Armée nationale afghane

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Armée nationale afghane
Image illustrative de l'article Armée nationale afghane

Période 1709
Pays Drapeau de l'Afghanistan Afghanistan
Allégeance Forces armées afghanes
Effectif 200 000 personnes
Surnom ANA
Couleurs Noir, rouge et vert             
Guerres Première guerre anglo-afghane
Seconde guerre anglo-afghane
Troisième guerre anglo-afghane
Première guerre d'Afghanistan
Guerre civile d'Afghanistan
Seconde guerre d'Afghanistan
Commandant Setar Jenral Sher Mohammad Karimi

L’Armée nationale afghane (Afghan National Army ou ANA) est la dénomination des troupes terrestres des forces armées afghanes créée pendant la guerre d'Afghanistan à partir de 2002 avec l'aide de l'OTAN.

Origine[modifier | modifier le code]

Au départ des Soviétiques en 1989, l'armée de la République populaire d'Afghanistan est sur le papier une force imposante avec par exemple 35 escadrons d'avions et d'hélicoptères, 2 000 chars de combat et des missiles Scud dont elle sera le plus important utilisateur. Pourtant, au bout de quatre ans de combat, la troupe, peu motivée, ne suit plus, et n'offrira pratiquement pas de résistance à l'entrée des moudjahidins dans Kaboul en 1992.

Le commandant Massoud, nommé ministre de la Défense sous le gouvernement Rabbani, ne réussira pas à cimenter l'armée face à la guerre civile qui suivit la chute du régime pro-soviétique, comme il le fera plus tard avec les forces de l'Alliance du Nord.

Selon les appartenances ethniques, les soldats désertent pour servir l'un ou l'autre des divers seigneurs de la guerre qui, dans l'adversité, représentent une sécurité et un esprit de clan totalement exclu de l'armée nationale.

Les débuts de la nouvelle armée[modifier | modifier le code]

Le premier bataillon de l'ANA en 2002.

En début 2002, c'est exactement le même problème que rencontre le nouveau gouvernement après la chute des talibans, lorsque se crée l'Afghan National Army (ANA), nouvelle armée afghane pluriéthnique qu'il doit diriger, avec l'aide de l'OTAN et de l'ISAF.

Sa genèse se révèle laborieuse. Il faut dire qu'elle doit se former au détriment des diverses milices des Seigneurs de la Guerre et que ceux-ci ne voient pas d'un bon œil leurs hommes s'engager dans une armée qui pourrait les combattre.

La formation des quatre premiers bataillons (Kandak dans l'un des dialectes afghans) est un véritable parcours d'obstacles pour les Occidentaux qui crée des Operational Mentoring Liaison Team pour cette mission (59 en octobre 2009, 68 prévu[1]) tandis que des opérations de formation sont également mises sur pied tels l'opération Épidote par l'armée française.

Le recrutement est freiné et l'effectif des bataillons totalise à peine 350 recrues au lieu de 650. De plus, une fois formés, beaucoup désertent et retournent dans leur milice d'origine dont la paye est très souvent largement supérieure.

Le matériel était quasi-inexistant et il était très difficile d'armer les nouveaux militaires. Il était impossible de trouver des AK-47 en Afghanistan pour la nouvelle armée. La Roumanie, la Bulgarie et d'autres pays finirent par envoyer des armes légères, des mortiers et des RPG pour équiper les nouvelles recrues.

Les choses s'améliorent progressivement avec le partage du pouvoir des grands chefs locaux aux côtés d'Hamid Karzai et la stabilisation de la région de Kaboul.

À l'été 2002, les deux premiers bataillons sont prêts. Attirées par la perspective d'une solde et d'un couvert garantis, 3 000 nouvelles recrues se présentent suivies depuis de dizaines de milliers d'autres volontaires.

Le gouvernement intérimaire (en) tente à partir de septembre 2002 d'empêcher les jeunes afghans d'échapper au service militaire en refusant la délivrance de passeports aux hommes de 22 à 28 ans[2] mais celui-ci n'est pas obligatoire.

Organisation et objectifs de l'ANA[modifier | modifier le code]

Mi-2005, 35 kandaks, comportant de 650 à 800 hommes, ont été formés ; ils disposent de quelques centaines de blindés et de pièces d'artillerie (char T-55, char T-62, BMP-1…) récupérées essentiellement sur les stocks légués par l'Armée rouge à l'ancienne armée gouvernementale.

Militaires afghans le 28 avril 2010 lors du défilé de la victoire commémorant la chute du gouvernement communiste en 1992.
Une quarantaine de femmes défilant pour la cérémonie de diplômes d’élèves officiers le 24 novembre 2011.

L'objectif, à cette époque, est de disposer en début 2008 de 70 000 militaires, soit 79 kandaks mais le général Bismillah Khan Mohammadi, chef de l'état-major de l'armée afghane depuis 2005, a estimé en juin 2007 que cette armée ne serait pas prête à opérer seule avant 2011 (seulement 57 000 hommes étaient opérationnels début décembre 2007)[3].

L'objectif du ministère afghan de la Défense était alors d'augmenter les effectifs à 134 000. Mais en mars 2009, le président des États-Unis Barack Obama appelle à une expansion jusqu'à 260 000 militaires afghans dans les cinq prochaines années pour un coût de 20 milliards de dollars américain incluant le salaire et l'acquisition de nouveaux équipements payés par le gouvernement fédéral des États-Unis[4].

En octobre 2010, le porte-parole du ministère afghan de la Défense, le général Zahir Azimi annonce que les effectifs de l'armée afghane comprennent 140 000 personnes. Selon lui, vers juin 2011, l'armée afghane comptera 171 600 militaires pour porter ultérieurement ses effectifs à 240 000 personnes. Quant à la police afghane, le nombre de policiers sera augmenté de 109 000 actuels à 240 000[5]. L’objectif d’avoir 352 000 membres des forces de sécurité afghanes (armée, police…) à l’automne 2012 est atteint.

Mais au sommet de Chicago de 2012, il était prévu que ce chiffre devrait retomber à 228 000 à partir de 2015, selon un modèle préparé par les États-Unis, après le retrait de L'ISAF en 2014.

Le budget pour les forces afghanes se monte, selon une évaluation faite en 2012 par les États-Unis, à 4,1 milliards de $ en rythme annuel entre 2013 et 2015. Ce budget serait décomposé en trois parties : l’une supportée par les Afghans eux-mêmes (0,5 milliard de $), l’autre par les différents partenaires engagés dans l’ISAF (1,3 milliard de $), la dernière partie étant supportée par les Américains (2,3 milliards de $)[6].

En janvier 2013, face à la réalité du terrain, il est envisagé de l'effectif de 352 000 hommes jusqu'à la fin 2018. Le budget étant alors d'environ 6,5 milliards de dollars, dont 5,7 à la charge des Etats-Unis, 300 millions des alliés et 500 millions du gouvernement afghan[7].

Deux corps d'armée à trois brigades devraient être opérationnels dans le Sud et l'Est ainsi qu'un corps à deux brigades dans le Nord. Il s'agit d'avoir une brigade disponible par province.

En 2005, 7 brigades légères sont disponibles. Une dans les provinces de Kandahar, Gardez, Mazar-e-Charif que complète le CCK (Corps central de Kaboul) à 3 brigades (1re, 2e et 3e) dont la 3e à laquelle est rattaché le 3 Tank Kandar, le seul bataillon de chars équipé de T-62, et un bataillon mécanisé sur M113A2 constituera la Force d'action rapide de l'ANA.

Ces nouvelles forces sont mises à contribution dans la lutte contre les Talibans et les groupes armés anti gouvernementaux, il s'agit des ANA Commando Brigade.

Au camp Morehead, à une dizaine de kilomètres au sud de Kaboul, des instructeurs américains et français y ont formé jusqu'en octobre 2008 six bataillons, soit 3 900 hommes, qui constitue un embryon de forces spéciales afghanes. En mai 2010, ses effectifs sont de 7 000 commandos[8].

Les pertes humaines des forces de sécurité afghane durant l'actuelle guerre sont, pour la seule année 2010, de 1 292 policiers morts "dans le cadre du conflit", et 810 soldats de l'Armée nationale afghane, soit un total de 2 102[9].

Ordre de bataille de l'ANA début 2010.

Organisation d'une brigade[modifier | modifier le code]

Une brigade de l'ANA :

Équipement[modifier | modifier le code]

Véhicule de transport de troupes[modifier | modifier le code]

Modèle Image Type En service Détails
BRDM-2 Brdm2 c.jpg Véhicule de transport de troupes
BMP-1 Afghan National Army on patrol.jpg Véhicule de transport de troupes 120 Durant l'invasion soviétique de l'Afghanistan un certain nombre de BMP-1 tomba entre les mains des moudjahidin afghans qui les ont utilisées contre leurs anciens propriétaires.
BMP-2 BMP-2 front q.jpg Véhicule de transport de troupes 550
M113 Stepped up security prior to the 2009 Afghan election.jpg Véhicule de transport de troupes 63
Humvee ANA at KMTC in 2009.jpg Véhicule de transport de troupes 4 150 Versions M1151 et M1152

Char de combat[modifier | modifier le code]

Modèle Image Type En service Détails
PT-76 PT 76 7 DOW TBiU 12.jpg Char de combat 60
T-55 T-55 skos RB.jpg Char de combat 600
T-62 T62 Afghanistan.JPG Char de combat 170
M60 Patton Char de combat 13 L'Armée Nationale Afghane devrait recevoir 50 M60 Patton de la Grèce.

Défense aérienne/Artillerie[modifier | modifier le code]

Modèle Image Type En service Détails
BM-21 Grad 1372 bm 21 grad.JPG Lance-roquettes multiple
ZSU-23-4 ZSU 23-4.JPG Blindé anti-aérien 20 20 délivrés par l'URSS
ZU-23-2 ZU-23-2 in Saint Petersburg.jpg Canon anti-aérien 5000 Généralement laissé par l'Union soviétique au moment du retrait.
2A18 Artilleryman of the Afghan National Army.jpg Obusier 24 Obusier D-30 de 122 mm ont été donnés par la Slovaquie en 2006
M1937 152 mm howitzer-gun M1937 (ML-20) 1.jpg Obusier
M1943 D1 howitzer kiev.jpg Obusier
M1938 M30 howitzer nn 1.jpg Obusier
M114 USArmy M114 howitzer.jpg Obusier 24 Donné par la Turquie en 2007[10]
Scud SCUD 2.JPG Missile balistique

Problèmes[modifier | modifier le code]

Un rapport du Government Accountability Office paru en 2009 indique que plus du tiers des armes légères fournies par les États-Unis aux forces afghanes était introuvable. Les forces américaines ne sont pas en mesure de fournir un inventaire précis pour 87 000 des 242 000 armes légères livrées à Kaboul entre décembre 2004 et juin 2008, pour un montant de 120 millions de dollars.

Les forces américaines sont, par ailleurs, dans l’impossibilité d’identifier les destinataires de quelque 135 000 armes légères livrées aux forces afghanes par les pays de la coalition.

Ce rapport pointe également la disparition d’une dizaine des quelque 2 410 systèmes de vision nocturne destinés à l’ANA. Les enquêteurs américains ont régulièrement noté l’absence de contrôle et le manque de sécurisation de certains dépôts militaires[11].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en)[PDF]« NATO’s OPERATIONAL MENTOR AND LIAISON TEAMS (OMLTs) », sur http://www.nato.int/isaf/, OTAN,‎ Octobre 2009 (consulté le 13 mars 2010)
  2. Immigration and Refugee Board of Canada, Afghanistan : information sur les pièces d'identité des citoyens afghans; facilité ou difficulté à obtenir ces documents, 1er octobre 2003, AFG42059.EF [lire en ligne].
  3. (en) Afghanistan army to reach targeted strength by March, 2 décembre 2007, Reuters
  4. (en) BBC NEWS, « Obama 'mulls Afghan army boost' », BBC NEWS,‎ 19 mars 2009 (consulté le 19 mars 2009)
  5. (fr) Afghanistan: les effectifs de l'armée portés à 140 000 personnes (Défense), 3 octobre 2010, RIA Novosti
  6. Nicolas Gros-Verheyde, « L’après 2014 et la délicate question de la réduction des forces… afghanes », sur Bruxelles2,‎ 18 avril 2012 (consulté le 20 avril 2012)
  7. L'Otan envisage le maintien des effectifs de l'armée afghane à 350 000 jusqu'en 2018, 22 janvier 2013
  8. (en) Afghans Create A-Teams, Strategy Page, 23 mai 2010
  9. Jean-Dominique Merchet, « En Afghanistan, pour une perte amie, on compterait moins de deux pertes chez les insurgés », sur Marianne,‎ 4 janvier 2011 (consulté le 20 avril 2012)
  10. Trade Registers, Stockholm International Peace Research Institute
  11. (fr) Uzbin : combien d’insurgés ?, TTU, 9 mars 2009

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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