Arachne (Terre du Milieu)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Arachne.
Arachne
Personnage de fiction apparaissant dans
Le Seigneur des anneaux.

Nom original Shelob
Sexe féminin
Espèce Araignée
Adresse Torech Ungol
Affiliation rejeton d'Ungoliant
Entourage Sauron
Gollum

Créé par J. R. R. Tolkien
Film(s) Le Retour du roi
Roman(s) Les Deux Tours

Arachne est une créature de fiction de la Terre du Milieu du légendaire de l'écrivain britannique J. R. R. Tolkien, qui apparaît particulièrement à la fin du quatrième livre du Seigneur des anneaux dans le second volume, Les Deux Tours. C'est une araignée géante, considérée comme l'ultime descendante d'Ungoliant ; elle garde le col de Cirith Ungol dans son antre de Torech Ungol.

Son antre est parsemé de toiles qu'elle tisse et que seule une épée elfique peut couper. Cette créature aux multiples yeux[1],[Note 1] a l'habitude d'empoisonner ou d'endormir ses victimes, notamment des Orques qui s'aventurent dans la caverne, ainsi que des prisonniers qui lui sont sciemment envoyés. Sauron, maître du Mordor, tolère sa présence parce qu'elle garde l'entrée ouest du Mordor. Son attaque contre Frodon Sacquet et Samsagace Gamegie amène ce dernier à continuer seul la quête pour détruire l'Anneau unique après avoir cru son maître blessé mortellement.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Nom[modifier | modifier le code]

Tolkien a expliqué dans une lettre que le nom anglais « Shelob » vient de l'anglais she, la marque du féminin et lob, un terme archaïque pour « araignée »[2], issu du vieil anglais lobbe « araignée »[3].

Description[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

Fille d'Ungoliant, Arachne naît probablement au cours du Premier Âge dans la vallée de Nan Dungortheb, en Beleriand. Bien avant que Sauron prenne le contrôle du Mordor, Arachne s'était déjà installée dans les montagnes de l'Ephel Dúath et avait semé ses rejetons jusqu'en Mirkwood[1]. À son arrivée, Sauron ne la chasse pas, mais fait en sorte qu'elle garde « l'ancienne voie d'entrée de son pays », car il la considère beaucoup « plus sûre » que ce qu'il aurait pu inventer par lui-même[1]. Sauron va même jusqu'à la surnommer « sa chatte » (bien qu'elle ne le reconnaisse pas comme son maître), et à lui distribuer orques et prisonniers.

En 2980 du Troisième Âge, Gollum sort des Monts Brumeux, décidé à récupérer son anneau volé par Bilbo et se dirige vers l'Est. Alors qu'il arrive à Esgaroth, sur le Long Lac, il change de route et bifurque au Sud, en direction du Mordor où il est capturé par Sauron. Durant son passage en Mordor, Gollum rencontre Arachne. Ils font un marché : Arachne ne dévore pas Gollum si celui-ci lui apporte de la nourriture.

En 3019, Gollum mène Frodon et Sam par le col de Cirith Ungol, décidé à les amener à Arachne. Alors que Sam et Frodon progressent avec mal dans le tunnel remplis de toiles, Arachne s'interpose entre Sam et son maître, avançant vers Frodon avec « rapidité horrible », évitant Sam qui portait la fiole de Galadriel. Sam tente alors de rattraper Frodon, mais est stoppé par Gollum avec lequel il se bat. Arachne rattrape Frodon, qu'elle pique et enroule de sa toile. Sam qui s'est débarrassé de Gollum, revient et charge l'araignée avec l'épée Dard. Il lui crève un œil, puis lui transperce le ventre. Arachne finit par battre en retraite blessée, devant la lumière d'Eärendil, et il n'est pas dit ce qu'il advient d'elle[4].

Création et évolution[modifier | modifier le code]

À la fin d'une longue lettre à W. H. Auden[5], J. R. R. Tolkien explique qu'il « ne déteste pas les araignées », mais qu'il ne va pas empêcher les gens de rapprocher cet épisode de celui de son enfance où une araignée l'avait piqué à Bloemfontein[6], qu'il ne connaît que parce qu'on lui a raconté.

Critique et analyse[modifier | modifier le code]

Arachne, qui est associée à la mort et à l'obscurité, est opposée à Galadriel[7]. Les deux personnages sont également anciens, et vivent dans des royaumes éloignés ; ils sont tous les deux surnommés « Lady »[8]. Ils ne sont pas du tout dans la même zone géographique, mais ils combattent malgré tout via un objet : la fiole que Galadriel a donné à Frodon sert à Sam dans l'antre d'Arachne[9] ; la lumière que génère cette fiole a pour origine les Arbres de Valinor détruits par Ungoliant, est passée par les Silmarils et dans l'étoile Eärendil, aussi Arachne la craint-elle[10].

Arachne ressemble également à sa mère Ungoliant, dont on sait très peu de choses[11] ; comme elle, elle est la créature féminine qui s'oppose à la personnification du mal — Melkor pour la mère et Sauron pour la fille[12] —. Tout comme elle, elle personnifie l'« appétit », la « luxure », et le « désir », mais on y trouve aussi plus de références phalliques (l'épée de Sam s'enfonçant « de plus en plus profondément » dans le « ventre frémissant » de l'araignée)[12],[1].

Elle a servi à appuyer les thèses sur la misogynie de Tolkien, étant la seule ennemie femelle du Seigneur des anneaux et étant la seule à ne pas avoir de partenaire[13].

Adaptations[modifier | modifier le code]

Dans la trilogie cinématographique de Peter Jackson, Arachne apparaît au troisième film, Le Retour du roi. Elle possède un dard rétractable venimeux à l'extrémité de sa filière ; ce n'est pas ainsi que procèdent les vraies araignées, qui inoculent le venin depuis leurs chélicères. Arachne semble également avoir une bouche géante, alors que les araignées réelles ne peuvent absorber que du liquide. Dans le commentaire du DVD, Jackson explique que l'apparence d'Arachne est basée sur la Porrhothele antipodiana, une araignée creusant des tunnels issue de Nouvelle-Zélande, qu'il déteste[réf. nécessaire]. Il n'est pas fait référence dans le film à sa terrifiante mère Ungoliant. Dans le film, Arachne pique Frodon à la poitrine, alors que dans le livre elle agit au cou, au-dessus de sa protection en mithril ; ce peut être une erreur de scénario, car plus loin, deux Orques trouvent la protection impeccable.

Dans le jeu vidéo Le Seigneur des anneaux : Le Retour du roi basé sur le film, Arachne est le boss du niveau « L'Antre d'Arachne ». Dans La Bataille pour la Terre du Milieu II, elle est un héros de la faction des Gobelins.

Dans le comic de Marvel Spirits of Vengeance no 11, Ghost Rider et John Blaze combattent une araignée démoniaque appelée Shelob, le nom en version originale d'Arachne. Dans le jeu vidéo Borderlands, il faut battre une araignée géante nommée Helob, dont le nom peut être compris comme un jeu de mot[Note 2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Shelob » (voir la liste des auteurs).

Notes[modifier | modifier le code]

  1. « [Frodon] prit conscience d'yeux qui devenaient visibles, deux grand faisceaux d'yeux à multiples facettes […] »
  2. He signifie « il » et she désigne « elle ».

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Le Seigneur des anneaux, Livre IV, chap. 9 : « L'Antre d'Arachne ».
  2. Lettres, lettre no 144, p. 180.
  3. Fisher, p. 8.
  4. Le Seigneur des anneaux, « Les choix de Maître Samsagace ».
  5. Lettres, lettre no 163, p. 217.
  6. J. R. R. Tolkien, une biographie, p. 19–20.
  7. Marjorie Burns, « Spiders and Evil Red Eyes: The Shadow Sides of Gandalf and Galadriel », dans J.R.R. Tolkiens's “The Lord of the Rings”, p. 70.
  8. Marjorie Burns, « Doubles » dans J.R.R. Tolkien Encyclopedia, p. 128.
  9. Marjorie Burns, « Spiders and Evil Red Eyes: The Shadow Sides of Gandalf and Galadriel », dans J.R.R. Tolkiens's “The Lord of the Rings”, p. 89.
  10. Hobbits, elves, and wizards, chapitre « Shelob », p. 68–69.
  11. Marjorie Burns, « Spiders and Evil Red Eyes: The Shadow Sides of Gandalf and Galadriel », dans J.R.R. Tolkiens's “The Lord of the Rings”, p. 92.
  12. a et b Marjorie Burns, « Shelob » dans J.R.R. Tolkien Encyclopedia, p. 606.
  13. Aline Ripley, « Feminist Readings of Tolkien », J.R.R. Tolkien Encyclopedia, p. 202 cite Stimpson 1969, p. 19 et Partridge 1983, p. 191.

Bibliographie[modifier | modifier le code]