Julius Röntgen

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Julius Röntgen

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Julius Röntgen

Nom de naissance Julius Engelbert Röntgen
Naissance 9 mai 1855
Leipzig Drapeau du Royaume de Saxe Royaume de Saxe
Décès 13 septembre 1932 (à 77 ans)
Utrecht Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas
Activité principale Compositeur et pianiste
Maîtres Carl Reinecke, Franz Lachner
Famille Wilhelm Röntgen (cousin)
Distinctions honorifiques docteur honoris causa de l’université d'Édimbourg

Julius Engelbert Röntgen (né le 9 mai 1855 à Leipzig – mort le 13 septembre 1932 à Utrecht) est un pianiste et compositeur germano-néerlandais.

Julius est le cousin du physicien Wilhelm Röntgen.

Biographie[modifier | modifier le code]

Engelbert Röntgen, le père de Julius Röntgen

Julius Röntgen naît dans une famille de mélomanes professionnels. Son père, Engelbert Röntgen (1829–1897), originaire de Deventer aux Pays-Bas, avait quitté son village à cause des troubles de 1848. Il part pour Leipzig pour suivre les cours de Ferdinand David, dédicataire du Concerto pour violon en mi, de Mendelssohn. D'abord second violon dans l’orchestre du Gewandhaus de Leipzig depuis 1850, à la mort de David en 1873, il le remplace au poste de premier violon. Sa mère, Pauline Röntgen (1831–1888), pianiste, est la fille de Moritz Klengel, qui joue lui aussi dans l'orchestre de Leipzig – pendant 54 ans – et la tante du violoncelliste Julius Klengel, né à Leipzig en 1859.

Formation[modifier | modifier le code]

Julius Röntgen et ses sœurs ne fréquentent pas l’école et sont éduqués par leurs parents, leurs grand-parents et des tuteurs privés. Il reçoit ses premières leçons de sa mère, de son grand-père Moritz et de son oncle Julius Klengel, philosophe, violoniste et responsable de la Bach Gesellschaft. Entre 1862 et 1865, il prend des cours d'harmonie, contrepoint et composition avec Moritz Hauptmann, Cantor de l'église St. Thomas. Ses premières œuvres, pour violon ou violon et piano – dont la première est datée de 1864 – sont notées soigneusement dans un cahier avec l’incipit de chaque pièce. Son premier professeur d'instrumentation est Carl Reinecke, alors chef de l’orchestre du Gewandhaus de Leipzig. Reinecke a eu pour élèves Grieg, Albéniz, Janáček et Arthur Sullivan. Sous sa direction il entreprend la composition d'œuvres plus vastes pour orchestre. Elles sont influencées par Reinecke, mais aussi par Robert Schumann, Johannes Brahms et Franz Liszt. Enfant prodige, il se produit sur scène avec ses propres œuvres à Düsseldorf, Hambourg, Leipzig.

En 1870, à l’âge de 14 ans, accompagné de sa mère, Julius Röntgen visite Franz Liszt à Weimar. Après avoir joué devant lui deux de ses propres œuvres pour piano, un prélude et un prélude et fugue, Liszt improvise sur le thème de la fugue qu'il vient d'écouter. Julius est invité à une soirée au domicile de Liszt.

À Leipzig, lui et ses parents font partie du cercle musical autour de Heinrich von Herzogenberg. C’est chez lui qu’ils font la connaissance de Johannes Brahms. Pendant l'été 1872, Röntgen étudie le piano avec Franz Lachner, dans sa jeunesse, un ami de Franz Schubert. De cette époque date la composition de la première symphonie.

En 1873, il publie son premier opus chez Breitkoft.

Au printemps 1874, il rencontre Brahms pour la première fois et durant une tournée dans le sud de l’Allemagne, il devient ami avec Jules Stockhausen. À la même époque, il rencontre une étudiante suédoise, Amanda Maier (1854–1894), venue régulièrement étudier le violon avec le père de Julius et la composition depuis 1875. En 1876 elle interprète son concerto pour violon avec l'orchestre leipzigois. Il l'épousera le 28 juillet 1880 à Landskrona en Suède.

En 1875, il s’attelle à la composition de sa deuxième symphonie. Au printemps, il montre les brouillons à Franz Lachner et révise le mouvement lent. Le 4 janvier 1877 il effectue même des répétitions avec l'orchestre du Gewandhaus, mais l'œuvre n'est pas présentée au public.

Amsterdam[modifier | modifier le code]

En 1877, pressé par les nécessités économiques, Röntgen doit choisir entre aller à Vienne ou Amsterdam. Il opte finalement pour Amsterdam, au poste de professeur de piano dans l’école de musique de la ville à tout juste 22 ans. Le professeur de théologie Abraham Dirk Loman (1823–1897) de l’université d'Amsterdam, qui est l’ami de son père, prend le jeune Julius sous son aile et l'introduit dans les milieux musicaux de la capitale. Ce qui lui permet de donner des cours particuliers et de rencontrer le chef d'orchestre Willem Kes.

À l'automne 1878, lui est confié le soin de l'organisation des concerts de musique de chambre. Outre la charge, il participe activement : au piano dans tel quintette, à l'alto pour telle autre œuvre, accompagnant un chanteur avant l'entracte.

Le bâtiment du Concertgebouw, inauguré en 1888, ici en 1902

Entre 1878 et 1885, Brahms se rendait régulièrement à Amsterdam. En 1887, Brahms y présente sa troisième symphonie, et Röntgen joue le 2e concerto pour piano que dirige Brahms. En 1883, avec les compositeurs Frans Coenen, Daniel de Lange et le chanteur Johannes Messchaert (1857–1922), il s'implique dans la fondation du conservatoire d’Amsterdam. L'année suivante, il participe à la création de l'Orchestre du Concertgebouw. Il se présente pour le poste de directeur du Concertgebouw mais, à sa grande déception, Hans Guido von Bülow lui est préféré. Cependant, celui-ci ne peut assumer la tâche et Willem Kes est nommé chef principal.

Röntgen se consacre avec davantage d’énergie à la composition de musique de chambre et à son travail pour le conservatoire (dont il assume la direction de 1912 à 1924).

Après une première rencontre en 1884, il se lie étroitement avec Edvard Grieg, chacun visitant l'autre pour les vacances. Ils font des excursions ensemble. Leur amitié est fondée sur une communauté de préférences esthétiques, un goût pour la nature et la musique populaire des villages. Ils entretiennent une large correspondance, riche de propos sur chacune de leurs œuvres. En 1930, Röntgen écrit une biographie du musicien norvégien. Röntgen utilise parfois dans ses compositions des thèmes de mélodies norvégiennes. Dans sa Suite de Jotunheim (1892) pour orchestre notamment, dédié à Edvard et Nina Grieg pour leur vingt-cinquième anniversaire de mariage.

Outre son talent de soliste, il devient un accompagnateur renommé de musiciens tous aussi renommés de l'époque : il travaille avec le violoniste Carl Flesch, le violoncelliste Pablo Casals et Johannes Messchaert. En voyageant avec Messchaert, il se rend à Vienne au moins une fois par an, où à chaque fois il retrouve Brahms. Avec Messchaert, une basse, il interprète (de 1888 à 1916) des cycles de Lieder de Schubert (Die schöne Müllerin, Die Winterreise) et Schumann sur des poèmes d'Eichendorff (Liederkreis et Dichterliebe). Au tournant du siècle ils ajoutent à leurs programmes des lieder de Strauss, Wagner, Hugo Wolf et Oscar C. Posa. Son répertoire soliste est composé d'œuvres de Beethoven : Concerto pour piano no 4, Sonate opus 81a et Sonate opus 111 ; de Schumann, les Études Symphoniques opus 13 ; et de Brahms, le deuxième Concerto déjà évoqué.

En été, Röntgen et sa famille se rendent au Danemark, où il se lie d'amitié avec Bodil de Neergaard. Les enfants de Julius Röntgen parlent danois couramment, tant Röntgen se sent proche du Danemark.

À partir de 1890, le compositeur étudie avec intérêt les œuvres russes de César Cui, Alexandre Borodine et découvre César Franck qui lui inspirent de nouvelles œuvres. Au tournant du siècle ce seront les œuvres de Claude Debussy, Max Reger et Richard Strauss.

Après la mort de son épouse Amanda, malade depuis 1880, Röntgen cesse de composer quelque temps, puis en 1897, tombe amoureux de la pianiste Abrahamina des Amorie van der Hoeven (1870–1940), une de ses élèves particulières depuis 1892, et l'épouse. Les enfants du deuxième mariage seront également musiciens professionnels : Johannes (1898–1969) est pianiste, chef d'orchestre et lui aussi compositeur ; Edvard Frants (1904–1980) est un violoncelliste et un remarquable flûtiste ; Joachim (1906–1989) est violoniste. Ce dernier fonde le Quatuor à cordes Röntgen (1941)[1]. Pendant quelques années, Röntgen et ses fils aînés se produisent en trio.

En mai 1909, à Francfort, il effectue des enregistrements sur piano mécanique (pianola rolls) d'œuvres classiques.

En 1910, il compose sa troisième Symphonie. Elle est créée à Utrecht, non loin d'Amsterdam le 11 janvier 1911 en présence de Percy Grainger, qu'il avait rencontré chez Grieg en 1907. Jusqu'en 1917, elle fut l'œuvre la plus joué du compositeur, notamment au Concertgebouw.

Après la Première Guerre mondiale, Röntgen est naturalisé néerlandais (1919). Un de ses fils est prisonnier des Allemands, un autre émigre aux États-Unis où il devient soldat de l’armée américaine. Röntgen, pendant plusieurs années, n’est pas autorisé à visiter son pays natal.

Retraite[modifier | modifier le code]

Röntgen se retire de la vie publique en 1924. Il s'établit à Bilthoven, un petit village situé près d’Utrecht l'année suivante. Son fils Frants, bien que considéré comme le plus doué des musiciens, qui avait suivi une carrière d’architecte, fit construire pour lui la maison de campagne Gaudeamus. Sa salle de musique, circulaire, était conçue de telle sorte que le plancher ne touchait pas le sol. Durant les huit dernières années de sa vie, Röntgen écrit environ 150 compositions, principalement de la musique de chambre et des mélodies interprétés par les hôtes de passage, mais aussi 18 symphonies dont une seule fut jouée. Parmi les visiteurs fameux qu’il reçoit dans sa maison de campagne figurent Pablo Casals, Harold Bauer, Frederic Lamond et Percy Grainger. À cette époque, il enseigne l’analyse musicale pendant les mois d'hiver et s’intéresse à la nouvelle génération de compositeurs : Hindemith, Stravinsky, Schönberg ainsi qu'à la musique de son pays, notamment le néerlandais Willem Pijper.

En 1927, il rend visite à son fils Engelbert à New York. Il découvre la Rhapsody in Blue de Gershwin et rapporte la partition pour ses cours d'analyse.

En 1930, il est fait docteur honoris causa de l’université d'Édimbourg, où son ami, le musicologue Donald Tovey est professeur. L'orchestre de l'Université joue deux nouveaux concertos de piano de Röntgen, que Julius interprète lui-même en tant que soliste.

Dans ses dernières années, Röntgen s’essaie à la musique atonale. Il compose une symphonie bitonale en 1930. Parfois il se produit au Théâtre Tuschinski comme pianiste accompagnateur, où il joue des pièces folkloriques écrites avec Dirk van der Ven.

Il meurt à Utrecht en 1932. Sa dernière œuvre, un quintette pour piano sous-titré Sentendo nuova forza (sentant une force nouvelle), est daté du 5 juillet de cette année.

Après la Seconde Guerre mondiale, la maison Gaudeamaus devient le siège de la Gaudeamus Society, dont le but est de promouvoir la musique néerlandaise contemporaine.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Le catalogue Julius Röntgen compte près de 650 œuvres, abordant tous les genres, de la sonate à l'opéra. Parmi celles-ci, 25 symphonies, sept concertos pour piano, trois pour violon, de la musique de chambre, des pièces et sonates pour piano.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Discographie sélective[modifier | modifier le code]

Chambre
  • Trios avec piano 6, 9 et 10 - Trio Storioni (1-4 février 2007 - Ars producktion ARS 38 031)
  • Quintette avec piano, Trio avec clarinette, Sonate pour violon (RCA)
Symphonies
  • Symphonie no 3, Suite de Jotunheim - Staatsphilharmonie Rheinland-Pfalz, Dir. David Parcelijn (septembre 2005 - CPO 777 119-2)
  • Symphonie no 10, Symphonietta Humoristica, Suite Oud Nederland - Deutsche Staatsphilharmonie Rheinland-Pfalz, Dir. David Porcelijn. (2008 - CPO 777 308-2)
  • Symphonies no 8∗ et 15, Variations sur un thème populaire norvégien - Carmen Fuggis (soprano)∗, NDR Radiophilharmonie, Dir. David Porcelijn, (2009 - CPO 777 307-2)

Notes et références[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Source[modifier | modifier le code]