Lierre terrestre

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Le Gléchome lierre terrestre, Glécome lierre terrestre, Lierre terrestre ou Lierre terrestre commun (Glechoma hederacea L.) est une espèce de plantes de la famille des Lamiacées, dont les menthes font partie. Elle est parfois appelée «Courroie de saint Jean».


Description[modifier | modifier le code]

Planche
Fleur
habitus

C'est une plante vivace et rampante, que ses stolons rendent facilement envahissante.

Les feuilles pétiolées se présentent opposées par paires sur des tiges plus ou moins quadrangulaires. Ces feuilles sont en forme de cœur[1] ; elles sont souvent légèrement duveteuses, leurs bords ont des crénelures arrondies régulières, elles sont généralement vert foncé sur le dessus mais peuvent aussi être légèrement violacées ; leur face inférieure est plus claire et porte des glandes d'huiles essentielles[2] .
Les fleurs, groupées par deux, trois ou quatre (parfois plus) à l'aisselle des feuilles, sont portées sur des hampes florales érigées dont la hauteur varie de 5 à 30 cm. Elles sont latéralement symétriques. Leur calice tubuleux et droit a 15 nervures et 5 dents légèrement inégales. Leur corolle bilabiée, longue de 10 à 20 mm, a un tube droit et saillant fait de 5 pétales soudés. La lèvre supérieure est dressée, plane et échancrée en deux lobes; la lèvre inférieure a trois lobes plus larges, avec celui du milieu en forme de cœur inversé. Leur couleur va du rose au bleu-violet, et elles sont tachetées de pourpre sur la lèvre supérieure. Floraison précoce en mars-avril, jusqu'à l'automne.
Toute la plante émet une odeur balsamique agréable[1], et a un goût aromatique[2] rappelant la menthe avec une pointe d'amertume ou d'âcreté pour les feuilles et tiges ; la fleur est plus suave[3].

Habitat et distribution[modifier | modifier le code]

Cette plante préfère la mi-ombre humide, mais peut aussi s'accommoder du soleil. Elle est très commune en lisière de bois, le long des haies et en bord de route sur la quasi-totalité du territoire français et la Corse, ainsi que le reste de l'Europe, l'Asie occidentale et boréale jusqu'au Japon[4]. Elle a colonisé l'Amérique du Nord après y avoir été amenée par les colons européens[5].

Usages[modifier | modifier le code]

Usage historique[modifier | modifier le code]

Jadis, la Glechoma hederacea, était considérée comme une plante magique associée à la magie blanche.

La « couronne de terre » est toute bénéfique. Placée sous la couche des jeunes mères, avec d'autres herbes, elle leur redonne des forces après le travail de l'enfantement[6].

Usage moderne[modifier | modifier le code]

C'est une plante mellifère dont le goût peut relever les salades ou les soupes. Les fleurs servent parfois pour décorer les gâteaux[3].

Sa floraison précoce en mars-avril et durant jusqu'à l'automne, en fait l'une des premières fleurs de l'année et d'autant plus précieuse pour les insectes se nourrissant de nectar et notamment les bourdons.
Elle a longtemps servi à clarifier, aromatiser et préserver la bière, avant l'utilisation du houblon[2],[5]. L'un de ses noms communs liés à la fabrication de la bière en anglais, est « gill », qui vient du français « guiller »[2] (dit de la bière en fermentation)[7].

Elle a également été longtemps considérée comme une panacée[5].

Propriétés médicinales[modifier | modifier le code]

Reproduction végétative par stolons.

Le lierre terrestre contient du tanin, une huile essentielle, et un taux élevé de vitamine C. On y trouve aussi du 1,8-cinéole (également appelé eucalyptol), α-pinène, apigénine, β-sitostérol, bornéol, acide caféique, acide férulique, hyperoside, iode, lutéoline, menthol, acide oléanolique (un vasodilatateur démontré[8]), acide rosmarinique, rutine, acide ursolique[5].

Ses qualités médicinales sont connues depuis au moins la Grèce ancienne. Galien la recommandait pour les inflammations oculaires. L'herbaliste anglais John Gerard (1545-1607) la recommandait pour les tintements d'oreille. La plante est traditionnellement utilisée en phytothérapie comme diurétique (une aide pour les désordres rénaux), astringent, stomachique (aliment tonique et stimulant doux notamment pour les indigestions)[2], vulnéraire (aide à la cicatrisation des blessures externes), anti-inflammatoire, expectorant, et pour soulager les hémorroïdes[9]. La plante est étudiée pour le traitement préventif de la leucémie, de la bronchite, de l'hépatite, du cancer et du Sida[5].

Il est recommandé de ne pas l'ingérer en grandes quantités. Les chats et chiens peuvent se rendre malades en en mangeant beaucoup. L'ensemble de la plante est aussi dangereux pour les tortues terrestres[10] et les reptiles de façon générale[11].

Noms vernaculaires[modifier | modifier le code]

  • Français: parfois appelé herbe de Saint-Jean (nom plus couramment attribué au Millepertuis perforé), couronne de terre, courroie de terre[9], gléchome faux-lierre, drienne[12], glécome, rondette (Canada)[3],...
  • Anglais: ground ivy, alehoof, tunhoof, gill, gill-over-the ground, hedgemaid, catsfoot, creeping charlie, creeping charley, "robin-run-in-the-hedge" (rouge-gorge-courant-vers-la-haie) ou "runaway-robin" (rouge-gorge fuyant),...
  • Allemand: gundermann, gundelrebe[12]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Référence Tela Botanica (France métro) : Glechoma hederacea (fr)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Lierre terrestre », sur www.fleurs-des-champs.com., Fleurs des champs
  2. a, b, c, d et e (en) « A Modern Herbal par Mrs. M. Grieve. », sur Botanical.com
  3. a, b et c « Les mauvaises herbes de l'Ontario : Lierre terrestre », Ministère de l'agriculture, de l'alimentation et des affaires rurales.
  4. « Tela Botanica, page du Glechoma hederacea L.. »
  5. a, b, c, d et e (en) « Alternative Nature Online Herbal, Herbier en ligne pour Nature Alternative. »
  6. Guide de visite, les plantes magiques, du jardin des neuf carrés de l'abbaye de Royaumont
  7. (fr) « Définition de Guiller dans le Littré. », sur littre.org (consulté le 7 juin 2010)
  8. (fr) « Information Hospitalière], Sur l'acide oléanolique comme vasodilatateur. », sur www.informationhospitaliere.com (consulté le 7 juin 2010)
  9. a et b [PDF]Santé Canada, ministère fédéral du Canada sur la santé.
  10. (fr) Plantes toxiques pour les tortues terrestres.
  11. (fr) Reptiles-zoo.>
  12. a et b (fr) Page d'Elisabeth Messmer en Ecole d'Herboristerie à Bruxelles.