Tablature

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Une de plus anciennes tablatures manuscrites pour luth connues, l'Ave Maria de Bartolomeo Tromboncino, vers 1521.

En musique, une tablature est une forme symbolique de notation musicale adaptée à un instrument spécifique, destinée à une lecture et une réalisation plus aisées que celle d'une partition de musique. Elle est notamment utilisée pour la notation musicale de la guitare, mais il existe aussi des tablatures pour accordéon diatonique, batterie et piano. Depuis le Moyen Âge et avant, elles ont varié selon les instruments et les pays, et l'on trouvait essentiellement des tablatures pour claviers, pour luths et pour chant.

Sommaire

[modifier] Description

[modifier] Les lignes

Tablature pour guitare : les cordes sont nommées à gauche, de la plus fine à la plus grosse en partant du haut (« Mi », « Si », « Sol », etc.). Les lignes en pointillés serviront à inscrire différentes informations utiles au guitariste.

Dans une tablature, il y a tout d'abord des lignes, représentant les différentes cordes d'instruments à manche fretté (6 à 7 cordes pour une guitare, 4 à 5 pour un banjo, 4 à 9 pour une basse, etc.).

Cette représentation est inversée (haut / bas) pour celui qui regarde l'instrumentiste. La corde la plus grave étant en haut lors d'une utilisation normale (horizontale). Les gauchers inversent généralement l'ordre des cordes puisqu'ils tiennent le manche de l'autre côté.

L'instrumentiste aura la bonne lecture en regardant son instrument, par exemple en le posant naturellement sur ses genoux.

La tablature italienne pour luth fait exception. Contrairement à la tablature pour guitare ou à la tablature française pour luth, la corde la plus aiguë est représentée en bas, comme si l'on regardait l'instrument dans un miroir.

[modifier] Les chiffres

Tablature pour guitare : les nombres représentent les cases sur lesquelles doivent appuyer les doigts de la main gauche. Par exemple, le nombre 2 sur la corde « La » signifie qu'un doigt doit appuyer sur la 2e corde à la case 2.

Les chiffres correspondent aux cases délimitées par deux frettes conjointes de l'instrument (exemple : 5 représente la cinquième case comprise entre la frette 4 et la frette 5, en partant de la tête du manche). L'instrumentiste devra appuyer avec ses doigts dans la case indiquée pour réduire la longueur de vibration de la corde et ainsi faire varier la hauteur de la note. Le chiffre zéro indique une « corde à vide » qui doit être grattée sans aucune intervention de la main gauche sur le manche.

La tablature française de luth (la plus répandue pour cet instrument) utilise des lettres au lieu de chiffres. Le a représente une corde à vide, le b la 1re case, et ainsi de suite. Pour éviter les confusions entre c et e, on trouve souvent un r à la place du c pour la 2e case.

[modifier] Le rythme et la dynamique

Pour représenter le rythme, on utilise le symbole des hampes de la notation musicale classique en les simplifiant : un trait à la verticale du chiffre signale une noire, deux notes dont les traits verticaux ont un crochet droit ou sont reliés à l'extrémité par un trait horizontal sont des croches, etc. L'absence de trait signifie que le chiffre représente une blanche.

La dynamique (forte, crescendo, etc.) utilise aussi les conventions de la notation musicale classique.

[modifier] Autres symboles

Tablature pour guitare : les lettres qui apparaissent au bas donnent des informations supplémentaires au guitariste. Par exemple, en lisant « T » vis-à-vis le premier « 4 », le guitariste devrait effectuer une slap avec le pouce sur la corde « Ré ».

Il n'existe pas de convention reconnue par tous, chacun utilise des symboles plus ou moins différents. Parmi les symboles les plus connus, citons :

  • X : mute : bloqué main gauche.
  • T : thumb : slap tapé avec le pouce ou tapping.
  • P : pop : slap tiré avec autre que le pouce.
  • H : hammer : note jouée seulement à la main gauche (ou droite pour les gauchers) après une note jouée normalement vers le haut (ex : 5 h6).
  • PO : pull-off : inverse, note jouée à la main gauche (ou droite pour les gauchers) après une note jouée normalement mais vers le bas (ex : 6 po5).
  • / : slide montant : glissé d'une case ou frettes à l'autre avec le même doigt vers les aigus.
  • \ : slide descendant : glissé d'une case ou frettes à l'autre avec le même doigt vers les graves.
  • ~ : vibrato : tordre très rapidement la corde pour un rendu de note proche du son vibrato chez un violon.
  • B : bend : torde la corde pour augmenter la note sans changer de case.
  • PM : palm mute : utiliser le poignet de la main droite pour adoucir le son en appuyant légèrement sur les cordes près du chevalet.
  • H : harmonique : jouer la note en harmonique.
  • AH : harmonique artificielle : jouer une harmonique artificielle (avec le médiator)

[modifier] Les instruments

Les instruments utilisant les tablatures sont généralement des instruments avec un manche, le plus souvent frettés (c’est-à-dire comportant des frettes) comme la guitare, la basse, la mandoline, la balalaïka, le luth, le ukulélé, etc. On trouve aussi des tablatures pour accordéon diatonique (dans ce cas la tablature mentionne la rangée du clavier à jouer, la touche à appuyer, le sens du soufflet (poussé ou tiré), le rythme, ainsi que les accords à jouer à la main droite) ou l'harmonica diatonique.

[modifier] Différences entre tablature et partition

Les partitions et les tablatures sont toutes les deux des systèmes de notation musicale qui ont leurs propres spécificités.

De nos jours, on nomme tablature le système décrit ci-dessus, à savoir une notation de la musique pour instruments à cordes grattées avec frettes. Mais à l'origine, le mot tablature désignait toutes les formes possibles de notations musicales (qui ont été très nombreuses à travers les lieux, les époques, et les instruments). On trouve par exemple de nombreuses tablatures pour orgue datant de la Renaissance.

Ce que l'on nomme « partition » est donc une tablature (au sens premier du terme) originaire d'Italie qui s'est généralisée car elle permet une métaphore graphique de la fréquence de la note (la hauteur, au sens sonore, devient la hauteur au sens métrique). Ainsi les notes les plus aiguës sont placées en haut de la portée, et les notes les plus graves en bas.

Dans les « tablatures » (au sens second), l'aspect technique pour l'instrumentiste prédomine puisque les indications qu'il lit sont spécifiques à son instrument, et sont plus facilement assimilables à des instructions qu'à un langage abstrait. Une partition indique la musique à jouer (le quoi ?), en laissant le choix à l'instrumentiste de la façon de l'exécuter (le comment ?) pour peu que celui-ci dispose de plusieurs techniques pour obtenir une même note (le cas sur une guitare par exemple). D'où le fait que les partitions soient utilisées de nos jours pour tous les instruments sans exception. Une tablature ne laisse pas cette liberté technique à l'instrumentiste. D'où le fait qu'une tablature soit spécifique à un instrument ou un type d'instrument.

[modifier] Voir aussi

[modifier] Articles connexes


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