Thrasymaque

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Thrasymaque (grec ancien Θρασύμαχος) est un sophiste de la Grèce antique originaire de Chalcédoine (en Bythinie)[1]. Le philologue italien Mario Untersteiner (it) fixe sa naissance en 459 av. J.-C. On ne connaît pas la date de sa mort, mais Cicéron le dit contemporain de Gorgias[2]. D'après Cicéron, il est le premier à enseigner l’art oratoire et donc antérieur de peu à Corax, fondateur de la rhétorique[3].

Denys d’Halicarnasse dans son traité Sur la force du style de Démosthène[4], affirme que la façon d’écrire de l’orateur Démosthène (« qui enveloppe les pensées et les exprime d’une manière concise, et est tout à fait appropriée et nécessaire aux débats judiciaires ainsi qu’à tout discours visant la vérité ») est inspirée de celle de Thrasymaque de Chalcédoine selon Théophraste, et de l’orateur Lysias, selon Denys[5] : Denys explique que Thrasymaque serait à l’origine d’un type de style mixte, médian, entre l’austère et le simple, style adopté, développé et perfectionné, par Isocrate parmi les orateurs, et Platon parmi les philosophes.

Thrasymaque est fier de son titre de sophiste ; sur sa tombe on peut lire, gravé sous de son nom : « Savoir est ma profession ». Il exerce le métier d’avocat à Athènes, d’après la comédie perdue Les Banqueteurs d’Aristophane. Il apparaît dans le préambule du Clitophon[6], dans le Phèdre[7]et La République (Livre I[8], Livre V[9], Livre VI[10] et Livre IX[11]). Face à Socrate, il soutient dans la République de Platon que le juste correspond à l’intérêt du plus fort, et le plus fort est celui qui a le pouvoir, c'est-à-dire l'individu dans une tyrannie, le petit nombre dans une oligarchie et le peuple dans une démocratie[12] : le droit naturel est l’instrument des puissants pour opprimer les plus faibles.

À Cumes, un homonyme dont on ne sait s’il s’agit du même homme ou d’un autre, renverse la démocratie et instaure une oligarchie[13].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Gilbert Romeyer-Dherbey, Que sais-je?, Les Sophistes, chap. Thrasymaque.
  2. Cicéron, Brutus, VIII, 30.
  3. De Oratore, XII, 39 et XIII, 41.
  4. En grec ancien Περὶ τῆς λεκτικῆς Δημοσθένους δεινότητος.
  5. Fragment 3 de Diels.
  6. 406 a, 410 d.
  7. 261 b et passim ; 266 c ; 267 d ; 269 e ; 271 a.
  8. 328 b, 336 b.
  9. 450 a et passim.
  10. 498 c.
  11. 590 d.
  12. Platon, La République, 338 c-344 c. (quel Livre?)
  13. Aristote, Politique (livre VIII ordinairement placé le cinquième, chapitre IV, §3).

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