Chat d'Iriomote

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Prionailurus bengalensis iriomotensis, Prionailurus iriomotensis

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Chat d'Iriomote

Description de cette image, également commentée ci-après

Chat d'Irimote naturalisé, Musée national de la nature et des sciences de Tokyo

Classification
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Sous-embr. Vertebrata
Classe Mammalia
Ordre Carnivora
Famille Felidae
Genre Prionailurus
Espèce Prionailurus bengalensis

Sous-espèce

Prionailurus bengalensis iriomotensis
(Imaizumi, 1967)

Statut de conservation UICN

( CR )
CR C2a(ii) :
En danger critique d'extinction

Répartition géographique

Description de l'image  Prionailurus iriomotensis range.png.

Le Chat d'Iriomote (Prionailurus bengalensis iriomotensis) est une sous-espèce de chat-léopard, endémique de l'île d'Iriomote, au Japon. Elle est considérée comme une espèce en danger critique d'extinction depuis 2008 par l'UICN. En 2007, on estime qu'il restait entre 100 et 109 chats d'Iriomote.

Dénomination[modifier | modifier le code]

En japonais, il est appelé Iriomote-yamaneko (西表山猫, « chat de montagne d'Iriomote »), et était autrefois désigné par les habitants de l'île comme yamamaya (ヤママヤ, « le chat de la montagne »), yamapikaryā (ヤマピカリャー, « celui qui brille sur la montagne »), ou encore mēpisukaryā (メーピスカリャー, « celui qui a des yeux brillants »)[1],[2].

Description[modifier | modifier le code]

Corps[modifier | modifier le code]

Le mâle mesure entre 55 et 60 cm de long[3] et pèse entre 3,7 et 4,7 kg[4]. La femelle, plus petite, mesure entre 50 et 55 cm de long et pèse entre 2,9 et 3,5 kg. La queue est épaisse de la base à l'extrémité et mesure entre 23 et 24 cm[5],[6] ou 25 à 30 cm selon une autre source[4]. La hauteur au garrot est de 25 à 30 cm[7].

Légèrement plus lourd et plus grand que le Chat domestique, le Chat d'Iriomote a proportionnellement un corps d'aspect plus allongé avec des pattes et une queue courtes et épaisses[8]. Le cou est large, la musculature des épaules est assez développée bien que la capacité de saut soit relativement réduite. La colonne vertébrale est moins souple que celles des autres chats[5]. Chez le Chat d'Iriomote, les glandes anales entourent l'anus, à la différence des autres espèces de félins chez qui les glandes sont situées à l'intérieur de l'anus[5],[9].

Le pelage du Chat d'Iriomote est brun foncé marqué de petites taches noires ou brun foncé organisées en bandes horizontales[7],. Des rayures irrégulières sont présentes sur la poitrine. La partie supérieure de la queue est marron foncé parsemé de taches sombres et la partie inférieure est blanc uni, l'extrémité est de couleur sombre et annelée[5]. Les poils sur le ventre et à l'arrière des pattes sont légèrement plus clairs[5].

Tête[modifier | modifier le code]

Un spécimen empaillé au Centre de protection de la nature d'Iriomote. Les marques faciales sont bien visibles.

Les poils autour de la mâchoire sont blancs[5] et deux lignes blanches remontent le long du nez et soulignent les yeux[8]. De même que le Chat-léopard, cinq et sept rayures s'étendent du front vers l'arrière de la tête, mais dans le cas du Chat d'Iriomote les rayures s'arrêtent avant d'atteindre les épaules[10],[5],[6]. L'extrémité des oreilles est arrondie et bordée de poils noirs qui ne forment cependant pas de pinceaux. Les adultes ont une tache blanche à l'arrière de chaque oreille, ressemblant en ceci aux tigres[8]. Les chatons n'ont pas ces taches, et même sur les adultes les taches ne sont pas aussi blanches que celles visibles sur un Chat-léopard[5].

Les yeux du Chat d'Iriomote ont une couleur ambre clair. Le nez est large et plat, et la pointe, de couleur rouge-brun, est dépourvue de poils[11],[6]. Les pieds sont espacés de 29 et 37 mm, contre 24 à 30 mm pour le chat domestique[5].

Le crâne, plus long et étroit que celui d'un chat domestique, est de la même taille que celui d'un Chat-léopard, quoique plus épais. Pour cette raison, son cerveau est plus petit : environ 30 g pour un Chat d'Iriomote mâle, contre environ 42 g pour un Chat-léopard[5]. La symphyse mandibulaire est courte[6],[10].

Le Chat d'Iriomote a six paires d'incisives, deux paires de canines, quatre paires de prémolaires et deux paires de molaires, pour un total de vingt-huit dents. Par rapport aux autres espèces de félins, il manque au Chat d'Iriomote une paire de prémolaires derrière les canines de la mâchoire supérieure[5]. Ces dents peuvent donner des informations datées, qui devraient permettre d'aider à déterminer l'âge d'un spécimen et à cerner le comportement des chats d'Iriomote[12].

Comportement[modifier | modifier le code]

Territorialité[modifier | modifier le code]

Le Chat d'Iriomote vit au sol, mais grimpe aux arbres et peut également nager[10],[13],[7] pour traverser des rivières[14]. C'est un animal nocturne, tout spécialement actif autour du coucher du soleil[11],[15]. Durant le jour, il dort dans des arbres creux ou dans des grottes[14]. Il marque son territoire en urinant et déféquant sur des rochers, des souches d'arbres et des buissons. La superficie de leur territoire varie entre 1 et 7 km2[10],[6],[3].

Le Chat d'Iriomote est généralement solitaire et territorial. La superficie du territoire varie selon les saisons et les individus. Il est plus petit lors de la période de reproduction. En 1998 et 1999, un mâle et une femelle ont été suivis dans la partie ouest de l'île au moyen d'un dispositif radio pour des périodes allant de sept à treize jours consécutifs. Pour chaque période, leur territoires se recouvraient sur de grandes zones. Celui du mâle avait une surface comprise entre 0,83 et 1,65 km2, celui de la femelle entre 0,76 et 1,84 km2[15],[16],[17]. Les territoires des mâles et des femelles se recoupent : une à deux femelles vivent sur le territoire d'un mâle[16],[18]. Les individus de même sexe ont généralement des territoires distincts, même si des recoupements partiels sont possibles[19],[16],[18] : ce sont alors généralement des lieux de chasse[19]. On pense que les chats patrouillent sur leur territoire durant trois ou quatre jours, tout en chassant et en marquant leur territoire[16].

Les jeunes mâles parcourent l'île dans l'attente d'un espace qu'ils peuvent occuper et marquer comme leur territoire[19],[18]. Les femelles permettent à leurs petits de rester sur leur territoire et marquent un nouveau territoire à l'approche d'une nouvelle saison de reproduction[10],[6].

Vocalisations[modifier | modifier le code]

Un cri du Chat d'Iriomote a été reporté une seule fois dans la nature par un chercheur : c'était un cri rauque dont la tonalité est montée puis descendu rapidement, rappelant le cri nocturne du Chat pêcheur[14].

Alimentation[modifier | modifier le code]

Le râle de forêt fait partie de l'alimentation du Chat d'Iriomote.

Le Chat d'Iriomote est un carnivore strict dont on a répertorié 95 proies différentes[7] parmi lesquelles de nombreux mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons et crustacés. Il ingère typiquement entre 400 et 600 g de nourriture par jour[13]. Les félins sauvages chassent en général des petits animaux comme des rongeurs et des lapins, mais les Chats d'Iriomote n'étant pas concurrencés par d'autres prédateurs, ils peuvent profiter de toutes les sources de nourriture disponibles. Ainsi, leur alimentation est plutôt variée[19].

Parmi les mammifères qu'il chasse, on trouve le Rat noir (Rattus rattus) et la Roussette de Formose (Pteropus dasymallus). Parmi leurs proies se trouvent également de nombreux oiseaux comme le Canard à bec tacheté (Anas poecilorhyncha), le Râle de forêt (Rallina eurizonoides), le Merle pâle (Turdus pallidus) et le Râle à poitrine blanche (Amaurornis phoenicurus) . Parmi les reptiles, on trouve de nombreux types de serpents et des scinques[7] tels que Plestiodon kishinouyei[20]. Ils chassent occasionnellement les grenouilles telles Fejervarya sakishimensis[10],[11],[3],[15], des insectes, des gerris et des crabes[14]. Leur habitat étant souvent situé dans des marais ou sur la côte, ils nagent et plongent parfois pour attraper des oiseaux aquatiques, des poissons et des crevettes d'eau douce[13],[19].

L'examen des selles révèlent que les oiseaux sont présents à 60 % dans l'alimentation, les rats noirs à 30 %, les insectes à 30 %, les lézards et grenouilles à 15 à 20 %, les chauves-souris à 17 % et les sangliers à moins de 1 %. Poissons et crustacés sont présents environ 3 ou 4 % du temps[16],[21]. Des variations saisonnières ont été observées. Le Chat d'Iriomote mange des rats et des grenouilles tout au long de l'année, des lézards au printemps et en été, des sauterelles et des chauves-souris plus souvent en automne et en hiver[19].

Lorsqu'ils mangent des oiseaux plus gros qu'une grive, la plupart des félin plume l'oiseau avant de le manger, mais le Chat d'Iriomote mange de gros oiseaux sans se soucier des plumes[13]. À la différence des autres félins, le Chat d'Iriomote ne tue pas ses proies immédiatement en leur brisant la moelle épinière, mais maintient l'animal entre ses mâchoires jusqu'à ce qu'il arrête de bouger[10].

Reproduction[modifier | modifier le code]

Pendant la saison de de reproduction, le Chat d'Iriomote devient également actif dans la journée[9]. Les femelles élevant des petits sont plus actives que les autres tard dans la nuit et durant le matin[22]. Ce félin a généralement un comportement solitaire, mais cela est moins marqué quand les femelles élèvent les petits[9],[16]. La saison de reproduction s'étend de décembre à mars et de septembre à octobre[7], les femelles étant en chaleur plusieurs fois durant cette période, avec un pic d'activité en janvier et février[3],[16],[22]. À la fin de février, ils jeûnent pour deux semaines. C'est à cette période que l'excitation sexuelle des femelles est la plus forte. Mâles et femelles restent alors ensemble, et c'est probablement durant ces deux semaines qu'a lieu la fécondation[9].

Les Chats d'Iriomote sont vivipares. Entre avril et juin, après 60 à 70 jours de gestation, les femelles donnent naissance, dans une grotte ou un arbre creux, à un à quatre chatons[7],[14]. Les lieux choisis pour mettre bas et élever les chatons sont secs et bien ventilés. Les chatons restent avec leur mère pour environ onze mois[9]. Ils commencent à devenir plus indépendants durant l'automne et l'hiver. Ils peuvent vivre dans les même lieux que leur mère pour plusieurs années[19]. Le Chat d'Iriomote atteint la maturité sexuelle à l'âge de 20 mois[6].

Durée de vie[modifier | modifier le code]

On estime que le Chat d'Iriomote vit entre sept et huit ans dans la nature et entre huit et neuf ans en captivité[6],[9]. Ces ennemis principaux, qui lui font concurrence pour les proies, sont les serpents et les chats harrets[14]. L'influence des humains, notamment les accidents liés à la circulation et les piégeages, pourraient réduire leur espérance de vie de deux à cinq années[9]. Un Chat d'Iriomote a vécu en captivité jusqu'à un âge estimé à quinze ans et un mois, ce qui représente la plus longue durée de vie observée[23].

Répartition et habitat[modifier | modifier le code]

Le Chat d'Iriomote est endémique d'Iriomote, une île japonaise d'environ 290 km2[24],[25] situé à l'extrémité méridionale de l'archipel de Ryukyu. L'île est en majeure partie occupée par des montagnes de faible altitude (entre 300 m et 460 m), des forêts tropicales sempervirentes, et des mangroves bordant les rivières[26],[7]. C'est la plus petite zone de répartition d'une espèce de félin dans le monde[27].

Le Chat d'Iriomote se trouve dans les forêts côtières[7] en-dessous de 200 m au-dessus du niveau de la mer[10],[13], et préfère les zones près des rivières, les lisières des forêts et les zones présentant une faible humidité[10],[6],[3]. La densité de population est de 0,34 individus par km2[7].

En captivité[modifier | modifier le code]

Un Chat d'Iriomote en captivité

Une poignée de chats d'Iriomote a été gardée en captivité. Un chaton de cinq semaines ayant été séparé de sa mère a été trouvé le 14 juin 1979. Baptisé Keita, il a vécu au zoo d'Okinawa jusqu'à sa mort, à l'âge approximatif de treize ans et deux mois[9]. Une femelle a également été gardée au Musée national de la nature et des sciences de Tokyo. On pense qu'elle est morte à l'âge approximatif de neuf ans et sept mois[9]. Le 6 août 1996, le Centre de protection de la vie sauvage d'Iriomote a reçu un chaton mâle, plus tard connu sous le nom de Yon, ayant été blessé dans un accident lié à la circulation[23].

Yon[modifier | modifier le code]

Découverte et hospitalisation[modifier | modifier le code]

Le 6 août 1996, un jeune Chat d'Iriomote fut blessé dans un accident de la circulation près du pont Nadara dans la partie nord de l'île. Il pesait 1,6 kg et son âge était estimé à cinq mois. Il est possible qu'il ait été séparé de sa mère peu de temps auparavant. Il reprit conscience le lendemain matin, mais son corps n'était alors pas capable de réguler sa température, à cause des graves blessures qu'il avait subies. Il fut transféré sur l'île Ishigaki à 9h pour être soigné à la clinique vétérinaire d'Ishigaki, où il resta vingt-quatre jours[28].

Incapable de se déplacer après l'accident, il retrouva ses capacités de déplacement durant son séjour à Ishigaki. Il fut ramené au Centre de protection de la vie sauvage d'Iriomote pour rééducation le 31 août. Initialement baptisé W-48 car étant le quarante-huitième Chat d'Iriomote aperçu sur la partie ouest de l'île, il reçut finalement le nom Yon[28].

Rééducation[modifier | modifier le code]

Le 2 septembre, Yon pesait 1,9 kg. Malgré ses progrès, les vétérinaires notèrent une tendance à tourner vers la droite due à ses blessures[28].

Dès le début, les personnes en charges de Yon prirent des mesures pour éviter qu'il s'habitue aux humains, de sorte à ce qu'il puisse être relâché dans la nature. Seules trois personnes étaient autorisées à le nourrir directement. Les autres personnes, y compris les membres du personnel du centre, n'étaient autorisées à le voir que qu'au moyen de caméras. Les médias n'avaient pas l'autorisation de prendre des photographies directement[28].

Il fut gardé à l'intérieur d'une pièce dans le centre jusqu'au 3 février 1999. Une fausse jungle fut aménagée pour qu'il puisse s'entraîner à marcher, sauter et grimper aux arbres. Des plants de riz servaient de substitut à l'herbe, qui fait régurgiter les chats. Une fois sa santé jugée suffisamment bonne, on le déplaça dans une cage à l'extérieur, où il vécu jusqu'à ce que sa santé commence à se détériorer le 20 décembre 2010[28].

Il conserva des séquelles permanentes suite à l'accident : une patte paralysée, et une tendance à tourner vers la droite[28].

Mort[modifier | modifier le code]

Le corps empaillé de Yon.

Le 20 décembre 2010, Yon fut retrouvé roulé en boule et immobile près d'un ruisseau asséché. On le ramena dans la salle de rééducation du centre, où l'on découvrit qu'il souffrait d'un œdème pulmonaire qui faillit le tuer. Mais il fut capable de manger dès le lendemain, et son état s'améliora progressivement. Le reste du mois de décembre, il fut incapable de marcher. De nouveau capable de marcher à la fin de janvier, son état continua à s'améliorer en février et mars, jusqu'à ce qu'il soit capable de monter et descendre des escaliers. Son état se détériora alors, et il mourut dans la nuit du 9 avril, à un âge estimé à quinze ans et un mois. Il pesait alors 3,5 kg et mesurait 78,5 cm de long. Il détient le record de longévité connu pour un Chat d'Iriomote[28].

Apports à la science[modifier | modifier le code]

Yon a été le premier Chat d'Iriomote gardé en captivité pour une longue période, le premier à être sauvé après un accident, et le premier à subir une rééducation. Les autres Chats d'Iriomote ayant été trouvés à la suite d'un accident sont morts immédiatement ou peu après avoir été pris en charge[28].

Bien qu'il n'ait jamais été relâché dans la nature, les données enregistrées au sujet de Yon sont très importantes pour la préservation de l'espèce. Chaque jour était noté ce qu'il faisait, à quel moment de la journée, ainsi que tout ce qui était jugé important. De par la difficulté à étudier les Chats d'Iriomote en pleine nature, les données concernant Yon sont actuellement les plus instructives au sujet du comportement du Chat d'Iriomote. Peu de chats ayant été soignés par des humains, les données enregistrées sur la santé de Yon peuvent aider à soigner des Chats d'Iriomote blessés ou malades dans le futur[28].

Taxonomie[modifier | modifier le code]

Découverte de l'espèce[modifier | modifier le code]

Rumeurs[modifier | modifier le code]

Avant sa découverte par des scientifiques, le Chat d'Iriomote était connu par les habitants de l'île. Les Chats d'Iriomote étaient parfois capturés dans des collets destinés au sanglier. Sa chair était considérée comme rafinée[8]. Les habitants d'Iriomote le connaissaient sous divers noms : yamamaya (ヤママヤ, le chat de la montagne), yamapikaryā (ヤママヤ, celui qui brille sur la montagne). Pour ne pas le confondre avec les autres chats de l'île, les habitants d'Iriomote ont donné des surnoms aux autres chats, comme pingimaya (ピンギマヤ) pour les chats errants et mayagwaa (マヤグヮー) pour les chats de maison[1],[2]. Pour certains, les Chats d'Iriomote n'étaient que des chats harets[10],[11].

En se basant sur les informations fournies par les habitants de l'île, Tetsuo Koura (高良鉄夫) de l'Université des Ryūkyū réussit à capturer un chaton en 1962, mais ne parvint pas à capturer un spécimen adulte[10]. En 1964, Tokio Takano (高野凱夫) de l'Université Waseda informa Yoshinori Imaizumi des rumeurs sur un chat vivant dans les montagnes d'Iriomote[5].

En février 1965, Yukio Togawa (戸川幸夫), écrivain dont les animaux sont la spécialité, visita les îles Yaeyama en étant informé des rumeurs sur des félins sauvages vivants à Iriomote par un chroniqueur à Naha[2]. Il pensait au début que, de même que pour les signalements de loups japonais (une espèce éteinte), les gens avaient pris des animaux domestiques marrons pour des animaux sauvages. Il discuta avec son collègue Tetsuo Koura, qui pensait les rumeurs basées sur des faits. Koura lui confia ensuite la tâche de confirmer ces rumeurs[5],[2].

Avant la capture d'un spécimen[modifier | modifier le code]

Togawa voyagea par la suite à Iriomote afin de réunir des informations pour son propre rapport, collecter des informations sur le Chat d'Iriomote et trouver un spécimen[2]. En arrivant sur l'île, Togawa apprit que par manque de nourriture sur Iriomiote, les habitants de l'île mangeaient les chat capturés, leur viande étant utilisée en soupe. L'habitude de se débarrasser des chats pris dans les pièges rendit l'acquisition d'un spécimen difficile[2].

Il se rendit au petit village d'Amitori (網取部落, Amitori Buraku) dans la partie ouest de l'île. Là, un enseignant au collège qui avait travaillé avec Koura lui dit qu'il avait capturé un des chats avec un piège destiné aux sangliers. Il avait envoyé la peau à Koura, mais avait enterré le reste du corps. Togawa déterra les restes et obtint le crâne du chat. Il trouva également deux excréments près du village, et réussit à obtenir une peau auprès d'un pêcheur vivant à Inaba (イナバ部落, Inaba Buraku), un hameau près de la rivière Urauchi[2].

Il revint auprès de Koura puis envoya les deux peaux, les excréments et le crâne à Yoshinori Imaizumi au Musée national de la nature et des sciences de Tokyo, où ils furent analysés par la Société scientifique des mammifères du Japon (日本哺乳動物学会 Nihon Honyū Dōbutsu Gakkai)[2], le 14 mars 1965[5]. L'analyse montra que les chats constituaient une nouvelle espèce ou sous-espèce, mais de nouveaux échantillons étaient nécessaires pour le confirmer. Ils demandèrent une dépouille entière ou un spécimen vivant[5]. À la suite de l'annonce des résultats, certains membres de la Société scientifique des mammifères du Japon pensaient que les échantillons prouvaient que ces félins provenaient de la mutation d'une autre espèce, alors que d'autres pensaient qu'ils étaient les descendants de chats amenés et abandonnés sur l'île par des bateaux étrangers[2].

Capture des premiers spécimens vivants[modifier | modifier le code]

La cascade Maaree, où un groupe d'enfants trouva un Chat d'Iriomote le 5 mai 1965

En juin 1965, Togawa retourna à Iriomote avec Koura pour obtenir une dépouille complète, un spécimen vivant, et des informations sur la vie du chat dans son milieu. Ils apportèrent des pièges et de l'Actinidia polygama[Note 1] dans le but de capturer un Chat d'Iriomote. Cependant, selon les chasseurs, seulement un ou deux félins étaient capturés chaque année, et le nombre de chats restants était probablement assez bas. Togawa ne s'attendait pas à en capturer un vivant[29].

Le 5 mai 1965, avant le retour de Togawa sur l'île, un groupe d'enfants de l'école élémentaire d'Ōhara (大原小学校) en sortie scolaire dans la partie sud de l'île, trouva un chat mâle, blessé et affaibli, près de la petite cascade Maaree (マーレー滝, Maaree Taki) sur la plage Haemita (南風見田の浜, Haemita no Hama). L'enseignant en charge des enfants garda le chat qui mourut peu après. Un autre enseignant conserva la peau dans du formol et enterra le squelette dans une boîte en bois derrière l'école, que Togawa déterra : ce sujet devint le prototype pour la description de l'espèce[5]. Les scientifiques réussirent également à obtenir le crâne brisé d'un chaton dans le voisinage de l'île Yubu, ensuite reconstruit par Imaizumi[29].

En plus de rechercher le Chat d'Iriomote, Togawa étudia les rumeurs concernant le Yamapikaryaa, un plus grand félin présent sur l'île[29]. Avant de retourner à Tokyo, il proposa une récompense en argent pour tout félin sauvagequi lui serait apporté. Avec l'aide du maire Taketomi et du quotidien Yaeyama (八重山毎日新聞, Yaeyama Mainichi Shinbun), il put publier son offre sur des bulletins d'annonces[30].

Grâce à ces annonces, il acquit deux squelettes complets, deux crânes, et trois peaux qu'il ramena avec lui à Tokyo. Une de ces peaux était celle du félin trouvé par les élèves de l'école élémentaire d'Ōhara et il fut confirmé qu'elle provenait d'un Chat d'Iriomote. L'échantillon de l'île Yubu était petit et aucune conclusion ne fut donnée. Un échantillon de l'île Ishigaki-jima se révéla provenir d'un chat domestique[30].

En janvier 1966, le corps d'un Chat d'Iriomote pris dans un piège à sanglier près de la rivière Nakama (仲間川, Nakama-gawa) fut envoyé à Koura à l'Université des Ryūkyū, mais il n'y eut plus aucune information sur des captures éventuelles pendant quelque temps après cela[30]. En décembre 1966, Hiroshi Kurida (黒田宏), un chasseur, captura un chat mâle, mais celui-ci parvint à s'enfuir. Il captura un autre mâle peu après[5].

Le 15 janvier 1966, des chasseurs capturèrent une jeune femelle près de la montagne Nakama (仲間山 Nakama-yama)[5],[30]. Le Musée national de la nature et des sciences de Tokyo avait prévu d'utiliser les fonds destinés aux réparations des jardins afin d'acquérir ce spécimen, mais les chasseurs demandaient une somme trop importante. Le problème fut résolu par le directeur de l'Office des forêts qui négocia un prix moins élevé sous la forme d'une « indemnité journalière »[30].

Pendant ce temps, le maire de Taketomi était en négociation avec le Bureau de contact du sud du Japon (南方連絡事務所 Nanpō Renraku Jimusho) et les autorités des Ryūkyū. Il voyagea à Naha pour étudier la possibilité d'offrir les deux spécimens à l'empereur dans le but d'accroître le savoir national au sujet d'Iriomote et de promouvoir le développement industriel de l'île[30].

Les spécimens arrivèrent à l'aéroport international de Tokyo-Haneda le 20 mars 1967. Yoshinori Imaizumi les garda jusqu'à ce que Togawa, à qui le musée avait confié la tâche de les étudier, les prenne en charge pour environ deux ans[31],[5]. Les Chats d'Iriomote furent ensuite transférés au musée pour surveillance. Le mâle mourut le 25 avril 1973 et la femelle le 13 décembre 1975. Le mâle fut temporairement empaillé, le sang fut utilisé pour des études génétiques, et le reste du corps fut conservé dans du formol. La femelle fut empaillée et exhibée dans le musée[5].

Annonce de la découverte[modifier | modifier le code]

La découverte des Chats d'Iriomote est officiellement attribuée à Yukio Togawa (戸川幸夫), auteur dont les animaux sont la spécialité, en 1965. Le Chat d'Iriomote est décrit en 1967 par Yoshinori Imaizumi, directeur du département de zoologie du Musée national de la nature et des sciences de Tokyo[32].

En mai 1967, la Société scientifique des mammifères du Japon annonça la découverte d'un nouveau genre de chat, étroitement apparenté à Metailurus[5]. Le nom du genre Mayailurus est formé avec le terme « maya » qui signifie « chat » sur l'île d'Iriomote et d'« ailurus » signifiant également « chat » mais en grec ancien. Iriomotensis signifie simplement « d'Iriomote »[5]. Le nom japonais Togawa-yamaneko (トガワヤマネコ, chat de montagne Togawa) fur proposé par Yoshinori Imaizumi, en l'honneur de Togawa qui découvrit l'espèce, mais Togawa refusa et défendit le nom Iriomote-yamaneko (イリオモテヤマネコ, chat de montagne d'Iriomote). Koura accepta le choix de Togawa, fixant ainsi le nom officiel[2].

Taxonomie[modifier | modifier le code]

La lignée des chats-léopards[modifier | modifier le code]

Arbre phylogénétique de la lignée des chats-léopards[33]

Des travaux effectués sur l'ADN en 2006 et 2007, effectués sur les chromosomes sexuels et l'ADN mitochondrial de toutes les espèces de félins, conjugués à des recherches paléontologiques, ont révélé que l'ancêtre commun des espèces de félins actuelles est un félidé du genre Pseudaelurus, qui vivait sur le continent asiatique il y a 9 à 20 millions d'années. De cet ancêtre commun, les félins ont divergé au cours des millénaires en huit lignées distinctes. La lignée des chats-léopards, regroupant les genres Otocolobus et Prionailurus, est l'avant-dernière lignée à diverger, il y a environ 5,9 millions d'années durant le Miocène[33]. Parmi cette lignée, le Chat-léopard, le Chat pêcheur et le Chat à tête plate sont les dernières espèces à se différentier dans le courant du Pliocène, il y a 3,95 millions d'années[34].

Le Chat d'Iriomote : espèce ou sous-espèce ?[modifier | modifier le code]

En 1967, Yoshinori Imaizumi (今泉吉典) décrit le Chat d'Iriomote à la communauté scientifique comme une nouvelle espèce de félin[35] formant un nouveau genre, sous le nom de Mayailurus iriomotensis[25],[8]. Imaizumi souligne qu'à la différence des autres chats-léopards, le Chat d'Iriomote a conservé certaines caractéristiques primitives. Il estime ainsi l'apparition de l'espèce à une époque comprise entre il y a dix millions d'années (Miocène) et trois millions d'années (Pliocène). Il estime également que le Chat d'Iriomote partage de nombreuses caractéristiques primitives avec les fossiles du genre Metailurus[25]. Il insiste sur ces points, et affirme que le Chat d'Iriomote et Metailurus partagent un ancêtre commun vivant à une époque comprise entre il y dix millions d'années et cinq millions d'années[25],[5], et en déduit que la répartition des ancêtres du Chat d'Iriomote a dû commencer à s'étendre de l'Asie continentale à Iriomote et d'autres zones il y a trois millions d'années[25].

Depuis la découverte du Chat d'Iriomote, d'autres chercheurs réfutent l'idée qu'il constitue une espèce propre. Des études des crânes, des dents, et des études au niveau génétique ont été réalisées pour déterminer si le Chat d'Iriomote constitue une espèce distincte ou est une sous-espèce du chat-léopard[10],[25]. Par exemple, des fossiles datés d'il y a deux millions d'années et trouvés sur une île voisine ressemblaient au Chat d'Iriomote, ce qui pourraient attester l'existence d'une forme distincte[8].

Le caryotype du Chat d'Iriomote, la longueur des fragments de restriction de l'acide ribonucléique ribosomique (ARNr) et des analyses de phylogénie moléculaire des mitochondries 12S RNA et du cytochrome b se sont révélés être identiques ou presque à ceux du Chat-léopard[25],[36]. Les deux populations de félins sont supposées très proches, leurs différences étant considérées comme des variations à l'intérieur d'une même espèce ou comme des mutations isolées[37] : ces comparaisons génétiques réalisées à partir de la fin des années 1990 ont montré que le Chat d'Iriomote est une sous-espèce de Chat-léopard Prionailurus bengalensis iriomotensis[35]. Toutefois, de nombreuses références taxonomiques classent toujours le Chat d'Iriomote comme une espèce, sous le nom Prionailurus iriomotensis[38].

Étant données la fréquence et la diversité des mutations par substitution du cytochrome b, on estime que le point de divergence entre le Chat d'Iriomote et le Chat-léopard date de 180 000 à 200 000 ans[37]. Selon les géologues, les îles Ryūkyū étaient reliées à l'Asie continentale par un pont de terre il y a environ 20 000 à 240 000 ans. Les scientifiques pensent que l'habitat du Chat d'Iriomote s'est fixé sur les îles à cette période[25]. Pour cette raison, on estime que la diversité génétique à l'intérieur de l'espèce est faible[15].

Cohabitation avec l'homme[modifier | modifier le code]

Panneau représentant un Chat d'Iriomote, signalant la présence d'animaux aux automobilistes

La destruction de leur habitat, la présence de chiens, les accidents dus à la circulation et les pièges destinés aux sangliers et aux crabes contribuent au déclin de la population de Chats d'Iriomote[10],[6],[3]. Lors d'une seconde étude réalisée sur l'île, entre 1982 et 1984, on a estimé qu'il y avait entre 83 et 108 chats d'Iriomote sur l'île. La troisième étude, réalisée entre 1993 et 1994, estimait le nombre de chats d'Iriomote compris entre 99 et 110. La quatrième étude, réalisée entre 2005 et 2007, a ramené ce nombre à entre 100 et 109[39],[15]. Cependant, les méthodes ayant été utilisées lors de la troisième et quatrième études sont différentes. Une correction des résultats de la troisième étude donnerait entre 108 et 118 chats à cette époque, ce qui indique un déclin de la population des chats d'Iriomote[39].

Statut de conservation[modifier | modifier le code]

Les Chats-léopards (Prionailurus bengalensis) sont classés par l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) comme « préoccupation mineure »[40], mais la sous-espèce des chats d'Iriomiote (P. b. iriomotensis) a été initialement classée comme « en danger ». Une réévaluation en 2008 le classe comme « en danger critique », parce que son habitat est limité à la seule île d'Iriomote et que la population est en déclin[41].

Le Chat d'Iriomote a été nommé patrimoine naturel par les autorités d'Okinawa[30]. Le 15 mai 1972, avec la restitution d'Okinawa au Japon, il a été reconnu comme patrimoine naturel. Le 15 mars 1977, il a obtenu un statut spécial parmi les éléments du patrimoine naturel et a été désigné comme « espèce menacée de la faune et flore sauvage du pays » (国内希少野生動植物種, Kokunai Kishō Yasei Dōshokubutsu-shu)[24],[15],[42].

Administration[modifier | modifier le code]

Panneau avertissant les véhicules de la présence du chat. Le numéro est utilisé pour signaler la présence de chats.

En 1977, le prince Philip, duc d’Édimbourg écrivit une lettre au prince héritier Akihito au sujet de la protection du Chat d'Iriomote. Le rapport du professeur Leyhausen, joint à la lettre, suggérait d'interdire tout émigration future sur l'île, ainsi que d'interdire les cultures sur l'île. Le prince Akihito répondit qu'il souhaitait une solution qui assure la protection du chat tout en permettant la présence d'habitants sur l'île. Il expliqua également que le premier ministre, Takeo Fukuda, étudiait la mise en place d'un sanctuaire de la vie sauvage sur l'île[9].

En 1972, le Musée national de la nature et des sciences de Tokyo préparait des recherches sur la vie du chat dans son milieu. En novembre 1973, le WWF et le ministère de l'environnement ont réalisés une étude conjointe sur la vie du chat dans son milieu[5],[39], et à partir de 1974, le ministère de l'environnement a mené une étude étendue, qui a duré trois ans. Il y a eu par la suite trois autres études, initiées en 1982, 1992 et 2005[39].

En 1979, l'agence de protection de l'environnement a débuté un programme visant à nourrir les chatons, afin d'augmenter le taux de survie des jeunes[9]. Toutefois, cette action a été assez critiquée[6].

En 2006, des caméras automatiques et des dispositifs radio ont été utilisés pour mieux comprendre le mode de vie du félin. Des tests sur la propagation des maladies, sur les excréments et les restes de nourritures ont aussi été réalisés. Un bilan des signalements par les habitants de l'île et les touristes a été dressé[19].

Une zone à zébras sur une route d'Iriomote.

Une partie de l'habitat du Chat d'Iriomote a été désignée « parc administré par les autorités d'Iriomote » le 18 avril 1972. Avec la restitution au Japon des îles Ryūkyū par les États-Unis le 15 mai a été créé le Parc national d'Iriomote-Ishigaki. En mars 1991, une zone de 11 584,67 ha de l'île a été désignée « forêt et réserve écologique d'Iriomote » (西表島森林生態系保護地域, Iriomote-jima Shinrin Seitaikei Hogo Chiiki) afin d'assurer la protection de l'environnement[43],[44]. En 1995 le Centre de protection de la vie sauvage d'Iriomote (西表野生生物保護センター, Iriomote Yaseisei Seibutsu Hogo Sentā) a été créé pour améliorer le protection de l'environnement, conduire des recherches et développer les connaissances sur les Chats d'Iriomote[15].

En 1977, une route départementale entourant la moitié de l'île est construite, et cause la mort de plusieurs félins[9]. Le ministère de l'environnement et les autorités d'Okinawa et de la ville de Taketomi ont installé des panneaux pour avertir les gens de la présence du Chat d'Iriomote, des écoducs, des zones à zébras qui créent un bruit important quand les voitures passent, de larges fossés au bords des routes pour améliorer la protection du Chat d'Iriomote[15],[45]. Toutefois, de nombreux habitants de l'île ont protesté contre les mesures mises en place dans les zones cultivées pour protéger les Chats d'Iriomote et les autres espèces animales de l'île[9].

Problèmes avec les autres animaux[modifier | modifier le code]

Le centre de protection de la vie sauvage d'Iriomote

Les chats domestiques et les chats harets en particulier entrent en compétition avec les Chats d'Iriomote, et peuvent transmettre des maladies. Ils sont également responsables d'hybridation inter-espèces. On craint également que les chiens chassent les chats d'Iriomote[3],[15].

La crainte principale provient des chats domestiques qui sont devenus partiellement sauvages, mais leurs interactions avec les Chats d'Iriomote n'ont pas été évaluées. La compétition pour la nourriture, le contact avec des chats domestiques ayant contracté le virus de l'immunodéficience féline (VIF) ou d'autres maladies contagieuses, ainsi que le déclin de la population à cause de l'hybridation sont des problèmes importants[3]

En juin 1999, le Centre de protection de la vie sauvage d'Iriomote a réalisé une étude sur 50 chats domestiques et chats harets, et sur 23 Chats d'Iriomote pour voir si le VIF se transmettait entre les populations. Aucun cas n'a été observé parmi les Chats d'Iriomote, mais les test de trois chats du premier groupe se sont révélés positifs[46]. Par peur de la transmission de maladies, la ville de Taketomi a requis à partir de 2001 que ses résidents fassent enregistrer leurs animaux. En juin 2008, il est devenu obligatoire de faire un test pour détecter le VIF, de vacciner les animaux domestiques contre certaines maladies, de les castrer et stériliser, d'implanter une puce électronique. Une nouvelle limite sur le nombre d'animaux autorisés par personne a également été mise en place[47].

Par ailleurs, le crapaud buffle, dont les glandes produisent un poison, a fait son apparition sur l'île. Pour prévenir une contamination plus avancée de l'île, les résidents d'Ishigaki-jima ont pris des mesures pour exterminer le crapaud en 2008[48],[49].

Mascotte[modifier | modifier le code]

Le 30 juillet 2010, l'Association de tourisme de Taketomi a invité les résidents de la ville à créer une mascotte locale. La réalisation d'un élève en sixième année à l'école élémentaire Komi, basée sur le Chat d'Iriomote, a été choisie. L'île d'Iriomote, où est située Taketomi, est représentée sur la poitrine de la mascotte. Les résidents ont également été invités à choisir un nom. Le 31 août 2010, le nom Pikaryaa (ピカリャー), proposé par un résident d'Ishigaki s'étant basé sur le surnom local du chat, yamapikaryā (ヤマピカリャー), a été choisi[50].

Yamapikaryaa[modifier | modifier le code]

En général, le terme « yamapikaryaa » est utilisé pour désigner le Chat d'Iriomote. Toutefois, une partie de la population locale déclare que cela désigne un autre félin qui vit dans l'île. Ce félin est décrit comme deux fois plus gros qu’un chat domestique, avec une queue de soixante centimètres de long et un pelage différent de celui du Chat d'Iriomote. Plusieurs observations ont été rapportées[1]. De nombreux surnoms régionaux désignent le yamapikaryaa : (クンズマヤー, kunzumayaa?) autour de Sonai et Komi, (ヤマピカリャー, yamapikaryaa?) dans l'île d'Aragusu. Ce mystérieux félin ne serait ni un chat domestique, ni un chat harret, ni même un Chat d'Iriomote[1],[51].

En 1965, Togawa relève le témoignage d'un chasseur local qui aurait tué un félin de grande taille avec une fourrure ressemblant à celle du tigre. Le squelette du félin aurait malheureusement été emporté par de fortes pluies seulement dix jours avant l'interview. Toujours selon ce témoignage, le yamapikaryaa aurait une hauteur au garrot proche de la hauteur du genou d'un homme adulte, une queue de soixante centimètres, un corps deux fois plus gros qu'un chat domestique et une fourrure rayée verdâtre[29].

Le 2 juin 1982, un article sur le yamapikaryaa est publié dans Yomiuri shimbun. Un chasseur de sanglier expérimenté assure en avoir vu une dizaine de fois dans les montagnes du Mont Dedou et qu'il en aurait capturé puis mangé un. Il rapporte également l'observation d'une femelle et son petit[1].

En 1994, Tadaaki Imaizumi (今泉忠明, Imaizumi Tadaaki?) a pu observer un crâne de yamapikaryaa tué par un chaseur local : il s'agissait d'un chat domestique[1].

D'autres articles ont été publiés au Japon. Le 14 septembre 2007, le professeur Eiyuu Akiyoshi (秋吉英雄, Akiyoshi Eiyuu?) de l'université de Shimane déclare avoir vu un félin plus grand qu'un Chat d'Iriomote, avec une longue queue et une fourrure tachetée dans la péninsule Sakiyama (崎山半島, Sakiyama Hantō?), région peu fréquentée de l'île d'Iriomote[52].

Philatélie[modifier | modifier le code]

Article connexe : Philatélie thématique.

Le Chat d'Iriomote est rarement représenté en philatélie[53]. La poste du Japon a édité un timbre et une enveloppe premier jour représentant le Chat d'Iriomote dans une série sur la conservation de la nature en 1974 et un timbre dans une série sur l'harmonie avec la nature en 2011[54],[53].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. L'actinidia polygama est une plante de Chine et du Japon qui a un effet de drogue pour les félins.

Références[modifier | modifier le code]

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  2. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j Togawa 1972, p. 13-92
  3. a, b, c, d, e, f, g et h (ja) 眞 沼田, « 沖縄県の絶滅のおそれのある野生生物(レッドデータおきなわ)-動物編- » [PDF], 沖縄県文化環境部自然保護課編,‎ 2005 (consulté le 3 June 2012), p. 25–27
  4. a et b Jackson et Farrel Jackson 1996, p. 162
  5. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q, r, s, t, u, v, w et x Tadaaki Imaizumi 1994, p. 7-48
  6. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j et k 小原 2000
  7. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j Marion et al. 2005, « Chat d'Iriomote Prionailurus iriomotensis (Imaizumi, 1967) », p. 107
  8. a, b, c, d, e et f Jackson et Farrel Jackson 1996, p. 159
  9. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l et m Tadaaki Imaizumi 1994, p. 119-157
  10. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l et m Imaizumi 1986
  11. a, b, c et d (ja) Yoshinori Imaizumi, 世界の動物 分類と飼育2 (食肉目) [« Animals of the World: Types and Rearing 2 (Carnivores) »], 東京動物園協会,‎ 1991 (ISBN 4886220614)
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  13. a, b, c, d et e Imaizumi 2004
  14. a, b, c, d, e et f Jackson et Farrel Jackson 1996, p. 161
  15. a, b, c, d, e, f, g, h et i (ja) « 絶滅危惧種情報(動物)- イリオモテヤマネコ - », Centre de biodiversité du Japon (consulté le 22 février 2014)
  16. a, b, c, d, e, f et g Tadaaki Imaizumi 1994, p. 75-117
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  30. a, b, c, d, e, f et g Togawa 1972, p. 139-176
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  44. (ja) « 西表島森林生態系保護地域(保全利用地区・保存地区) » (consulté le 22 février 2014)
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  46. (ja) « 西表で猫エイズ初確認/イリオモテヤマネコへの感染懸念/環境庁などが野良猫調査/県、竹富町と対策協議へ*影響は全く未知数 » (consulté le 22 février 2014)
  47. (ja) 琉球新報, « 飼い猫の避妊義務化 イリオモテヤマネコ保護 », Ryukyu Shimpo,‎ 19 juin 2008 (lire en ligne)
  48. (ja) « ヤマネコにせまる危機 » (consulté le 22 février 2014)
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  50. (ja) « 竹富町マスコットキャラクター 名前が決定しました! » (consulté le 22 février 2014)
  51. (ja) « 西表島総合調査報告書 » [PDF] (consulté le 22 février 2014)
  52. (ja) 琉球新報, « 伝説の生物「ヤマピカリャー」? 西表で目撃相次ぐ », Ryukyu Shimpo,‎ 27 décembre 2007 (lire en ligne)
  53. a et b « News Archive July - December 2011 », sur catstamps.org, Catstamps,‎ 1er mars 2013 (consulté le 28 février 2014)
  54. « Japan Wild Cats », sur catstamps.org, Catstamps,‎ 1er janvier 2013 (consulté le 28 février 2014)

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles[modifier | modifier le code]

  • (en) Yoshinori Imaizumi, « A new genus and species of cat from Iriomote, Ryukyu Islands », Journal of the Mammalogical Society of Japan, vol. 3, no 4,‎ 1966-1967, p. 75–105 (ISSN 1884-393X, lire en ligne [PDF])
  • (en) Ryuichi Masuda, « Phylogeny and Evolutionary Origin of the Iriomote Cat and the Tsushima Cat, based on DNA Analysis », Journal of Geography (地學雜誌, Chigaku Zasshi?), vol. 105, no 3,‎ juin 1996, p. 355–362 (ISSN 0022135X, lire en ligne)
  • (en) Ryuichi Masuda et Michihiro C. Yoshida, « Two Japanese wildcats, the Tsushima cat and the Iriomote cat, show the same mitochondrial DNA lineage as the leopard cat Felis bengalensis. », Zoological Science, vol. 12,‎ 1995, p. 656–9 (lire en ligne)
  • (ja) Yoshinori Imaizumi, « 琉球, 西表島産の山猫 (新属新種) について », 哺乳動物学雑誌, 日本哺乳動物学界, vol. 3,‎ 1966-1967, p. 75–105 (ISSN 1884-393X, lire en ligne [PDF])
  • (en) Hitoshi Suzuki, Tetsuji Hosoda, Susumu Sakurai, Kimiyuki Tsuchiya, Isao Munechika et Vladimir P. Korablev, « Phylogenetic relationship between the Iriomote cat and the leopard cat, Felis bengalensis, based on the ribosomal DNA », The Japanese Journal of Genetics, The Genetics Society of Japan, vol. 69, no 4,‎ août 1994, p. 397–406 (ISSN 0021504X)

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • (ja) Yoshinori Imaizumi, 動物大百科1 肉食類 [« Encyclopédie des animaux 1 : Carnivores »], 平凡社,‎ 1986 (ISBN 4582545017)
  • (ja) Tadaaki Imaizumi, イリオモテヤマネコの百科 [« Encyclopédie du chat d'Iriomote »], Data House,‎ 1994, 7–48 p. (ISBN 4887182856)
  • (ja) Yukio Togawa, イリオモテヤマネコ:原始の西表で発見された〝生きた化石動物〟の謎 [« Le Chat d'Iriomote : le mystère du « fossile vivant » découvert sur l'île d'Iriomote »], 自由国民社 ,‎ 1972, 139–176 p.
  • (ja) 秀雄 小原, 動物世界遺産 レッド・データ・アニマルズ4 インド、インドシナ [« Patrimoine mondial vivant : Red Data Animals 4 Inde et Indochine »], Kodansha (講談社?),‎ 2000 (ISBN 4062687542)
  • (ja) 陸奥雄 加藤, 日本の天然記念物 [« Monuments naturels du Japon »], 講談社,‎ 1995, 622–623 p. (ISBN 4061805894)
  • (ja) Tadaaki Imaizumi, 野生ネコの百科 [« Encyclopédie des félins sauvages »], Data House,‎ 2004 (ISBN 978-4887187726)
  • (ja) 財団法人 自然環境研究センター, イリオモテヤマネコBOOK, 株式会社高陽堂印刷,‎ 2006
  • (ja) 繁樹 安間, 琉球列島 生物の多様性と列島のおいたち, 東海大学出版会,‎ 2001 (ISBN 4-486-01555), p. 112–147
  • (en) Mel Sunquist et Fiona Sunquist (photogr. Terry Whittaker et autres), Wild Cats of the World, Chicago, The University of Chicago Press,‎ 12 novembre 2002, Relié, 416 p. (ISBN 978-0226779997 et 0-226-77999-8, présentation en ligne) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Peter Jackson et Adrienne Farrel Jackson (trad. Danièle Devitre, préf. Dr Claude Martin, ill. Robert Dallet et Johan de Crem), Les Félins : Toutes les espèces du monde, Turin, Delachaux et Niestlé, coll. « La bibliothèque du naturaliste »,‎ 15 octobre 1996, relié, 272 p. (ISBN 978-2603010198 et 2-603-01019-0) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Rémy Marion (dir.), Cécile Callou, Julie Delfour, Andy Jennings, Catherine Marion et Géraldine Véron, Larousse des félins, Paris, Larousse,‎ septembre 2005, 224 p. (ISBN 2-03-560453-2 et 978-2035604538, OCLC 179897108) Document utilisé pour la rédaction de l’article

Liens externes[modifier | modifier le code]