Charles De Coster

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Charles De Coster

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Activités Écrivain, journaliste
Naissance 27 août 1827
Munich
Décès 7 mai 1879
Ixelles
Langue d'écriture Français

Œuvres principales

  • La Légende et les aventures héroïques, joyeuses et glorieuses d’Ulenspiegel et de Lamme Goedzak au Pays de Flandres et ailleurs (Roman, 1867).

Charles De Coster (27 août 1827, Munich - 7 mai 1879, Ixelles) est un écrivain belge francophone.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né à Munich d'un père flamand et d'une mère wallonne, Charles De Coster étudie à l'Université libre de Bruxelles où, formé à l'esprit du libre examen, il acquiert des convictions démocrates et anti-cléricales.

D'abord journaliste, il est ensuite employé aux Archives du Royaume et occupe notamment de 1860 à 1864 le poste de secrétaire à la Commission royale pour la publication des anciennes lois et ordonnance. Il en tire une large connaissance des procès de sorcellerie, mise à profit dans certaines de ses œuvres romanesques (et également à disposition d'Auguste Blanqui qui, par l'intermédiaire de son lieutenant le docteur Louis Watteau, lui demande vers 1864 des notes relatives aux diverses manifestations du fanatisme religieux dans l'histoire[1]). En 1870, il devient répétiteur à l'École royale militaire, poste pour lequel il avait déjà postulé une douzaine d'années auparavant.

Le 16 septembre 1847, alors qu'il est âgé d'à peine vingt ans, De Coster participe avec des amis à la fondation de la société littéraire Les Joyeux.

Entre 1857 et 1864, De Coster doit, côté privé, défendre l'honneur de sa famille contre les entreprises de André Van Sprang, officier militaire et escroc au mariage ayant pris pour cible sa sœur Caroline, de quatre ans sa cadette. L'affaire faillit se régler par un duel (De Coster avait, pour lui servir de témoins, fait appel au peintre danois Paul Hagelstein et au journaliste de L'Indépendance Camille Berru — par la suite remplacé par le peintre Edmond De Schampheleer (nl), ami de De Coster qui contribuera, quelques années plus tard à l'illustration de son Ulenspiegel), qui fut cependant annulé à la suite d'un désaccord sur le choix des armes (les témoins de Van Sprang proposaient le sabre d'infanterie tandis que la préférence de De Coster allait au pistolet, arme convenant davantage à sa condition de bourgeois et de civil) et à l'espoir d'un dénouement à l'amiable. Une commission militaire se saisit finalement de l'affaire : son verdict étant favorable aux De Coster, le capitaine Van Sprang est écarté de l'armée[2].

En 1878 De Coster demande à Xavier Mellery de réaliser des illustrations de l'île de Marken pour le magazine Tour du Monde.

Charles De Coster est inhumé au cimetière d'Ixelles, à Bruxelles.

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Postérité[modifier | modifier le code]

Les Légendes flamandes, publiées dans la revue Uylenspiegel à laquelle il collabore, connaissent un certain succès mais le reste de son œuvre a dû attendre la génération de La Jeune Belgique, celle de Camille Lemonnier, de Georges Eekhoud par exemple, pour être reconnu.

Le chef-d'œuvre de De Coster, La Légende et les Aventures héroïques, joyeuses et glorieuses d'Ulenspiegel et de Lamme Goedzak au pays de Flandres et ailleurs, déplut aux milieux conformistes belges. Connu dans le monde entier, traduit dans toutes les langues européennes, il est ignoré dans son propre pays.

La Légende d'Ulenspiegel incarne le cœur et l'esprit de la Flandre dont elle évoque le folklore, le climat et les traditions. Elle mêle l'histoire et le mythe, l'aventure d'une famille à celle d'un peuple. De Coster, écrivain francophone, reconstitue une époque en poète visionnaire et crée une langue nouvelle dans la grande tradition rabelaisienne. Till Ulenspiegel (voir Till l'espiègle) est surtout le défenseur de la Liberté, celui qui a lutté contre l'oppression de Philippe II et du duc d'Albe, le héros qui s'est dressé contre toutes les formes d'oppression. Il y a plus de 70 ans, Abel Lefranc, du Collège de France, demandait « que la France, en particulier, songe qu'Ulenspiegel honore sa langue » et qu'elle se décide enfin à l'installer « fraternellement dans son Panthéon littéraire ». L'œuvre connaîtra un succès universel. Gérard Philipe a adapté son œuvre à l’écran mais la meilleure adaptation cinématographique restera celle des réalisateurs soviétiques Alov et Naoumov produite en 1977.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Frontispice de La Légende et les aventures héroïques, joyeuses et glorieuses d’Ulenspiegel et de Lamme Goedzak au Pays de Flandres et ailleurs par le dessinateur belge Hippolyte Boulenger (1837-1874).

Citations[modifier | modifier le code]

Laissons la parole au Hibou, Bubulus Bubb, qui au début de l'œuvre (éd. La Renaissance du Livre, Bruxelles), s'adresse à l'auteur en ces termes :

« Sais-tu s'il n'existe plus de Charles-Quint et de Philippe II en ce monde ? Ne crains-tu pas qu'une censure attentive n'aille chercher dans le ventre de ton éléphant des allusions à d'illustres contemporains ? Que ne laissais-tu dormir dans leur tombe cet empereur et ce roi ? Pourquoi viens-tu aboyer à tant de majesté ? Qui cherche les coups périra sous les coups. Il est des gens qui ne te pardonneront point, je ne te pardonne pas non plus, tu troubles ma digestion bourgeoise. [...] Tes personnages principaux sont des imbéciles ou des fous, sans en excepter un : ton polisson d'Ulenspiegel prend les armes pour la liberté de conscience ; son père Claes meurt brûlé vif pour affirmer ses convictions religieuses, [...] Où voit-on encore ces choses ? Je te plaindrais si tu ne me faisais pas rire. »

Camille Lemonnier, La Vie belge :

« Mon pauvre De Coster ! [...] Ironie... après toutes celles dont fut composée ta vie, quinze ans après ta mort, on s'aperçut qu'on avait enterré par-dessus toi, dans ton humble sépulture, un notaire ! Il fallut déblayer de ce cadavre encombrant ta fosse avant d'arriver jusqu'à tes os, le jour où Ixelles te fit don d'un lopin de terre qui, cette fois, fut à toi. « Est-ce qu'on enterre Ulenspiegel, l'esprit, Nelle, le cœur de la mère Flandre ? » C'était la grande parole et comme le thème immortel de ton livre [...] »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Bartier, J., « Le docteur Watteau, Charles De Coster et quelques autres » in Libéralisme et socialisme au XIXe siècle, Bruxelles, éditions de l'Université libre de Bruxelles, 1981, pp. 389-398.
  2. Au sujet de cette affaire, lire L'Affaire De Coster - Van Sprang de Raymond Trousson (Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique, coll. « Histoire littéraire », 1990) qui reproduit l'intégralité du procès verbal de la commission d'enquête ainsi que de nombreuses lettres relatives à celle-ci.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Style et archaïsme dans 'La Légende d'Ulenspiegel' de Charles De Coster, Jean-Marie Klinkenberg, Bruxelles, Palais des Académies, 1973.
  • Charles De Coster, Jean-Marie Klinkenberg, Bruxelles, Labor, 1985.
  • Charles De Coster ou la vie est un songe, Raymond Trousson, Bruxelles, Labor, 1990,
  • Till Eulenspiegel / adapté par Jean Sadyn ; d'après Charles De Coster. Steenvoorde : Houtland éd., 1998, 78-9 p.
  • Éric Lysøe, « Sacralisation et Profanation dans La Légende d’Ulenspiegel », in Licia Reggiani (éd.), Massoneria e cultura, Bologne, Clueb, 2000, p. 201-225.
  • Charles De Coster, journaliste à l'Uylenspiegel, Raymond Trousson, Bruxelles, Espace de Libertés, coll. Laïcité, 2007, 335 p. (ISBN 2-930001-76-3)

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