Alexandre Lacassagne

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Alexandre Lacassagne

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Alexandre Lacassagne.

Naissance 17 août 1843
Cahors
Décès 24 septembre 1924 (à 81 ans)
Lyon
Nationalité Française
Profession médecin,
anthropologue,
criminologue
Distinctions Officier de la Légion d'honneur 1902
Enfants Antoine Lacassagne (fils)
Jean Lacassagne (fils)
Famille Joseph Rollet (beau-père)

Alexandre Lacassagne, né à Cahors le 17 août 1843 et mort à Lyon le 24 septembre 1924, est un médecin français (médecin légiste et médecin expert auprès des tribunaux), professeur à la Faculté de médecine de Lyon et l'un des fondateurs de l'anthropologie criminelle, dans la lignée de l'école italienne de criminologie (en) de Cesare Lombroso – dont il tentera plus tard de se distinguer.

En hommage à son apport aux techniques d'investigation, le Conseil municipal de Lyon, en 1925, rebaptise de son nom le « Chemin des Pins », dans le 3e arrondissement. La 28e promotion de commissaires de police issue de l'École nationale supérieure de la police, entrée en fonction en 1978, porte également son nom.

Sommaire

Biographie [modifier]

Il naît dans le Quercy d'un père directeur de l’Hôtel Impérial à Cahors et d'une mère qu'il vénère et qui lui donne deux frères.

Il étudie la médecine en intégrant en 1864 la huitième promotion de l'école impériale du service de santé militaire de Strasbourg où figure le futur prix Nobel Alphonse Laveran. Dès lors, sa carrière se partage entre la fonction de médecin militaire et de professeur à l'université. Il a notamment comme élève et assistant Edmond Locard.

Il devient répétiteur à l'hôpital d'instruction des armées du Val-de-Grâce en 1872 et y obtient la chaire d’hygiène et de médecine légale en 1874, puis occupe celle de la Faculté de Lyon en 1878 jusqu'à sa retraite en 1913.

Il fonde en 1914 le Musée d'Histoire de la médecine et de la pharmacie.

Il est le cofondateur avec Gabriel Tarde de la première revue française de criminologie en 1895 : Les Archives d’anthropologie criminelle, de criminologie, psychologie normale et pathologique[1]).

Il épouse la fille du professeur Joseph Rollet en 1882, avec qui il aura trois enfants.

Au premier plan, la tombe d'Alexandre et de Jean Lacassagne ; au second plan, la tombe de Joseph Rollet.

En 1924, il est renversé par une automobile sur la voie publique et meurt quelques mois plus tard des suites de cet accident. Son autopsie, qu'il avait souhaitée, révèle un hématome intracrânien post-traumatique. Alexande Lacassagne est enterré à Beynost[2].

Son œuvre [modifier]

Il est surtout connu comme fondateur de l’anthropologie criminelle et d’une école de criminologie, dite « école lyonnaise ».

Il est marqué par sa formation militaire et la guerre franco-prussienne, ainsi que par la chute de l'Empire et les débuts de la période coloniale et républicaine de la Belle Époque[3].

Selon M. Salle[3], ses écrits, comme sa bibliothèque, révèlent un intérêt très marqué pour l'altérité, celle des assassins et criminels, des fous, des femmes et des « invertis », ou encore des peuples dits « primitifs », dans un monde axé sur le progrès, la conquête et la classification, au service de laquelle il met l'anthropométrie, qui fondera de nombreux discours sociopolitiques et/ou racistes d'exclusion de certaines catégories de populations (l'autre).

Spécialiste de la toxicologie, de la putréfaction morbide, de l'étude des tatouages, des masques mortuaires, de l'argot, il est un obsessionnel de la classification par le pourquoi et le comment. « Qu'est-ce qu'un criminel ? », autrement dit : peut-on le caractériser scientifiquement, le distinguer dans la population, et l'identifier, pour mieux prévenir et/ou réprimer ?

En effet, Lacassagne n'est pas confiné dans son laboratoire : il investit l'espace de la ville, fréquente la morgue, la prison, la faculté ou le palais de justice, intervient dans la vie même de la cité : il prend la parole en tant qu'expert, témoin, enseignant, conférencier ou organisateur d'expositions.

Médecin judiciaire, il introduit les prémices de la police scientifique dans différentes affaires : la malle sanglante de Millery, l'identification de Mathieu Jaboulay, ou encore l'autopsie du président Sadi Carnot.

Citations [modifier]

  • « Les sociétés ont les criminels qu'elles méritent[4]. »

Principales publications [modifier]

  • Effets physiologiques du chloroforme (1867) : thèse de doctorat
  • De la Putridité morbide et de la septicémie, histoire des théories anciennes et modernes (1872) : thèse d'agrégation
  • Précis d'hygiène privée et sociale (1876) Texte en ligne
  • Précis de médecine judiciaire (1878) Texte en ligne
  • Les Tatouages, étude anthropologique et médico-légale (1881) Texte en ligne
  • Rapport de la taille et de la grande envergure : étude anthropologique sur 800 hommes criminels[5] (1882)
  • Les Archives de l'anthropologie criminelle (1886-1914) Collection complète en ligne
  • Les Actes de l'état civil : étude médico-légale de la naissance, du mariage, de la mort (1887)
  • Les Habitués des prisons de Paris : étude d'anthropologie et de psychologie criminelles (1891) Texte en ligne
  • Les Établissements insalubres de l'arrondissement de Lyon. Comptes rendus des travaux du Conseil d'hygiène publique et de salubrité du département du Rhône (1891)
  • Le Vade-mecum du médecin-expert : guide médical ou aide-mémoire de l'expert, du juge d'instruction, des officiers de police judiciaire, de l'avocat (1892) Texte en ligne
  • L'Assassinat du président Carnot (1894) Texte en ligne
  • De la Responsabilité médicale (1898) Texte en ligne
  • Vacher l'éventreur et les crimes sadiques (1899) Texte en ligne
  • Précis de médecine légale (1906)
  • Peine de mort et criminalité, l'accroissement de la criminalité et l'application de la peine capitale (1908)
  • La Mort de Jean-Jacques Rousseau (1913)
  • La Verte Vieillesse (1920)

Bibliographie [modifier]

  • Philippe Artières, Gérard Corneloup, Philippe Rassaert, Le Médecin et le criminel: Alexandre Lacassagne, 1843-1924, catal. Expo. Bibliothèque municipale de Lyon, 27 janvier-15 mai 2004, Lyon, Bibliothèque municipale, 2004, 240 p.
  • Philippe Artières, "A. Lacassagne : de l’archive mineure aux Archives d’anthropologie criminelle", Criminocorpus, Dossier thématique n° 1 : Autour des Archives de l'anthropologie criminelle, 2005 texte en ligne
  • Patrick Cardon, Discours littéraires et scientifiques fin-de-siècle : Autour de Marc-André Raffalovich, Orizons, coll. « Homosexualités », 2008, 320 p. (ISBN 9782296038196) [présentation en ligne] 
  • Patrick Cardon, Discours littéraire et scientifiques fin de siècle : Les Archives d'Anthropologie Criminelle du Dr Lacassagne de Lyon, 1886-1914, thèse, Université de Provence, 1984
  • Patrick Cardon, « Un pionnier de l'homoliberté. Avec Marc-André Raffalovitch, l'homosexualité cessait d'être une inversion monstrueuse de l'hétérosexualité » Gai Pied Hebdo, n° 389, 12 octobre 1989
  • Patrick Cardon, « A homosexual militant at the beginning of the century: Marc Andre Raffalovich », Journal of Homosexuality, XXV 1993 (1-2), p. 183-191.
  • Marc Renneville, Alexandre Lacasagne : un médecin-anthropologue face à la criminalité (1843-1924), Gradhiva. Revue d'histoire et d'archives de l'anthropologie, 1995, n° 17, p. 127-140.
  • Marc Renneville, "La criminologie perdue d'Alexandre lacassagne. 1843-1924)" Criminocorpus, Dossier thématique n° 1 : Autour des Archives de l'anthropologie criminelle, 2005, texte en ligne
  • Muriel Salle, "Corps rebelles. Les tatouages des soldats des Bataillons d'Afrique dans la collection Lacassagne (1874-1924)", in Clio. Histoire, Femmes et Sociétés, n° 26 : "Clôtures", p. 145-154
  • Muriel Salle (2009), L’avers d’une Belle Époque. — Genre et altérité dans les pratiques et les discours d’Alexandre Lacassagne (1843-1924), médecin lyonnais ; Thèse en sciences sociales de l'Université Lumière Lyon 2 (Laboratoire de recherche historique Rhône-Alpes de l'U.F.R. Géographie Histoire Histoire de l’Art et Tourisme ou GHHAT), soutenue le 18 septembre 2009 (résumé)

Sources [modifier]

Liens externes [modifier]

Notes [modifier]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. Archives en ligne
  2. Ouvrage collectif, Richesses touristiques et archéologiques du canton de Miribel : Miribel, Beynost, Neyron, Saint-Maurice-de-Beynost, Thil, 1995, 207 p. (ISBN 2-907656-27-9) . p. 122. Consulté le 4 janvier 2013.
  3. a et b Muriel Salle (2009), L’avers d’une Belle Époque. — Genre et altérité dans les pratiques et les discours d’Alexandre Lacassagne (1843-1924), médecin lyonnais ; Thèse en sciences sociales de l'Université Lumière Lyon 2 (Laboratoire de recherche historique Rhône-Alpes de l'U.F.R. Géographie Histoire Histoire de l’Art et Tourisme ou GHHAT), soutenue le 18 septembre 2009 (résumé)
  4. Alexandre Lacassagne, Archives d’anthropologie criminelle de médecine légale et de psychologie normale et pathologique, Lyon, 1913, p.364. Disponible en ligne sur Criminocorpus. Consulté le 27 février 2009
  5. Il s'agit des soldats ayant fait l’objet d’une condamnation et appartenant au « Bataillon des Joyeux » à Sétif en Algérie lorsqu'il officie comme médecin-major des armées.