Coquelicot

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir coquelicot (homonymie).

Le Coquelicot (Papaver rhoeas L., 1753), appelé aussi Ponceau, Pavot coquelicot ou Pavot rouge[réf. souhaitée], est une plante dicotylédone de la famille des Papavéracées et du genre pavot. Messicole, il est très abondant dans les terrains fraîchement remués à partir du mois d'avril en Europe, il se distingue par sa couleur rouge et par le fait qu'il forme souvent de grands tapis colorés visibles de très loin.

Le Coquelicot, qui a notamment inspiré les peintres impressionnistes (on doit à Claude Monet plusieurs tableaux de champs de coquelicots), est un sujet favori des peintres de fleurs.

Étymologie[modifier | modifier le code]

D'abord écrit coquelicoq (1545), son nom est une variante de l'ancien français coquerico, désignant le coq par onomatopée. Il s'agit d'une métaphore entre la couleur de la fleur et celle de la crête du coq.

Description[modifier | modifier le code]

Coquelicot(1).JPG
France aude limoux coquelicot.jpg
Mohnblume 1.jpg
Mohnblume 2.jpg
Coquelicot fleur.jpg
Capsules de coquelicots à maturité.
Une capsule de coquelicot avec ses graines.

Le coquelicot est une plante annuelle d'apparence fragile, à l'image de sa tige très fine et velue, peu ramifiée, qui se révèle immanquablement dans les terrains fraîchement remués : les champs (plante jadis messicole mais les herbicides l'y ont chassé pour deux raisons principales : sa graine toxique peut se mêler aux grains de blé [réf. nécessaire] et elle concurrence directement la céréale), les bords de chemins ou les terrains vagues[1]. Elle devient souvent envahissante, et a envahi l'Europe centrale après les glaciations : c'est pourquoi elle entre dans le groupe des plantes hémérochores.

Lorsqu'on la coupe, elle laisse échapper un suc laiteux, comme les autres pavots.
Les feuilles, généralement sessiles et alternes, sont découpées en lobes étroits et dentés. Les fleurs comportent quatre pétales un peu froissés qui se recouvrent peu. Leurs nombreuses étamines ont des anthères noir bleuté. Les fruits (à ne pas confondre avec les fleurs en boutons) sont des capsules glabres contenant une grande quantité de graines, facilement disséminables par le vent.

Sont très proches du coquelicot et souvent confondues avec lui deux espèces de pavots, P. dubium, ou pavot douteux, aux fleurs plus claires, aux étamines jaunes et aux capsules glabres allongées, et P. hybridum (pavot hybride), dont les pétales sont foncés et surtout les capsules sont ovales, globuleuses et deux fois plus longues que larges, à poils raides jaunes et denses pour certains, étalés et arqués pour d'autres(les taches noires à la base des pétales ne sont pas caractéristiques du pavot hybride). Autre espèce voisine, P. argemone (Pavot argémone), de petite taille et dont les pétales ne se chevauchent pas.

Graines[modifier | modifier le code]

Le sommet du fruit du coquelicot est percé d'une série d'ouvertures par lesquelles s'échappent les graines, comme les grains de sel hors de la salière à couvercle perforé.

Utilisations diverses[modifier | modifier le code]

Comme tous les pavots, le coquelicot a des effets narcotiques dus aux alcaloïdes qu'il contient. En phytothérapie, on utilise ses pétales séchés, dont on fait le plus souvent des tisanes. Ses effets apaisants se font sentir sur l'adulte, mais surtout sur les jeunes enfants (on mélangeait autrefois du coquelicot à la bouillie des enfants pour faciliter leur sommeil). Par ses propriétés émollientes, sédatives et béchiques, le coquelicot est un calmant de la toux et des irritations de la gorge. Il est alors utilisé sous forme de pastilles à sucer. Il existe un sirop de coquelicot.

Même si elles sont moins grosses que celles de certains pavots, les graines du coquelicot sont utilisées comme telles en pâtisserie ou pour confectionner des pains aromatisés.

Si l'on ne peut pas se passer de les cueillir pour en faire un bouquet, on empêche les fleurs de se faner dans la journée en prolongeant leur épanouissement par la cautérisation de la tige à l'endroit où elle a été coupée.

Il existe "la liqueur de coquelicot de Nemours".

Le coquelicot dans d'autres langues[modifier | modifier le code]

On suppose que le coquelicot est originaire d'Europe du Sud ou du Moyen-Orient, mais on n'en a aucune preuve. Toujours est-il que la plante, associée aux cultures céréalières, est répandue dans toute l'Europe tempérée, en Asie et en Amérique du Nord. Les anglophones l'appellent corn poppy ou field poppy, autrement dit pavot "céréalier" ou des champs. Plusieurs noms en Allemagne  : Klatschmohn (pavot ou pavot éclatant), mais aussi Feldmohn (pavot des champs). En Italie, la fleur s'appelle rosolaccio (dérivé de rosa = rose), ou tout simplement papavero (pavot). En Espagne, le coquelicot est une amapola ou dans certaines régions un ababol, emprunts au latin papaver par l'intermédiaire de l'arabe. Il semble bien que la métaphore avec la crête du coq soit une particularité française. Au Portugal il est appelé papoila ou papaoula. En turc son nom est gelincik (= petite mariée). Chez les berbères (les femmes l'utilisent pour leur maquillage) on l'appelle Aflelou.

Symbolique[modifier | modifier le code]

Mohnblume 1.jpg
Les Coquelicots de Claude Monet

Cette allégorie du coquelicot découle d'un poème datant du printemps 1915, écrit par le lieutenant-colonel John McCrae, un médecin du Corps de santé royal canadien qui fut témoin de la terrible seconde bataille d'Ypres. Il s'intitule In Flanders Fields (Au champ d'honneur). En fait, les coquelicots fleurissaient dans les pires champs de Somme et des Flandres, et leur couleur rouge était un symbole approprié pour le bain de sang de la guerre de tranchées.

Une Française, Madame E. Guérin, proposa à l'époque au maréchal britannique Douglas Haig que les femmes et les enfants des régions dévastées de France produisent des coquelicots afin de recueillir des fonds pour venir en aide aux gueules cassées. En novembre 1921, les premiers coquelicots furent distribués. La tradition se poursuit depuis.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Émission Les P'tits Bateaux du dimanche 4 juillet 2010, Catherine Lenne, chercheur en physiologie végétale, maître de conférence à l’université Blaise Pascal de Clermont-Ferrand, en réponse à la question 5 : « Pourquoi les coquelicots poussent souvent au bord de la route ? ».

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Le coquelicot, poète des champs, Bernard Bertrand, 01/10/1998, Terran (Éditions de) - ISBN 2-913288-00-6
  • Plantes sauvages comestibles, Reconnaître et cuisiner 35 plantes communes, Isabelle Hunault, Ulmer - ISBN 978-2-84138-454-9

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :