Vol 1611 Air France

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Vol 1611 Air France
Caravelle Guyane exposée à l’aéroport d'Avignon, semblable à celle qui s’est abîmée
Caravelle Guyane exposée à l’aéroport d'Avignon, semblable à celle qui s’est abîmée
Caractéristiques de l'accident
Date
TypeIncendie
CausesDysfonctionnement du chauffe-eau des toilettes de la cabine (officiel), missile (hypothèse)
SiteMer Méditerranée, au large de Nice
Coordonnées 43° 17′ 07″ nord, 7° 13′ 25″ est
Caractéristiques de l'appareil
Type d'appareilSud-Aviation SE-210 Caravelle III
CompagnieAir France
No  d'identificationF-BOHB
Lieu d'origineAjaccio (Aéroport d'Ajaccio-Napoléon-Bonaparte)
Lieu de destinationNice (Aéroport de Nice-Côte d'Azur)
PhaseApproche
Passagers89
Équipage6
Morts95
Blessés0
Survivants0

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Vol 1611 Air France
Intérieur de l'Eglise Sainte Hélène à Nice

Le vol 1611 Air France était un vol assuré par Air France effectué par une Caravelle SE-210, en provenance d’Ajaccio et à destination de Nice. L’avion s’est abîmé en mer le au large de Nice, tuant les 95 personnes présentes à bord, dont 13 enfants et 6 membres d’équipage.

L'enquête technique conclut qu'un incendie survenu à l'intérieur de la cabine — dans sa partie arrière, à proximité des toilettes — s'est propagé jusqu'à entraîner la perte de contrôle[a].

L'hypothèse d’un missile perdu ayant abattu l'appareil par erreur est rapidement avancée et notamment soutenue par l'association des familles des victimes du crash de la caravelle Ajaccio-Nice (AFVCCAN), créée en 2008.

En septembre 2019, le président de la République, Emmanuel Macron, demande à la ministre de la défense, Florence Parly, d'agir auprès de la commission de la Défense nationale en vue d'obtenir la déclassification de documents « secret défense », liés à l'accident.

L’accident[modifier | modifier le code]

Au cœur de l' autel de l'Eglise Sainte Hélène de Nice, 95 flammes scintillent.

L’avion décolle de l’aéroport d’Ajaccio-Campo dell'Oro à 10h09[2]. Il est immatriculé F-BOHB. La première partie du vol s’effectue sans incident et la météo est ensoleillée[3]. À 10h30, alors qu’il est en descente entre les niveaux de vol 90 (2 700 m) et 70 (2 100 m), l’équipage annonce par radio avoir des ennuis et mentionne un incendie. Le contrôle aérien l’autorise immédiatement à prendre une route directe et prioritaire à destination de l’aéroport de Nice-Côte d'Azur. Un dernier écho radar est reçu à 10 h 33, localisant l’appareil à 40−45 km de Nice. Les secours sont déclenchés. La découverte à 11 h 22 d’une nappe de kérosène et de débris flottants confirme que l’avion s’est abîmé en mer. 95 personnes, 6 membres d’équipage et 89 passagers[4] dont 13 enfants périssent lors de ce crash[5]. Parmi les victimes se trouvait le général René Cogny[6] ainsi que le savant atomiste polonais Jerzy Sawicki[7],[8].

Enquête et rapport officiel[modifier | modifier le code]

Repêchage[modifier | modifier le code]

Le repêchage des débris au fond de la mer est mené en 4 campagnes étalées de à . Des équipements sont mis au point spécialement à cet effet (émetteur-récepteur d'ultra-sons, balise acoustique et calculateur). Quatre mille heures de travail ont permis d'identifier 6 à 7 tonnes d’éléments provenant de toutes les parties de l’avion, des morceaux de réacteur et la boîte noire[b] — rendue inexploitable en raison de la violence de l'impact [10],[11].

Lors d'une autre opération Troïka, entre le 28 septembre et le 3 octobre 1970 (note n°1707/IGAC/EA du 16/10/70), d'autres photographies ont été effectuées mais la justice n'aura pas accès à ces clichés[12].

Conclusions de l’enquête[modifier | modifier le code]

Le 14 décembre 1972, le Journal officiel de la République française publie le rapport final de l'accident.

La commission d'enquête technique (CET) du Bureau d'enquêtes et d'analyses pour la sécurité de l'aviation civile (BEA), dirigée par l’ingénieur général de l’Air Gaston Fournier, conclut que la cause de l'accident est un incendie survenu à l'arrière de la cabine. Son origine, qui n'a pas été déterminée avec précision, serait[13] :

  • soit le dysfonctionnement du chauffe-eau des toilettes de la cabine[13] — le rapport note « qu'un incident de cette nature, survenu au sol et sur un autre appareil […] a entraîné, en un temps relativement court, un incendie généralisé » ;
  • soit l’imprudence d'un passager qui aurait jeté un mégot de cigarette dans le récipient des serviettes usagées au niveau des toilettes.

Le BEA exclut l’hypothèse d'un tir de missile car les déformations observées sur les débris repêchés du fond de la mer sont incompatibles avec une explosion et qu'une « collision avec un autre aéronef ou un missile aurait, selon toute vraisemblance causé des dommages majeurs à la structure de l'avion [qui] ne serait pas resté contrôlable pendant une durée que nous savons largement supérieure à 3 minutes[14] ». L'hypothèse d'une explosion à bord, voire d'un attentat, est également rejetée car les débris n'étaient pas très dispersés dans l'eau[11].

La conclusion de la commission d'enquête est corroborée par le témoignage de Pierre Guymar, contrôleur aérien à Nice en 1968, qui précise que le commandant de bord Michel Salomon lui a signalé par radio avoir « un début d'incendie à bord », sans évoquer aucune collision[15].

En septembre 2015, Mathieu Paoli, président de l'AFVCCAN, déclare que le rapport est constitué de « vingt maigres pages « truffées d'erreurs. Il manquait le nom d'une passagère Suzanne Lafont, et il y avait des fautes dans les prénoms et l'orthographe des noms »[16] ».

Secret d'État ?[modifier | modifier le code]

En 2008, Max Clanet et Jean-Michel Verne contredisent la thèse officielle et avancent de nouvelles hypothèses dans leur ouvrage Secret d'État[17].

À propos des recherches en mer, le 17 avril 1969, la présidence de la République transmet la demande de Louis Paoli au ministre des Transports et "le conseiller technique" a écrit : « M.BO...(nom illisible) il faut répondre à ces lettres sous la signature de M.M...(nom illisible). Cela calmera peut - être M. Paoli pour un certain temps[18]. M. Paoli finira par comprendre qu'on ne repêche pas aussi facilement une Caravelle qu'une aiguille dans une botte de foin » (bordereau d' envoi n° 16939/SG/EF/2 signé B.Bailly du Bois, chargé de mission)[19].

Concernant la boîte noire retrouvée le 11 mars 1971 et rendue inexploitable selon la CET, il faut souligner que le 28 juin 1971 Paul Giannantoni, directeur de l'enquête judiciaire informe le magistrat instructeur que la boîte noire est illisible car la gélatine se serait détachée du papier dans la partie intéressant la fin du vol et l'aurait endommagée et sur les vols antérieurs l'enregistreur de vol est exploitable. Une société privée se propose d'analyser le contenu de la boite noire mais elle se heurte à un refus implicite de la commission d'enquête (Planche III)[20].

En juillet 1971, Paul Guillevic, membre de la CET, demande au ministère des Transports un projet de réponses aux frères Paoli concernant la reprise des recherches en mer : « L'expérience montre malheureusement qu'il n'est pas toujours possible de déterminer avec certitude les causes d'une catastrophe aérienne et dans le cas de la Caravelle F.BOHB, on peut craindre que les indices essentiels sur l'origine du feu aient été dans l'incendie réduits en cendre qui se sont dispersées dans la mer », et il joint en mention manuscrite : « Il paraît difficile, en ce qui concerne la réponse à M. Paoli, aussi bien de déclarer que les recherches sont définitivement abandonnées que de laisser entrevoir la possibilité qu'elles soient reprises. »[21].

Concernant la thèse du chauffe-eau défectueux sur la caravelle retenue par la CET, le 7 novembre 1972 le juge Bernard Chaussier, magistrat instructeur pose aux personnels ayant volé sur la F.BOHB une question sur le chauffe-eau : « Au cours des vols effectués à bord du F.BOHB, avez-vous eu connaissance d'incidents ou d'anomalies de fonctionnement aux chauffe-eau installés dans les lavabos arrière droit ou gauche ? » Sur 38 questionnaires envoyés, le magistrat reçoit 36 réponses n'ayant jamais constaté le moindre incident sur les chauffe-eau du F.BOHB (rapport n°1.119 PAF du 7/11/72)[source insuffisante].

Le 12 août 1969, Henri Forestier, sous-directeur du laboratoire central de police de Paris, commis par Paul Giannantoni transmet ses conclusions à l'enquête judiciaire concernant l'origine de l' incendie sur la Caravelle : « on observe que la partie arrière de la caravelle a subi un incendie particulièrement intense au niveau des toilettes arrière gauche », et il rajoute :« la seule explication est celle d'un feu réacteur dont l'arrière est situé au niveau des toilettes et l'incendie survenu le 11 septembre 1968 à bord de la caravelle F-BOHB qui s'est abimée en mer au large d'Antibes, semble dû, selon toute vraisemblance, à un feu du réacteur gauche de l'appareil, qui a communiqué l'incendie à l'intérieur de l'avion » Son rapport d'opérations d' expertise ne sera pas pris en considération par la CET (Planche VIII)[22]. Sur le rapport une main inconnue a rayé le mot « gauche » pour le remplacer par « droite » (Planche VI)[23].


Le 28 juillet 1970, Gaston Fournier, Président de la CET, adresse une lettre au Ministre des Transports : « Il n'appartient pas à une commission d'enquête de sanctionner des faux témoignages patents ou de discuter la valeur de déclarations formelles faites par des ministres en exercice. »[réf. souhaitée].

Dans son rapport du 18 septembre 1970, la CET indique : « octobre 1968, l'hypothèse du missile a été étudiée mais l' Armée a donné les plus fermes assurances de la façon la plus formelle... » (JORF n°22 du 18/09/70). Un mois après l'accident la thèse du missile est écartée grâce au démenti officiel de l'Armée[24].

Le 28 juin 1971 (rapport n° 756/PN/RG/PAFSUD), Paul Giannantoni, directeur de l'enquête judiciaire adresse un rapport au magistrat instructeur sur l'hypothèse du feu et déclare : « en fonction de l'enquête, le feu semblait plus important dans la toilette et entre la toilette et le fuselage que dans le compartiment lavabo. Si l'on prend le chauffe-eau comme centre ceci donne à penser que le feu convergeait vers lui au lieu d'en partir », et donc d'après le commissaire Giannantoni l'incendie a bien une origine extérieure [25].

Dans l'enquête pénale, Constant Guigo, pêcheur participant aux recherches en mer le 12 septembre 1968, évoque parmi les débris retrouvés la présence d'un « morceau de carlingue éclatée, trouée comme si des balles de mitrailleuse l'avaient percée »[26].

Le 3 janvier 1972, Paul Guillevic, ingénieur en chef remet un rapport à Gaston Fournier, président de la CET, sur son travail de presque quatre ans et indique : « sauf information nouvelle, il ne semble pas possible d' affirmer que l'incendie se soit déclaré plutôt à gauche qu'à droite, tout en retenant une probabilité plus forte pour la gauche[réf. souhaitée]

Lorsque la CET dépose ses conclusions le 3 février 1969, Gaston Fournier, Président de la CET déclare : «Je viens d'apprendre que le centre de contrôle radar de Marseille détiendrait des enregistrements fixant la position de la caravelle avant sa disparition. Je ne puis comprendre pour quelles raisons l'existence de tels enregistrements n'a pas été signalée plus tôt alors que leur considération paraît susceptible d'apporter des renseignements précieux sur la trajectoire de l'avion et l'emplacement de l'épave. »Ces bandes originales de la caravelle avaient été demandées le 18 septembre 1968 par le commandant Jean Dupont, membre de la CET et Mr Viguier, fonctionnaire de l'aviation civile. Le 19 mars 1969, une demande en urgence a été sollicitée afin d'obtenir ces enregistrements et seront enfin exploités 6 mois après la catastrophe[27].

L'hypothèse d'un tir de missile[modifier | modifier le code]

Plusieurs parties prenantes du dossier, notamment l’Association des Familles de Victimes du Crash de la Caravelle Ajaccio-Nice (AFVCCAN), estiment que la lumière n'a pas été faite sur l'origine de la catastrophe et que le vol 1611 Air France a pu être la victime d'un tir de missile d’entraînement.

Le 21 septembre 1968, la thèse est avancée par Paris Match, dans son article Les 268 secondes d'agonie de la caravelle Ajaccio Nice, « affirmant que des exercices militaires se déroulaient dans la zone où se trouvait la caravelle. Cet article propose trois hypothèses sur le drame, y compris l’impact d'un missile d'exercice[28] ». Pour les auteurs de Secret d'État (Ramsay, 2008) ; « Ces missiles n'ont pas de charge de poudre, mais ils sont munis d'une tête chercheuse. Pour exclure totalement le doute, l'enquête devra rechercher si tous les missiles éventuellement employés dans cette région ont été récupérés »[29].

7 mois après la catastrophe, la rumeur de la thèse du missile s'installait sérieusement. Le 18 mars 1969, maître Gérard de Gubernatis, avocat à Nice écrit au juge d'instruction : « les familles sont les premières à éprouver le besoin de connaître la vérité […] on aimerait que les témoins soient entendus […]. Un accident de cette nature ne peut être l'effet du hasard […] on est en droit de se demander si l'accident n'a pas été occasionné par l'impact d'un missile… […] nous ne saurions nous contenter de la simple réponse du ministère des Armées […][30] ».

Le 25 mars 1969, Maître Raymond Filippi, avocat au barreau d'Aix-en-Provence ,chargé de la défense des Familles de Victimes déclarait:« ce jour- là, un missile à tête chercheuse a manqué à l'appel, c'est donc qu'il a touché un obstacle! ». L'avocat tenait cette information de source militaire en préservant son identité. Le chef de cabinet du préfet maritime de Toulon a de façon catégorique démenti la déclaration de Me Filippi en disant:« le président d'une commission rogatoire, nommée à Marseille était venu à la préfecture maritime de Toulon mener son enquête. Il avait eu entre les mains les ordres des opérations prévues et exécutées ce jour-là. Aucun tir n'y figurait. Aucun missile n'a donc quitté l'île au matin de la catastrophe car chaque tir est annoncé quelques jours auparavant par un avis aux navigateurs. Du côté Marine, l'affaire est donc considérée comme close.»[31].

Le 6 mai 1970, le président du Syndicat national des pilotes de ligne écrit au ministre des Transports : « Vous savez, monsieur le Ministre, quelles rumeurs avaient couru à la suite de ce sinistre. Celles-ci viennent d'être reprises à la suite de l'atterrissage d'un missile sur la côte varoise… Les pilotes de ligne de plus en plus nombreux ne rejettent pas la thèse du missile et pensent que l' enquête n'aboutira pas ». PlancheIV (lettre n°1790, SNPL Paris Orly)[32].

Le 13 mai 1970, dans le reportage du 20h (1ère chaîne ORTF), les Familles des Victimes refusaient la thèse de l'accident et confirmaient la thèse du missile. Le Président de la CET, Gaston Fournier ingénieur général de l'air s'exprimait en démentant l'hypothèse du missile et se référait sur la déclaration des autorités militaires[33]

Le 29 mai 1970, le président Gaston Fournier adresse une note provisoire (note 5/7O du 29/5/1970) aux membres de la CET faisant référence à l'exercice militaire « Poker » du 11 septembre 1968, en indiquant la présence d'un Mirage III et de deux Mystère IV. Dans ce document de travail, à la suite de la mention de ces deux avions, une main a inscrit au stylo :« transformé en un escadron de Mirage III et 22 Mirage IV qui traversent le radar en grondant »[34].

Le 3 mars 2011, Paul Giacobbi[c] intervient par courrier auprès de Nicolas Sarkozy, président de la République, afin d'appeler son attention sur :

« Un épisode tragique de l'histoire contemporaine de la Corse mais également de l'histoire aéronautique de notre pays. […] Plus de quarante ans après cette effroyable tragédie, les familles des victimes sont placées dans l'ignorance des circonstances précises du drame et surtout de ses causes. Une enquête bâclée où se sont succédés [sic][35] trois juges d'instruction avec un incendie d'origine indéterminé alors que des témoignages concordants accréditaient plutôt la thèse d'un tir de missile de l'Armée […], je souhaiterais que l'État engage des recherches en mer en particulier la récupération des deux réacteurs. Ainsi, pour la première fois dans ce dossiers, l'État aura l'occasion de prouver qu'il n'a rien à craindre, ni à cacher[36] »

Éléments relevés par Clanet et Verne[modifier | modifier le code]

À l’époque, la France intensifiait ses exercices militaires en mer Méditerranée, notamment dans le but de vendre ses missiles A50 et ATM ; et la caravelle volait à proximité d'une zone d’exercice de tirs de fusées de l’armée[5].

Le 2 septembre 1968, l'Aéro Hyères émet un message à la préfecture maritime de Toulon avec une copie au CERES ( message 31A du 02/09/68 à 19h 31 Z ): « Vous demande activation champ de tir AIR SOL du TITAN. Semaine du 9 au 15 septembre :mardi 10, mercredi 11, jeudi 12 de 8h30 à 18h00 » (Planche XII)[réf. souhaitée].

De la base aérienne 921 de Taverny, un message du 3 septembre 1968 indique une activité militaire pour le 11 septembre 1968 à 13h55 Z : « Axes 60 à 88: 6 C 135F, 18 Mirages de 9h30 à 15h30 » et un second message prévient:« Demande de NOTAM, danger à la navigation aérienne, exercices Poker, multiples RV en vol, 11 septembre 68, report éventuel 12 septembre 68 de 9h30 à 15h30 FL200 à FL300 inclus » Avec les archives militaires obtenues les exercices Poker ont bien eu lieu le 11 septembre 1968[37].

Pour la journée du 11 septembre 1968, deux messages protégés ont été émis, le premier à 10h16 GMT, le second à 13h36 (diffusion restreinte, confidentiel défense, secret défense). Ils prouvent en effet que le CERES (Centre d'Essais et de Recherches d'Engins Spéciaux de l'île du Levant) n'était pas fermé[38].

Le 14 septembre 1968, au départ de Marseille Jacques Lalut, commandant de bord, pilotait une caravelle à destination de Tunis avec Michel Vallenet copilote, lorsque son regard fut attiré par une traînée lumineuse que les pilotes identifièrent comme un missile ; Jacques Lalut déclare : « Si nous avions décollé vingt secondes plus tôt, nous aurions été à portée du missile attiré par les 600 degrés de sortie des réacteurs.» Le pilote signale aussitôt l'incident par radio à la station militaire du mont Agel. Quelques minutes plus tard, les militaires confirment qu'ils ont bien vu sur leurs écrans un missile tomber à proximité du cap Bénat au large du Lavandou. Jacques Lalut rédige un rapport à Paris sur l'incident. Laurent lanselot-Basou de l'Aviation civile le contacte pour obtenir un supplément de précisions et cet évènement n'aura pas de suite[39].

Le 17 novembre 1968, le ministre des Armées adresse une note classée Confidentiel défense à Gaston Fournier, président de la CET : « un missile sol-air ou air-air dans cette région n'aurait pu s'égarer après avoir été lancé soit d'un aéronef militaire ou d'un bâtiment de la Marine nationale, soit du centre d'essais de l'île du Levant qui en aurait perdu le contrôle...or le 11 septembre les bâtiments lance-engins n'ont pas quitté leur mouillage au port de Toulon, les aéronefs pouvant lancer des engins n'ont pas pris l'air pour exercice, le centre du Levant n'a pas procédé au lancement d' engins... » (note n°848 du 15/11/1968). D'après les documents militaires consultés, l'activité militaire était présente le 11 septembre 1968[40].

Le 21 novembre 1968, le vice-amiral d'escadre de Scitivaux de Greische, préfet maritime de Toulon indique dans une note :« l'activation des secteurs d'exercice est organisée […] et l'utilisation de la zone est confirmée par un document journalier appelé Zonex » (note 789/EM3 du 21/11/1968)[41].

Témoignages en faveur d’un tir de missile[modifier | modifier le code]

Étienne Bonnet, qui se trouvait le jour de l'accident au port de Golfe Juan, écrit dans une lettre du qu’il a vu la lueur d’un missile arriver à l’arrière de la Caravelle et la percuter au niveau du réacteur gauche[42].

Bernard Famchon, un appelé qui faisait son service militaire entre février et octobre 1970 au 40e régiment d’artillerie au camp de Suippes, déclare dans une lettre du qu’« un midi, [il a] entendu un gradé qui avait un peu trop bu se confier à l’un de ses collègues. Il disait qu’il était présent sur une base de tir le jour de l’accident, et que c’était un de leurs missiles qui avait détruit la Caravelle »[43]. Ce gradé servait « sur une batterie de missiles antiaériens, il a dit qu’il était, avec d'autres, responsable de la mort des passagers de la caravelle »[44].

Un autre appelé, Jean Machon, affecté au ministère de l’Air à Paris, affirme, dans une lettre du déposée au TGI de Nice, avoir vu un télex confidentiel mentionnant que le vol 1611 a été détruit par un missile[44].

En 2011, Michel Laty, qui était secrétaire militaire à la préfecture maritime de Toulon en 1968, déclare à un journaliste de TF1 peu avant sa mort[45] avoir dactylographié un rapport classé secret défense[46] : selon lui, ce rapport mentionnait que le vol 1611 avait été abattu par un missile français, suite à une erreur d’identification de cible[44] en disant que « la caravelle a été abattue par un missile parti de la terre, en Méditerranée. Une erreur d’identification de la cible (...) On a abattu un avion civil au lieu d’abattre la cible programmée pour ça »[46]. Éric de Montgolfier avait demandé au Procureur de la République d’Agen de l’auditionner, mais Michel Laty n’a jamais été entendu par la justice car il est mort en décembre 2011[47].

Michel Debré, ministre d’État chargé de la Défense en 1969, affirme dans un courrier daté du qu’il n’y avait pas eu de lancement de missile le . Allant dans le même sens, Gildas Chouan, ancien second maître sur le Crotale à l’île du Levant, déclare en 2011 : « Le 11 septembre 1968 aucun missile n’a été tiré depuis l’île du Levant. Le pas de tir était fermé du 15 juin au 30 septembre 1968 en raison de la présence des naturistes sur l’île »[48]. Mais ces déclarations sont contredites par un « avis de tir » publié dans Le Provençal du qui annonçait que le champ de tir serait en activité les 10, 11 et , de 8h30 à 15h00[49].

En 2004, dans l’enquête judiciaire, Pierre Loffredi a déclaré qu’il a eu la preuve verbale que le crash avait été causé par un missile. En 1970, il faisait son service militaire au centre de programmation de la Marine à Dupleix (Paris) et a participé à l’écriture du programme. Il a abordé l’accident de la Caravelle et les ingénieurs militaires lui ont confirmé que le programme avait eu une erreur de cible et cela a dirigé le missile sur la Caravelle[34].

Dans le Quid 2003 on trouve à la page 1913 dans le chapitre avions civils abattus : «1968-11-09 Caravelle d'Air France (vol Ajaccio / Nice) au large du cap d'Antibes 95 / (stèle érigée en 1998, promenade des Anglais à Nice)»[50].

En 2007, dans sa lettre remise au TGI de Nice, Noël Chauvanet rapporte l’aveu d’un technicien du département radar de Thomson : « Il m’a dit que lors d’une campagne d’essai de missiles sol air en Provence en 1968, le premier engin qui a fonctionné a malheureusement touché la caravelle »[51],[52].

En 1997, Elisabeth Noal a déclaré que son oncle Pierre Sandron ingénieur chez Thomson avait eu une information sur le drame de la caravelle par son supérieur Maurice Monat directeur que la caravelle avait été touchée par un missile Thomson[34].

Par lettre du 14/02/2007, Paul-Antoine GIULIANI, cadre à la mairie de Menton a déclaré avoir reçu plusieurs appels téléphoniques et notamment celui d'un ami Roland Cauchoix, capitaine commandant la compagnie de gendarmerie de Menton qui lui parla le premier de la thèse du missile et des manœuvres aériennes qui concernaient le Mont Agel[53].

En 2009, dans l’enquête pénale, Gérard Plumail rapporte le témoignage de son ami niçois André Giroux concernant l’accident de la caravelle Ajaccio-Nice : « Il m’a dit que pendant son service militaire affecté au Mont Agel où il était d'astreinte sur les écrans radar, il a vu la caravelle touchée par un objet non identifié le 11 septembre 1968 »[52].

En 2013, Ange Ladever déclarait dans l’enquête pénale : « J’étais sur un bateau au large du cap d’Antibes quand j’ai vu passer l’avion à basse altitude avec de la fumée s’échappant d’un trou près du réacteur, juste avant qu’il s’abîme en mer »[54].

Dans la lettre du 5 mars 2012 déposée au TGI de Nice, Michel Beguier, commandant de bord en retraite, a déclaré : «Comme tout le monde, j'ai appris le crash de la caravelle d'Air France du 11 septembre 1968. À l'époque j'étais le pilote des chantiers de l'Atlantique et le 14 ou le 15 septembre, Melle Thuillieux, secrétaire du président des chantiers, m'apprit que la caravelle avait été touchée par un missile tiré par la Marine Nationale. Le missile avait été attiré par la chaleur dégagée par les réacteurs de l'avion. Plus tard, commandant de bord à Air Inter, après le décollage d'Hyères en caravelle à destination de Paris, j'ai eu la surprise de voir des éclatements d'obus autour de l'avion. J'ai évidemment fait un rapport d'incident mais je n'ai jamais su s'il y avait eu une suite »[55].

Par ailleurs, d’autres témoignages estiment l’hypothèse d’un départ de feu dans les toilettes qui se serait répandu dans les toilettes peu crédible :

  • Martine Tournade, ancienne hôtesse de l’air à Air France en 1968, réfute la cause possible de l’incendie survenue dans les toilettes émise par le CET dans le rapport final publié au Journal officiel no 30 le 14/12/1972 en déclarant : « Si le feu s’était déclaré dans les toilettes, on pouvait tout de suite utiliser les deux extincteurs se situant à 80cm des toilettes. » ;
  • Gérard Feldzer, ancien commandant de bord sur caravelle en 1968 et instructeur à Air France, a déclaré que : « Le feu dans les toilettes me paraît très difficile à admettre comme seule hypothèse de la catastrophe. » ;
  • François Chwieducik, ancien chef mécanicien à Air France en 1968, a déclaré que : « Ce n'est pas un simple incendie de toilettes qui aurait cassé complètement les commandes et rendu l’avion impilotable. » Concernant ces trois témoignages contenus dans l’enquête judiciaire actuelle, ils connaissaient parfaitement la caravelle F-BOHB qui s’est abîmée le 11 septembre 1968[56],[57].

Soupçons de dissimulation de preuves par l’Armée[modifier | modifier le code]

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Copie du Document Militaire Zonex 11/09/68

Une bande son du tournage au Mont Agel, un centre militaire de détection situé au-dessus de Menton, relatant le matin des manœuvres militaires du est saisie par deux personnes se revendiquant des Renseignements généraux, le soir au moment du montage du reportage dans les locaux de FR3 à la Brague (Antibes). On peut entendre « Merde, on l’a perdu ! » (sous-entendu, le missile). Ce témoignage d'Alain Frasquet, preneur de son à l’ORTF qui assurait le reportage, est confirmé par deux autres témoins dans l’enquête pénale [58].

Le 16 mai 1969, Paul Giannantoni, commissaire divisionnaire chargé de l'enquête judiciaire transmet un rapport au juge d'instruction (rapport n°1021/M), il a obtenu une audience auprès du général Cadrot, commandant l'aviation dans le sud-est et au cours de cet entretien il n'y a pas de procès-verbal et le général ne prête pas serment de dire la vérité avec seulement une réponse verbale[59] !

Au sujet des dates rectifiées, le 12 octobre 2004 , trois membres du collectif des Familles des Victimes ont été reçus à l'hôtel de Brienne (ministère de la défense) pendant 3 heures par Philippe Marland, directeur du cabinet civil et militaire , afin de consulter des documents militaires relatant les manœuvres du 11 septembre 1968 . Si sur les documents confiés aux familles rien d' anormal n' apparaît , ils se sont aperçus que sur un document militaire relatif aux manœuvres la date du 11 septembre 1968 a été surchargée au stylo bille rouge et transformée en 12 et le 12 en 13 !!! Au final , le 11 septembre a disparu officiellement et serait une journée sans message et sans activité[60].

Le 26 septembre 1969, Michel Debré, ministre d'État chargé de la Défense, déclare dans une lettre adressée aux familles des victimes :« Par ailleurs, les champs de tir de la région étaient fermés le jour de l' accident. Je suis donc en mesure de vous assurer qu'un missile français n'a pu être à l'origine de cette catastrophe qui vous a frappé cruellement ».Dans sa lettre pas numérotée et rédigée à titre personnel aux familles, il est évident que le ministre de la Défense ment car des tirs ont bien eu lieu le jour de la tragédie.

Un document militaire ZONEX daté du établit que des tirs de missiles air-sol ont bien eu lieu de 8h30 à 15h00, près du sémaphore[61] du Titan[62]. Ce document a été noirci, mais les techniques modernes ont permis de le lire[63].

Le 4 juin 1970, Michel Debré, ministre d'État chargé de la Défense adresse une deuxième lettre (non numérotée et signée de lui-même) aux familles des victimes pour leur affirmer que le centre de tir était fermé le jour de l'accident jusqu'au 24 septembre 1968[64] .

Le journal de bord de la frégate lance-missiles Suffren a été manipulé pour la matinée du 11 septembre 1968. Une demi-page a été recollée sur le livre de bord de la frégate Suffren à la date du crash de la Caravelle entre 6 heure et midi. Absence de la page arrachée[65] !!

Jean-Philippe Brunet déclare que : « je me trouvais à côté du blockhaus le matin du lorsque des gendarmes sont arrivés et nous ont fait partir de cet endroit car il y avait des expériences secrètes sur l’île du Levant, j’ai même vu des militaires qui filmaient la Méditerranée »[66].

En novembre 2006, l'expert Raymond Auffray, ancien ingénieur en chef de l'armement et qui a participé aux travaux du CET de l'aviation civile, déclare sur la question « que l'OTAN en Méditerranée aurait pu avoir eu un incident avec la caravelle FBOHB ? », sa réponse est « oui, oui ». Il faut savoir que Raymond Auffray connaissait bien les armées, l'OTAN, et les missiles[67].

Le témoignage de Michel Rousseau, un ancien second maître à bord de la frégate Suffren, précise que : « Nous étions sur la zone où la caravelle s’était abîmée, je voyais les débris en surface, les plongeurs militaires les ramassaient et les mettaient dans des sacs et ensuite ça a dû être débarqué à l’arsenal militaire de Toulon »[68].

Le carnet de bord de la frégate lance missiles Suffren déchiré : le 10 mai 2011 , TF1 a pu consulter le carnet de bord du Suffren qui croisait en Méditerranée le jour du drame et il est très surprenant que la page du carnet de bord du 11septembre 1968 avait été étrangement déchirée[69].

Le témoignage de Jean - Marc Decaux, matelot à bord de l'Alsace (chalutier de la marine marchande chargé de la campagne de recherches en mer des débris de la caravelle FBOHB en mars 1971) déclare que des épisodes bien surprenants de l' Alsace se sont déroulés : « les débris retrouvés de la caravelle n'ont pas été débarqués au port de Nice mais à l'arsenal militaire de Toulon pour soi disant des raisons de confidentialité et c'est à la fin que l'armée a détenu ces débris »[70].

En juin 2007, Raymond Auffray, expert qui a participé aux travaux de la CET a déclaré lorsqu'on lui montre le Zonex du 11 septembre 1968 dans le sud-est de la France :« Où avez-vous trouvé ce document ? Est-ce lié au rapport de la CET ? » Apparemment Raymond Auffray n'a jamais vu ce document militaire lors de ses travaux et il rajoute « En 1968, tout était secret, moins on en parle , mieux ça vaut »[71]

Le témoignage sérieux d'un membre du BEA qui a fait partie de l'enquête officielle : le fils de Jean Dupont, pilote de caravelle à Air France a remis en 2009 une lettre de 12 pages écrite à New York de son père à la disposition de l'enquête judiciaire.

Dans la lettre du commandant de bord Jean Dupont datée du 16/07/1970 déposée au TGI de Nice, Mr Dupont précise qu'il subit des pressions, qu'il se heurte au pouvoir car en qualité de membre de l'enquête officielle du BEA sur la tragédie, il avait très vite émis des doutes sur la version des faits en constatant qu'on lui refusait les moyens d'accéder à la vérité. Dans sa lettre, il a révélé que les causes officielles de l'"accident" lui avaient été imposées lors de la rédaction du rapport final le 14/12/1972, surtout concernant le chapitre sur l'hypothèse de la collision avec un missile qui a été complètement modifié. Plus loin dans sa longue lettre, il annonce craindre pour sa vie :" la raison d'état justifie tous les crimes. S'il m'arrivait avant que cette affaire soit éclaircie, le moindre accident, la moindre maladie, il faudrait rechercher les responsables parmi les autorités militaires et gouvernementales."

[72]

Démenti[modifier | modifier le code]

En juin 1970, le ministère d'État chargé de la défense nationale publie un communiqué qui déclare que « Les rumeurs imputant à un tir de missiles la responsabilité de la perte de la Caravelle Ajaccio-Nice, le 11 septembre 1968, sont dénuées de tout fondement […]. Aucun engin n'a été tiré par la marine nationale ni du Centre d'essais en Méditerranée, fermé jusqu'au 24 septembre, ni du bâtiment lance-engins resté au port, ni de l'escorteur le Brestois […]. Les appareils des forces aériennes stratégiques participant à l'exercice Poker, qui se déroulait notamment à l'ouest du lieu de la catastrophe, n'emportaient ni bombes ni engins et n'ont perdu ni réservoirs ni charges externes[73] ».

Dans le chapitre « Analyse et conclusion » du rapport final publié au Journal officiel de la République française du 14 décembre 1972, l’armée déclare formellement qu’il n'y a eu aucun tir d'engin dans la zone de vol de la caravelle au moment de l'accident. Cette déclaration reprend une lettre du Ministre de la Défense Nationale, Pierre Messmer, en date du 19 novembre 1968[74].

Plaintes contre le Ministère de la Défense[modifier | modifier le code]

Pensant que l’enquête a été maquillée, des plaintes à l’encontre du Ministère de la Défense sont déposées en 2006 par Jacques, Mathieu et Louis Paoli (enfants de deux des victimes de la catastrophe) [75] et en 2008 par l’Association des Familles de Victimes du Crash de la Caravelle Ajaccio-Nice[76]. Elles sont rejetées le 17 février 2007 et le 3 mars 2009 pour cause de prescription[77],[78],[79],[80].

Demandes de levée du « secret défense »[modifier | modifier le code]

Le 9 novembre 2000, au Sénat, maître Jacques Peyrat, sénateur-maire de Nice, pose une question écrite[d] au Premier Ministre sur le crash de la caravelle Ajaccio-Nice en lui demandant de bien vouloir examiner une levée du secret défense en lui faisant part de l'hypothèse du missile[82]. Le 24 mai 2001, il appelle par une nouvelle question l'attention du Premier Ministre sur la question posée l'année précédente et demeurée sans réponse[83] .

Le 20 avril 2006, Louis Paoli adresse un courrier ( référence 00R5215 n° DEF/CAB/CC4 ) à Michèle Alliot Marie, Ministre de la Défense sur les circonstances de l' accident de la caravelle Ajaccio-Nice et la demande de la levée du secret défense. La ministre écrit:« le secret de la défense nationale ne vous a jamais été opposé, et le cas échéant comme je m'y suis engagé envers vous, j'envisagerai sa levée dans l' intérêt de la manifestation de la vérité. S'agissant de l'hypothèse que vous évoquez, celle d'un tir de missile, j'observe que ni l'information judiciaire, ni l'enquête administrative n'ont jamais pu l' accréditer en quoi que ce soit. Il vous appartient si vous l'estimez utile de saisir l'autorité judiciaire pour envisager une reprise de l'information pour charges nouvelles » En 2008, l' association des familles des victimes saisit l'autorité judiciaire avec des éléments accréditant la thèse du missile . 11 années se sont écoulées, et le 5 juillet 2019, Alain Chemama ,doyen des juges d'instruction de Nice et directeur de l'enquête judiciaire reconnaît que la thèse du missile est très sérieuse et demande la levée du secret défense[84].

Le 17 mai 2011, Simon Renucci, député-maire d'Ajaccio pose une question écrite à l'Assemblée Nationale au Ministre des transports sur la levée du secret défense pour dissiper ou confirmer les doutes qui pèsent sur l'Armée suite à un tir de missile comme étant à l'origine du crash de la caravelle. Dans sa réponse le ministère reprend les conclusions du rapport d'enquête en rappelant que celui-ci écartait « en particulier l'hypothèse d'une collision avec un missile qui aurait, selon toute vraisemblance, causé des dommages majeurs à la structure de l'avion et l'aurait rendu incontrôlable presque instantanément. Or, l'avion a poursuivi son vol pendant plus de trois minutes après que le pilote ait annoncé « on a le feu à bord »[85]. »

Le , le président de la République Emmanuel Macron a répondu à la lettre de Gilles Simeoni, président du Conseil Exécutif de Corse, relatant le drame de la caravelle Ajaccio-Nice et la demande de l’association des Familles des Victimes sur la levée du secret défense concernant un certain nombre de documents civils et militaires.

Le , le chef de l’État a répondu à la lettre de Mathieu Paoli, président de l'AFVCCAN concernant la demande sollicitée de la levée du secret défense sur les opérations militaires réalisées le jour du crash dans le sud-est de la France et la déclassification de tous les documents civils et militaires liés à cet incident. La lettre présidentielle se termine par une conclusion notable : « Je peux vous dire néanmoins qu’il m’apparaît évident que tous les moyens doivent être mis en œuvre pour comprendre les causes de ce drame et qu’aucun obstacle ne devra être opposé à l’établissement de la vérité ».

Après 3 ans d'enquête menée par la Gendarmerie de Nice et constatant que l’hypothèse du missile était très sérieuse, Alain Chemama demande officiellement le au premier ministre Edouard[86] Philippe la déclassification des documents civils et militaires liés à la catastrophe ainsi que la levée du secret défense sur tous les exercices militaires du dans le sud-est de la France. Alain Chemama veut accéder à des documents précis classés « Secret Défense » afin de faire toute la manifestation de la vérité et finaliser l’action judiciaire[87],[88],[89],[90].

Le , Marine Brenier, députée des Alpes-Maritimes, demande au ministère des Armées d’intervenir au CSDN afin d’obtenir la levée du secret défense[91].

Le , le maire de Nice Christian Estrosi, le maire d’Ajaccio Laurent Marcangeli, le président de la région Provence Alpes Côte d’Azur Renaud Muselier, le président du Conseil exécutif de Corse Gilles Simeoni et le président de l’Assemblée de Corse Jean-Guy Talamoni, ont adressé solennellement une lettre à Emmanuel Macron pour lui demander de solliciter la ministre des Armées, Florence Parly, en vue d’ordonner la levée du secret défense. Dans sa réponse — qu'il conclut en écrivant : « Soyez certain que je partage votre volonté que la lumière soit faite sur cette tragédie. Nous le devons aux victimes et à leurs familles. » —, le président rappelle que « Le ministère des armées a été saisi le 6 juillet dernier d'une requête aux fins de déclassification. Cette demande est actuellement examinée avec l'objectif de répondre de la meilleure des façons[92] ».

Le , le député de la Corse-du-Sud Paul-André Colombani demande à Florence Parly les conditions dans lesquelles elle entend mettre en œuvre la levée du secret défense dans l’affaire du crash de la caravelle Ajaccio-Nice et lui rappelle le courrier d’Emmanuel Macron adressé à Gilles Simeoni le 2 octobre 2017[93].

Le , le président de la République Emmanuel Macron a répondu à la lettre solennelle du 17 octobre 2018 de Christian Estrosi, Laurent Marcangeli, Renaud Muselier, Gilles Siméoni et Jean-Guy Talamoni souhaitant la levée du secret défense. Dans sa réponse, le chef de l'État déclare que « la ministre des armées a ordonné de nouvelles investigations afin d'identifier de potentiels documents qui n'auraient pas pu être intégrés au dossier jusqu'ici. La commission du secret de la défense nationale sera évidemment saisie par le ministère si des documents d'intérêts classifiés venaient à être découverts »[94],[95].

Le 5 août 2019, Mathieu Paoli, président de l'AFVCCAN a adressé une lettre à Emmanuel Macron, président de la République, afin qu'il intervienne en tant que Chef des armées pour faire lever le secret défense après la reconnaissance par la justice de la thèse de l'impact d'un missile non armé[96].

Le 10 septembre 2019, Emmanuel Macron répond favorablement à la requête et demande à la ministre des Armées, Florence Parly, de saisir la commission de la défense nationale afin d’obtenir la levée du secret-défense sur des documents classifiés[97],[98].

Le 10 septembre 2019, dans une tribune écrite par Christian Estrosi, maire de Nice et Laurent Marcangeli , maire d'Ajaccio (la mémoire pour seul défi au temps) , les deux édiles évoquent « la raison, invoquent la raison d'état, le secret défense et les 51 ans de mutisme pour ne pas dire d'indifférence de l'Etat »[99].

Association des familles des Victimes du crash de la caravelle Ajaccio-Nice[modifier | modifier le code]

Le 17 novembre 2008, l'« association des familles des Victimes du crash de la caravelle Ajaccio-Nice » (AFVCCAN) est créée à Vallauris. Présidée par Mathieu Paoli, elle a pour objet de « mettre tout en œuvre [ …] afin que les causes de la catastrophe soient déterminées et que l'on connaisse enfin la vérité ; contre-enquête, recherche en mer des réacteurs […][100] ».

En décembre 2011, l’association, défendue par maître Paul Sollacaro et maître Stéphane Nesa, est déboutée par le tribunal correctionnel de Nice, jugeant irrecevable le dépôt d'une citation à comparaître du ministère de la Défense[101],[102],[79].

Après une plainte pour « soustraction et recel de preuves » déposée fin septembre 2011, la justice française décide de rouvrir l’enquête le 20 mars 2012[103]. La plainte est classée sans suite le 7 juillet 2014 par Eric Bedos, procureur de la République de Nice[80].

Le 21 juillet 2014, une nouvelle plainte avec constitution de partie civile est confiée à Alain Chemama, doyen des juges d'instruction à Nice pour soustraction de document et recel de preuves[104],[105]. Le 2 septembre 2015, le doyen reçoit les frères Paoli et Me Sollacaro afin de les entendre[106].

Le 1 juillet 2019, Jean-Michel Prêtre, procureur de la République de Nice, confirmant que plusieurs demandes de levée de secret ont été adressées à différents ministères, déclare : « Je ne sais pas ce qui pourrait être trouvé, peut-être des choses concernant les forces françaises, ou des forces étrangères. Il y a eu des manœuvres exécutées en même temps par au moins trois marines, donc il peut y avoir des intérêts qui (…) nécessitent qu'un secret soit gardé[107] ».

Le 5 juillet 2019, Alain Chemama reçoit Mathieu et Louis Paoli, accompagnés de Maître Paul Sollacaro. À l'issue de l'entretien, Me Sollacaro déclare : « Le juge d'instruction a confié à la famille que la thèse du missile, qui serait donc à l'origine du crash, et qu'elle soutenait depuis 50 ans, était très sérieuse. Il l'a d'ailleurs inscrit sur procès-verbal[108] ».

Mémoire[modifier | modifier le code]

Intérieur de l' Eglise Sainte Hélène à Nice
Extérieur de l' Eglise Sainte Hélène à Nice.

Une stèle est érigée à Nice en mémoire des 95 disparus[49], ainsi qu’une chapelle au cimetière marin d’Ajaccio. Une plaque est aussi installée à la chapelle de la Garoupe au cap d'Antibes. Rendant hommage aux 95 victimes, une commémoration anniversaire (11 septembre 1968) a lieu chaque année en l'église Sainte Hélène de Nice , puis à la stèle. Et également en Corse, devant la chapelle située au cimetière marin d'Ajaccio.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Jacques Lalut, Dieu était mon copilote : si c'était à refaire ..., , 240 p. (ISBN 978-2-913-19719-0, OCLC 47927107)
  • Robert Girod, Nice, vol. 2, coll. « Mémoire en images », , 127 p. (ISBN 978-2-849-10281-7, OCLC 470220815)
  • François Nenin et Henri Marnet-Cornus, Crashs aériens, ce qu'on vous cache, , 312 p. (ISBN 978-2-350-76073-5, OCLC 175651010)
  • Jacques Pradel, Côté crimes : 36 affaires qui ont passionné la France, Paris, Éditions SW Télémaque, , 331 p. (ISBN 978-2-753-30083-5, OCLC 401157884)
  • Dominique Frémy et Michèle Frémy, Quid 2005, Paris, Robert Laffont, , 2190 p. (ISBN 978-2-221-10250-3, OCLC 949057775), « Avions civils abattus : Crash de la caravelle du vol Air France », p. 1852
  • Jean-Michel Verne et Max Clanet, Secret d'État : 11 septembre 1968 le crash de la caravelle Ajaccio-Nice, Paris, Ramsay, , 247 p. (ISBN 978-2-841-14966-7, OCLC 470896544). 
  • François Nénin, Ces avions qui nous font peur : les dossiers noirs du transport aérien, Paris, Flammarion, coll. « Flammarion EnQuête », , 313 p. (ISBN 978-2-081-28920-8, OCLC 881145204)
  • Gilbert Autheman, Mai 68, une jeunesse niçoise, Baie des Anges, , 103 p. (ISBN 978-2-37640-025-7)
  • Florent Arnaud, 68, Lulu, , 198 p. (ISBN 9780244435899)

Émissions audiovisuelles[modifier | modifier le code]

  • « Accident caravelle » INA, JT20h ORTF 11 septembre 1968.
  • « Procès du caravelle Ajaccio-Nice en 1970: "on se moque de nous" INA,JT20h ORTF 13 mai 1970.
  • « Accident caravelle Ajaccio-Nice 1968 », émission 50 ans 50 jours, France 3 Méditerranée, 28 octobre 2004.
  • « Le dernier vol d'Arthur O'connor » BBC radio 4, 26 novembre 2007.
  • « Le crash de la caravelle Ajaccio-Nice », émission Café Crime, Europe 1, 12 septembre 2008.
  • « Le 11 septembre 1968, le crash de la caravelle Ajaccio-Nice », émission Rendez-vous avec X, France Inter, 21 février 2009[109].
  • « Les bavures secrètes de la défense » émission C dans l'air France 5 du 27 novembre 2009.
  • « Le crash de la caravelle Ajaccio-Nice », émission L'Heure du Crime, RTL, 8 septembre 2010 et 16 mai 2011.( Jacques Pradel)
  • « Le mystère de la caravelle », émission Spécial Investigation de Canal+, le 16 mai 2011.
  • « Crash de la caravelle Ajaccio-Nice : accident ou bavure militaire ? » émission Après enquête, LCI, 11 juin 2011.
  • « Inchiesta » de France 3 Corse du 5 octobre 2011.
  • « Le dernier vol de la caravelle F-BOHB » de France 3 Côte d’Azur du 5 octobre 2011.
  • Émission Enquête de France 3 Méditerranée, 5 octobre 2011.
  • « Le crash de la caravelle Ajaccio-Nice », émission L'heure du Crime, RTL, 24 octobre 2017.
  • Émission Affaires sensibles, Fabrice Drouelle, « « Vol au-dessus d’un nid de missile », le crash de la caravelle Ajaccio-Nice » [audio], sur franceinter.fr, ,et 12 juillet 2019 54 minutes[110].

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le rapport note ; « La cause directe de la perte de contrôle n'a pu être établie avec certitude : elle peut être liée à l'incapacité physique des pilotes causée soit par des émanations de gaz toxiques, soit par l'envahissement du poste de pilotage par les passagers[1]. »
  2. Le dispositif, destiné à enregistrer les informations liées au vol dont l’analyse aide à déterminer les causes d’un incident ou d’un accident, a été récupéré par 2 300 mètres de fond, lors de la dernière campagne (mars, avril 1971).[9]
  3. P. Giacobbi est président du Conseil exécutif de la Corse et député de la Haute Corse.
  4. « Les questions sont un instrument essentiel du contrôle parlementaire de l'activité du Gouvernement, notamment sur les sujets ponctuels et sur les points d'actualité.[81] ».

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Quatre-vingt-quinze morts le 11 septembre 1968 « L'accident de le caravelle est dû à un incendie » confirme la commission d'enquête », sur lemonde.fr, (consulté le 22 août 2019).
  2. Ministère des transports, « Rapport final sur l’accident survenu le 11 septembre 1968 au large du cap d'Antibes au SE 210 F-BOHB de la Compagnie nationale Air France », Journal officiel de la République française, no 30,‎ (lire en ligne [PDF]).
  3. « " Vol au-dessus d’un nid de missile ",le crash de la caravelle Ajaccio-Nice », France Inter,‎ (lire en ligne, consulté le 22 juillet 2017)
  4. Harro Ranter, « Crash-aerien 11 SEP 1968 d'un Sud Aviation SE-210 Caravelle III F-BOHB - Nice, France », sur aviation-safety.net (consulté le 22 juillet 2017).
  5. a et b Ces avions qui nous font peur : Les dossiers noirs du transport aérien de François Nénin chapitre 16
  6. « Cogny Général de la malchance », Paris Match, no 1011,‎ , p. 80-83.
  7. « Parisien Libéré », La Une du Parisien Libéré, no 7481,‎
  8. « liste des passagers », journal officiel de la République française, no 30,‎ , p. 964(liste des passagers au numéro 4).
  9. « L'enregistreur de vol de la caravelle Ajaccio-Nice est retrouvé au large d'Antibes », sur lemonde.fr/archives, (consulté le 22 août 2019).
  10. Rapport final de la commission d'enquête, publié au Journal officiel de la République française le 14 décembre 1972.
  11. a et b « L'accident de la Caravelle Ajaccio-Nice est dû à un incendie à bord, révèle la commission d'enquête », sur lemonde.fr, (consulté le 22 août 2019).
  12. Clanet et Verne, 2008, p. 111, 115.
  13. a et b Rapport final, publié au Journal officiel de la République française le 14 décembre 1972, p. 954.
  14. Rapport final, paragraphe 3.1.3., p. 953.
  15. « Le dernier vol de la caravelle Ajaccio-Nice par france3cotedazur - Dailymotion », (consulté le 13 janvier 2018)
  16. A.-C. CHABANON, « dossier Caravelle Ajaccio-Nice Défense de classer (2ème partie) », sur corsematin.com,
  17. Clanet et Verne, Secret d'État, Ramsay 2008.
  18. Clanet et Verne, 2008, p. 118, 119.
  19. Clanet et Verne, 2008, p. 68, 69.
  20. Max Clanet , Jean-Michel Verne, SECRET D' ETAT, PARIS, RAMSAY, , 247 p. (ISBN 978-2-84114-966-7), page 72 et 73 et Planche III
  21. Clanet et Verne, 2008, p. 137, 138.
  22. Clanet et Verne, 2008, p. 60 et 61.
  23. Clanet et Verne, 2008, p. 104.
  24. Clanet et Verne, 2008, p. 53.
  25. Clanet et Verne, 2008, p. 100.
  26. Clanet et Verne, 2008, p. 17 et 21.
  27. Clanet et Verne, 2008, p. 56 et 57.
  28. Florent ARNAUD, 68, (lire en ligne), « La caravelle d'Ajacio », p. 46.
  29. Clanet et Verne, 2008, p. 20.
  30. Clanet et Verne, 2008, p. 65.
  31. rédaction de NICE-MATIN, l'accident de la caravelle Ajaccio-Nice. La préfecture maritime:" Aucun missile n'a été lancé le jour de la catastrophe "., NICE, NICE MATIN,
  32. Clanet et Verne, 2008, p. 36, 148 et 149.
  33. Claude Manuel, Procès du Caravelle Ajaccio-Nice en 1970:"on se moque de nous", PARIS, INA.fr, , reportage ORTF de 4 mn 11
  34. a b et c Clanet et Verne, 2008, p. 226.
  35. La faute d'orthographe figure dans le document original
  36. « accident de la caravelle Ajaccio-Nice : la lettre de Paul Giacobbi à Nicolas Sarkozy » [PDF], sur corse.fr, (consulté le 21 août 2019).
  37. Clanet et Verne, 2008, p. 225.
  38. Clanet et Verne, 2008, p. 171.
  39. Clanet et Verne, 2008, p. 200 et 201.
  40. Clanet et Verne, 2008, p. 29 et 30.
  41. Clanet et Verne, 2008, p. 27.
  42. france3cotedazur, « Le dernier vol de la caravelle Ajaccio-Nice » [vidéo], sur dailymotion.com, 26 minutes.
  43. « L’avion de nos parents a sûrement été percuté par un missile », France Dimanche,‎ (lire en ligne, consulté le 22 juillet 2017).
  44. a b et c « Crash Antibes/1968 : Michel Laty, témoin capital, est mort », sur snpnc.org (consulté le 22 juillet 2017).
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  48. Frédéric Delmonte, « Crash de la Caravelle : « L'avion n’a pas été abattu par un missile du Levant » », Corse-Matin, (consulté le 14 avril 2017).
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  50. Dominique et Michéle Frémy, QUID 2003, Paris, Robert Laffont, (ISBN 2- 221- 09758 - 0), p. 1913
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  54. [réf. non conforme]VSD no 1801 le mystère du vol 1611 par François Nénin
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  110. Rediffusion du 8 décembre 2016.