Bataille de la ligne Hindenburg

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Percée de la Ligne Hindenburg
Informations générales
Date début de la bataille le 18 septembre 1918 pour 100 jours
Lieu entre Lens et Saint-Quentin (Aisne)
Issue Victoire alliée
Belligérants
Drapeau du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande Royaume-Uni
Drapeau français France
Drapeau de l'Australie Australie
Drapeau du Canada Canada
Drapeau des États-Unis États-Unis
Drapeau de l'Empire allemand Empire allemand
Commandants
Drapeau du Royaume-Uni Henry Horne
Drapeau du Royaume-Uni Julian Byng
Drapeau du Royaume-Uni Henry Rawlinson
Drapeau de l'Australie John Monash
Drapeau de la France Debeney
Drapeau de la France Gouraud
Drapeau des États-UnisHunter Liggett
Drapeau de l'Allemagne von Carlowitz
Drapeau de l'Allemagne Oskar von Hutier
Drapeau de l'Allemagne Magnus von Eberhardt
Drapeau de l'Allemagne Otto von Below
Drapeau de l'Allemagne Karl von Einem
Drapeau de l'Allemagne Georg von der Marwitz
Forces en présence
1re armée britannique
3e armée britannique
4e armée britannique
1re armée française
4e armée française
1re armée (États-Unis)
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Bataille de l'Atlantique

La bataille de la Ligne Hindenburg, qui débuta le 18 septembre 1918, fut une bataille majeure de l'Offensive des Cent-Jours qui contribua à l'issue de la guerre. Les troupes canadiennes et britanniques, en avant-garde, lancèrent cette attaque contre la ligne allemande, poursuivant l'utilisation massive des chars telle qu'elle avait été entamée au cours de la bataille d'Amiens. Cette bataille contribua à la fin de la guerre des tranchées.

Prélude[modifier | modifier le code]

Après la bataille de la Somme, en 1916, les généraux allemands von Hindenburg et Ludendorff décidèrent que l'Allemagne ne pouvait remporter une telle guerre d'usure. Ils adoptèrent alors une politique de retraite dite de la « terre brûlée ». La Ligne Hindenburg était un réseau de tranchées de près de 160 kilomètres de long, doublé d'une seconde tranchée de secours.

Le 21 mars 1918, les troupes allemandes lancèrent l'opération Michaël, première attaque de toute une série, partant de la Ligne et visant à faire reculer les forces alliées en arrière du front de l'Ouest. Le gros de l'opération est dirigé sur Amiens, nœud ferroviaire de première importance. Mais l'assaut est stoppé à Villers-Bretonneux par les troupes australiennes le 4 avril[1].

Plusieurs autres opérations (« opération Georgette », « opération Blücher-Yorck », « opération Gneisenau », « opération Marne-Reims ») ont permis aux Allemands d'avancer, sans toutefois leur donner l'avantage décisif[2],[3].

Finalement, au cours de la bataille d'Amiens, les Alliés reprirent l'avantage en lançant une offensive qui permit de repousser les Allemands, les forçant à la retraite. Ce retournement de la situation est largement dû à l'efficacité des nouvelles armes alliées : les chars.

La bataille[modifier | modifier le code]

Le général australien John Monash lança la première attaque de la bataille, le 18 septembre. À 5h20 du matin, le corps australien, appuyé par l'artillerie et seulement 8 chars, s'empara des positions allemandes. Un millier de soldats australiens furent tués ou blessés au cours de cet assaut, mais ils firent 4 300 prisonniers ennemis à la fin de la journée[4].

Bataille de Saint-Quentin (25 septembre au 14 octobre)[modifier | modifier le code]

Les Britanniques arrivèrent ensuite, la première armée britannique attaquant la section Wotan-Stellung de la ligne, suivie par les troupes de Douglas Haig qui attaquèrent la section Siegfried-Stellung. Elles furent rejointes dans la bataille par les troisième, quatrième et cinquième armées britanniques, ainsi que par la première armée française et le corps expéditionnaire américain[5].

Le 27 septembre, les 27e et 30e divisions d'infanterie américaines lancèrent l'attaque initiale, avec les 3e et 5e divisions australiennes, tentant de passer au travers des lignes allemandes. Malgré leur volonté de combattre, les troupes américaines manquaient d'expérience et n'avaient pas correctement « nettoyé » les positions allemandes. Ceci obligea les Australiens à combattre de nouveau pour reprendre le terrain que les Américains avaient déjà conquis[6].

L'attaque finale est lancée le 29 septembre 1918 par la 4e armée anglaise (9e, 3e et 11e corps américains) et la 1re armée française.

À 5h30, les 27e et 30e divisions américaines bondirent de leurs tranchées pour se lancer à l'attaque, protégés par un puissant barrage roulant de l'artillerie australienne et avec l'aide de chars. Les divisions se trouvant à l'ouest de Bellicourt pour la 30e Division et à l'ouest de Bony pour la 27e Division. La 46e Division australienne se trouvant à l'ouest de Bellenglise.

Pour cette seule journée, la 27e Division perdit 337 hommes et 658 furent blessés. À midi, la ferme Quennemont, une partie du système de tranchées au sud de Bony, le terrain sur lequel le cimetière militaire américain Somme American Cemetery a été établi et la colline étaient aux mains de la 27e Division[7].

Dans les heures qui suivirent, le touage souterrain de Riqueval (tunnel de Riqueval), puissamment fortifié par les Allemands, était aux mains des troupes américaines et les Australiens franchissaient le canal de Saint-Quentin sur le pont de Riqueval, le seul encore intact, pour poursuivre leur offensive en direction de Montbrehain[8].

Le 30 septembre, l'armée de Rawlinson arrive au nord de Saint-Quentin que, de son côté, Debeney encercle progressivement. Jusqu'au 2 octobre, les 31e, 4e, 15e et 36e corps repoussent de violentes contre-attaques mais prennent la ville. Le 3, le Catelet et le passage du canal de L'Escaut sont aux Anglais.

Les Australiens prirent le village de Montbrehain le 5 octobre. Leurs unités combattaient alors sur la ligne de front depuis le 27 mars et 27 000 des leurs avaient péri ou avaient été blessés depuis la bataille d'Amiens, au début août[4].

Décoration[modifier | modifier le code]

  • SAINT-QUENTIN 1918 est inscrit sur le drapeau des régiments cités lors de cette bataille.

Rupture définitive de la position Hindenburg[modifier | modifier le code]

Le 8 octobre, entre Cambrai et Saint-Quentin, les Britanniques (armées Byng et Rawlinson lancent de fortes attaques, rompent les positions allemandes et atteignent le terrain découvert. Cavalerie en tête, ils lancent leurs premières patrouilles dans Cambrai.

De son côté, Debeney (1re Armée), en soutenant l'attaque anglaise, talonne la retraite allemande jusqu'à la Selle et l'Oise, entre Le Cateau et La Fère.

Sur cette partie du front, les allemands sont maintenant retranchés derrière la Selle, l'Oise, la Serre et l'Aisne; cette ligne de défense s'appelle : Hermann, Hunding, Brunehilde et Kriemhilde Stellung

Offensive franco-anglaise : bataille de la Selle et la Serre (17 au 29 octobre)[modifier | modifier le code]

Le 17 octobre, Haig lance ses trois armées en direction de Valenciennes; à cause d'une résistance vigoureuse, la Selle n'est franchie que le 18 au soir par la 4e armée, forte de 5 divisions britanniques et 2 américaines. Après quelques jours, les 3e et 1re armées britanniques conquièrent toute la ligne de la Selle et s'emparent de Denain. Le 19 au soir, la IIe armée allemande (von Carlowitz) est rejetée définitivement derrière le canal de la Sambre à l'Oise.

Bataille de Mont d’Origny (15-20 octobre)[modifier | modifier le code]

En liaison avec les Britanniques, Debeney attaque de son côté sur les deux rives de l'Oise, en face de lui, la XVIIIe armée de von Hutier. Le 15e et 36e corps doivent déborder les gros points d'appui de Bernoville, Aisonville et Grougis. Le 31e corps doit forcer l'Oise vers Mont d'Origny et la Serre doit être passée par le 8e et 20e corps.

Dans la nuit du 18 au 19 octobre, Debeney atteint son objectif principal, le canal de la Sambre à l'Oise. Le butin de la 1re armée est de 3 000 prisonniers, 81 canons, 700 mitrailleuses et un train complet de munitions. Mais, derrière le canal se dressent les défenses de la Hunding Stellung.

Bataille de la Serre (20–30 octobre)[modifier | modifier le code]

Sur l'axe Chavignon-Laon, Mangin (10e armée) a délogé les allemands du massif de Saint-Gobain et le 13 octobre entre à Laon. Le 19, il se trouve aux abords de la Hunding Stellung.

Maître de la tête de pont de Mont d'Origny et du plateau de Renansart, Debeney (1re Armée) fait face à une bretelle de la Hermann Stellung entre Origny et Mesbrecourt.

Article détaillé : Bataille de la Serre.

Rupture de l'Hermann Stellung[modifier | modifier le code]

Le 1er et 2 novembre, avec les 22e et 17e corps et le corps canadien, Haig a fait tomber Valenciennes et toute la région environnante. Il prescrit aux 1re, 3e et 4e armées britanniques de marcher sur Avesnes, Maubeuge et Mons. Le 4, la bataille s'engage sur la ligne de la Sambre ; et le 5, au matin, le Quesnoy, puis Landrecies sont pris, la forêt de Morman enlevée, la Sambre franchie. L'Hermann Stellung est rompue, 20 000 prisonniers et 450 canons capturés.

Rupture des Hunding, Brunehilde et Kriemhilde Stellung[modifier | modifier le code]

2e bataille de Guise (4-5 novembre)[modifier | modifier le code]

Le 3 novembre, à droite des anglais, Debeney (1re Armée) attaque dans la vallée supérieure de l'Oise pour déborder et faire tomber Guise et, par ce moyen, tourner la Hunding Stellung . Il ramasse 4000 prisonniers et 60 canons. Quelques heures après, Guise tombe et la Hunding est tournée.

Bataille du Chesne et de Buzancy (1 - 5 novembre)[modifier | modifier le code]

À l'autre extrémité de la Hunding, la 4e armée Gouraud et la 1re armée américaine exécutent la même manœuvre. Elles attaquent le 1er novembre, entre Aisne et Meuse, en direction de Mézières-Sedan, progressent, en quatre jours, de 15 à 20 kilomètres poursuivant les allemands en retraite jusqu'au canal des Ardennes. La Brunehilde et la Kriemhilde Stellung sont rompues.

Article détaillé : Offensive Meuse-Argonne.
Article détaillé : Bataille du Chesne et de Buzancy.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Historical Atlas of World War I, Anthony Livesey, Henry Holt et Company : New York, 1994
  2. The Defeat of Imperial Germany 1917-1918, Rod Paschall, Algonquin Books of Chapel Hill, Chapel Hill, Caroline du nord, 1989
  3. Kaiserschlat 1918 – The Final German Offensive' Randal Gray, Grolier Educational, Danbury, Connecticut, 1997
  4. a et b (2006) Les Australiens dans le premier conflit mondial - (en) Ligne Hindenburg
  5. (2006) Le front occidental - (en) Hindenburg
  6. (2006) Aujourd'hui dans l'histoire - (en) 27 Septembre
  7. American Battle Monuments Commission
  8. (en) K.W. Mitchinson - Riqueval Hindenburg Line - 1998, ed. Leo Cooper
  • (fr) Victor Giraud, Histoire de la Grande Guerre, librairie Hachette -1920- .

Voir aussi[modifier | modifier le code]