Morgoth

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Morgoth
Personnage de fiction apparaissant dans
l'œuvre de J. R. R. Tolkien.

Illustration de l'Ainu Melkor, plus tard connu comme Morgoth.
Illustration de l'Ainu Melkor, plus tard connu comme Morgoth.

Nom original Melkor
Alias Belegurth Bauglir
Origine Valinor
Sexe masculin
Caractéristique(s) Vala
Entourage Sauron, Balrogs, et Dragons
Ennemi(s) Manwë et les autres Valar

Créé par J. R. R. Tolkien
Roman(s) Le Silmarillion, Histoire de la Terre du Milieu, Les Enfants de Húrin

Morgoth ou Melkor est un personnage fictif qui appartient au légendaire créé par l'écrivain britannique J. R. R. Tolkien. Il est le principal antagoniste du roman Le Silmarillion, apparaît dans Les Enfants de Húrin et est mentionné brièvement dans Le Seigneur des anneaux.

À l'origine, Melkor est le plus puissant des quatorze Valar et le frère de Manwë, mais en se tournant vers l'obscurité, il est rebaptisé Morgoth, « Noir Ennemi du Monde », par le Ñoldo Fëanor. Son véritable nom, en langue valarine, est tabou.

Morgoth est le principal agent du mal à l'époque du Silmarillion et son influence est demeurée encore vive dans le monde, même après avoir été jeté dans le vide extérieur. Durant les siècles ultérieurs, l'exemple de Morgoth fournira l'essence des contes avertissant contre l'orgueil, la colère, l'envie, la soif de pouvoir, l'avidité, et l'image de la destruction sur soi et sur autrui.

Étymologie et autres noms[modifier | modifier le code]

Le nom Morgoth est composé en sindarin, une langue fictive créée par J. R. R. Tolkien pour les elfes, et signifie « le noir ennemi ». Il est composé de mor qui se traduit par « noir » et koth par « querelle, inimitié ». Bauglir est aussi sindarin et signifie « tyran » ou « oppresseur »[1]. Il est aussi nommé Moringotto (en quenya), « le Noir Ennemi du monde ». Dans le premier chapitre du Silmarillion, Ainulindalë, son nom est Melkor, en quenya, qui signifie « Le Puissant qui se Dresse ». En sindarin, le nom devait être Belegûr, mais fut employé sur une forme volontairement détournée, soit Belegurth signifiant « Grande Mort »[2].

Melkor n'a pas été appelé Morgoth avant qu'il ne détruise les Deux Arbres, ait assassiné Finwë et volé les Silmarils pendant le Premier Âge. Le nom le plus sombre lui a alors été attribué par Fëanor, fils de Finwë, et par la suite, l'elfe le nomme seulement par ce nom.

Comme Sauron, il avait une foule d'autres titres. le Seigneur des Ténèbres, la Puissance Sombre du Nord, le Grand Ennemi et le Tout-Puissant. Les Edain l'appelaient le Roi des Ténèbres et la Puissance des Ténèbres. Les númenóréens corrompus par Sauron, l'appelaient le « Seigneur de Tout » et le « Dispenseur de Liberté ».

Histoire[modifier | modifier le code]

Melkor fut créé par la pensée d'Eru Ilúvatar et par la Flamme Impérissable. C'est le plus puissant des Ainur, frère de Manwë dans la pensée d'Ilúvatar. Contrairement à ses compatriotes, Melkor était trop fier pour avouer que ses créations ont été rendues possibles grâce à Eru, et qu'elles lui appartenaient. Avant l’Ainulindalë et en méconnaissant le dessein d’Ilúvatar, Melkor est sorti fréquemment dans le Vide à la recherche de la Flamme Impérissable, puisqu'il désirait donner naissance à ses propres créations.

Ainulindalë[modifier | modifier le code]

Avant la création d'Arda, Melkor était le plus puissant des Ainur. Il participa à la Grande Musique, mais à mesure que la chanson avançait, Melkor commença à inclure dans sa partie des pensées propres qui ne lui avaient pas été communiquées par Ilúvatar. Dans le cadre de ces efforts, il a attiré beaucoup des plus faibles Ainur vers lui, ce qui créa de la discordance dans le thème principal d'Eru. Ironiquement, ces tentatives n'ont pas bouleversé véritablement la musique, mais seulement élaboré les intentions initiales d'Eru. La Musique prit de la profondeur et de la beauté, précisément à cause de la lutte et de la tristesse des harmonies de Melkor et des rectifications qui furent mises en place.

La grande musique des Ainur était un modèle pour l'ensemble de l'histoire et de la création matérielle de la Terre du Milieu. Ce modèle a d'abord été chanté, puis l'univers a été fait à son image, mais les corruptions de Melkor étaient visibles dans tout ce qui fut créé.

Après la création, de nombreux Ainur entrèrent dans . Les plus puissants d'entre eux étaient appelés les Valar, ou les puissances du monde, et les autres, qui agirent comme leurs partisans et leurs adjoints, ont été appelés les Maiar. Ils se sont immédiatement mis à la commande de l'univers et d'Arda selon leur compréhension des thèmes d'Eru. Melkor et ses partisans se mirent à ruiner et défaire tout ce que les autres faisaient. C'est le premier Seigneur des Ténèbres. Il veut détruire les Enfants d'Ilúvatar et tout ce qui dans Arda n'est pas de sa propre réalisation. Il voulait régner sur Arda tout entière, refusant de prêter allégeance à Manwë, le premier des Rois.

Chacun des Valar était attiré par un aspect particulier du monde qui devint le centre de leurs pouvoirs. Melkor élabora l'extrême et de terribles violences comme de grands froids, la canicule, les tremblements de terre, des déchirures et ruptures, les ténèbres, la lumière brûlante et bien d'autres. Il corrompait des Maiar, comme Sauron, qui était à l'origine un suivant d'Aulë le forgeron, ou les Balrogs. Son pouvoir était si grand que les Valar ont été incapables de le retenir.

Quenta Silmarillion[modifier | modifier le code]

Arda ne semblait pouvoir jamais se réaliser sous une forme stable jusqu'à ce que le Vala Tulkas entrât en Eä et fît pencher la balance. Chassé par Tulkas, Melkor planait dans l'obscurité, aux confins d'Arda. Il attendait le moment opportun et lorsque Tulkas fut distrait, Melkor ré-entra dans Arda. Il construisit deux sombres forteresses : Utumno dans le nord de la Terre du Milieu, ainsi qu'Angband, à l'insu des Valar. Il attaqua et détruisit les Deux Lampes, qui à l'époque étaient les seules sources de lumière. L'île d'Almaren, la première maison des Valar sur Terre, fut détruite dans la violence de la chute des lampes, Arda fut plongé dans l'obscurité.

Après la chute des lampes, les Valar quittèrent la Terre du Milieu pour se réfugier en Aman, à l'extrême ouest. Le pays où ils s'installèrent et qu'ils fortifièrent fut appelé Valinor. Melkor se réfugia à sa forteresse d'Utumno dans le Nord et domina la Terre du Milieu.

Le premier règne de Melkor prit fin après l'arrivée des Elfes, les aînés des Enfants d'Ilúvatar qui se réveillèrent au bord du Cuiviénen, et que les Valar se décident à sauver de sa malice. Les Valar firent une guerre dévastatrice contre Melkor, et détruisirent Utumno. Melkor fut lié à une chaîne spécialement forgée, Angainor, et amené à Valinor, où il fut emprisonné dans les cavernes de Mandos pendant trois siècles. Les elfes entendirent le vacarme de la bataille et en ressentirent les effets, sans savoir ce qui se passait.

Dans le compte rendu publié dans Le Silmarillion, Melkor avait capturé un certain nombre d'elfes avant que les Valar ne l'attaquassent. Il les tortura et les corrompit, les reproduisant pour créer les premiers Orques[3]. Une autre version de l'histoire, écrite avant la publication du texte, décrivait les orques comme la corruption des Hommes, ou encore comme des êtres sans âme, uniquement animés par la volonté du mal de leur seigneur[4]. Il créa aussi des Dragons, le premier et plus puissant d'entre eux étant Glaurung.

Plus tard, les Valar pensèrent qu'il avait changé et il fut relâché « sur parole »[5]. Il montrait de l'humilité et de la vertu, mais sa fourberie et son envie de régner et de détruire ce qu'il ne pouvait posséder ne fut qu'accrue par sa captivité. Il retourna dans un premier temps auprès des Valar pour diffuser ses idées perfides par de sournoises insinuations chez les elfes de Valinor. Il enseigna beaucoup de son savoir aux elfes et en particulier aux Noldor qui devinrent les plus grands forgerons elfes d'Arda.

Ensuite, Fëanor conçut les Silmarils à partir de la lumière des Arbres de Valinor[5]. Melkor, bien sûr, les convoita. Il conçut un plan avec Ungoliant. Il déroba les Silmarils et les trésors créés par Fëanor et les Noldor après avoir tué Finwë, le père de Fëanor qui gardait les Silmarils à Formenos. Ensuite, il invita Ungoliant à boire la sève des Arbres de Valinor pour les détruire. Puis tous deux s'enfuirent en Terre du Milieu avec leur butin. Ungoliant, créature arachnéenne à l'appétit insatiable, dévora toutes les gemmes qu'ils avaient dérobées à Valinor puis voulut avaler les Silmarils qu'elle réclamait comme « gage » de ses services, ce que Melkor refusa. Une dispute s'ensuivit qui dégénéra en combat à mort. Très vite, Melkor eut le dessous et poussa un cri qui fut entendu jusqu'aux confins d'Arda. C'est alors que les Balrogs, cachés dans les profondeurs d'Angband (que les Valar avaient omis de fouiller) accoururent afin de sauver leur maître. En effet, Melkor avait prévu la trahison d'Ungoliant et s'était rapproché le plus possible de sa forteresse. À la suite du vol des Simarils, Melkor fut définitivement nommé Morgoth par Fëanor et par la suite, les Eldar le connurent sous ce seul nom.

Morgoth reprit sa domination dans le Nord de la Terre du Milieu, cette fois à Angband, une forteresse moindre qu'Utumno, mais pas complètement détruite. Il la reconstruisit, et éleva les trois pics volcaniques du Thangorodrim. Les Silmarils furent montés sur une couronne de fer, qu'il portait en tout temps. Fëanor et la plupart des Noldor le poursuivirent et provoquèrent le massacre de Dagor-nuin-Giliath (Bataille sous les étoiles) et encourant la malédiction de Mandos.

Le Premier Âge[modifier | modifier le code]

Lorsque les Noldor arrivèrent dans le Beleriand, une région de la Terre du Milieu proche d'Angband, ils établirent des royaumes et firent la guerre à Morgoth. Peu de temps après, le Soleil et la Lune apparurent pour la première fois et le réveil des hommes s'effectua. De grandes batailles survinrent, dont Dagor Aglareb (Bataille Glorieuse) et Dagor Bragollach (bataille de la Flamme Subite) au cours de laquelle le long Siège d'Angband fut brisé. Fingolfin, voyant que tout était perdu, défia Morgoth en combat singulier. Morgoth gagna, même s'il fut touché sept fois par l'elfe avant qu'il ne le tuât.

Plus tard, l'homme Beren et l'elfe Lúthien, fille de Thingol, entrèrent dans Angband et récupérèrent un Silmaril de la couronne de Morgoth. Le Silmaril fut serti sur le Nauglamír par les nains. Il fut hérité ensuite par leur petite-fille Elwing. Son mari Eärendil, portant le Silmaril sur son front, traversa la mer pour Valinor, où il demanda aide aux Valar pour libérer la Terre du Milieu de l'emprise de Morgoth.

Nírnaeth Arnoediad aussi appelé la cinquième bataille ou bataille des Larmes Innombrables

La bataille des Nírnaeth Arnoediad (bataille des Larmes Innombrables) se termina quand les armées des Noldor et des Edains, hommes alliés avec eux, furent mises en déroute par les armées des Orientaux alliés de Morgoth. Celui-ci avait réussi à corrompre une partie des Hommes. Il effectua la destruction de Nargothrond et entraîna la chute de Gondolin. Le domaine des elfes fut réduit à une île de la baie de Balar, où de nombreux réfugiés ont fui, et à une petite colonie à l'Arvernien sous la protection d'Ulmo.

La défaite[modifier | modifier le code]

Enfin, le salut vint d'Eärendil, le fils de Tuor, fils de Huor et d'Idril, la fille de Turgon le roi de Gondolin. Celui-ci construisit le bateau Vingilot pour atteindre Valinor où il demanda grâce, au nom des Enfants d'Ilúvatar, auprès des Valar. Manwë s'en émut et décida d'envoyer l'armée de Valinor pour vaincre définitivement Morgoth lors de la guerre de la Grande Colère qui dura près de quarante-deux ans et se conclut par la chute de Morgoth et de ses armées. Le Beleriand et une grande partie du nord de la Terre du Milieu furent détruits et remodelés. Morgoth fut battu, ses armées presque anéanties et les Dragons presque tous détruits. Le Thangorodrim tomba lorsque le plus grand des dragons, Ancalagon le Noir, s'écrasa sur lui, tué par Eärendil. Les quelques dragons restants furent dispersés et la poignée de balrogs survivants se cachèrent au plus profond de la terre.

Morgoth s'enfuit dans la plus profonde fosse et demanda à nouveau la grâce de ses vainqueurs, mais cette fois, les Valar firent la sourde oreille. Il fut jeté hors des cercles du monde mais les graines de son pouvoir ne furent pas toutes détruites et le mal perdura sur Arda après lui, notamment par Sauron, les dragons et les balrogs qui survécurent aux batailles.

La légende dit cependant que Morgoth reviendra à la fin du monde. Alors Manwë Sulimo descendra de son trône du sommet du Taniquetil pour l'affronter et le vaincre une dernière fois avant la sentence d'Eru qui, après le combat, révélera la dernière Musique des Ainur.

Les Enfants de Húrin[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Les Enfants de Húrin.

Ce livre est une version plus complète que l'histoire résumée du Quenta Silmarillion. Húrin avec son frère cadet Huor furent les dirigeants de la Maison de Hador, famille d'hommes qui règne sur la troisième et dernière Maison des Edain. Lors de Nírnaeth Arnoediad, ils couvrirent la fuite de Turgon à Gondolin par le sacrifice de leur armée et eux-mêmes. Huor fut tué, mais Húrin fut capturé vivant par Morgoth. Pour se venger de son aide apportée à Turgon et de son mépris, Morgoth maudit Húrin et ses enfants, enchaînant Húrin sur un siège placé sur le haut du Thangorodrim et le forçant à être témoin de la malédiction sur sa descendance lors des années subséquentes, en utilisant la longue vue de Morgoth lui-même. Il y a peu d'informations sur Morgoth dans ce livre, sauf lors de la rencontre avec Húrin. Ce récit est plus détaillé que dans le Silmarillion et possède une meilleure narration que dans les Contes et Légendes inachevés. Il donne la première allusion à la corruption des hommes par Morgoth peu après leur réveil et l'affirmation de son pouvoir sur la terre entière.

Apparence et caractéristiques[modifier | modifier le code]

Initialement, les Ainur pouvaient prendre n'importe quelle forme, sa première forme fut « (...) telle une montagne qui s'élève sur l'océan pour dresser sa tête au-dessus des nuages, couverte de glace et couronnée de flammes et de nuées, et dans les yeux de Melkor il y avait comme une flamme dont la chaleur foudroie, dont le froid est mortel »[6]. Au moment où il détruisit les Deux Arbres et vola les Silmarils, il prit la forme d'un chevalier noir, gigantesque et terrifiant[7]. La diminution de son pouvoir et son propre désir de domination détruisit sa capacité de changer librement forme, et il devint lié à cette forme terrible. Ses mains étaient brûlées par le vol des Silmarils et jamais elles ne purent guérir. Dans sa lutte avec Fingolfin, il souffrit de plusieurs blessures et son pied fut entaillé par l'épée Ringil. Depuis ce jour, il ne marcha que sur un seul pied. À la fin de cette bataille, Thorondor, le plus grand des aigles, s'abattit sur Morgoth et marqua son visage avec ses serres, une plaie qui n'a également jamais guéri. Dans la bataille, il portait une armure noire et maniait Grond, le « Marteau des Enfers ». Ce nom fut aussi donné au bélier du Mordor utilisé pour détruire les portes de Minas Tirith. Il a également utilisé une lance noire et dans les premiers textes, une épée empoisonnée.

Ses serviteurs[modifier | modifier le code]

Gothmog, Seigneur des balrogs et haut-capitaine d'Angband

Parce que Morgoth était la créature la plus puissante dans Arda, ils furent nombreux à se mettre sous sa bannière. Les premiers serviteurs de Morgoth furent Sauron, un Maia qu'il a corrompu et devint plus tard le « Seigneur des Ténèbres » du Mordor ; Gothmog, Seigneur des balrogs et Haut-Capitaine d'Angband ; Glaurung, le père des dragons ; Ancalagon « le Noir », le plus grand des dragons ailés ; Carcharoth, le plus grand loup-garou qui ait jamais existé ; Draugluin, maître du mal et Seigneur des loups-garous d'Angband ; et Thuringwethil vampire messager de Sauron.

Ungoliant, un démon en forme d'araignée, aida Melkor à détruire les Deux Arbres. Quand Melkor refusa de lui céder les Silmarils, elle l'attaqua. Affaibli de lui avoir prêté ses pouvoirs, il fut incapable de riposter. Il s'échappa grâce à l'arrivée des balrogs, appelés grâce au cri terrible de Melkor[8].

Lorsque les hommes se réveillèrent, Morgoth ou ses serviteurs, indépendamment du texte consulté, quittèrent temporairement Angband pour vivre parmi eux. Certains hommes se prosternèrent devant lui et Ilúvatar fut banni de leurs cœurs.

Morgoth fut reconnu pour trahir ses propres serviteurs. Après que les Noldor furent vaincus, il confina tous les hommes à son service sur la terre de Hithlum, leur seule récompense provint du pillage des vieillards, femmes et enfants de ce pays, bien qu'ils se fussent battus pour gagner les terres plus riches du Beleriand[9]. Depuis, il ne put jamais dominer totalement les Hommes, il ne put jamais totalement leur faire confiance et se mit même à les craindre.

Conception et évolution[modifier | modifier le code]

Dans les premières versions, Melkor n'était pas vu comme le plus puissant des Ainur. Il est décrit comme ayant un pouvoir égal à celui de Manwë, le chef des Valar en Arda[10]. Son pouvoir fut augmenté dans les révisions ultérieures de l'histoire jusqu'à ce qu'il devienne le plus puissant des Ainur[11]. Puis, dans un essai tardif, il fut décrit comme étant plus puissant que tous les Valar combinés. Lors d'un texte hors concours, il écrivit qu'il était si puissant, qu'aucune créature ne pouvait le vaincre[12]. Au fil du temps, Tolkien modifia à la fois la conception de sa déchéance et son nom. Le nom donné par Fëanor, Morgoth, était présent dès les premières versions de l'histoire. Il fut pendant longtemps appelé Melko. Tolkien vacilla sur l'équivalent sindarin de ce nom, qui apparut en tant que Belcha, Melegor, et Moeleg. La signification de ce nom varie, à différents moments ce fut Milka, « vorace » ou velka « flamme »[13],[14]. De même, selon les traductions effectuées imaginées par Tolkien à partir du vieil anglais, son nom prend un sens différent. Melko fut Orgel « orgueil » et Morgoth fut Sweart-ós « dieu noir »[15]. Un nom lui donnant un intérêt particulier lui est donné, au début du Conte de Turambar, par Tinwelint, premier nom de Thingol. Il le nomme « Vala du Fer »[16].

Une grande partie du texte publié dans Le Silmarillion fut écrit plus tôt, dans l'Esquisse de la mythologie, reflètant ainsi l'ancienne conception du pouvoir de Morgoth. Dans d'autres sections, dont le projet de 1950 utilisé pour Ainulindalë, l'implication de son pouvoir envahissant est très clair. Bien que n'étant pas inclus dans la version publiée du Silmarillion, d'autres versions indiquent que Melkor échappera à la tutelle d'Eärendil et qu'il reviendra à la fin des temps. Dans la bataille finale, Melkor sera tué par Túrin avec sa célèbre épée noire, Gurthang.

Ses créations[modifier | modifier le code]

Dans les derniers écrits, une distinction est faite entre l'Ainu Melkor, le plus puissant des êtres créés par Eru, et Morgoth, diminutif de style signifiant le « Seigneur Noir d'Arda ». Cette distinction n'est pas seulement limitée au changement de son nom « Le Puissant qui se Dresse » vers « Le Noir Ennemi ».

Comme décrit dans l'Ainulindalë et la grande musique des Ainur, Melkor entache la musique des Ainur. Ses variations thématiques dans cette musique se limitaient à sa propre auto-élaboration. Chaque Ainu est né d'un thème divin, n'existant à l'avance que dans l'esprit d'Eru. Eä, ou « le monde qui est », fut formé d'après cette musique. Ainsi, le mal que Melkor tisse dans la musique fut reflété en mal dans la création de la réalité. Par conséquent, le monde d'Arda fut « entaché » et les conceptions originales des Valar ne virent jamais le jour. L'essence même de Melkor fut présente dans toute la création[17].

L'incapacité de Melkor à accomplir la vraie création est liée à l'idée qu'une partie de son être doit passer dans les choses qu'il a créées, afin de leur donner une substance efficace et conforme à la réalité. Melkor ne peut rien créer, car il ne possède pas la Flamme Impérissable, donc il peut seulement créer une parodie des créations d'Eru dans Arda. De ses Trolls jusqu'au Soleil, qui fut fabriqué à partir du fruit d'un arbre empoisonné par Ungoliant et qui était donc lui-même imparfait, le pouvoir de Melkor et son essence est versé dans la création d'Arda. Son pouvoir fut ainsi diminué en conséquence. Il fut réduit à Morgoth, « le Noir Ennemi », poétiquement élaboré comme « l'ennemi du monde »[4].

Morgoth, l'être le plus puissant dans Eä, passa sa volonté à ses vastes armées et des partisans, de sorte que même après la guerre de la Grande Colère, alors que ses armées furent détruites, qu'il fut capturé par Eönwë et fut jeté au-delà des murs de la nuit, sa présence demeura dans la corruption omniprésente du monde[4].

Critique et analyse[modifier | modifier le code]

Adaptations[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. La Route perdue et autres textes, Étymologies, p. 365, 372, et 373.
  2. Le Silmarillion, index des noms, p. 444.
  3. Le Silmarillion, chap. 3 : « La venue des elfes et la captivité de Melkor ».
  4. a, b et c (en) Morgoth’s Ring.
  5. a et b Le Silmarillion, chap. 6 : « Fëanor et la libération de Melkor ».
  6. Le Silmarillion, Ainulindale, p. 23.
  7. Le Silmarillion, chap. 8 : « Le crépuscule de Valinor », p. 91.
  8. Le Silmarillion, chap. 9 : « La fuite de Ñoldor », p. 100.
  9. Le Silmarillion, chap. 20 : « La cinquième bataille : Nírnaeth Arnoediad », p. 258.
  10. La Route perdue et autres textes, Quenta Silmarillion, p. 206.
  11. La Route perdue et autres textes, Ainulindalë, p. 157, 164.
  12. (en) Morgoth’s Ring, p. 390–393.
  13. La Route perdue et autres textes, Étymologie, p. 373, racine « MIL-IK ».
  14. Le Livre des contes perdus, Appendice, p. 346, « Melko ».
  15. La Formation de la Terre du Milieu, p. 281–283.
  16. Le Second Livre des contes perdus, Turambar et le Foalókë, p. 103.
  17. Le Silmarillion, Ainulindalë, p. 15–22.

Source[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]