Relations entre Cuba et les États-Unis

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Relations entre Cuba et les États-Unis
Drapeau des États-Unis
Drapeau de Cuba
États-Unis et Cuba
     États-Unis      Cuba

Les relations entre Cuba et les États-Unis sont marquées par l'embargo américain mis en place depuis le . Les relations étaient neutres au moment de la révolution cubaine, en 1959, mais se sont dégradées dès l'année suivante, avec l'expropriation des compagnies des États-Unis et le refus américain d'acheter le sucre cubain, malgré les tentatives de médiation opérées par le président argentin Arturo Frondizi. En avril 1961, Washington lance le débarquement de la baie des Cochons, avec des membres de la Brigade 2506, qui fut un fiasco. Washington et La Havane n'entretiennent pas, officiellement, de relations diplomatiques, bien que celles-ci s'effectuent, de fait, via la United States Interests Section in Havana (en) et son homologue cubain à Washington. En 1973, les deux États signent ainsi un pacte sur les détournements d'avion, qui leur a permis d'échanger un certain nombre de pirates de l'air[1].

Les relations américano-cubaines alternent depuis entre période de refroidissement et d'adoucissement, l'administration Obama ayant récemment organisé un dégel de celles-ci, en ordonnant notamment la levée des restrictions sur les voyages et les remesas envoyées à Cuba par les immigrants cubains aux États-Unis[2]. Les États-Unis ont aussi retiré leur veto mis depuis 1962 à l'intégration de Cuba dans l'Organisation des États américains (OEA)[3]. une polique économique étrangère

Espionnage et différends diplomatiques[modifier | modifier le code]

Article connexe : Intelligence Community.

Cinq citoyens américains ont été inculpés pour espionnage au profit des services de renseignement cubain entre 1947 et 2000[4].

Les cinq de Cuba[modifier | modifier le code]

Le 12 septembre 1998, huit hommes et deux femmes ont été arrêtés à Miami parce qu'ils étaient soupçonnés d'être des espions cubains ayant transmis illégalement à Cuba des informations portant notamment sur l'armée américaine. Quatre autres personnes ont réussi à se soustraire à leur capture et elles seraient retournées à Cuba.

Cinq des personnes arrêtées ont accepté de coopérer avec les autorités en échange de peines réduites mais cinq autres, connus comme les Cinq de Miami (en) : René Gonzalez Sehweret, Gerardo Hernandez Nordelo, Ramón Labañino Salazar, Fernando González Llort et Antonio Guerrero Rodríguez ont été condamnés en décembre 2001 à Miami, pour, notamment, conspiration en vue de commettre des actes d'espionnages et des délits à des peines d'emprisonnement dont les termes varient entre dix ans et la perpétuité[5]

La défense a dénoncé de nombreuses irrégularités et violations de la loi, tant dans le déroulement du procès que dans le traitement des inculpés. Selon le gouvernement cubain, ces agents n'avaient pas pour mission d'espionner les États-Unis (et plusieurs officiers américains ont témoigné dans ce sens[6]), mais d'infiltrer des organisations terroristes basées à Miami et liées à la Fondation nationale cubano-américaine (en). Celles-ci auraient organisé, entre autres, les attentats à la bombe ayant frappé La Havane en 1997[7], d'après les aveux de Luis Posada Carriles, terroriste d'origine cubaine qui revendique les attentats[8].

En octobre et décembre 2009, les deux peines à perpétuité ont été commuées en peine de 30 et 22 de prison et une troisième peine de prison a été réduite de 19 à 18 ans[9].

Le gouvernement cubain fait actuellement de la libération des « cinq de Miami » l'une de ses priorités au niveau international, et trois Argentins ont déployé le une banderole sur le pic de l'Aconcagua, à près de 7 000 mètres, réclamant la liberté des Cinq[10].

Le couple Myers[modifier | modifier le code]

En juin 2009, Walter Kendall Myers, un retraité du département d'État a été arrêté pour espionnage au profit de Cuba. Arrière-petit-fils de l'inventeur du téléphone Alexander Graham Bell et petit-fils de Gilbert Hovey Grosvenor (en), qui publiait le National Geographic et était lui-même cousin du président William Taft, Myers et sa femme espionnaient probablement pour des raisons de déception politique envers les États-Unis et son attitude envers les pauvres[11],[12]. Myers aurait toutefois eu un accès beaucoup moins important aux informations classifiées qu'Aldrich Ames, qui travaillait pour l'URSS puis pour la Russie, jusqu'à son arrestation en 1994.

Commerce entre les deux nations[modifier | modifier le code]

Le 30 mai 2007, selon le directeur général d’Alimport (Cuban Food Imports Company), Pedro Alvarez, le volume total du commerce américano-cubain a atteint 2,4 milliards de dollars et l’importation de produits agricoles a atteint 7,8 millions de tonnes, incluant le riz, les haricots, le maïs, les céréales, les œufs et le poulet.

Les États-Unis sont le troisième fournisseur de Cuba avec 11 % des importations en 2006[13]. En 1998, le président américain Bill Clinton déclara que Cuba n’était plus une menace pour les États-Unis et assouplit l’embargo[14]. Depuis 2001, suite à l'allègement de l'embargo, les sociétés américaines peuvent vendre certains produits agroalimentaires et des médicaments à Cuba. La plupart des importations agroalimentaires à Cuba viennent des États-Unis[15]. Le gouvernement américain a autorisé la mise en vente aux États-Unis de deux vaccins élaborés à Cuba, devenu un grand exportateur de médicaments génériques[16]. Washington possède une Section d’intérêts des États-Unis à La Havane[15]. Enfin, les Cubains exilés en Floride envoient sur l'île des Remesas, c'est-à-dire de l'argent sous forme de mandats. Après avoir été légalisé comme les autres monnaies étrangères en août 1993, le dollar américain a été interdit de nouveau en 2004[14].

Le département de la Défense a, durant l’année fiscale 2011, effectué pour 1,9 million de dollars d’achat à Cuba[17].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Stéphane Vérines. « La coopérations internationale en matière de lutte contre le terrorisme », Politique étrangère, 1986, n° 4, pp. 977-984 (en part. p.982) [lire en ligne]
  2. Nouvel apaisement dans les relations américano-cubaines, Le Figaro, 31 mai 2009
  3. La OEA readmitirá a Cuba tras 47 años de suspensión, La Vanguardia, 3 juin 2009
  4. (en)[PDF] Defense Personnel Security Research Center, « Espionage Against the United States by Americans Citizens 1947-2001, p. 62 », sur http://www.fas.org/,‎ Juillet 2002 (consulté le 27 novembre 2009)
  5. (fr) RÉPONSES AUX DEMANDES D'INFORMATION (RDI), Commission de l'immigration et du statut de réfugié du Canada, 27 novembre 2003
  6. Entretien avec Ricardo Alarcon de Quesada, Salim Lamrani, Éditions Le Temps des Cerises, 2006[réf. incomplète]
  7. Radio Havane Cuba, 12 avril 2007
  8. New York Times, 12 juillet 1998 (page 1)
  9. (fr) Peine réduite pour deux des "Cinq de Cuba", 7s7, 9 décembre 2009
  10. Atilio A. Boron, “Los 5” en el techo de América, Pagina/12, 13 janvier 2010
  11. Mary Beth Sheridan et Del Quentin Wilber, A Slow Burn Becomes a Raging Fire. Disdain for U.S. Policies May Have Led to Alleged Spying for Cuba, Washington Post, 7 juin 2009.
  12. Washington arrête un couple d'espions pro-cubains, Le Figaro, 6 juin 2009
  13. Pascal Boniface, L'Année stratégique 2007 : Analyse des enjeux internationaux, Dalloz-Sirey, Paris, 7 septembre 2006, 611 pages, (ISBN 2247069517)
  14. a et b Janette Habel, Yves Bongarçon, « Les trois âges du castrisme », dans Géo , n°339, mai 2007, p.101-102
  15. a et b Sara Roumette, « Pas forcément l’idée que l’on en a… », dans Géo , n°339, mai 2007, p.90
  16. Sara Roumette, « Pas forcément l’idée que l’on en a… », dans Géo , n°339, mai 2007, p.92
  17. (en)[PDF]« Department of Defense Report to Congress on Purchases of Supplies Manufactured Outside the United States in FY 2011 », sur Département de la Défense,‎ 18 mai 2012 (consulté le 30 mai 2012)

Voir aussi[modifier | modifier le code]