Vol 1611 Air France

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Vol 1611 Air France
Caravelle semblable à celle qui s'est écrasée
Caravelle semblable à celle qui s'est écrasée
Caractéristiques de l'accident
Date
Type Incendie
Causes Dysfonctionnement du chauffe-eau des toilettes de la cabine (officiel), missile (hypothèse)
Site Mer Méditerranée, au large de Nice
Coordonnées 43° 17′ 07″ nord, 7° 13′ 25″ est
Site web Bureau d'enquêtes et d'analyses pour la sécurité de l'aviation civile
Caractéristiques de l'appareil
Type d'appareil Sud-Aviation SE-210 Caravelle III
Compagnie Air France
No  d'identification F-BOHB
Lieu d'origine Ajaccio (Aéroport d'Ajaccio-Napoléon-Bonaparte)
Lieu de destination Nice (Aéroport de Nice-Côte d'Azur)
Phase Approche
Passagers 89
Équipage 6
Morts 95
Blessés 0
Survivants 0

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Vol 1611 Air France

Le vol 1611 Air France était un vol opéré par Air France effectué par une Caravelle SE-210, en provenance d'Ajaccio et à destination de Nice.

L'avion s'est abîmé en mer le au large de Nice, tuant les 95 personnes présentes à bord. Parmi les victimes se trouvait le général René Cogny.

L'accident[modifier | modifier le code]

L'avion décolle de l'aéroport d'Ajaccio-Napoléon-Bonaparte (alors dénommé « Campo dell'Oro ») à 10 h 9[1]. La première partie du vol s'effectue sans incident. À 10 h 30, alors qu'il est en descente entre les niveaux de vol 90 (2 700 m) et 70 (2 100 m), l'équipage annonce par radio avoir des ennuis et mentionne un incendie. Le contrôle aérien l'autorise immédiatement à prendre une route directe et prioritaire à destination de l'aéroport de Nice-Côte d'Azur. Un dernier écho radar est reçu à 10 h 33, localisant l'appareil à 40-45 km de Nice. Les secours sont déclenchés. La découverte à 11 h 22 d'une nappe de kérosène et de débris flottants confirme que l'avion s'est abîmé en mer.

L'enquête[modifier | modifier le code]

Le repêchage des débris au fond de la mer est menée en 4 campagnes étalées de à [1]. Des équipements sont mis au point spécialement à cette effet. Au final, cela permet de retrouver 8 à 10 tonnes d'éléments provenant de toutes les parties de l'avion, dont la boîte noire (inutilisable) et les réacteurs.

La commission d'enquête technique (CET) du BEA dirigée par l'ingénieur général de l'Air Gaston Fournier conclut que la cause de l'accident est un incendie survenu à l'arrière de la cabine. Cependant son origine reste inexpliquée, le CET mentionnant le dysfonctionnement possible du chauffe-eau des toilettes de la cabine[1],[2].

Mémoire[modifier | modifier le code]

Une stèle est érigée à Nice en mémoire des 95 disparus[3]. Une plaque est aussi installée dans une chapelle[Où ?].

L'hypothèse d'un tir de missile[modifier | modifier le code]

Un témoin, Étienne Bonnet, aurait vu la lueur d'un missile arrivé à l'arrière de la Caravelle, et la percuter au niveau du réacteur gauche[4]. Le BEA exclut l'hypothèse d'un tir de missile car les déformations observées sur les débris repêchés du fond de la mer sont incompatibles avec une explosion[1]. Contrôleur aérien à Nice au moment du drame, Pierre Guymar témoigne ne pas avoir entendu le pilote parler d'explosion, de choc ou de moteur en feu ; selon lui, le pilote a seulement dit : « J'ai un début d'incendie à bord »[4]

Des plaintes, déposées en 2006 et en 2008, ont été rejetées pour cause de prescription[5],[6].

En 2011, Michel Laty, qui était secrétaire militaire à la préfecture maritime de Toulon en 1968, témoigne peu avant sa mort[7] avoir dactylographié un rapport classé secret défense[8] : selon lui, ce rapport mentionnait que le vol 1611 avait été abattu par un missile français, suite à une erreur d'identification de cible[9]. Il déclare souhaiter que « des recherches sous-marines soient entreprises à 2 300 mètres pour voir ou remonter les réacteurs de l’avion »[10] alors que les fragments de réacteurs qui ont été repêchés n'ont pas montré de trace d'incendie[1].

Toujours en 2011, Gildas Chouan, ancien second maître sur le radar COTAL à l'île du Levant, déclare : « Le 11 septembre 1968 aucun missile n'a été tiré depuis l'île du Levant. Le pas de tir était fermé du 15 juin au 30 septembre 1968 en raison de la présence des naturistes sur l'île »[11]. Cependant, son témoignage est contredit par celui de Jean-Philippe Brunet, comme par un « avis de tir » publié dans Le Provençal du 9 septembre 1968 : cet avis annonçait que le champ de tir serait en activité les 10, 11 et 12 septembre 1968, de 8 h 30 à 15 h[3].

En décembre 2011, le tribunal correctionnel de Nice déboute l'association des familles de victimes, jugeant irrecevable le dépôt d'une citation à comparaître du ministère de la Défense[5].

Après une plainte de l'association des familles de victimes pour « soustraction et recel de preuves » déposée fin septembre 2011, la justice française décide de rouvrir l'enquête le 20 mars 2012 pour « dissimulation de preuves »[12]. Elle a été classée sans suite le 7 juillet 2014[6].

Le Doyen des juges d'instruction de Nice, Alain Chemama, a reçu les frères Paoli, membres de l'Association des familles des victimes, accompagnés d'un de leurs avocats, maître Sollacaro, le 2 septembre 2015 afin de les entendre[13],[14].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Ministère des transports, « Rapport final sur l'accident survenu le 11 septembre 1968 au large du cap d'Antibes au SE 210 F-BOHB de la Compagnie nationale Air France », Journal officiel de la république française, (consulté le 14 avril 2017), p. 945-965.
  2. François Nenin, Ces avions qui nous font peur: Les dossiers noirs du transport aérien, Flammarion, (ISBN 2081289202), p. 81.
  3. a et b "Crash Airways", « Spécial Investigation / Vol AF-1611 : explosion mystèrieuse », (consulté le 14 avril 2017)
  4. a et b (en) « ENQUETES DE REGIONS - Le dernier vol de la caravelle Ajaccio-Nice - vidéo Dailymotion », sur Dailymotion, (consulté le 14 avril 2017)
  5. a et b Agence France-Presse, « Accident Caravelle Ajaccio-Nice de 1968: l'association des victimes reçue par un juge », Le Parisien, (consulté le 14 avril 2017)
  6. a et b Yves Lebaratoux, « Accident de la caravelle Ajaccio-Nice de 1968 : Nouvelle plainte des familles », France 3, (consulté le 14 avril 2017)
  7. « Crash de la Caravelle : "c'était une bavure militaire"» », La Dépêche du Midi, (consulté le 14 avril 2017)
  8. Yves Montuelle, « Caravelle Nice-Ajaccio: la thèse de la "bavure militaire" relancée », L'Express,‎ (lire en ligne)
  9. « Crash Antibes/1968 : Michel Laty, témoin capital, est mort », sur www.snpnc.org (consulté le 13 avril 2017)
  10. « La Caravelle Ajaccio-Nice a-t-elle été abattue par un missile ? », Libération, (consulté le 14 avril 2017)
  11. Frédéric Delmonte, « Crash de la Caravelle : « L'avion n'a pas été abattu par un missile du Levant » », Corse Matin, (consulté le 14 avril 2017)
  12. Agence France Presse, « Accident de la Caravelle Ajaccio-Nice: ouverture d'une enquête de gendarmerie », sur nice.maville.com, (consulté le 14 avril 2017).
  13. « Crash de la caravelle Ajaccio-Nice : le juge reçoit les proches des victimes », Nice Matin, (consulté le 14 avril 2017)
  14. Laurence Collet, « Caravelle Ajaccio-Nice : les familles des victimes entendues par un juge », France 3, (consulté le 14 avril 2017)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jacques Lalut, Dieu était mon copilote : si c'était à refaire ..., , 240 p. (ISBN 978-2-913-19719-0, OCLC 47927107)
  • Robert Girod, Nice, vol. 2, coll. « Mémoire en images », , 127 p. (ISBN 978-2-849-10281-7, OCLC 470220815)
  • François Nenin et Henri Marnet-Cornus, Crashs aériens, ce qu'on vous cache, , 312 p. (ISBN 978-2-350-76073-5, OCLC 175651010)
  • (en) Jacques Pradel, Côté crimes : 36 affaires qui ont passionné la France, Paris, Éditions SW Télémaque, , 331 p. (ISBN 978-2-753-30083-5, OCLC 401157884)
  • Dominique Frémy et Michèle Frémy, Quid 2005, Paris, Robert Laffont, , 2190 p. (ISBN 978-2-221-10250-3, OCLC 949057775), « Avions civils abattus : Crash de la caravelle du vol Air France », p. 1852
  • (en) Jean-Michel Verne et Max Clanet, Secret d'État : 11 septembre 1968 le crash de la caravelle Ajaccio-Nice, Paris, Ramsay, , 247 p. (ISBN 978-2-841-14966-7, OCLC 470896544)
  • François Nénin, Ces avions qui nous font peur : les dossiers noirs du transport aérien, Paris, Flammarion, coll. « Flammarion EnQuête », , 313 p. (ISBN 978-2-081-28920-8, OCLC 881145204)

Liens externes[modifier | modifier le code]