Électrophone

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Électrophone des années 1960.

Un tourne-disque ou électrophone' est un appareil électronique destiné à restituer un enregistrement sonore réalisé sur disques microsillons. Appelé aussi pick up, il est le successeur électronique du phonographe.

Une platine ou platine tourne-disque, ne comprend que les mécanisme de lecture des disques, sans l'amplification et les haut-parleurs.

Sommaire

[modifier] Fonctionnement

Électrophone et disques microsillons (1970).
Platine tourne-disque et disques fin des années 1970

Le tourne-disque se compose d'une tête de lecture, souvent piézo-électrique, d'un préamplificateur et d'un amplificateur. Un moteur muni d'une régulation électronique met en rotation le plateau sur lequel est déposé le disque à lire aux vitesses normalisées de 33 tours par minute, 45 tours par minute et parfois 78 tours par minute par souci de relecture des anciens disques 78 tours et, pour certains modèles 16 tours par minute (standard assez peu développé).

Le principe de lecture est analogique : ce sont les irrégularités de tracé du sillon du disque lues par la tête qui génèrent le signal destiné au préamplificateur. Les disques peuvent être monophoniques ou stéréophoniques.

De nombreux électrophones « grand public » se présentaient sous la forme d'une sorte de valise, avec couvercle amovible contenant le haut-parleur.

Par la suite, avec l'apparition des chaînes haute-fidélité, on a dissocié l'amplification de la lecture, effectué par un appareil désigné par le terme platine. Ce dispositif est le seul à être encore couramment commercialisé pour un usage personnel. La tête de lecture est une tête magnétique, différente des têtes piézo-électriques. Il nécessite un préamplificateur spécial, aux normes RIAA. Certains préamplificateurs, normalement destinés à l'enregistrement et donc non homologués, peuvent néanmoins remplir eux aussi cette fonction.

Mentionnons également les appareils « mange-disque », surtout destinés aux enfants, de la fin des années 1960 aux années 1980 : il ne s'agit plus à proprement parler d'une platine où l'utilisateur prend (de l'anglais to pick up) le bras de lecture pour le poser sur le disque, mais d'un électrophone pourvu d'une fente dans laquelle les disques 45 tours sont insérés. L'appareil lit alors automatiquement le disque et son éjection se fait d'une simple pression sur un bouton. Leur taille ne leur permet pas de lire les disques 33 tours, plus volumineux.

Les électrophones avaient tendance à disparaître depuis l'apparition des lecteurs de disques compacts. Mais la reproduction analogique retrouve un regain de faveur avec la réimpression de disques vinyl. L'électrophone le plus célèbre et le plus recherché par les collectionneurs est le Teppaz.

[modifier] Utilisation actuelle

Avec les platines tourne-disques, signal analogique est transmis à un amplificateur puis aux enceintes. Les nouveaux amplificateurs ne comportant pas d'entrée analogiques, il est nécessaire que les platines comportent un préamplificateur.

Certains disc jockeys utilisent des platines à disque vinyle pour élaborer des effets sonores particuliers comme le scratch où le disque est manipulé à la main.

Récemment, la production de platines vinyles a connu un nouvel essor grâce à la multiplication des DJs, jouant notamment de la musique techno ou hip-hop. La platine de référence dans les milieux professionnels est la Technics 1210 MK2, qui fait office de standard dans la plupart des discothèques du monde. De nouvelles marques de platines vinyles ont fait leur apparition au début des années 2000, telles que Vestax ou Numark. Cette nouvelle vie de la platine vinyle est cependant menacée par l'apparition de simulateurs du « toucher » vinyle, tels Final Scratch ou Traktor, indépendantes ou utilisant un ordianteur par le biais d' un port USB pour émuler les platines.

Certains mélomanes écoutent toujours aujourd'hui, sur leurs platines et dans le cadre privé de leur domicile, les disques vinyles de leur collection, reprochant au disque compact son principe d'échantillonnage et un son un peu trop aseptisé dû à la limitation de sa plage de fréquences, étalée de 20Hz à 20KHz, limites théoriques moyennes de l'oreille humaine (avec des sons continus sinusoïdaux, non-musicaux). Les amateurs des disques vinyles plébiscitent le son chaleureux qu'ils produisent et certains déclarent que les craquements qui se font entendre lors de l'écoute des disques les plus anciens leur donnent tout leur charme. Toutefois, lorsque le système d'écoute est stéréo et de qualité suffisante, les craquements ne gênent plus car ils sont restitués en « hors-phase », sont perçus comme localises derrière l'auditeur, et se détachent totalement de la musique qui elle est perçue principalement à l'avant, localisée « entre les haut-parleurs ».

[modifier] Motorisation

Tête de lecture d'électrophone.

Le plateau du disque est entraîné par un petit moteur électrique. Dans une platine, on distingue trois types d'entraînement du plateau :

  • entraînement direct : le moteur de la platine fait tourner directement l'axe du plateau où repose le disque. Le plateau est solidaire du moteur. Cela permet un couple plus élevé, idéal pour les DJ qui agissent directement sur le disque, mais transmet toutes les vibrations du moteur au disque, via le plateau, le moteur multipôle tournant très lentement. La qualité de reproduction est donc directement dépendante de la qualité de fabrication du moteur.
  • entraînement par courroie : le moteur de la platine entraîne une courroie qui fait tourner l'axe du plateau. La courroie absorbe les vibrations du moteur. Son élongation se traduit par des signes de pleurage. La fabrication des courroies pour platines répond au principe de sectionnement d'une chambre à air. Des qualités de matériaux différentes existent, conditionnant celle de la transmission, et par conséquent, de la reproduction sonore. La durée de vie est elle aussi variable, dépendant largement du matériau sélectionné.
  • entraînement par galet : celui-ci vient se placer, pendant la lecture, sur la partie inférieure du bord du plateau. Ce système fut utilisé avant la courroie ; il n'est plus en usage mais fut très utilisé par le passé. Les principaux inconvénients présentés par ce système sont la transmission des vibrations du moteur au plateau, donc au disque et au phonocapteur, et le pleurage à l'usure. En effet, le galet, pressé contre le plateau, tend à prendre une forme ovale, et la vitesse de rotation peut devenir inconstante.

[modifier] Régulation et réglage

Certaines platines haut de gamme disposent d'un système de réglage fin de la vitesse de rotation du plateau. Outre le traditionnel bouton de sélection de vitesse 33/45 tours présent sur la quasi-totalité des platines récentes (cf. illustration ci-dessous, N°14), la vitesse du moteur peut être légèrement accélérée ou ralentie afin d'obtenir une vitesse de rotation optimale du disque. Des repères apposés sur le plateau permettent de déterminer la vitesse de rotation parfaite, on appelle cela le « stroboscope » : Lorsque le plateau tourne, une petite lumière branchée sur le secteur (donc vibrant à 100Hz = 2×50Hz, ou 120Hz = 2×60Hz dans certains pays) et dirigée sur le côté du plateau grâce à un prisme éclaire les repères chromés. Ceux-ci défilent et, pour indiquer un bon réglage de la vitesse, doivent donner l'impression d'être immobiles à l'œil de l'utilisateur, comme si le plateau était à l'arrêt. Si les repères ont l'air d'avancer ou de reculer, la vitesse n'est pas optimale et il convient de la régler en conséquence. Les repères n'ont pas le même espacement pour la vitesse 45 tours ou pour la vitesse 33 tours (voir illustration ci-dessous, N°13 et N°15).

Une platine Technics haut de gamme destinée à un usage domestique.
(Cliquez sur cet aperçu pour afficher l'image en taille réelle)

[modifier] Électrophone à lecture laser

Au début des années 1990, la firme japonaise ELP met sur le marché une platine vinyle à lecture laser. Deux rayons se chargent de lire la piste, évitant un contact physique et donc ralentissant l'usure du disque. Afin d'éviter toute exposition de l'utilisateur au rayonnement laser, le vinyle est disposé dans un tiroir motorisé, à la façon des platines CD. La qualité de ce support, qui permet en outre de corriger les rayures et défauts de pressage qu'une tête de lecture classique rendrait audible, se paye au prix fort, la machine affichant un tarif avoisinant les 15 000 dollars américains pour la version la moins onéreuse[1]. Ce genre de matériel, utile, par exemple, pour numériser de vieux enregistrements, peut néanmoins s'avérer nettement moins efficace qu'une platine traditionnelle avec un disque poussiéreux, transparent ou coloré, facteurs pouvant entraîner une imprécision de lecture et donc une perte de données[2].

[modifier] Notes et références

  1. (fr) la platine vinyle laser de ELP sur lesnumeriques.com.
  2. (en) Les principaux défauts de ce système de lecture sont évoqués dans ce communiqué de l'ancien partenaire commercial du constructeur.
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