Adrien Pichard

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Adrien Pichard
Naissance
Lausanne, Suisse
Décès
Lausanne
Nationalité Drapeau de la Suisse Suisse, Drapeau de la France France
Profession
Ingénieur, urbaniste

Adrien Pichard, né le à Lausanne et mort le dans la même ville, est un urbaniste, un ingénieur et un pionnier de l'aménagement routier à Lausanne et dans le canton de Vaud.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est le fils de François-Ferdinand-Gabriel Pichard, d'Yverdon (pasteur, diacre en 1788 et professeur de théologie à l'Académie de 1800 à 1809), et de Charlotte Pidou, sœur du landaman Auguste Pidou et nièce du Dr Samuel Auguste Tissot. Adrien naît deux ans après son frère Samuel.

Adrien Pichard s'inscrit au Collège académique. Malgré tout, entre 1798 et 1803, vu le contexte politique agité, il reçoit peut-être son instruction directement de son père. En octobre 1807, il quitte Lausanne pour Paris. Il passe deux ans à l'École polytechnique avant d'entrer à l'École impériale des Ponts et Chaussées, de laquelle il ressort diplômé deux ans plus tard. Il est engagé dans le corps des ingénieurs sur différents chantiers de génie civil.

Attiré par une carrière en France, il se fait naturaliser en juin 1817. Mais la même année, il est appelé par le Gouvernement vaudois pour devenir ingénieur cantonal (ingénieur adjoint au Conseil d'État) et inspecteur cantonal des bâtiments de l'État. Les autorités françaises lui ayant accordé un congé illimité, il rentre à Lausanne[1].

Devenu le responsable du réseau routier cantonal, il réalise que la construction de nouvelles voies de communication aiderait au développement socio-économique de la ville de Lausanne. De plus, il est membre du Comité d'études pour une liaison entre le lac Léman et Yverdon, présidé par Vincent Perdonnet. Il présente en outre des rapports sur les problèmes hydrauliques du Léman, du Rhône et des eaux du Jura.

En 1819, il participe à la fondation du Cercle littéraire avec Frédéric-César de La Harpe, Auguste Pidou, Vincent Perdonnet et Charles Monnard. Le , il épouse à Villette Julie-Aimée-Françoise Mouron, de Chardonne. Ils auront trois filles et un garçon.

Pichard est également un membre écouté de la Direction des mines et exerce de ce fait une forte influence sur la politique minière du gouvernement, qui apporte une aide technique aux exploitations. Il est en outre l'ingénieur du pénitencier de Béthusy, dont la construction est décidée en 1821 et qui entre en service 5 ans plus tard. Président de la Société d'utilité publique de 1834 à 1837, il participe aux discussions sur le paupérisme, l'éducation et l'industrie.

La ceinture Pichard autour de Lausanne et le Grand-Pont[modifier | modifier le code]

Adrien Pichard cherche à relier la route de Berne à celle d'Yverdon. La topographie accidentée de la ville rend toute amélioration des chemins existants impossible. En 1836, il dessine un plan de la traversée de Lausanne et propose de nouvelles artères sur "le terrain hors des murs", afin d’entourer la ville d’une route à faible dénivellation. Pour y arriver, deux ouvrages d’art sont nécessaires : un tunnel sous le quartier de la Barre et un pont sur le Flon, dont la construction relierait l'est et l'ouest de la ville. Il propose plusieurs projets, dont deux ponts à 6 arches (arc plein cintre ou ogive), un pont incliné à 2 étages d’arches, trois ponts suspendus en fil de fer, un pont en pierre et un pont à niveau. C'est ce dernier qui sera finalement construit. Le , le Grand Conseil ratifie une convention entre la ville de Lausanne et le canton. Elle détermine la construction de routes cantonales aux abords de Lausanne et la traversée occidentale de la ville.

Pichard suit le début du chantier, débuté en 1839 mais, malade, il meurt en plein travail, le . Le pont à niveau qu'il avait projeté et dont il avait dessiné les plans, traversant la vallée du Flon à la hauteur de la place Saint-François, prend son nom pendant quelques années avant d'être renommé Grand-Pont quelques années plus tard.

Après sa mort, le chantier est confié à William Fraisse, son adjoint, et à l'architecte Henri Perregaux. Il est terminé en 1844. Le percement du tunnel de la Barre sera, lui, effectué par Victor Dériaz et Georges Krieg[1].

Distinction[modifier | modifier le code]

Louis-Philippe Ier lui donne le le titre d'ingénieur en chef honoraire du Corps royal des Ponts et Chaussées.

Toponymie[modifier | modifier le code]

  • Lausanne possède depuis 1912 une rue Adrien-Pichard, allant du Grand-Pont à la rue William-Haldimand, sur décision de 1909.
  • Le Grand-Pont, avant de prendre son nom actuel, s'appelait Pont Pichard.

Article connexe[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Gilbert Salem,« Adrien Pichard, le "baron Haussmann" de Lausanne » 24 heures du 17-18-19 septembre 2011

Sources[modifier | modifier le code]