Judith de Bavière (805 - 843)

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Judith, dans la chronique des Welfs

Judith de Bavière[1], née vers 805, morte le , est une dame de l'empire carolingien, seconde épouse de l'empereur Louis le Pieux et mère du roi Charles II le Chauve.

Biographie[modifier | modifier le code]

Elle est la fille d'un seigneur bavarois, Welf Ier, seigneur d'Altdorf et de Ravensburg.

En février 819, elle est mariée à l'empereur Louis Ier le Pieux, veuf d'Ermengarde de Hesbaye. la cérémonie se déroule avec faste à Aix-la-Chapelle, capitale de l'Empire. La mariée est une jolie jeune fille âgée de 14 ans, son époux, âgé de 49 ans, a le même âge que son père, il est presque un vieillard qui a trois fils de son premier mariage.

Deux enfants naissent :

Jeune épouse d'un vieil empereur, Judith s'abandonne à une vie frivole voire licencieuse tandis que les trois fils issus du premier mariage de l'empereur se demandent avec circonspection quel avenir leur père réserve à leur demi-frère.

Selon la tradition de l'époque, l'empereur a prévu qu'à sa mort l'Empire serait partagé entre ses héritiers mâles et en 817 a défini la dévolution de ce partage entre ses trois fils, Lothaire qui héritera de la partie médiane avec la capitale Aix-la-Chapelle et le titre impérial, Pépin à qui est promis la partie occidentale et Louis, à qui est promis la partie orientale (ce dernier épousera en 827 Emma de Bavière, une sœur de Judith).

La naissance de Charles remet en question ce partage et Judith, fière de son sang et de son rang d'impératrice, incite imprudemment l'empereur à redéfinir les règles de sa succession et à donner une couronne royale à leur fils.

En 829, l'empereur jette les bases d'un nouveau partage, mais Lothaire et ses frères, soutenus par l'évêque Frédéric d'Utrecht qui reproche à l'impératrice une vie dissolue et doute peut-être de la légitimité de Charles, refusent d'y souscrire. Les fils rebelles sont cependant vaincus[2]

Toutefois, la rivalité entre Judith et ses beaux-fils génère une nouvelle crise en 833 : Louis le Pieux est déposé par ses fils. Lothaire s'empare du pouvoir souverain ; une nouvelle répartition du territoire écarte les prétentions de Charles[3]. Judith est exilée dans un couvent à Tortona en Italie, loin d'Aix-la-Chapelle.

Elle en revient dès avril 834, après la fuite de Lothaire et la restauration de Louis le Pieux[4]. Son beau-fils Pépin d'Aquitaine meurt en 838. L'évêque Frédéric est assassiné la même année peut-être sur ses ordres (il sera canonisé).

Après la mort de Louis le Pieux en 840, l'impératrice assiste aux guerres entre Lothaire d'une part, Louis et Charles d'autre part. Elle meurt peu de temps avant le traité de Verdun qui fait de Charles le roi de Francie occidentale mais divise définitivment l'empire carolingien.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Généalogie de Judith sur le site Medieval Lands
  2. Léon Vanderkindere, La Formation territoriale des principautés belges au Moyen Âge, vol. I, Bruxelles, H. Lamertin,‎ (réimpr. 1981) (lire en ligne), p. 3
  3. Léon Vanderkindere, op. cit., p. 4.
  4. Jean Moeller, Précis de l'histoire du Moyen Âge, Vanlinthout et Vandezande, Louvain, 1841, p.  153.