Gilles Simeoni

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Gilles Simeoni
Image illustrative de l'article Gilles Simeoni
Fonctions
4e président du conseil exécutif de Corse
En fonction depuis le
(1 an, 9 mois et 9 jours)
Prédécesseur Paul Giacobbi
Maire de Bastia

(1 an, 9 mois et 2 jours)
Prédécesseur Émile Zuccarelli
Successeur Pierre Savelli
Conseiller territorial de l'Assemblée de Corse
En fonction depuis le
(7 ans, 6 mois et 1 jour)
Élection 21 mars 2010
Réélection 13 décembre 2015
Conseiller municipal de Bastia
En fonction depuis le
(9 ans, 6 mois et 4 jours)
Biographie
Date de naissance (50 ans)
Lieu de naissance Bastia (Corse)
Nationalité Française
Parti politique Inseme per a Corsica
Père Edmond Simeoni
Diplômé de Université de Corse-Pascal-Paoli
Profession Avocat
Religion Catholicisme

Gilles Simeoni, né le à Bastia, est un avocat et un homme politique français, membre du parti nationaliste corse Inseme per a Corsica. Il est maire de Bastia du 5 avril 2014 au 7 janvier 2016 et président du Conseil exécutif de Corse depuis le 17 décembre 2015. Par ailleurs, il a été l'avocat d'Yvan Colonna, condamné pour l'assassinat de Claude Érignac.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille et études[modifier | modifier le code]

Il est le fils d'Edmond Simeoni et le neveu de l'ex-député européen Max Simeoni. Sa mère Lucie est une Corse d'adoption, d'origine juive alsacienne[1] et polonaise[2].

Il est titulaire d'une maitrise de droit et d'un doctorat de science politique sur le sujet de « la politique méditerranéenne de l'Union européenne »[3] obtenus à l'issue de ses études effectuées à l'université de Corse et à Aix-en-Provence.

Il a trois enfants[4] et se décrit comme croyant non pratiquant[2].

Parcours politique[modifier | modifier le code]

Débuts en politique[modifier | modifier le code]

Sa carrière politique commence à l'université de Corse où il est un membre actif des syndicats étudiants[5],[6] avant d'entrer en 2001 dans l'arène politique à l'occasion des élections municipales bastiaises où il soutient la candidature de Marie-Jean Vinciguerra avec le mouvement qu'il dirige à l'époque, A Mossa Naziunale[7].

En 2007, Gilles Simeoni se déclare candidat à l'élection législative dans la 2e circonscription de la Haute-Corse comprenant Lozzi le village d'origine de la famille Simeoni. Il rassemble à l'issue du premier tour 13,5 % des suffrages exprimés, résultat qui ne lui permet pas d'accéder au second tour car il ne dépasse pas le seuil des 12,5 % des inscrits (8,8 %) mais demeure le moment révélateur de son engagement politique, il évoque l'expression de « point de bascule » pour désigner l'importance de cette campagne dans sa vie[6].

Élections municipales de 2008[modifier | modifier le code]

Un an après, Gilles Simeoni réalise son premier coup politique en se plaçant en deuxième position à l'issue du premier tour des élections municipales avec 14,91 % des voix soit près de cinq points de plus de ce que les sondages lui attribuaient en termes d'intentions de vote[8],[9]. Au second tour, il voit ce résultat amplifié en remportant 25 % des suffrages exprimés. Grâce à ce résultat, il devient le chef de l'opposition au sein du conseil municipal de Bastia.

Élections territoriales de 2010[modifier | modifier le code]

Aux élections territoriales de mars 2010, la liste Femu a Corsica qu'il conduit avec Jean-Christophe Angelini obtient au premier tour le score de 18,40 % ; au second tour, elle recueille 25,89 % des voix ce qui lui permet d'obtenir 11 élus à l'Assemblée de Corse. L'absence de majorité absolue pour la liste de gauche menée par Paul Giacobbi amène le mouvement nationaliste à pratiquer la politique de la main tendue envers le nouveau président du conseil exécutif[10]. Cette initiative est restée lettre morte en raison des grandes dissensions idéologiques traversant la majorité de gauche entre républicains et autonomistes mais elle n'a pas empêché Paul Giacobbi de reprendre ces thèmes à son compte et de les porter au cœur du débat public[11]. Cette situation aboutit à des consensus larges sur des thèmes historiquement portés par les nationalistes mais aussi à une rivalité naissante entre les deux hommes[12]. Gilles Simeoni lui reproche notamment certaines pratiques politiques assimilables à une forme de clientélisme électoral qu'il décrit à travers la notion de « système »[13] et en utilisant la métaphore de Janus pour décrire l'ambivalence de sa méthode de gouvernance[14].

Élections législatives de 2012[modifier | modifier le code]

Lors des élections législatives de 2012, Gilles Simeoni se présente cette fois-ci dans la 1re circonscription de la Haute-Corse englobant notamment le Grand Bastia et le Cap Corse. La participation à ces élections a pour but de consolider l'assise électorale de son mouvement en vue des élections municipales de 2014. Au niveau de la circonscription, elles sont une réussite pour le candidat de Femu a Corsica qui se positionne juste derrière le député UMP sortant arrivé en tête et surtout devant Jean Zuccarelli au soir du premier tour. Il conserve cette position au soir du second tour en dépit de reports de voix moins favorables que ceux du candidat PRG. À l'échelle municipale, ces élections sont concluantes pour le mouvement de Gilles Simeoni sur la Ville de Bastia avec un apport de 1 000 suffrages supplémentaires par rapport au second tour des élections territoriales de 2010 et un recul de près de 250 suffrages pour le PRG. Elles confirment ainsi une réduction de l'écart entre les deux mouvements et semblent accréditer l'hypothèse d'une éventuelle victoire de Gilles Simeoni aux municipales de 2014.

Élections municipales de 2014[modifier | modifier le code]

Aux élections municipales de mars 2014, la liste qu'il conduit, Inseme per Bastia, obtient au premier tour le score de 32,34 %. Au second tour, sa liste d'alliance avec le dissident PRG François Tatti et l'UMP Jean-Louis Milani, conclue autour d'un contrat de mandature recueille 55,40 % des voix. Le 5 avril suivant, il devient ainsi le premier maire nationaliste de Bastia, mettant fin à la gouvernance PRG-PCF régnant sur la ville depuis 1968[15],[16]. Ce résultat est le fruit d'une nouvelle approche de la stratégie électorale du mouvement nationaliste, dont Gilles Simeoni est l'un de ses principaux artisans, privilégiant des alliances pragmatiques permettant de positionner ses principes au centre de l'agenda politique[17].

Élections départementales de 2015[modifier | modifier le code]

À l'occasion des élections départementales de mars 2015, l'alliance municipale bastiaise présente des binômes dans les quatre cantons situés en partie ou bien exclusivement sur la commune de Bastia. L’élection de trois binômes sur quatre s'avèrent être la confirmation du succès de la stratégie de Gilles Simeoni. Néanmoins, au soir du second tour, son allié François Tatti, avec qui certaines dissensions étaient apparues publiquement, se rend au siège du Conseil départemental célébrer la victoire de François Orlandi, allié de Paul Giacobbi[18].

Cet événement cause d'importants troubles au sein de la majorité municipale qui incitent Gilles Simeoni, Jean-Louis Milani et Emmanuelle de Gentili - pourtant colistière de François Tatti un an plus tôt - à « tirer les conséquences » du comportement de François Tatti[19] en allant même jusqu'à demander publiquement sa démission de la présidence de la Communauté d'agglomération au plus fort de la crise avec l'ensemble des maires des communes membres de l'intercommunalité[20].

Ce litige semble marquer le coup d'envoi de la campagne des élections territoriales de décembre 2015 où vont s'affronter Paul Giacobbi - dont François Tatti semble s'être considérablement rapproché - et Gilles Simeoni[21].

Élections territoriales de 2015[modifier | modifier le code]

À l'issue du premier tour des élections territoriales le , la liste menée par Gilles Simeoni se place en deuxième position avec 17,62 % des voix, juste derrière celle du président sortant du conseil exécutif, le radical de gauche Paul Giacobbi, qui totalise 18,42 %[22].

Les listes menées par Gilles Simeoni et Jean-Guy Talamoni décident de fusionner pour se présenter au second tour le 13 décembre. À l'issue de celui-ci la liste unie totalise 35,34 % des voix, devançant ainsi celle de Paul Giacobbi qui n'obtient que 28,49 %[23], ce qui lui donne une majorité relative de 24 membres sur 51.

Le 17 décembre suivant, il est élu au 3e tour, à la majorité relative, président du Conseil exécutif par l'Assemblée de Corse[24]. Il prête un serment en corse sur la Giustificazione della rivoluzione di Corsica de Gregorio Salvini[25]. Il démissionne de sa fonction de maire, où il est remplacé par son ancien adjoint, Pierre Savelli, le , mais il continue toutefois à y siéger en tant que conseiller municipal.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Gaël Tchakaloff, « Portrait d'Edmond Simeoni », Le Nouvel Économiste, 24 octobre 2003
  2. a et b « L’aboutissement d’un parcours personnel et politique atypique pour Gilles Simeoni », Corse Matin, 31 mars 2014
  3. « Municipales 2014, second tour - Gilles Simeoni, premier maire nationaliste de Bastia », sur Le Point, (consulté le 17 mai 2015)
  4. « Gilles Simeoni, premier maire nationaliste de Bastia », Grégoire Bézie, France 3 Corse ViaStella, 6 avril 2014
  5. « Municipales 2014, second tour - Gilles Simeoni, premier maire nationaliste de Bastia », sur Le Point, (consulté le 17 mai 2015)
  6. a et b « Municipales à Bastia: Gilles Simeoni, avocat depuis 20 ans et militant depuis l'enfance », sur Corse-Matin, (consulté le 17 mai 2015)
  7. « Bastia: La citadelle Zuccarelli », sur L'Express, (consulté le 17 mai 2015)
  8. « Émile Zuccarelli en tête du premier tour à Bastia selon un sondage », sur L'Obs, (consulté le 17 mai 2015)
  9. « Bastia : Zuccarelli frôle la victoire au premier tour », sur Le Figaro, (consulté le 17 mai 2015)
  10. « La Corse se dote d’une politique ambitieuse », sur JDC - Journal de la Corse, (consulté le 17 mai 2015)
  11. « Paul Giacobbi: l'art de naviguer à la godille Read more at http://www.lexpress.fr/actualite/politique/paul-giacobbi-l-art-de-naviguer-a-la-godille_974490.html#xb5MYtpCjB4kidtK.99 », sur L'Express, (consulté le 17 mai 2015)
  12. « Gilles Simeoni-Paul Giacobbi : Clash à l’Assemblée de Corse », sur Corse Net Infos, (consulté le 17 mai 2015)
  13. « VIDEO.Gilles Simeoni: «Un enterrement de première classe pour la réforme» », sur Corse-Matin, (consulté le 17 mai 2015)
  14. « VIDÉO. Gilles Simeoni: « Un enterrement de première classe pour la réforme » », sur Corse-Matin, (consulté le 17 mai 2015)
  15. « Zuccarelli : La fin d'une dynastie… », sur Corse Net Infos, (consulté le 17 mai 2015)
  16. « Municipales 2014 à Bastia : Jean Zuccarelli à la tête d'un front PRG-PCF », sur Alta Frequenza, (consulté le 17 mai 2015)
  17. « Le nouveau nationalisme corse », sur La Croix, (consulté le 17 mai 2015)
  18. « Gilles Simeoni : « La majorité municipale bastiaise reste unie autour des trois forces qui l’ont fondée » », sur Corse Net Infos, (consulté le 17 mai 2015)
  19. « Historique: Gilles Simeoni remporte la mairie de Bastia face à Jean Zuccarelli », sur France 3 Corse, (consulté le 17 mai 2015)
  20. « Les maires de la CAB demandent à François Tatti de démissionner ! », sur Corse Net Infos, (consulté le 17 mai 2015)
  21. « La fin du pari Simeoni à Bastia ? », sur France 3 Corse, (consulté le 17 mai 2015)
  22. Résultats définitifs en Corse au 1er tour, lexpress.fr
  23. « Corse : Résultats élections régionales 2015 », sur francetv info (consulté le 13 décembre 2015)
  24. « Gilles Simeoni, élu président du Conseil exécutif », Le Figaro, 17 décembre 2015
  25. Ariane Chemin (Ajaccio Envoyée spéciale), « En Corse, le drôle de « serment du Jeu de paume » nationaliste », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)