Vuitebœuf

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Vuitebœuf
Blason de Vuitebœuf
Héraldique
Église de Vuitebœuf
Église de Vuitebœuf
Administration
Pays Drapeau de la Suisse Suisse
Canton Vaud
District Jura-Nord vaudois
Localité(s) et Communes limitrophes
(voir carte)
Localités :
Vuitebœuf et Peney
Communes limitrophes :
Sainte-Croix, Vugelles-La Mothe, Orges, Valeyres-sous-Montagny, Essert-sous-Champvent, Champvent, Baulmes
Syndic Georges Karlen
Code postal 1445
N° OFS 5766
Démographie
Gentilé Les Vuitebolards / Les Vuitebolardes
Population 516 hab. (31 décembre 2014)
Densité 102 hab./km2
Géographie
Coordonnées 46° 48′ 29″ N 6° 32′ 57″ E / 46.808067, 6.54916546° 48′ 29″ Nord 6° 32′ 57″ Est / 46.808067, 6.549165
Altitude 610 m
Superficie 506 ha = 5,06 km2
Divers
Nom officiel Vuiteboeuf
Langue Français
Localisation

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Vuitebœuf
Liens
Site web www.vuiteboeuf.ch
Sources
Référence population suisse[1]
Référence superficie suisse[2]

Vuitebœuf est une commune suisse du canton de Vaud, située dans le district du Jura-Nord vaudois, sur la route principale reliant Yverdon à Sainte-Croix.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Vuite pourrait correspondre au germanique wahta («garde») emprunté par le gallo-roman, qui donné en français « guet », avec le verbe dérivé « guetter ». Les formes dialectales dans l'espace romand sont du type « waite », ou « wête », et l'on trouve, en toponymie, les Vuites ou les Ouates (Plan-les-Ouates) qui désignent des fortins, ou postes de garde, dont certains pouvaient être de vrais châteaux. La seconde partie du toponyme « Vuitebœuf » ne correspond certainement pas à «bœuf», mais doit remonter au germanique bosk (buisson), qui donne en allemand «Busch», et en français «bois». Ce village, donc, en position stratégique au pied du Jura, a pris un nom qui signifie «poste de garde du bois». La tradition populaire l'a réinterprété en « guette bœuf »[3].

Premières mentions: 1024, in villa que nominatur Vuaitibo. — 1336, Voytiban. — 1403 Vuitebo. — 1668 Vitebœuf. — 1694 Vittembœuf[3].

Héraldique[modifier | modifier le code]

D'argent à la face ondée d'azur, accompagnée en chef de trois roues de moulin de sable et en pointe d'une église au naturel, couverte de gueules.

Les armoiries de cette commune, adoptées en 1925, évoquent le cours d'eau de l'Arnon, qui fit tourner trois moulins symbolisés par des roues. En pointe, l'église rappelle que le hameau de Peney fut un centre paroissial en 1228 déjà, avec son église don seul le clocher a échappé à la démolition en 1907[4].

Hameau de Peney[modifier | modifier le code]

Le hameau de Peney, situé à environ un kilomètre au S.-E. de Vuitebœuf et appartenant au territoire de cette commune, était en 1228 déjà le chef-lieu d'une vaste paroisse qui montait jusqu'à Sainte-Croix [5].

Monuments[modifier | modifier le code]

L’ancienne église, à Peney[modifier | modifier le code]

L’église de Peney, d'origine médiévale et dédiée à Saint-Martin, témoignait de l’ancienneté et de l’importance passée de cette localité. En 1520, Jean Francey est attesté comme curé de Peney.

L'édifice a été en grande partie reconstruit entre 1706 et 1708 sur un plan rectangulaire, à volume unique, précédé d’un clocher porche où l'on a replacé les deux cloches médiévales, à inscriptions et décors identiques, datées de 1477. Dès 1901, vu le délabrement du bâtiment, la commune de Vuitebœuf envisage sa restauration et demande un projet en ce sens à l’architecte Charles Borgeaud, de Lausanne. Mais l’archéologue cantonal Albert Naef, qui examine le bâtiment, rédige un rapport peu élogieux, ne lui trouvant rien de vraiment remarquable ni d’intéressant du point de vue archéologique, hormis une fenêtre gothique latérale et autre terminale. L'on opte donc bientôt pour une démolition de ce sanctuaire et une reconstruction complète à Vuitebœuf. La démolition a lieu en 1907. Seul subsiste l'ancien clocher, aujourd'hui sous forme d'une tour isolée[6], mais on a pris soin d'y encastrer les vestiges de l’ancienne fenêtre mentionnée déjà par Naef, témoins archéologiques de style gothique flamboyant, dont un angelot sculpté caractéristique de la manière de l’architecte et maître maçon médiéval Antoine Lagnaz[7].

La nouvelle église, à Vuitebœuf[modifier | modifier le code]

En vue de la reconstruction, les autorités se tournent vers un autre professionnel du chef-lieu vaudois, Charles Bonjour. Son projet bénéficie bientôt d’une grande faveur, bien que son devis soit sensiblement plus élevé que celui de la simple restauration. Seul le syndic, Ernest Degiez, s’efforce de sauver l’édifice historique, dont l’emplacement, également, est conflictuel. Le syndic s’attache à défendre les intérêts de Peney, tandis que par ailleurs on signale que l’on entend à chaque instant des quolibets et des propos injurieux à l’adresse de la population de Vuitebœuf. Au vote, le Conseil communal entérine finalement la décision de la Municipalité, à savoir la démolition de l’ancienne église et une reconstruction à neuf sur une parcelle à proximité immédiate de Vuitebœuf[6].

Le nouveau temple, de style éclectique dessiné par Charles Bonjour, se dresse fièrement sur une hauteur dégagée dominant Vuitebœuf. Ce nouveau sanctuaire contribue à donner un symbole identitaire fort au village, et à marquer le glissement du centre de gravité de la commune qui, de la séculaire localité agricole de Peney, se déplace vers l’agglomération de Vuiteboeuf, qui bénéficie des structures industrielles bénéficiant de l’énergie du cours d’eau de l’Arnon[6].


Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (de)Guy Schneider, Werner Vogel, « Karrgeleise: Der Versuch, die Geleiselandschaft von Vuiteboeuf / Sainte-Croix (VD) einzuordnen », Bulletin IVS (Inventaire des voies de communication historiques de la Suisse) 1995/1, pp. 25-34.
  • Carine Wagner, François Silva, « Les voies historiques de la Côte de Vuiteboeuf », Wege und Geschichte - Les chemins et l'histoire - Strade e storia (ViaStoria) 2014, pp. 26-31.
  • Eloi Contesse, « Détruire un temple. Le cas de Peney (commune de Vuitebœuf VD) », Monuments vaudois, vol. 6,‎ , p. 31-37 (ISSN 1664-3011).

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Population résidante permanente au 31 décembre 2014 », sur Statistiques Vaud (consulté le 3 mars 2015)
  2. « Statistique de la superficie 2004/09 : Données communales », sur Office fédéral de la Statistique (consulté le 23 septembre 2010)
  3. a et b Florence Cattin (et al.), Dictionnaire toponymique des communes suisses, Neuchâtel, Frauenfeld, Lausanne, Centre de dialectologie, Université de Neuchâtel et Huber,‎ , 1102 p. (ISBN 3-7193-1308-5), p. 946.
  4. Olivier Dessemontet et Louis F. Nicollier, Armorial des communes vaudoises, Lausanne, Spes,‎ , 270 p., p. 184.
  5. Eugène Mottaz, Dictionnaire historique, géographique et statistique du canton de Vaud, t. II, Genève, Slatkine, réimpression de l’édition de 1921,‎ , 858 p. (ISBN 2-05-100460-9), p. 437.
  6. a, b et c Eloi Contesse, « Détruire un temple. Le cas de Peney (commune de Vuitebœuf VD) », Monuments vaudois, vol. 6,‎ , p. 31-37 (ISSN 1664-3011).
  7. Marcel Grandjean, L'architecture religieuse en Suisse romande et dans l'ancien diocèse de Genève à la fin de l'époque gothique, t. I, Lausanne, coll. « Cahiers d'archéologie romande 157 », 805 p. (ISBN 978-2-88028-157-1), p. 313.

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