Bataille d'Amiens (1918)
La bataille d'Amiens ou bataille de Montdidier a lieu du 8 au 15 août 1918, pendant la 3e bataille de Picardie sur le front occidental, en France. Elle fait suite aux victoires allemandes du printemps et de la seconde bataille de la Marne. Les troupes alliées pour la première fois depuis 1918 commencent à prendre l'ascendant sur les troupes allemandes. C'est la première des batailles victorieuses qui vont se succéder rapidement dans ce qui sera plus tard nommé «l'Offensive des Cent-Jours», jusqu'à l'armistice.
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Contexte [modifier]
La signature du traité de Brest-Litovsk avec la Russie permet aux Allemands de transférer des centaines de milliers d'hommes vers le front occidental. Hindenbourg et Luddendorf prévoient de lancer plusieurs offensives concrétisant cet avantage et le transformer en victoire avant l'arrivée en ligne des troupes américaines. Le 21 mars 1918, l'Empire allemand lance l'opération Michael, la première d'une série d'attaques par lesquelles il se propose de percer les lignes alliées en plusieurs endroits du front occidental.
L'Opération Michael a pour but de couper le front en deux en perçant l'aile droite de la Force expéditionnaire britannique pour repousser ces derniers vers les ports et les troupes françaises vers Paris. Après des succès initiaux, l'offensive s'enlise devant Arras. Un dernier effort est tenté contre la ville d'Amiens, nœud ferroviaire vital, mais l'avance est arrêtée à Villers-Bretonneux le 4 avril par les Australiens appuyés par toues les unités disponibles amenées tant bien que mal[1]. À l'issue de l'Offensive Marne-Reims, les Allemands ont perdu leur supériorité en effectifs et leurs troupes sont épuisées. Foch, qui commande en chef les troupes alliées, ordonne une contre-offensive qui aboutit à la deuxième bataille de la Marne. Les Allemands, se rendant compte que leur position est intenable, se retirent de la Marne vers le nord. Foch décide alors de faire passer les Alliés à l'offensive[2].
Champ de bataille [modifier]
Le champ de bataille s'étend de la ville d'Albert à la ville de Montdidier. La 4e armée britannique du général sir Henry Rawlinson est répartie sur 25 km de front, elle est formée de 7 divisions et de 4 division de réserve. Les troupes anglaises se trouvent entre les villes d'Albert et le canal de la Somme reliant Amiens à Péronne. Entre le canal et la ligne de chemin de fer entre Amiens et Roye se trouvent les Australiens du lieutenant-général John Monash et les Canadiens. Au sud de la ligne de chemin de fer se trouve la Ire armée française du général Eugène Debeney, elle est formée de 8 divisions et de 4 divisions de réserve. La IIe armée du général Georg von der Marwitz est déployée entre la ville d'Albert et le canal de la Somme, elle est formée de 10 divisions et de 4 divisions de réserve. Au sud du canal, est placée la XVIIIe armée du général Oskar von Hutier formée de 12 divisions et de 4 divisions de réserve.
Déroulement de la bataille [modifier]
Le corps expéditionnaire britannique du maréchal sir Douglas Haig dirige l'offensive qui deviendra la bataille d'Amiens. L'attaque est destinée à libérer une large partie de la ligne de chemin de fer entre Paris et Amiens, occupée par les Allemands depuis l'opération Michael, menée au mois de mars.
L'offensive est déclenchée à 4h20 du matin et doit avancer méthodiquement sur un front de 25 km. L'attaque est précédée par un bref barrage et plus de 400 tanks, survolés par de nombreux avions, ouvrent l'avancée des 11 divisions britanniques engagées dans la première phase de l'assaut. Du côté français, les moyens mis en œuvre sont plus faibles, la 1re armée française déclenche une préparation d'artillerie de 45 minutes avant le début de l'attaque.
L'attaque franco-britannique est un énorme succès. Au soir du 8 août, la nouvelle ligne de front passe par les villages de Chipilly, Harbonnières et Beaucourt-en-Santerre soit 12 km plus à l'est. Les troupes françaises quant à elles progressent de 8 km à l'intérieur des ligne allemandes et atteignent les villages de Villers-aux-Erables et La Neuville-Sire-Bernard. Le comportement de l'armée allemande est inquiétant, certaines unités en première ligne ont simplement fui les combats sans opposer beaucoup de résistance, d'autres, quelque 15 000 soldats, se sont rapidement rendus et 2000 pièces d'artillerie ont été capturées. Le lendemain, de nombreux autres soldats allemands sont faits prisonniers. Quand la nouvelle parvient au général Ludendorff, chef d'état major général adjoint, il qualifie le 8 août de «jour de deuil de l'armée allemande».
Le 10 août, la bataille d'Amiens-Montdidier évolue vers le sud du saillant tenu par les Allemands. La Ire armée française, avec à sa droite la 3e armée (Humbert) en direction de Lassigny, se dirige sur Montdidier, elle force les Allemands à abandonner la ville et permet la réouverture de la ligne ferrée Amiens-Paris.
Bilan [modifier]
Les résultats de la bataille d'Amiens du 8 août sont les plus importants depuis le début de la guerre pour l'armée britannique. À partir du 12 août, la résistance allemande se fait de plus en plus forte, la première phase de l'offensive arrive à son terme. Cependant, la défaite allemande est nette. Les pertes allemandes s'élèvent à 40 000 hommes tués, blessés et 33 000 prisonniers. Les pertes françaises et britanniques totalisent 46 000 soldats.
Opération du mois de septembre [modifier]
30 août - 2 septembre [modifier]
Le repli des troupes allemandes du saillant à l'est d'Amiens est menacé par les attaques répétées des forces franco-britanniques. Les troupes australiennes et néo-zélandaises qui parviennent à traverser la Somme capturent Péronne et Saint-Quentin. Plus tard, la prise de Quéant oblige les Allemands à abandonner la ligne Hindenburg, d'où ils ont lancé leur offensive du printemps début mars.
3 - 10 septembre [modifier]
Poursuivis de près par les forces franco-britanniques, les Allemands achèvent leur repli d'Amiens et occupent à nouveau la ligne Hindenburg. Les Britanniques ne peuvent plus poursuivre leur attaque en raison d'un manque de réserves. La bataille d'Amiens prend donc fin.
Les Britanniques et les Français ont subi quelque 42 000 pertes, mais les Allemands ont perdu plus de 100 000 soldats, dont 30 000 prisonniers. Le général Erich Ludendorff, chef d'état major général adjoint allemand, acquiert la conviction que l'Allemagne ne peut plus gagner la guerre.
Notes [modifier]
- Historical Atlas of World War I. Anthony Livesey, Henry Holt and Company: New York. 1994
- Kaiserschlacht 1918 – The Final German Offensive. Randal Gray, Grolier Educational: Danbury, Connecticut. 1997
Article connexe [modifier]
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