Jacques-Antoine-Hippolyte de Guibert

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François-Apolline de Guibert

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Portrait gravé par G. Engelmann

Nom de naissance Jacques-Antoine-Hippolyte de Guibert
Activités officier général, essayiste, conseiller d'État
Naissance 12 novembre 1743
Montauban
Décès 6 mai 1790 (à 46 ans)
Paris
Langue d'écriture français
Genres éloges, récits de voyages, essais, pièces de théâtre
Distinctions Académie française

Œuvres principales

  • Défense du système de guerre moderne
  • Essai général de tactique
  • Œuvres dramatiques (1825, posthume)

Jacques-Antoine-Hippolyte, comte de Guibert (parfois aussi François-Apolline de Guibert), né le 12 novembre 1743 à Montauban et mort le 6 mai 1790 à Paris, est un général et auteur militaire français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Guibert entra en 1756, à l'âge de treize ans, au régiment d'Auvergne avec le grade de lieutenant. Il devint capitaine en 1758 et prit part à la guerre de Sept Ans. Il y accompagnait son père, Charles-Benoît, comte de Guibert (1715-1786), chef de camp du maréchal de Broglie. Son père, d'extraction modeste et officier de fortune, était parvenu au grade de lieutenant général et aux fonctions de gouverneur des Invalides en 1786.

Il fut décoré de la Croix de Saint-Louis lors des opérations en Corse. À l’issue de la campagne, il fut nommé colonel et reçut le commandement de la Légion corse qui venait d'être créée. En 1773, lors d'un voyage en Allemagne, Frédéric II le Grand reconnut en lui un grand tacticien avec lequel il conversa souvent sur les question militaires. Toulongeon publia ultérieurement son Journal d'un voyage en Allemagne en 1803.

Sa Défense du système de guerre moderne, une réponse aux critiques, mettait en lumière les méthodes de défense raisonnée et scientifique utilisées par l'armée prussienne. Ce fut la base de son travail lorsqu'en 1775 il coopéra avec le comte de Saint-Germain dans une série de réformes de l'armée française, notamment du règlement d'exercice et de manœuvre de 1776.

En 1777, à la disgrâce de Saint-Germain, Guibert fut également évincé du ministère, et il reçut le commandement du régiment de Neustrie. Dans cette semi-retraite, il défendit vigoureusement son ancien chef Saint-Germain contre ses détracteurs.

Il fut élu à l'Académie française le 15 décembre 1785, et reçu par le marquis de Saint-Lambert le 13 février 1786. À la veille de la Révolution, il fut rappelé au conseil de l'administration de la guerre en 1787 dont il devint la cheville ouvrière. Mais il subit à son tour des attaques : les réformes qu'il introduisait le rendirent très impopulaire, au point qu'il fut hué et obligé de quitter l'assemblée de la noblesse du bailliage de Bourges en janvier 1789. Plus tard, il devint Maréchal de Camp. Il mourut le 6 mai 1790, âgé de 46 ans.

L'œuvre de Guibert a eu une grande influence sur les conceptions militaires de Napoléon, qui avait lu et médité ses écrits.

Écrits[modifier | modifier le code]

En 1770, il publia à Londres Essai général de tactique qui fut un succès en Angleterre et en Allemagne et fut même traduit en persan. De ce travail, on peut dire que c'était l'un des meilleurs essais sur la guerre qui fût produit par un soldat durant cette période. Il fut abondamment commenté dans les salons jusqu'en 1871. Indépendamment des questions techniques, son point de vue éclairé fut largement repris à travers toute l'Europe, spécialement dans la période 1763-1792. Il présentait ainsi la révolution imminente dans l'art de la guerre, une révolution que les tacticiens, eux-mêmes, n'avaient pas vu venir comme le service militaire. Une prévision accomplie presque à la lettre vingt ans après la mort de Guibert.

Auteur dramatique médiocre, il a néanmoins laissé des éloges, entre autres ceux de Julie de Lespinasse et du roi de Prusse. Le triste sort de sa pièce le Connétable de Bourbon, écrite en 1775, était le point prépondérant dans le refus de Guibert de faire jouer ses autres tragédies : Les Gracques et Anne de Boleyn. La réception paradoxale de Connétable de Bourbon démontre l'hiatus qui sépare l'esthétique mondaine des salons de celle qui concerne la sphère de la Cour de Louis XVI. En fait, cette œuvre a d'abord connu un grand succès dans les salons de l'époque et fut même vantée auprès de la reine Marie-Antoinette, qui a fini par la soutenir et la faire jouer à la Cour.

Principales publications[modifier | modifier le code]

  • Essai général de tactique, précédé d'un discours sur l'état actuel de la politique et de la science militaire en Europe ; avec le plan d'un ouvrage intitulé : La France politique et militaire (1770, 1772) Réédition : 2004.
  • Éloge du maréchal de Catinat (1775) Réédition : 1978.
  • Observations sur la constitution militaire et politique des armées de S. M. prussienne, avec quelques anecdotes de la vie privée de ce monarque (1777)
  • Éloge historique de Michel de L'Hospital, chancelier de France (1777) Réédition : 1978.
  • Défense du système de guerre moderne, ou réfutation complète du système de M. de M... D... (1779)
  • Le Connétable de Bourbon, tragédie en 5 actes (1785)
  • Éloge du roi de Prusse (1787) Réédition : 1978.
  • De la Force publique considérée dans tous ses rapports (1790)
  • Journal d'un voyage militaire fait en Prusse dans l'année 1787 (1790)
  • Journal d'un voyage en Allemagne fait en 1773 par G.-A.-H. Guibert, ouvrage posthume publié par sa veuve et précédé d'une notice historique sur la vie de l'auteur (2 volumes, 1803)
  • Œuvres militaires de Guibert, publiées par sa veuve sur les manuscrits et d'après les corrections de l'auteur (5 volumes, 1803)
  • Voyages de Guibert dans diverses parties de la France et en Suisse, faits en 1775, 1778, 1784 et 1785, ouvrage posthume publié par sa veuve (1806)
  • Œuvres dramatiques de Guibert, publiées par sa veuve sur les manuscrits et d'après les corrections de l'auteur (1822)
  • Écrits militaires : 1772-1790 (1977)

Référence[modifier | modifier le code]

  • Ethel Groffier, Le Stratège des Lumières : Le comte de Guibert (1743-1790), Honoré Champion, Paris, 2005 (ISBN 2745311166)
  • Dans l'animé Code Geass : Boukoku no Akito, on voit l'une des personnages principales, Leia Malcal, lire l'oeuvre de Jacques-Antoine-Hippolyte de Guibert : Essai général de tactique.

Lien externe[modifier | modifier le code]