Edmond Locard

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Edmond Locard

Nom de naissance Edmond Locard
Naissance 13 décembre 1877
Saint-Chamond
Décès 4 mai 1966 (à 88 ans)
Lyon
Nationalité Française Drapeau : France
Pays de résidence France
Autres activités
Famille
Arnould Locard (père) et Marie Gibert de Sennevières (mère)

Edmond Locard, né à Saint-Chamond le 13 décembre 1877 et mort à Lyon, le 4 mai 1966, est le fondateur du tout premier laboratoire de police scientifique à Lyon en 1910. C'est aussi le créateur de la criminalistique (forensic sciences) qui a servi d'expertise auprès de la police française, et qui allait devenir Interpol.

Biographie[modifier | modifier le code]

Edmond est le fils d'Arnould Locard, et de Marie Gibert de Sennevières. Par son père, il serait issu d'une vieille famille écossaise (Lockheart) venue en France au XVIe siècle. À l'âge de 3 semaines, il est emmené loin de sa ville natale (qui a été celle de Ravachol) pour être élevé à Allevard jusqu'en 1879, à la naissance de sa sœur Marguerite. La famille s'installe alors à Lyon, quai de la Charité - aujourd'hui, 38 quai Gailleton. Élève brillant, il passe de la pension Blanchoux au collège dominicain Saint-Thomas d'Aquin, à Oullins, dans la section des langues anciennes. Bachelier à 17 ans, mention lettres et sciences, il possède déjà 11 langues.

Après des études de droit, il étudie la médecine avec Louis Léopold Ollier. Il soutient une thèse médicale en 1902 sur La médecine légale sous le grand roy. À partir de cela, il est attiré par la recherche de preuves scientifiques. Élève puis assistant d'Alexandre Lacassagne, Locard a aussi travaillé de concert avec les autres grands pionniers de la police scientifique, notamment Rodolphe Archibald Reiss, de l'Université de Lausanne.

Plaque commémorative sur le Palais de justice de Lyon

Il introduit la dactyloscopie à Lyon (étude des empreintes digitales) parallèlement aux méthodes de Bertillon (anthropométrie). En janvier 1910, il crée l'ancêtre du laboratoire de police dans les combles du Palais de justice de Lyon, permettant l'identification des criminels et résout en novembre de la même année sa première enquête grâce à la dactyloscopie, douze ans après la première identification dactyloscopique réalisée par Bertillon. Edmond Locard est mondialement reconnu pour son principe d'échange, qui est toujours d'actualité dans les laboratoires de sciences judiciaires

En 1910, le Laboratoire de Police scientifique est créé. Il applique aux problèmes policiers les principes des recherches scientifiques de la médecine légale : balistique, toxicologie, identification des écritures (sa passion et son expertise reconnue pour la graphologie, comme en témoignent L'affaire de Tulle ou sa réfutation de la thèse d'Alphonse Bertillon lors de l’Affaire Dreyfus[1], ne l'empêche pas de commettre une erreur condamnant en 1945 sur la base d'une lettre anonyme une femme aux travaux forcés à perpétuité, attribution reconnue erronée en 1956)[2].

Locard a rédigé Le Traité de Police Scientifique en 7 volumes. Cet ouvrage propose une méthodologie de cette nouvelle science et sert même à l'heure actuelle de base à tous les laboratoires de police scientifique du monde. Ce traité comprend une étude, entre autres, de l'enquête criminelle, des preuves de l'identité, des empreintes et de l'expertise de documents écrits[3].

Edmond Locard avait également d'autres centres d'intérêt, en qualité de critique d'opéra, grand défenseur du théâtre de Guignol lyonnais et auteur d'un Manuel du philatéliste. Écrivain et journaliste à ses heures, il donna des « causeries radiophoniques » après la Seconde Guerre mondiale et publia de nombreux articles dans des périodiques lyonnais et en particulier dans Le Mois à Lyon de son ami Marcel E. Grancher, ainsi que quelques titres aux Editions Lugdunum, mais également Payot, Rieder ou encore Gallimard.

La dix-huitième promotion de commissaires de police issus de l'école nationale supérieure de la police, entrés en fonction en 1967, porte son nom, ainsi qu'une rue du cinquième arrondissement de la ville de Lyon.

L'histoire d'Edmond Locard a été mise en image dans la série Empreintes criminelles, inspirée de son travail, diffusée sur France 2. Le personnage Julien Valour, référence à Edmond Locard, y est joué par Pierre Cassignard

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • L'identification des récidivistes, Paris, Maloine, 1909
  • La police. Ce qu'elle est, ce qu'elle devrait être, Paris, Payot, 1919
  • L'Enquête criminelle et les méthodes scientifiques, Paris, Flammarion, 1920
  • Manuel de technique policière, Paris, Payot, 1923
  • Policiers de romans et policiers de laboratoire, Paris, Payot, 1924
  • Le crime et les criminels, Paris, La renaissance du livre, 1925
  • Traité de criminalistique (T I et II), Les Empreintes et les traces dans l'enquête criminelle, Lyon, Desvigne, 1931
  • Traité de criminalistique (T III et IV), Les Preuves de l'identité, Lyon, Desvigne, 1932
  • La Malle sanglante de Millery, Lyon, Desvigne et Cie, 1933
  • Contes apaches, Lyon, Les éditions Lugdunum, 1933
  • Notions élémentaires sur l'histoire du théâtre lyrique, Lyon, Desvigne et Cie, 1933
  • Traité de criminalistique (T V et VI), L'Expertise des documents écrits, Lyon, Desvigne, 1933
  • Note sur l'identification des suspects, Revue Internationale de criminalistique, 1935
  • La Criminalistique à l'usage des gens du monde et des auteurs de romans policiers, Lyon, Desvigne et Cie, 1937
  • Confidences (Souvenirs d'un policier), Lyon, Les éditions Lugdunum, 1942
  • Manuel du philatéliste, Paris, Payot, 1942
  • Préface de l'ouvrage de Félix Benoit, L'épuration à travers les âges, 1945
  • La défense contre le crime, Paris, Payot, 1951
  • Mémoires d'un crimilogiste", Paris, Fayard, 1958
  • Les faux en écriture et leur expertise, Payot,1959
  • Mystères de Lyon, Lyon, Édition Pierre Bissuel, 1967

Références[modifier | modifier le code]

  1. J. Desvigne, Edmond Locard, LAffaire Dreyfus et l'expertise des documents écrits, Lyon, Bibliothèque de la Revue internationale, 1937
  2. Jean-Marc Berlière, Le Monde des polices en France aux XIXe et XXe siècles, Bruxelles, Complexe, 1996, p. 123
  3. Levy, A. (2008). La police scientifique, pp.24-25. Paris: Hachette.
  • Quinche, Nicolas, Crime, Science et Identité. Anthologie des textes fondateurs de la criminalistique européenne (1860-1930). Genève: Slatkine, 2006, 368p., passim.
  • Équipe Anthropologie de l’écriture, Institut Interdisciplinaire d’Anthropologie du Contemporain, UMR8177, EHESS / CNRS : Percevoir l'invisible (février 2010)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]