Gilles Simeoni

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Gilles Simeoni
Fonctions
Maire de Bastia
En fonction depuis le
Prédécesseur Émile Zuccarelli
Conseiller de l'Assemblée de Corse
En fonction depuis le
Conseiller municipal de Bastia
Biographie
Date de naissance (48 ans)
Lieu de naissance Bastia

Gilles Simeoni, né le à Bastia, est un homme politique français. Il est maire de Bastia depuis le 5 avril 2014 et conseiller territorial à l'Assemblée de Corse. Par ailleurs, il est membre du parti nationaliste modéré Inseme per a Corsica et a aussi été l'avocat d'Yvan Colonna accusé de l'assassinat de Claude Érignac.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est le fils d'Edmond Simeoni et le neveu de l'ex-député européen Max Simeoni. Il est titulaire d'un maitrise de droit et d'un doctorat de sciences politiques sur le sujet de « la politique méditerranéenne de l'Union européenne »[1] obtenus à l'issue de ses études effectuées à l'Université de Corse et à Aix-en-Provence.

Sa carrière politique débute à l'Université de Corse où il fut un membre actif des syndicats étudiants[2],[3] avant d'entrer en 2001 dans l'arène politique à l'occasion de l'élection municipale bastiaise où il soutint la candidature de Marie-Jean Vinciguerra avec le mouvement qu'il dirigeait à l'époque, A Mossa Naziunale[4].

En 2007, Gilles Simeoni se déclare candidat à l'élection législative dans la seconde circonscription de la Haute-Corse comprenant Lozzi le village d'origine de la famille Simeoni. Il rassembla à l'issue du premier tour 13,5 % des suffrages exprimés, résultat qui ne lui permettra d'accéder au second tour car il ne dépasse pas le seuil des 12,5 % des inscrits (8,8 %) mais demeurera le moment révélateur de son engagement politique, il évoque l'expression de "point de bascule" pour désigner l'importance de cette campagne dans sa vie[3].

Un an après, Gilles Simeoni réalise son premier coup politique en se plaçant en deuxième position à l'issue du premier tour avec 14,91 % des voix soit près de cinq points de plus de ce que les sondages lui attribuaient en termes d'intentions de vote[5],[6]. Au second tour, il verra ce résultat amplifié en remportant 25 % des suffrages exprimés. Grâce à ce résultat, il devient le rôle de chef de l'opposition au sein du Conseil Municipal de Bastia.

Aux élections régionales de mars 2010, la liste Femu a Corsica qu'il conduit avec Jean-Christophe Angelini obtient au premier tour le score de 18,40 % ; au second tour elle recueille 25,89 % des voix ce qui lui permet d'obtenir 11 élus à l'Assemblée de Corse. L'absence de majorité absolue pour la liste de gauche menée par Paul Giacobbi a amené le mouvement nationaliste à pratiquer la politique de la main tendue envers le nouveau Président du Conseil Exécutif[7]. Cette initiative a restée lettre morte en raison des grandes dissensions idéologiques traversant la majorité de gauche entre républicains et autonomistes mais elle n'a pas empêchée Paul Giacobbi de reprendre ces thèmes à son compte et de les porter au cœur du débat public[8]. Cette situation aboutira à des consensus larges sur des thèmes historiquement portés par les nationalistes mais aussi à une rivalité naissante entre les deux hommes[9]. Gilles Simeoni lui reproche notamment certaines pratiques politiques assimilables à une forme de clientélisme électoral qu'il décrit à travers la notion de "système"[10] et en utilisant la métaphore de Janus pour décrire l'ambivalence de sa méthode de gouvernance[11].

Lors des élections législatives de 2012, Gilles Simeoni se présente cette fois-ci dans la 1re circonscription de la Haute-Corse englobant notamment le Grand Bastia et le Cap Corse. Ces élections avaient pour but de consolider l'assise électorale de son mouvement en vue des élections municipales de 2014. Au niveau de la circonscription, elles furent une réussite pour le candidat de Femu a Corsica qui se positionnât en deuxième position derrière le député UMP sortant et surtout devant Jean Zuccarelli au soir du premier tour. Il conservât cette position au soir du second tour en dépit de reports de voix moins favorables que ceux du candidat PRG. À l'échelle municipale, ces élections ont été concluantes pour le mouvement de Gilles Simeoni avec un apport de 1 000 suffrages supplémentaires par rapport au second tour des élections territoriales de 2010 et un recul de près de 250 suffrages pour le PRG. Elles confirment ainsi une réduction de l'écart entre les deux mouvements et semblent accréditer l'hypothèse d'une éventuelle victoire de Gilles Simeoni aux municipales de 2014.

Aux élections municipales de mars 2014, la liste qu'il conduit, Inseme per Bastia, obtient au premier tour le score de 32,34 %. Au second tour, sa liste d'alliance avec le dissident PRG François Tatti et l'UMP Jean-Louis Milani, conclue autour d'un contrat de mandature recueille 55,40 % des voix. Il devint ainsi le premier maire nationaliste de Bastia mettant fin à la gouvernance PRG-PCF régnant sur la ville depuis 1968[12],[13]. Ce résultat est le fruit d'une nouvelle approche de la stratégie électorale du mouvement nationaliste, dont Gilles Simeoni est l'un de ses principaux artisans, privilégiant des alliances pragmatiques permettant de positionner ses principes au centre de l'agenda politique[14].

À l'occasion des élections départementales de 2015, l'alliance municipale bastiaise a présenté des binômes dans les quatre cantons situés en partie ou bien exclusivement sur la commune de Bastia. L’élection de trois binômes sur quatre s'avèrent être la confirmation du succès de la stratégie de Gilles Simeoni. Néanmoins, au soir du second tour, son allié François Tatti, avec qui certaines dissensions étaient apparues publiquement, se rend au siège du Conseil départemental célébrer la victoire de François Orlandi, allié de Paul Giacobbi[15].

Cet événement a causé d'importants troubles au sein de la majorité municipale qui ont amenés Gilles Simeoni, Jean-Louis Milani et Emmanuelle de Gentili - pourtant colistière de François Tatti un an plus tôt - à "tirer les conséquences" du comportement de François Tatti[16] en allant même jusqu'à demander publiquement sa démission de la présidence de la Communauté d'Agglomération Bastiaise au plus fort de la crise avec l'ensemble des maires composant l'institution communautaire[17].

Ce litige semble marquer le coup d'envoi de la campagne des élections territoriales de décembre 2015 où s'affronteront très probablement Paul Giacobbi - dont François Tatti s'est considérablement rapproché - et Gilles Simeoni[18].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Municipales 2014, second tour - Gilles Simeoni, premier maire nationaliste de Bastia », sur Le Point,‎ (consulté le 17 mai 2015)
  2. « Municipales 2014, second tour - Gilles Simeoni, premier maire nationaliste de Bastia », sur Le Point,‎ (consulté le 17 mai 2015)
  3. a et b « Municipales à Bastia: Gilles Simeoni, avocat depuis 20 ans et militant depuis l'enfance », sur Corse-Matin,‎ (consulté le 17 mai 2015)
  4. « Bastia: La citadelle Zuccarelli », sur L'Express,‎ (consulté le 17 mai 2015)
  5. « Emile Zuccarelli en tête du premier tour à Bastia selon un sondage », sur L'Obs,‎ (consulté le 17 mai 2015)
  6. « Bastia : Zuccarelli frôle la victoire au premier tour », sur Le Figaro,‎ (consulté le 17 mai 2015)
  7. « La Corse se dote d’une politique ambitieuse », sur JDC - Journal de la Corse,‎ (consulté le 17 mai 2015)
  8. « Paul Giacobbi: l'art de naviguer à la godille Read more at http://www.lexpress.fr/actualite/politique/paul-giacobbi-l-art-de-naviguer-a-la-godille_974490.html#xb5MYtpCjB4kidtK.99 », sur L'Express,‎ (consulté le 17 mai 2015)
  9. « Gilles Simeoni-Paul Giacobbi : Clash à l’Assemblée de Corse », sur Corse Net Infos,‎ (consulté le 17 mai 2015)
  10. « VIDEO.Gilles Simeoni: «Un enterrement de première classe pour la réforme» », sur Corse-Matin,‎ (consulté le 17 mai 2015)
  11. « VIDÉO. Gilles Simeoni: «Un enterrement de première classe pour la réforme» », sur Corse-Matin,‎ (consulté le 17 mai 2015)
  12. « Zuccarelli : La fin d'une dynastie… », sur Corse Net Infos,‎ (consulté le 17 mai 2015)
  13. « Municipales 2014 à Bastia : Jean Zuccarelli à la tête d'un front PRG-PCF », sur Alta Frequenza,‎ (consulté le 17 mai 2015)
  14. « Le nouveau nationalisme corse », sur La Croix,‎ (consulté le 17 mai 2015)
  15. « Gilles Simeoni : « La majorité municipale bastiaise reste unie autour des trois forces qui l’ont fondée » », sur Corse Net Infos,‎ (consulté le 17 mai 2015)
  16. « Historique: Gilles Simeoni remporte la mairie de Bastia face à Jean Zuccarelli », sur France 3 Corse,‎ (consulté le 17 mai 2015)
  17. « Les maires de la CAB demandent à François Tatti de démissionner ! », sur Corse Net Infos,‎ (consulté le 17 mai 2015)
  18. « La fin du pari Simeoni à Bastia ? », sur France 3 Corse,‎ (consulté le 17 mai 2015)

Lien externe[modifier | modifier le code]