Grande Guerre (Uruguay)

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Grande Guerre
Une illustration de la défense de Montevideo empruntée au livre d'Isidoro De-Maria, Anales de la defensa de Montevideo.
Une illustration de la défense de Montevideo empruntée au livre d'Isidoro De-Maria, Anales de la defensa de Montevideo.
Informations générales
Date 1839 à 1851
Lieu Uruguay
Issue Victoire des Colorados
Belligérants
Flag of Colorado Party (Uruguay).svg Parti Colorado
Bandera argentina unitaria de guerra.png Unitaristes
Flag of Empire of Brazil (1870-1889).svg Empire du Brésil
Volontaires italiens
Flag of France.svg Royaume de France
Flag of the United Kingdom.svg Royaume-Uni
National Party Flag.png Parti national
Flag of the Argentine Confederation.svg Confédération argentine
Commandants
Flag of Colorado Party (Uruguay).svg Fructuoso Rivera
Bandera argentina unitaria de guerra.png Juan Lavalle
Flag of Empire of Brazil (1870-1889).svg Pierre II du Brésil
Giuseppe Garibaldi
Flag of the United Kingdom.svg Samuel Inglefield
Flag of the National Party (Uruguay).svg Manuel Oribe
Flag of the National Party (Uruguay).svg Juan Antonio Lavalleja
Flag of the Argentine Confederation.svg Juan Manuel de Rosas
Flag of the Argentine Confederation.svg Pascual Echagüe

La Grande Guerre ou Guerre civile uruguayenne (Guerra Grande en espagnol) est la guerre civile qui, en Uruguay, a opposé les Colorados (textuellement les Colorés mais à comprendre comme les Rouges) dirigés par Fructuoso Rivera aux Blancos (les Blancs) de Manuel Oribe de 1839 à 1851, après l'indépendance du pays.

Causes[modifier | modifier le code]

Les causes du conflit sont à rechercher dans les désaccords entre Fructuoso Rivera, Manuel Oribe et Juan Antonio Lavalleja alors qu'ils se battaient encore contre le Brésil pour l'indépendance.

Ces tensions s'amplifièrent avec l'indépendance de la nouvelle République et la naturelle concurrence politique qui s'ensuivit, d'où un nombre important de tentatives de coup d'État, toutes avortées, soutenues soit par les Argentins soit par les Brésiliens. Le manque d'envergure de ces politiciens ne fit que renforcer l'instabilité institutionnelle du pays.

En 1836, alors que Manuel Oribe est au pouvoir, deux partis : le National (appelé aussi parti Blanco) d'Oribe et les libéraux du Colorado de Rivera apparaissent de façon structurés. Ils sont reconnaissables par la couleur de leurs drapeaux respectifs, d'où leurs surnoms, blanc et rouge.

Puis, les deux groupes rivaux cherchèrent des soutiens de la part des pays étrangers, les Argentins qui étaient déjà divisés entre conservateurs fédéralistes et libéraux centralistes s'immiscent dans le conflit soutenant respectivement Oribe et Rivera. Celui-ci bénéficie aussi de l'appui des forces brésiliennes et de troupes européennes en conflit avec l'Argentine de Rosas.

Tout cela fit qu'à la fin du mandat de Rivera le 1er mars 1843, le pays était divisé en deux, la moitié soutenant les Colorados et l'autre moitié les Blancos.

Déroulement du conflit[modifier | modifier le code]

Le 1er mars 1843, Joaquín Suárez installa son gouvernement dans la continuité de Rivera à Montevideo, gouvernement qui fut surnommé « Gouvernement de la Défense ». Dans le même temps, Oribe fit de même le 16 février de la même année et prit place dans le « Gouvernement de Cerrito » (une petite colline sur les hauteurs de Montevideo). La marine argentine alliée à Oribe chercha à bloquer le port de Montevideo pour faire plier Rivera et ainsi donner rapidement le pouvoir aux Blancos. Pendant ce temps, les soldats argentins et les partisans Blancos se dirigèrent sur la capitale par la terre. Ces combats firent qu'un grand nombre d'étrangers qui s'étaient installés dans les campagnes de l'Uruguay se réfugièrent à Montevideo.
C'est pour défendre leurs ressortissants et leurs intérêts économiques dans la région que des Britanniques et des Français arrivèrent en avril 1845 pour aider Suárez à protéger la capitale et pour faire plier Rosas sur ses envies d'annexion de l'Uruguay et décidèrent alors de bloquer pour la seconde fois le port de Buenos Aires (les Français avaient déjà fait un premier blocus en 1837 à cause de mesures discriminatoires faites par Rosas sur ses ressortissants), de même ils attaquèrent la flotte argentine qui bloquait le Río Paraná et qui empêchait le commerce. Mais les Britanniques ne voulaient pas bloquer indéfiniment le port et ne voulait pas que les Français (déjà installés à Montevideo) tirent profit de ce blocus, leur armée se retira donc en 1847.
Sur terre, les 7 000 soldats (4 000 Blancos et les 3 000 soldats de la Confédération Argentine) dirigés par Oribe se battaient face aux 5 000 hommes (2500 légionnaires français, 500 légionnaires italiens, 500 argentins fédéralistes et 2 500 Colorados) mais sans grands résultats.
En 1848, la France pressée par le Royaume-Uni se retira, elle aussi, du conflit, et des accords furent signés entre Rosas et le Royaume-Uni le 24 novembre 1849 et avec la France le 31 août 1850.

Rivera chercha donc de nouveaux alliés pour combattre Rosas et Oribe, alliés qu'il trouva avec l'armée de l'Empire du Brésil qui reconnut la légitimité du gouvernement de défense et les frontières de l'Uruguay. Ce fut donc une triple alliance entre le gouvernement de la Défense, l'Empire brésilien et la province de Entre Ríos (province la plus fédéraliste) formant une unique armée qui fut dirigée par Justo José de Urquiza qui commença les combats contre Oribe et Rosas en juin 1851. Les forces d'Oribe ne combattaient pas, si bien que le 8 octobre 1851, une paix fut signée entre les Blancos est les Colorados et le 3 février 1852, ce même Urquiza battit Rosas à la bataille de Monte Caseros, ce qui scella la Grande Guerre, qui fit s'exiler Juan Manuel Rosas pour le Royaume-Uni, où il mourut en 1877 et qui commença une nouvelle ère pour l'Argentine, période où le fédéralisme fut adopté mais aussi période sanglante à cause de la répression envers les partisans de Rosas.

Conséquences[modifier | modifier le code]

De douze années de guerre interne, le traité de paix du 8 octobre de 1851 affirmait « Il n'y a ni vainqueurs ni vaincus » (ni vencidos ni vencedores), il disait aussi que l'autorité du gouvernement de la Défense était définie sur tout le territoire, que Oribe devait rester libre, que les lois promulguées par le gouvernement de Cerrito devaient être prises en compte par le gouvernement en place et que le gouvernement devait faire le plus rapidement possible des élections libres.

Le 12 octobre furent signés cinq traités entre le gouvernement brésilien et celui de la Défense.

  • Traité des frontières: La frontière nord est la rivière Cuareim, ce qui signifie que le Brésil renonce définitivement au territoire de la province de Misiones.
  • Traité de l'alliance perpétuelle: Le Brésil et le gouvernement légitime d'Uruguay sont alliés, le premier peut intervenir dans les affaires internes du second.
  • Traité d'extradition: L'Uruguay doit extrader les esclaves brésiliens qui se sont enfuis.
  • Traité d'aide: Le Brésil donne les salaires des fonctionnaires (spécialement pour les douaniers) et prend comme garanties les revenus de l'Uruguay.
  • Traité de commerce et de navigation: Le Brésil peut librement utiliser le río Uruguay pour la navigation et l'état doit abolir les taxes de douanes qui existent pour les exportations par la route de bétail.

Enfin, la conséquence la plus importante est que le pays fut ravagé par la guerre. La population du pays diminua fortement et dans une importante partie de la population la pauvreté s'accentua et environ 80 % de la population était analphabète.
Pour ce qui concerne l'économie, il n'y avait quasiment plus de bétail ni d'usines. De plus, l'État doit faire face aux dettes immenses contractées envers le Brésil, la France et le Royaume-Uni pour les frais démesurés en matière militaire pendant ces années.
Pour autant, tout n'est pas négatif puisque le sentiment d'appartenance nationale apparut réellement à la suite de ce conflit. Les partis tentèrent une fusion (l'épisode du Triumvirat) et le pays s'engagea rapidement pour la mondialisation.

Notes[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Estela Nari, Les rapports franco-uruguayens pendant la "Guerra Grande" : le conflit vu par les Français (pourquoi l'Uruguay n'est-il pas devenu français), IHEAL, Université Paris 3, 1998, 644 p. (thèse de doctorat)

Liens externes[modifier | modifier le code]