Berre-les-Alpes

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Berre-les-Alpes
Berre-les-Alpes
Berre-les-Alpes
Blason de Berre-les-Alpes
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Provence-Alpes-Côte d'Azur
Département Alpes-Maritimes
Arrondissement Nice
Canton Contes
Intercommunalité Communauté de communes du Pays des Paillons
Maire
Mandat
Maurice Lavagna
2014-2020
Code postal 06390
Code commune 06015
Démographie
Gentilé Berrois
Population
municipale
1 280 hab. (2011)
Densité 134 hab./km2
Géographie
Coordonnées 43° 49′ 51″ N 7° 19′ 47″ E / 43.8308333333, 7.3297222222243° 49′ 51″ Nord 7° 19′ 47″ Est / 43.8308333333, 7.32972222222  
Altitude Min. 237 m – Max. 816 m
Superficie 9,58 km2
Localisation

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Berre-les-Alpes est une commune française située dans le département des Alpes-Maritimes en région Provence-Alpes-Côte d'Azur. Ses habitants sont appelés les Berrois.

Par décret du 22 décembre 1997[1], Berre-des-Alpes est devenu Berre-les-Alpes.

En langue niçoise (dialecte provençal de la région niçoise, Georges Castellana), le nom de la commune est Berra et ses habitants sont lu Berrenc.

Géographie[modifier | modifier le code]

« La superbe route nationale de Nice à Coni par l’Escarène et Sospel, détache au col de Saint-Roch, ou col de Nice, un chemin d’intérêt commun qui suit les sinuosités de la colline sur une longueur de quatre kilomètres. Après avoir effectué les deux tiers du trajet on aperçoit, adossé à l'extrémité d'un plateau situé à 680 mètres d’altitude, le pittoresque et coquet village de Berre-des-Alpes ». C’est ainsi que commence l’article consacré à Berre-les-Alpes, par Jean Truchi, dans la revue Nice-Historique de 1899.

Le village de Berre-les-Alpes, situé à 23 kilomètres au nord de Nice si l’on emprunte, en suivant le Paillon, la route qui passe par Contes, se dresse à 682 mètres d’altitude sur un sommet se dressant au bord d’un haut plateau. La carte du comté de Nice établie par Bourcet en 1749 nomme l’endroit « le Bois Noir ».

Le sol de la commune est composé de terrains appartenant aux ères secondaire et tertiaire, plus précisément des époques Crétacé et Éocène.

Le village de Berre est à la limite d’altitude où le châtaignier remplace l’olivier. Avant le village les oliveraies sont nombreuses, après lui s’étendent les forêts de châtaigniers, et partout règnent le mimosa et le pin.

La place du village domine les deux vallées de Contes et de l’Escarène. Le village est un belvédère d’où le regard de l’observateur embrasse du nord-ouest au sud la chaîne du Ferrion (887 m), le village de Châteauneuf-de-Contes et les ruines de son château, le mont Macaron (808 m), les villages de Contes et de Sclos-de-Contes.

En remontant depuis le sud, côté est, l’observateur découvre une partie du mont Gros, le mont Leuze, la Tête de Chien (504 m), le mont Agel (1 100 m) et le pic du Baudon (1 264 m).

Au nord-est, le col de Braus (1.002 m.), les clues de Saint-Laurent, le mont Pissandroun, l’Escarène avec sa gare, puis plus au nord, le mont Brec (983 m), le mont Pivola (803 m), le mont Pifourquier, la cime du Gros Braus (1 330 m), le mont du Rocaillon avec, au bas, le village de Lucéram, les forêts de Turini, l’Authion (2 000 m), une partie du Mont Bego (2 873 m), la cime du Diable (2 686 m), les deux monts Capeliets (2 418 m et 2686 m), le col Saint-Roch (990 m), la cime du Savel (1 015 m), Roca Seira (1 504 m) et, tout au fond, le mont Gelas (3 143 m).

Économie[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

Toponymie[modifier | modifier le code]

L’étymologie du nom de Berre (Berra en niçois) pose problème. Plusieurs explications ont été présentées. Dans une étude de toponymie préhistorique, Lieutard propose, suivi par le commandant Octobon, l’hypothèse que le nom de Berre dérive du mot ibère Illibéri formé de Illis qui signifie ville et Berri (plaine). En effet, le village, bien que situé dans les régions alpestres à près de sept cents mètres d'altitude, est adossé à l'extrémité d'un immense plateau siliceux de plusieurs kilomètres de longueur. Il a également été invoqué la racine pré-latine Ber évoquant la montagne ou la hauteur. La version qui m'a été transmise par ma famille est celle de l'installation au IXe siècle de la parenté du comte de Nice, missi domenici de Charlemagne, quittant la Ville pour échapper aux invasions mauresques ; et fondant différents châteaux-refuges sur les collines de la région, dont celle de BERRE ; et le nom donné au lieu viendrait de la désignation de cet homme " li ber" qui en vieux français signifie "un homme libre, brave, valeureux" lequel mot dérive de l'indo-européen Bher = cogner, fendre, puis Berja= frapper, tuer… Ce mot "Ber" est l'étymologie du mot baron qui s'est transformé en titre de noblesse et l'a donc supplanté. Ce qui a fait que la famille a été citée baron dès le XIIIe siècle alors qu'elle ne recevra ce titre qu'en 1702 du duc de Savoie.

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Bien que le lieu soit occupé depuis le VIIe siècle av. J.-C. (il reste encore un castellara celto-ligure) l’histoire de Berre ne commence qu’au haut Moyen Âge avec un cartulaire de la cathédrale de Nice, en date du 2 juillet 1108, qui cite onze châteaux parmi lesquels celui de Berre. À cette époque le territoire de Berre appartenait au village de Peille et l’on a pu supposer que des bergers de ce village, avant l’an mil, avaient commencé par construire des bergeries occupées uniquement au cours des pâturages d’été avant d’envisager une installation à l’année.

Les premiers seigneurs connus de Berre, qui n’était pas encore une baronnie mais une co-seigneurie, sont deux frères niçois Bertrand et Isoard, cités en 1240. D’eux sont issus la lignée des seigneurs puis barons de Berre dont les noms apparaissent régulièrement dans l’histoire locale (voir Seigneurs de Berre). L’historien niçois Pierre Gioffredo cite à plusieurs reprises, dans son ouvrage « la Storia delle Alpi Maritimi », la famille de Berre et intègre dans ses planches dessinées le blason qui est « de gueules au château surmonté de trois tourelles d’argent, ouvert du champ, maçonné de sable, chargé d’une cotice d’azur posée en bande », devise « Semper fidelis » c’est-à-dire « Toujours fidèle ».

L’histoire de Berre suit l’histoire du pays de Nice qui appartient aux comtes de Provence jusqu’en 1113 date à laquelle Nice et Berre passent aux comtes de Barcelone, avant d’appartenir à la maison d’Anjou en 1245 puis à la maison de Savoie par l’acte de dédition de 1388. En 1355 Gaspard de Berre fait restaurer et agrandir la demeure seigneuriale qui va recevoir toute la noblesse des alentours et devenir une succursale des cours d’amour des comtes de Provence. La baronne Violente Galéan, épouse de Gaspard, y donna des fêtes restées célèbres. En 1408 Berre compte 8 feux, soit environ une quarantaine d’habitants.

Temps modernes[modifier | modifier le code]

Jusqu’en 1689 début des guerres de la Savoie contre Louis XIV l’histoire locale n’est guère fournie. À cette date le roi de France devient comte de Nice et par voie de conséquence seigneur de Berre jusqu’en 1696 date de restitution du comté de Nice à Victor-Amédée Ier de Savoie. En 1705 l’occupation française recommence et la communauté de Berre doit de nouveau prêter serment au roi. En 1709 la commune doit payer 258 livres et 15 sols d’impôts. En 1713, par le traité d’Utrecht le comté de Nice est rendu au duc de Savoie, qui devient roi de Sicile. En 1720 Victor-Amédée II échange la Sicile contre la Sardaigne et Berre se retrouve dans le giron du royaume sarde. En 1744 les armées de Louis XV occupent encore la région et Berre doit fournir, en 1746, quatre rations de fourrage par jour. Le village, étant une position stratégique importante, est régulièrement occupé ou visité par les troupes françaises jusqu’en janvier 1749 date de restitution du comté de Nice au roi de Sardaigne. Un recensement de 1748 indique qu’il y a 60 maisons et 250 habitants dont 50 hommes en état de porter les armes.

Révolution française[modifier | modifier le code]

À l’époque révolutionnaire Berre se trouve, une fois de plus, au milieu des combats. En 1794 des exactions y sont commises par des soldats marseillais. Dès l’arrivée des troupes françaises dans le comté de Nice de nombreux hommes entrèrent en résistance, formèrent des milices et prirent le maquis sous l’appellation de barbet. Le maréchal de camp Dagobert écrit le 10 décembre 1794 que « …le petit village de Berra en a plus de trente… ». À Nice, le colonel baron Cesar Auguste d'alaise di berra, commandant la place forte de Nice évite les combats et empêche la guillotine de faire son entrée Nice, qui n'y fera aucune victime. Le 29 juillet 1796, le directoire de l'administration centrale du département offre 20 quintaux de froment (environ 930 kg) de récompense à qui s’emparera de Jacques Giaume, chef barbet, surnommé « Barbon de Berre ». À la fin de la Révolution les troubles s’apaisent et Berre retournera à la fin du Premier Empire, en 1814, au roi de Sardaigne Charles-Félix.

XIXe et XXe siècles[modifier | modifier le code]

En 1860 le village, à la majorité de 174 voix sur 175, accepte de devenir français.

Quinze Berrois sont tués dans les combats de la Première Guerre mondiale.

Le 22 juin 1940 à 10 h 15 le village est bombardé par l’aviation italienne tuant une petite fille et faisant plusieurs blessés.

De 1940 à 1944, le village a reçu la visite des troupes d’occupation italiennes puis allemandes avant d’être libéré par les troupes américaines.

À partir des années 1960, le village a développé le tourisme et plus récemment il se repeuple de « jeunes actifs » qui travaillent en ville mais préfèrent vivre au calme de la campagne.

Berre-les-Alpes a également accueilli le studio d'enregistrement Super Bear, de 1977 à 1986. Quelques albums rock célèbres tels que The Wall (Pink Floyd, 1979), Jazz (Queen, 1977) ou encore Lionheart (Kate Bush, 1977) y ont été conçus.

Anecdote[modifier | modifier le code]

En 1693, un habitant de Nice dénommé André Cotto envoya son troupeau de moutons paître l’herbe des prés communaux de Berre. La communauté s’y opposa, sans doute au motif qu’Andréa Cotto n’habitait pas le village. Mais, sûr de son bon droit, le sieur Cotto assigna la communauté de Berre le 18 janvier 1694 en demandant une somme de 320 lires et 15 sous en réparation de son préjudice. La procédure s’étant éternisée, le roi de France Louis XIV, alors comte de Nice et suzerain de la Communauté de Berre, finit par être saisi du litige. Il condamna cette dernière au paiement de la somme réclamée, par sentence du 11 août 1706. En exécution de cette sentence, le Sénat de Nice rendit, le 15 novembre 1706, une ordonnance de condamnation du principal outre intérêt de 6 %. Un décompte des règlements échelonnés fut établi le 31 mars 1707, par Jean-Baptiste Rostagni, en présence des deux syndics de Berre qui étaient : Laurent Fabre et Pierre Giaume.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Berre-les-Alpes

« De gueules au château donjonné de trois tours d’argent, chargé d’une cotice en bande d’azur »

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
mars 1983 en cours Maurice Lavagna[2] Divers droite[3] Retraité chef d'entreprise du bâtiment[2]

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 1 280 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1822 1838 1848 1858 1861 1866
428 491 484 522 609 647 627 574 594
1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906 1911
556 555 510 508 499 528 527 524 464
1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968 1975
401 363 381 346 291 273 325 570 819
1982 1990 1999 2004 2006 2009 2011 - -
949 857 1 162 1 262 1 257 1 267 1 280 - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[4] puis Insee à partir de 2004[5].)
Histogramme de l'évolution démographique


Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

La paroisse de Berre date du Xe siècle et l’église actuelle fut construite vers 1368, à l’emplacement d’un précédent édifice, selon la volonté de Violante Galéan épouse du baron Gaspard de Berre (voir les souterrains du presbytère qui sont devenus un lieu d’exposition). Initialement placée sous la protection de saint Valentin elle apparaît dans un acte de 1324 comme étant dédiée à saint Laurent, ce qu’elle est toujours à l’heure présente. La façade actuelle date de 1864. À l’intérieur de l’église se trouve une statue du XVe siècle représentant une Vierge à l’enfant ainsi qu’une statue en bois de saint Sébastien datant de 1620. En face de l’église, sur le même parvis, se trouve la chapelle Sainte-Croix des Pénitents Blancs.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Théodore Giaume (1870-1959), prêtre, licencié ès lettres, érudit et historien local

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Journal officiel du 24 décembre 1997 avec effet au 25 décembre 1997
  2. a et b « Maurice Lavagna », sur http://www.maires-alpes-maritimes.com/, Le Petit Niçois (consulté le 10 juin 2013)
  3. Annuaire des Mairies des Alpes Maritimes (06), EIP/Les Éditions Céline, coll. « Annuaire des mairies de France »,‎ 2006 (ISBN 9782352581055, lire en ligne), p. 24
  4. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  5. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2004, 2006, 2009, 2011