Surcharge informationnelle

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La surcharge informationnelle, surinformation ou infobésité[1] (terme francisé d'invention québecoise, issu de l'anglais, information overload) est un concept désignant l'excès d'informations reçues par une personne qu'elle ne peut traiter ou supporter sans porter préjudice à elle-même ou à son activité. Cette expression, également évoquée par le sociologue Edgar Morin sous le terme de « nuage informationnel », est quelque peu différente du brouillard informationnel en temps de guerre[2].

Causes générales[modifier | modifier le code]

Ce concept peut recouvrir plusieurs concepts de surcharge[3] :

  • surcharge cognitive
  • surcharge sensorielle
  • surcharge communicationnelle
  • surcharge de connaissances

Effets néfastes[modifier | modifier le code]

La junk information (information poubelle) peut avoir comme effets néfastes des répercussions physiques, émotionnelles (stress, anxiété informationnelle) et intellectuelles (syndrome de débordement cognitif et d’épuisement professionnel, cyberdépendance, désengagement, déficit d'attention et de créativité, perte de mémoire, altération du jugement, indécision). L'infobésité peut conduire à une pathologie appelée au Japon « « hikikomori du savoir » dans laquelle l’internaute « s’engouffre dans des labyrinthes documentaires toujours plus spécialisés »[4].

Histoire[modifier | modifier le code]

Bien que ce concept soit au début du XXIe siècle étroitement lié au développement des chaînes de télévision d'information en continu, à l'utilisation des technologies de l'information et de la communication et, en particulier, les nouvelles technologies de l'information représentées par Internet, il a fait son apparition dès le début des années 1960 comme l'une des sources de dysfonctionnement des organisations[5]. Les principaux auteurs sur le sujet sont Caroline Sauvajol-Rialland en France[6], David Shenk aux États-Unis (Data Smog, Surviving the Information Glut)[7], Jim Stolze (L’infobésité pourrait être la prochaine épidémie)[8] et Nicholas Carr (Est-ce que Google nous rend idiot ?)[9]...

Citations[modifier | modifier le code]

« Chacune et chacun d'entre nous a aujourd'hui accès par une diversité de canaux, de la radio à Internet, du téléphone portable à la télévision, à une multitude d'informations instantanées et en continu. Ce roulis ininterrompu donne le sentiment d'être toujours informé. Parfois, il assiège plus les citoyens qu'il ne les libère. Cette surinformation chasse l'information et sa hiérarchisation[10]. »

« L'information, qui autrefois était aussi rare que le caviar, est désormais surabondante et de consommation courante, autant que les pommes de terre[7]. »

« Nous pouvons légitimement nous demander si le travail avec les technologies de l'information et de la communication, au lieu de nous libérer - mais n'était-ce pas la promesse initiale ? -, ne nous a finalement pas fait replonger dans l'ère industrielle du travail à la chaîne[11]. »

« Les courriels sont la cause d'une crise de production dans les entreprises… C'est le cancer silencieux des sociétés[trad 1],[12]. »

Notes et références[modifier | modifier le code]

Citations originales[modifier | modifier le code]

  1. (en) « E-mail is causing a productivity crisis in the enterprise…it’s the silent corporate cancer »

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Surinformation : fiche terminologique », sur Office québécois de la langue française
  2. Edgar Morin, Pour sortir du XXe siècle, Points, , p. 57
  3. (en) Martin J. Eppler et Jeanne Mengis, « The Concept of Information Overload: A Review of Literature from Organization Science, Accounting, Marketing, MIS, and Related Disciplines », The Information Society, vol. 20, no 4,‎ (lire en ligne)
  4. Caroline Sauvajol-Rialland, « La surcharge informationnelle dans l’organisation : les cadres au bord de la « crise de nerf » », Magazine de la communication de crise et sensible, vol. 19,‎ , p. 22
  5. [PDF] Henri Isaac, Eric Campoy et Michel Kalika, « Surcharge informationnelle, urgence et TIC. L’effet temporel des technologies de l’information », Revue Management & Avenir, vol. 12,‎ (lire en ligne)
  6. Caroline Sauvajol-Rialland, « Infobésité, le mal du siècle », France TV Info,‎ (lire en ligne) ; « Les entreprises commencent à se préoccuper des conséquences du trop-plein de courriels », France Info,‎ (lire en ligne) ; « Trop d'information paralyse l'action », Migros Magazine,‎ (lire en ligne) ; « Nous sommes passés de l'ère du travail manuel à la chaîne à l'ère du travail intellectuel à la chaîne », sur So Comment,‎ (consulté le 24 mars 2015) ; « Infobésité : quand trop d'information rend malade », Radio Canada,‎ (lire en ligne) ; « Les cadres : un rapport ambivalent à la déconnexion », sur So Comment,‎ (consulté le 24 mars 2015)
  7. a et b (en) David Shenk, Data Smog, Surviving the Information Glut, Harper Collins Publishers,
  8. Jim Stolze, « Jim Stolz asks "Can you live without the Internet ?" », Conférence TED,‎ (lire en ligne)
  9. (en) Nicholas Carr, « Is Google Making Us Stupid ? », The Atlantic,‎ (lire en ligne)
  10. Patrick Le Hyaric, « Eloge du journal », L'Humanité,‎ (lire en ligne)
  11. Caroline Sauvajol-Rialland, « Droit à la déconnexion : inventer un nouveau modèle de gouvernance », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne)
  12. (en) « No e-mail today - or else », sur IT World Canada,‎ (consulté le 24 mars 2015)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]