Timée de Locres

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Timée de Locres serait un philosophe pythagoricien qui aurait vécu au Ve siècle av. J.-C..

Biographie[modifier | modifier le code]

Notre seule source de renseignements sur sa vie est Platon, Timée, 20a :

« Socrate : (…) En effet, Timée que voici, qui vient de la cité si bien policée de Locres en Italie, où, par la fortune et par la naissance, il n'est inférieur à personne, s'est vu dans sa cité confier les plus hautes charges et décerner les plus grands honneurs ; en outre, il s'est, à mon sens, élevé aux sommets de la philosophie en son ensemble. »
(traduction Luc Brisson, GF, 1996)

Il est aussi un interlocuteur du dialogue de Platon sur l'Atlantide, le Critias

Cicéron rapporte qu'il était un intime de Platon :

« Sans doute as-tu appris, Tubéron, qu'après la mort de Socrate, Platon se rendit d'abord en Égypte pour s'y instruire, puis en Italie et en Sicile, afin de tout apprendre des découvertes de Pythagore. C'est là qu'il vécut longtemps dans l'intimité d'Archytas de Tarente et de Timée de Locres, et eut la chance de se procurer les Commentaires de Philolaos. » (République, I, X, 16)

Timée aurait développé sa pensée à la suite d'Occelos (Proclos, Commentaire sur le Timée de Platon, II, 38, I). Il nous reste des fragments qui nous sont parvenus sous son nom, mais qui sont considérés comme faux. Platon a peut-être inventé ce philosophe. Le « Catalogue » de Jamblique mentionne un Timée de Crotone ou de Paros qui pourrait être le même.

D'après Simplicios de Cilicie (Commentaire sur le Traité du ciel d'Arisote, 269, 16), Timée, affirmait que « le monde est engendré, puisqu'il est sensible, et il pose en principe que le sensible est engendré et l'intelligible inengendré. »

le Pseudo-Timée de Locres[modifier | modifier le code]

Le Pseudo-Timée de Locres date, selon M. Baltes (Timaios Lokros, 1972, p. 20-26) du Ier s. av. J.-C., il appartenait au cercle d'Eudore d'Alexandrie, dont l'akmé se situe en 25 av. J.-C. Par contre, H. Thesleff (An Introduction to the Pythagorean Writings of the Hellenistic Period, 1961, p. 102, 105) le situe au III°-II° s. av. J.-C., en Italie méridionale.

On lui doit un Traité de l'Âme du monde et de la Nature (Peri phusios kosmou kai psukhes), dont il reste des fragments, édités par H. Thesleff (The Pythagorean Texts of the Hellenistic Period, Abo Akademi, 1965). Le traité, qui réinterprète le dialogue de Platon Timée à la lumière de l'ancienne Académie de Platon (Speusippe, Xénocrate) et d'Aristote, admet deux Causes : l'Esprit (Noos) et la Nécessité (Anagkê). Il établit l'analogie entre qualités physiques et vertus morales :

  • "Mais il faut que l'âme, elle aussi, soit éduquée aux vertus qui lui sont propres : à la tempérance comme le corps l'est à la santé, à la prudence comme le corps l'est à l'intégrité des facultés sensibles, au courage comme le corps l'est à la vigueur et à la force, à la justice comme le corps l'est à la beauté."

Ce traité se distingue du traité Sur la nature de l'univers du Pseudo-Ocellus, lui aussi pythagoricien et pseudépigraphe.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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Fragments de Timée[modifier | modifier le code]

  • Timæus Locrus, Fragmenta et testimonia (Fragments et témoignages), commentaire de Matthias Baltes - Über die Natur des Kosmos und der Seele / Timaeus Locrus ; Leyde, éd. Brill, 1972, xii-252 p. Coll. « Philosophia Antiqua ».
  • I Pitagorici. Testimonianze e frammenti, Maria Timpanaro-Cardini, Florence, 1964, t. II, p. 402.
  • Les Présocratiques, J.-P. Dumont, Paris, Gallimard, 1988, coll. « Bibliothèque de la Pléiade » n° 345, XXVIII-1652 p., ISBN 2-07-011139-3, p. 1391.

Études[modifier | modifier le code]

  • M. Baltes, Timaios Lokros. Über die Natur des Kosmos und der Seele, Leyde, Philosophia antiqua, 1972.

Sur le Pseudo-Timée[modifier | modifier le code]

  • Pseudo-Timée, Traité de l'Âme du monde et de la Nature : W. Marg, Timaeus Locrus. De natura mundi et animae, Leyde, éd. Brill, 1972. [1]

Voir aussi[modifier | modifier le code]