the invention of the myth, p. 61.
  30. Tree of Tales, p. 101.
  31. A Dictionary of Biblical Tradition in English Literature, p. 314.
  32. Lettres, no 64, p. 116.
  33. Tolkien and Shakespeare, p. 284.
  34. J.R.R. Tolkien and his literary resonances, pp. 121 et suivantes.
  35. J.R.R Tolkien Encyclopedia, p. 78.
  36. J.R.R Tolkien Encyclopedia, p. 371.
  37. The Lord of the Rings: The Mythology of Power, p. 73.
  38. Reconsidering Tolkien, p. 22.
  39. The Lord of the Rings 1954-2004, p. 157.
  40. Tolkien in Translation, p. 61.
  41. Translating Tolkien, p. 59.
  42. a et b Splintered Light, p. 151.
  43. Tolkien and Shakespeare, p. 258.
  44. A precious case from Middle Earth, p. 1436.
  45. a et b Tolkien, Sauron et le nom du père, p. 287.
  46. The Road to Middle-earth, p. 157-158.
  47. Tree of Tales, p. 91.
  48. The Gospel According to Tolkien, p. 132.
  49. Lettres, no 134, p. 164.
  50. Radio Times, vol. 133, no 1723, 16 novembre 1956.
  51. Site de Johan de Meij, section Discography
  52. (es) « Las canciones del Señor de los Anillos », Los especiales de Psychocorp.
  53. (en) « 2002 Phoenix Film Critics Society Winners », Phoenix Film Critics Society.
  54. Site du groupe Battlelore
  55. Reader's Guide, p. 21.
  56. Fiche du film sur Allociné.
  57. a et b The Lord of the Rings: Gollum: How We Made Movie Magic.
  58. The Lord of the Rings Sketchbook, p. 110.
  59. Fascicule du DVD bonus La création de Gollum
  60. The 100 Greatest Movie Characters, Empire.
  61. Hunting Peter Jackson - A review of The Hunt for Gollum, Chad Chisholm, Festival in the Shire Journal, volume no2.
  62. Anderson 2012, p. 162.
  63. Ted Nasmith, The Riddle Game.
  64. Ted Nasmith, News Blog, The Riddle Game.
  65. The Collected Letters of C.S. Lewis, pp. 1458–1460.
  66. a et b L’épopée romanesque et la guerre néo-médiévale dans La Jérusalem délivrée et Le Seigneur des anneaux, § 25.
  67. Gollum galaxias
  68. a, b, c, d, e et f Curiosities of Biological Nomenclature
  69. Journal of Herpetology, no 41
  70. Smeagol hilaris, a marine slug, as a Critically Endangered Species
  71. Fiche de la Crassula gollum
  72. The possible role of an [FeFe]-hydrogenase-like protein in the plant responses to changing atmospheric oxygen levels
  73. a et b Neogene Sedimentary Processes of Submarine Channels, West Off Ireland
  74. La Terre du Milieu sous la Mer
  75. Powell, Bright & Brooks, p. 58-59.
  76. Paroles de la chanson
  77. Gollum, the Wikipedia Browser
  78. Gollum wiki
  79. Doctor Who Figure Reviews
  80. Deconstructing Disability: Three Episodes of South Park, § Episode 205.
  81. The deep end of South Park, p. 173.
  82. Fiche de la société Gollum Prod
  83. Site de la société Gollum Prod
  84. Site de la société Gollum Prod

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages de Tolkien[modifier | modifier le code]

Articles et ouvrages sur Tolkien[modifier | modifier le code]

En français[modifier | modifier le code]
En anglais[modifier | modifier le code]
  • (en) Jane Chance, The Lord of the Rings: The Mythology of Power, University Press of Kentucky,‎ 2001 (ISBN 0813190177, lire en ligne)
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  • (en) Vincent Ferré, Daniel Lauzon, David Riggs, « Traduire Tolkien en français: On the Translation of Tolkien's Works into French », dans Thomas Honegger, Tolkien in Translation, Walking Tree Publishers,‎ 2003 (ISBN 3952142468)
  • (en) Verlyn Flieger, Splintered light: logos and language in Tolkien's world, Kent State University Press,‎ 2002 (ISBN 0873387449, lire en ligne)
  • (en) Marion Gymnich, « Reconsidering the Linguistics of Middle-earth: Invented Languages and Other Linguistic Features in J.R.R. Tolkien's The Lord of the Rings », dans Thomas Honegger, Reconsidering Tolkien, Walking Tree Publishers,‎ 2005 (ISBN 3905703009)
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  • (en) Wayne G. Hammond et Christina Scull, The Lord of the Rings: A Reader's Companion, HarperCollins,‎ 2005 (ISBN 0-00-720907-X)
  • (en) Wayne G. Hammond et Christina Scull, The J.R.R. Tolkien Companion and Guide: Reader's Guide, Houghton Mifflin,‎ 2006, 1256 p. (ISBN 978-0-618-39101-1)
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  • (en) Alan Lee, The Lord of the Rings Sketchbook, Houghton Mifflin,‎ 2005 (ISBN 0618640142)
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  • (en) Woody Wendling, « The Riddle of Gollum: Was Tolkien Inspired by Old Norse Gold, the Jewish Golem, and the Christian Gospel? », Inklings Forever, vol. 6,‎ 2008 (lire en ligne)
  • (en) Ralph C. Wood, « Tolkien’s Augustinian Understanding of Good and Evil », dans Trevor Hart et Ivan Khovacs, Tree of tales : Tolkien, literature, and theology, Baylor University Press,‎ 2007 (ISBN 9781932792645, lire en ligne)
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Articles et ouvrages non spécifiques[modifier | modifier le code]

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  • (en) Nadia Bashir, « A precious case from Middle Earth », Bristish Medical Journal, vol. 329, no 7480,‎ 2004, p. 1435–1436 (DOI 10.1136/bmj.329.7480.1435)
  • (en) Christine Cavazza, « The possible role of an [FeFe]-hydrogenase-like protein in the plant responses to changing atmospheric oxygen levels », Journal of Inorganic Biochemistry, vol. 102, no 5-6,‎ 2008, p. 1359-1365 (DOI 10.1016/j.jinorgbio.2008.01.027)
  • (en) Lee L. Grimser, « A New Species of Ingerophrynus (Anura: Bufonidae) from a Lowland Rain Forest in Southern Peninsular Malaysia », Journal of Herpetology, vol. 41, no 2,‎ 2007, p. 225-230 (DOI [225:ANSOIA2.0.CO;2 10.1670/0022-1511(2007)41[225:ANSOIA]2.0.CO;2])
  • (en) C. S. Lewis et Walter Hooper, The Collected Letters of C.S. Lewis, HarperCollins,‎ 2004 - 2006 (ISBN 9780060882280)
  • (en) David Lyle Jeffrey, A Dictionary of Biblical Tradition in English Literature, Wm. B. Eerdmans Publishing,‎ 1992 (ISBN 0802836348, lire en ligne)
  • (en) E. N. Powell, T. J. Bright et Brooks, « The effect of sulfide and an increased food supply on the meiofauna and macrofauna at the East Flower Garden brine seep », Helgolfinder Meeresunters, vol. 40, no 1-2,‎ 1986, p. 57-82 (DOI 10.1007/BF01987289)
  • (en) John Reid-Hresko et Kim Reid, « Deconstructing Disability: Three Episodes of South Park », Disability Studies Quarterly, vol. 25, no 4,‎ automne 2005 (lire en ligne)
  • (en) Andy Serkis, The Lord of the Rings: Gollum: How We Made Movie Magic, Houghton Mifflin,‎ 2003 (ISBN 0618391045)
  • (en) Leslie Stratyner et James R. Keller, The deep end of South Park, McFarland,‎ 2009 (ISBN 9780786443079)
  • (en) David Van Rooij, « Neogene Sedimentary Processes of Submarine Channels, West Off Ireland », Search and Discovery,‎ 2009 (lire en ligne)
  • (en) Fisheries Scientific Committee, « Proposed Determination: Smeagol hilaris, a marine slug, as a Critically Endangered Species », Fisheries Management Act,‎ février 2009 (lire en ligne)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Lien externe[modifier | modifier le code]

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