Val d'Azun

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Val d'Azun
Vallée au niveau de Arrens-Marsous.
Vallée au niveau de Arrens-Marsous.
Massif Pyrénées
Pays Drapeau de la France France
Région Occitanie
Département Hautes-Pyrénées
Communes Arrens-Marsous, Aucun, Gaillagos, Arcizans-Dessus, Arras-en-Lavedan, Sireix, Bun, Estaing, Arbéost, Ferrières
Coordonnées géographiques 42° 58′ 07″ nord, 0° 11′ 54″ ouest
Géolocalisation sur la carte : Pyrénées
(Voir situation sur carte : Pyrénées)
Val d'Azun
Géolocalisation sur la carte : Hautes-Pyrénées
(Voir situation sur carte : Hautes-Pyrénées)
Val d'Azun
Orientation aval
Longueur
Type Vallée glaciaire
Écoulement Gave d'Azun

Le val d'Azun est un groupe de vallées des Pyrénées françaises situé dans le département des Hautes-Pyrénées, en région Occitanie. Autrefois, le val d'Azun faisait partie du Lavedan, pays du comté de Bigorre.

Le val d'Azun est constitué par trois vallées, dont le territoire est réparti entre dix communes. La principale est la vallée d'Arrens, arrosée par le gave d'Azun, affluent du gave de Pau (Arrens-Marsous, Aucun, Gaillagos, Arcizans-Dessus, Bun, Arras-en-Lavedan). Les deux autres sont la vallée d'Estaing (Sireix, Estaing) et la haute vallée de l'Ouzoum[1] (Arbéost, Ferrières).

Les habitants ont pour langue vernaculaire une variété dialectale du gascon.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Extrait de la carte de Cassini (entre 1756 et 1789) situant la vallée d'Azun.

Le val d'Azun est nommé « vallée d'Azun » sur la carte de Cassini à la fin du XVIIIe siècle.

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

Vue de la vallée.

Le val d'Azun est situé au sud-ouest du département des Hautes-Pyrénées, à la limite des Pyrénées-Atlantiques à l'ouest et de l'Espagne (région d'Aragon) au sud.

Hydrographie[modifier | modifier le code]

Cours d'eau[modifier | modifier le code]

Trois cours d'eau principaux arrosent le val d'Azun :

Ils font donc partie du bassin du gave de Pau, partie du bassin de l'Adour.

Lacs[modifier | modifier le code]

Voies de communication et transports[modifier | modifier le code]

La « route des cols » (ex-RN 618)[modifier | modifier le code]

Les villages d'Arrens, de Marsous, d'Aucun, d'Arcizans-Dessus et d'Arras-en-Lavedan sont situés sur la « route des cols », l'ancienne route nationale 618 reliant Saint-Jean-de-Luz à Argelès-sur-Mer, aujourd'hui RD 918 de Saint-Jean-de-Luz à Arreau (Hautes-Pyrénées) et RD 618 d'Arreau à Argelès-sur-Mer.

Cette route, appelée « route d'Azun » dans les villages, monte d'Argelès-Gazost au col du Soulor, puis se prolonge vers le col d'Aubisque (Pyrénées-Atlantiques).

Du col du Soulor part un embranchement (D 126) vers la vallée de l'Ouzoum (Arbéost et Ferrières), puis vers Nay.

Autres voies de communication[modifier | modifier le code]

Il n'existe pas de liaison routière avec l'Espagne, mais un col piétonnier, le port de la Peyre-Saint-Martin, en tête de la vallée du gave d'Azun.

La vallée d'Estaing est desservie par la route D 103 à partir de Bun et par la route du col des Bordères reliant Arrens (Pouey Laün) et Estaing.

D'Aucun part une route menant au col de Couraduque (station nordique).

Faune et flore[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

Le val d'Azun était un des sept groupes de vallées qui formaient le pays du Lavedan, qui correspond géographiquement au bassin du gave de Pau en amont de Lourdes, partie du comté de Bigorre, lui-même situé sous l'Ancien Régime dans la province de Gascogne.

En 1130, un duel ordonné par Bernard d'Arzicac[réf. nécessaire] et Centulle II, comte de Bigorre, oppose l'abbé de l'abbaye[réf. nécessaire] aux habitants du val d'Azun au sujet d'une sépulture[2].

Institutions consulaires du val d'Azun sous l'Ancien Régime[modifier | modifier le code]

Comme les autres vallées du Lavedan, les habitants du val d'Azun avaient une large autonomie[3] vis-à-vis de leur seigneur, le vicomte de Lavedan.

La vie publique s'organisait autour de l'assemblée des chefs de famille qui désignait des « consuls ». La trace de cette institution est la présence dans l'église d'Arrens du « banc des consuls[4] » (et banc dets cossous[5]).

Les chefs de famille étaient désignés selon le principe de la primogéniture : la propriété tout entière revenait au premier-né. Les cadets devaient « servir ou partir » (à l'origine, Arbéost a été un village de cadets de la paroisse d'Aucun).

Évolution économique aux XIXe et XXe siècles[modifier | modifier le code]

Les vallées ayant une vocation agro-pastorale, le paysage rural est marqué par les prés de fauche.

Les vallées ont perdu beaucoup d'habitants du fait de l'exode rural (XIXe et XXe siècles), mais les maisons abandonnées y sont rares, la plupart ayant été reprises en résidences secondaires, aussi bien dans les villages qu'à l'extérieur (granges, etc.).

Le tourisme d'hiver et d'été s'est développé dès le Second Empire avec le pyrénéisme et a été dynamisé après la Seconde Guerre mondiale par le développement des stations de sports d'hiver, le tourisme vert estival et le renouveau de la randonnée en montagne.

Communes et instances intercommunales[modifier | modifier le code]

Les dix communes du val d'Azun[modifier | modifier le code]

Le val d'Azun (en orange) dans le Lavedan.

Liste des 10 communes du val d'Azun. Arrens-Marsous en est la capitale.

Commune Population (2019) Superficie (km2) Altitude min. Altitude max. Illustration
Arbéost 84 14.9 555 2480
Arbéost (Hautes-Pyrénées) 1.jpg
Arcizans-Dessus 118 5.01 676 1562
Arcizans-Dessus (Hautes-Pyrénées) 3.jpg
Arras-en-Lavedan 482 24.66 509 2288
Arras-en-Lavedan (Hautes-Pyrénées) 1.jpg
Arrens-Marsous 700 100.55 720 3144
Arrens-Marsous (Hautes-Pyrénées) 1.jpg
Aucun 230 12.94 800 1804
Aucun (Hautes-Pyrénées) 1.jpg
Bun 156 2.8 673 1345
Bun (Hautes-Pyrénées) 2.jpg
Estaing 90 71.53 906 2960
Lac d'Estaing (Hautes-Pyrénées) 1.jpg
Ferrières 83 16.97 453 1848
Ferrières (Hautes-Pyrénées) 1.jpg
Gaillagos 124 8.46 734 1617
Gaillagos (Hautes-Pyrénées) 1.jpg
Sireix 63 1.73 668 1042
Sireix (Hautes-Pyrénées) 2.jpg

Les communes du val d'Azun font partie de l’aire urbaine d'Argelès-Gazost, sauf Arbéost, Ferrières et Estaing.

Historique des communes[modifier | modifier le code]

Arrens et Marsous ont longtemps été des paroisses, puis des communes séparées ; elles ont fusionné en 1972 pour former la commune d'Arrens-Marsous, dont la mairie se trouve dans le village d'Arrens.

Arbéost a été une section de la paroisse d'Arrens jusqu'en 1743 (les deux villages étaient reliés par le chemin du col du Soum) ; érigée en paroisse en 1743, elle est devenue une commune de plein droit lors de la création des communes (1789).

Ferrières était une section de la paroisse, puis de la commune d'Aucun. Elle est devenue une commune séparée en 1801.

La haute vallée d'Estaing (en amont de Sireix) relevait des paroisses, puis des communes d'Aucun (La Bat[6] d'Aucun) et de Bun (La Bat de Bun). La commune d'Estaing a été créée en 1836.

Instances intercommunales[modifier | modifier le code]

Les communes du val d'Azun font partie du canton de la Vallée des Gaves (chef-lieu : Argelès-Gazost), constitué de 48 communes des Hautes-Pyrénées (il résulte de la fusion des anciens cantons d'Argelès-Gazost, d'Aucun et de Luz-Saint-Sauveur).

46 des communes du canton forment la communauté de communes Pyrénées Vallées des Gaves, qui résulte de la fusion en 2017 des quatre communautés de commune d'Argelès-Gazost, du Val d'Azun, du Pays toy et de la Vallée de Saint-Savin, et de la commune de Gèdre-Gavarnie.

Les deux exceptions sont Arbéost et Ferrières, qui appartiennent à la communauté de communes interdépartementale du Pays de Nay.

Tourisme[modifier | modifier le code]

Piste de ski de fond de la station de Val d'Azun entre le col de Couraduque et le col de Bazès.

Les nombreux sentiers de randonnées balisés et notamment le GR10 accessibles à tous permettent de visiter la vallée.

Les pistes de ski de fond de la station de Val d'Azun parcourent les flancs nord du massif du Gabizos.

Protection environnementale[modifier | modifier le code]

La vallée fait partie d'une zone naturelle protégée, classée ZNIEFF de type 2[7].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pierre Toussaint de Laboulinière cite en 1825 la présence dans la vallée d'Azun d'une vingtaine de mines de plomb ou de cuivre dans son livre Itinéraire descriptif et pittoresque des Hautes-Pyrénées françoises[8]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Seulement la rive droite, l'Ouzoum constituant alors la limite entre les deux départements (et, antérieurement, entre la Bigorre et le Béarn).
  2. François-Alexandre Aubert de La Chesnaye-Desbois, Badier, Dictionnaire de la noblesse, contenant les généalogies, l'histoire & la chronologie des familles nobles de la France, l'explication de leurs armes et l'état des grandes terres du royaume..., Volume 1, Schlesinger frères, 1863, [lire en ligne]
  3. Plus large que celle des paysans affranchis du servage dans le royaume de France en général, où chaque village libre avait une assemblée paroissiale et un syndic, chargé des relations avec le ou les seigneurs.
  4. Plate-forme ouverte du patrimoine sur le site du ministère de la culture.
  5. Document d'information touristique de l'église d'Arrens.
  6. « La Bat » est la francisation du gascon Era Vat, « La Vallée ». Ce terme est encore utilisé dans les toponymes « Labat d'Aucun » et « Labat de Bun ».
  7. « ZNIEFF le « val d´Azun et haute vallée du Gave de Cauterets » - fiche descriptive », sur le site de l'inventaire national du patrimoine naturel (consulté le ).
  8. Pierre Toussaint de Laboulinière, Itinéraire descriptif et pittoresque des Hautes-Pyrénées françoises, 1825, lire en ligne