Envois de fonds

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Les envois de fonds correspondent à la part des revenus gagnés à l’étranger que les migrants rapatrient chez eux.

Montant des transferts officiels[modifier | modifier le code]

Les transferts de fonds représentent une somme considérable pour les pays en développement. En 2012, ces fonds sont évalués à 401 milliards de dollars[1], ce qui en font la deuxième source de financement des pays en développement à l'échelle mondiale, derrière les investissements directs à l'étranger. L'aide publique au développement accordée par les pays riches aux pays en développement ne représente que la moitié des sommes transférées par les migrants[2]. Ce montant sous-estime l'importance des transferts car les statistiques ne prennent en compte que les transferts officiels enregistrés dans les statistiques de balance des paiements des pays d’accueil ou des pays d’origine. La Banque mondiale estime que le montant global des envois de fonds est environ le double des statistiques officielles en prenant en compte les transferts non officiels en or ou en argent.

Les principaux pays receveurs sont: Inde (69 milliards de dollars en 2012[3]), Chine (60), Philippines (24), Mexique (23). Les pays où les envois de fonds représentent la plus grande part de leur produit intérieur brut (PIB) sont : le Tadjikistan (47%), le Liberia (31%), le Kirghizistan (29%), le Lesotho (27%), la Moldavie (23%)[3].

Canaux de transfert[modifier | modifier le code]

Selon la méthode de transfert, on parlera de transferts officiels ou non. Les transerts officiels transitent par des banques ou des organismes de transfert de fonds (Western Union, Money Gram (en) ou MoneyGlobe / MoneyTrans pour les plus connues). Les transferts non officiels se font de la main à la main ou par le biais de réseaux traditionnels, dont le nom varie d'une région à l'autre (hawala ou hundi sont les noms les plus connus[4]). Ce sont des réseaux informels qui collectent et expédient les fonds vers leurs pays d'origine. Ces réseaux traditionnels comprennent des réseaux tissés par les liens familiaux, communautaires, villageois ou commerciaux.

Le choix du mode de transfert dépend de plusieurs facteurs: présence d'un système bancaire ou d'intermédiaires financiers développé, le coût, la sureté, la rapidité du moyen utilisé mais aussi des sommes à transférer, du statut du migrant dans le pays d'accueil[5] et du niveau d'éducation de l'expéditeur ou du destinataire.

Motivations de l'acte d'envoi de fonds[modifier | modifier le code]

Plusieurs explications ont été avancées dans la littérature pour expliquer pourquoi les migrants renvoyaient de l'argent chez eux. Les motivations peuvent aller du pur altruisme (le migrant se préoccupe de ceux qu'il a laissé derrière lui en envoyant de l'argent pour améliorer leur bien être et les conditions de vie de sa famille), au pur égoïsme (renvoie de l'argent pour ne pas être déshérité, volonté d'investir dans son village en vue de son retour au pays) avec au milieu des situations intermédiaires sous forme de contrat implicite entre la famille et le migrant (c'est un accord mutuellement bénéfique où les transferts de fonds sont un remboursement des sommes avancées par la famille pour financer les frais liés à la migration, d'un autre côté le migrant fournit une assurance à sa famille en permettant une diversification des sources de revenus et un partage des risques entre le migrant et sa famille.

Utilisation des transferts[modifier | modifier le code]

Du fait de la fongibilité, il n'est pas possible de déduire l'utilisation des transferts à partir d'enquêtes réalisées auprès des ménages recevant de l'argent des émigrés.

Effets des transferts[modifier | modifier le code]

L'impact des transferts sur le développement économique des pays d'origine fait l'objet de débats dans la littérature.

Effets négatifs[modifier | modifier le code]

Il est souvent mis en avant les dépenses somptuaires de la part des familles de migrants. À cela s'ajoute de nouvelles habitudes de consommation qui portent souvent sur des biens importés. Tout cela conduit à réduire les effets sur le plan du développement de la part de la migration.

Effets positifs[modifier | modifier le code]

Les transferts ont l'avantage d'être contracycliques, c'est-à-dire qu'ils augmentent en cas de ralentissement économique ou en cas de chocs macroéconomiques dus par exemple à des crises financières. Les envois de fonds permettent d'éviter à la demande intérieure de chuter trop lourdement.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. World Bank 2005, p. 87.
  2. Les transferts de fonds des émigrés sont la première source de devises pour 36 pays.
  3. a et b http://siteresources.worldbank.org/INTPROSPECTS/Resources/334934-1288990760745/MigrationDevelopmentBrief20.pdf
  4. Ce type de système est très utilisé en Asie, où il est appelé Fei Ch’ien en Chine, Padala aux Philippines, Hundi en Inde, Hui Kuan à Hong Kong, Phei Kwan en Thaïlande...
  5. un migrant en situation irrégulière n'utilisera pas le système bancaire.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]